Icefields Parkway : 232 km de la plus belle route du monde (guide)

Tout le monde vous le dira : l’Icefields Parkway, aussi connue sous le nom de route nationale 93, est tout simplement l’une de ces choses qu’il faut absolument voir de ses propres yeux. Quand je l’ai parcourue pour la première fois avec ma mère, j’ai tout de suite su que je devrais y revenir — c’est sans exagération la plus belle route que j’aie jamais empruntée. Et c’est aussi l’une des raisons pour lesquelles nous faisions si souvent le trajet de Banff à Jasper pour aller au cinéma (même si Banff a son propre cinéma). Des virages qui serpentent sous des sommets massifs enneigés, des lacs turquoise sauvages devant lesquels on est obligé de s’arrêter parce que le cerveau n’arrive tout simplement pas à assimiler une couleur aussi intense, et d’immenses glaciers qui descendent des montagnes en rampant. Tout ce paysage est tellement épique qu’on a parfois l’impression d’être plongé en plein documentaire animalier.

Je sais, je sais, Internet regorge de guides sur l’Icefields Parkway. Mais aucun d’eux ne vous accompagnera sur cette route d’aussi près que le nôtre. 😁 Tous les arrêts, des plus connus à ceux où Lukáš et moi étions complètement seuls. L’hébergement, l’essence, la foule, les randonnées, ce à quoi faire attention, et même pourquoi le Snocoach nous a un peu déçus. Vous verrez que ces 232 kilomètres vous prendront facilement une journée entière, et à la fin vous n’en aurez quand même pas eu assez. ☺️

Lukáš en route avec un tremble jaune d'automne et des montagnes en arrière-plan
Lukáš en route avec un tremble jaune d’automne et des montagnes en arrière-plan

Résumé pour ceux qui n’ont pas le temps de tout lire

  • Où se trouve-t-elle : La route Highway 93 (Icefields Parkway) relie les parcs nationaux canadiens de Banff et Jasper, dans la province de l’Alberta.
  • Longueur et durée : Elle fait 232 kilomètres. Le trajet en lui-même dure environ 3 heures, mais avec les points de vue et les randonnées, prévoyez une journée entière (idéalement 8 à 10 heures).
  • Règle de base : Aucun réseau mobile, et il n’y a qu’une seule station-service sur tout le trajet, avec une majoration de prix de haute montagne énorme. Faites le plein à Banff ou à Jasper.
  • Les animaux : Vous êtes en « bear country », c’est-à-dire en territoire à ours. Le bear spray (spray anti-ours) est absolument indispensable, même pour une petite balade jusqu’à un point de vue.
  • Le meilleur du parcours : Le lac turquoise Peyto Lake, les puissantes chutes Athabasca Falls, l’imposant glacier Athabasca et notre randonnée préférée, le Wilcox Pass, où vous croiserez à coup sûr des mouflons des montagnes.
Le mont Chephren pyramidal et la surface calme des Waterfowl Lakes
Le mont Chephren pyramidal et la surface calme des Waterfowl Lakes
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Quand partir sur l’Icefields Parkway et orientation de base

La Highway 93 Icefields Parkway est ouverte toute l’année, mais si vous voulez profiter de toutes les randonnées et des lacs dans leur turquoise le plus éclatant, planifiez clairement votre voyage pour les mois d’été. Même là, préparez-vous au fait que les Rocheuses canadiennes ont leurs propres règles et que le temps change ici en un clin d’œil. Le soleil peut laisser place à une pluie battante en dix minutes, et Lukáš et moi avons vite appris qu’avoir un imperméable à portée de main est la base d’une excursion réussie.

La meilleure période pour visiter va de fin juin à début septembre. Mais je dois vous prévenir d’une chose, car nous l’avons vécue dans notre propre chair. Même en plein mois de juillet, une tempête de neige peut vous surprendre ici. Lors de notre road trip d’été, nous avons connu des matins où, les dents qui claquaient, nous grattions la glace sur les vitres de notre chère fourgonnette Chiquita, et l’après-midi nous transpirions en t-shirt à manches courtes au bord d’un lac, en cherchant un coin d’ombre. Avec Lukáš, nous avons adopté le fameux système de l’oignon (superposer les couches de vêtements), parce que sans ça, ici, on ne s’en sort tout simplement pas. Les pneus hiver sont obligatoires de novembre à avril, mais en hiver la route est souvent fermée à cause des risques d’avalanche, et les conditions ne conviennent qu’aux conducteurs très expérimentés, habitués aux imprévisibles tempêtes de montagne.

Encore une chose à ne pas oublier : toute la route se trouve sur le territoire de parcs nationaux, donc sans laissez-passer valide, on ne vous laissera pas passer au poste de péage. On vous contrôle dès la barrière après Lake Louise ou après Jasper, et vous pouvez obtenir votre laissez-passer à l’avance en ligne via le site officiel de Parcs Canada. Sur toute la longueur de la route, il n’y a absolument aucun réseau mobile, c’est pourquoi je recommande vivement de télécharger des cartes hors ligne sur votre téléphone (beaucoup cherchent « icefields parkway google maps » en hors ligne) ou de télécharger à l’avance la carte officielle « icefields parkway map pdf » directement sur le site des parcs nationaux canadiens, pour savoir à quel kilomètre vous arrêter.

Où loger et combien ça coûte

Trouver un logement directement sur l’Icefields Parkway est un vrai casse-tête, car vous êtes au cœur d’une nature sauvage protégée et les constructions commerciales sont quasi inexistantes. La plupart des gens partent tôt le matin de Lake Louise (ou de Banff) et arrivent le soir à Jasper, où ils passent la nuit. D’expérience, je peux confirmer que c’est la solution la plus raisonnable, à moins de dormir dans la voiture ou sous la tente comme nous le faisions.

Si vous voyagez avec une voiture de location et cherchez des hôtels, préparez-vous à des prix vraiment élevés. Les Rocheuses canadiennes sont une destination chère et, en pleine saison estivale, les prix grimpent couramment entre 200 et 320 € la nuit pour deux personnes. C’est le prix à payer pour cette beauté incroyable tout autour, donc mieux vaut en tenir compte dès l’établissement du budget.

Conseils d’hébergement sur le parcours et dans les environs :

  • Sur le parcours lui-même : Il n’existe en réalité que quelques options. L’une d’elles est The Crossing Resort, situé environ à mi-chemin près de la station-service, ce qui est très pratique quand vous êtes déjà fatigué de conduire. Une option plus luxueuse est le Glacier View Lodge, directement face au Columbia Icefield, où vous payerez certes beaucoup plus cher, mais profiterez de vues spectaculaires sur les masses de glace depuis votre chambre.
  • À Lake Louise (départ) : Ici, nous pouvons recommander le magnifique et historique Fairmont Chateau Lake Louise, si vous voulez faire des folies et savourer un luxe parfait, ou le plus abordable Mountaineer Lodge.
  • À Jasper (arrivée) : À destination, le choix est nettement plus large. Vous trouverez un hébergement très agréable, avec l’atmosphère chaleureuse de chalets en rondins, aux Becker’s Chalets, juste au bord de la rivière, où vous entendrez merveilleusement le murmure de l’eau le soir.

Si vous partez camper comme nous, vous trouverez sur le parcours plusieurs campings dits « First come, first served » (par exemple le populaire Waterfowl Lakes Campground ou le pittoresque Wilcox Creek). Cela signifie que premier arrivé, premier servi, et que la réservation à l’avance ne fonctionne pas ici, même si le système des parcs canadiens adore par ailleurs les réservations. En haute saison, cela veut dire en pratique être sur place idéalement avant 14 heures, sinon vous avez de fortes chances de tomber sur un camping complet et de devoir continuer plus loin, ce qui, dans une nature sauvage sans réseau, est parfois assez stressant.

Le prix d’un beau camping en pleine nature sans services (vous y trouverez seulement des toilettes sèches, un foyer et un tas de bois) tourne autour de 16 à 20 CAD (environ 11 à 13 €) la nuit. Je me souviens qu’à l’un de ces campings, nous retenions notre souffle quand un énorme wapiti se promenait non loin de notre fourgonnette. C’est du romantisme à l’état pur, mais n’oubliez surtout pas, la nuit, de ranger soigneusement toute la nourriture et les cosmétiques parfumés dans la voiture ou dans les conteneurs spéciaux anti-ours, car les ours ont un odorat incroyable et vous ne voulez certainement pas partager votre petit-déjeuner avec eux. Pour les règles de camping, je recommande de consulter le site officiel du parc national Banff.

Icefields Parkway : 14 arrêts à ne pas manquer

Découvrons ensemble un itinéraire concret des arrêts, dans le sens sud-nord, c’est-à-dire de Lake Louise vers Jasper. C’est exactement ainsi que la grande majorité des touristes effectue le trajet, et c’est aussi le plus logique du point de vue du soleil : lors d’un départ matinal, il ne vous éblouira pas et vos photos seront bien plus réussies. Préparez vos appareils photo, versez du café dans un thermos et assurez-vous d’avoir le réservoir plein, car c’est parti. Pour chaque arrêt, j’indique le kilomètre approximatif depuis le poste de péage de Lake Louise, pour que vous vous repériez facilement même sans Internet.

1. Crowfoot Glacier (km 33)

Juste après le 33e kilomètre, c’est la vue sur le Crowfoot Glacier, un glacier en forme de patte de corbeau, qui nous a arrêtés pour la première fois. On se gare directement au bord de la route, donc vous n’avez même pas besoin de sortir de la voiture, même si bien sûr vous aurez envie de le faire. Le glacier doit son nom au fait qu’il avait autrefois trois énormes langues de glace qui rappelaient fidèlement la serre d’un immense corbeau plantée dans le rocher.

Crowfoot Glacier au-dessus de Bow Lake avec un coussin nanoSPACE dans l'herbe
Crowfoot Glacier au-dessus de Bow Lake avec un coussin nanoSPACE dans l’herbe

Malheureusement, le réchauffement climatique l’a durement marqué et le « doigt » le plus bas a déjà fondu et disparu à jamais. Quand on regarde ce rocher mis à nu, il y a une vraie pointe de tristesse, car on voit la nature changer sous nos yeux, en direct. Mais cela reste un fantastique avant-goût de ce qui vous attend lors de ce road trip glaciaire. Il y a généralement pas mal de vent venant du lac Hector Lake, qui se trouve juste en contrebas dans la vallée, alors n’oubliez pas votre coupe-vent dès le premier arrêt.

2. Bow Lake et Num-Ti-Jah Lodge (km 39)

Un peu plus loin, vous tombez sur Bow Lake, l’un des plus grands et, selon moi, des plus magnifiques lacs de tout le parcours. Son eau est d’un bleu si incroyable et si glacial que même si vous n’y trempez que le bout des doigts en été, ils s’engourdissent aussitôt. En arrière-plan se dresse majestueusement l’imposant glacier Bow Glacier, d’où le lac tire sa couleur turquoise pleine de farine glaciaire, créant un décor tout droit sorti d’une carte postale, que vous envierez ensuite secrètement à tout le monde sur Instagram.

Lukáš et Lucie assis de dos au bord de Bow Lake sur l'Icefields Parkway
Lukáš et Lucie assis de dos au bord de Bow Lake sur l’Icefields Parkway

Sur la rive du lac, vous trouverez l’iconique bâtisse en bois du Num-Ti-Jah Lodge, avec son toit rouge typique qui contraste magnifiquement avec la surface bleue. Elle a été fondée par le légendaire guide de montagne Jimmy Simpson au début du XXe siècle et dégage une véritable ambiance de vieux camp de trappeurs. C’est l’endroit idéal pour une courte promenade le long de la rive et pour faire de superbes photos des montagnes se reflétant à la surface. Si vous aviez plus de temps et l’envie d’une vraie marche, un trek d’environ neuf kilomètres part d’ici directement jusqu’aux chutes situées sous le glacier, mais la plupart des gens ne s’attardent ici qu’environ une demi-heure et préfèrent continuer vers une nouvelle aventure. (Nous avons écrit davantage sur les lacs des environs dans notre guide de Lake Louise.)

3. Peyto Lake depuis le belvédère de Bow Summit (km 40)

C’est un grand classique qu’il ne faut tout simplement pas manquer, même si, à première vue, c’est un peu la folie des foules. ☺️ Peyto Lake est probablement le lac le plus photographié de tout le parcours et, dès que vous le regardez depuis le belvédère, vous comprenez immédiatement pourquoi. Il a la forme parfaite d’une tête de loup (ou de chien, comme aime le répéter Lukáš) et même le néon pourrait lui envier sa couleur turquoise éclatante, presque irréelle. Avec Lukáš, là-haut, nous nous tenions par la main et nous regardions simplement en silence, parce que cette vue vous désarme complètement.

Peyto Lake
Peyto Lake dans le parc national Banff

Depuis le grand parking de Bow Summit (qui est, soit dit en passant, le point le plus haut de toute la route, à 2 067 m d’altitude), une montée courte mais assez raide vous attend jusqu’à la plateforme d’observation en bois, soit environ dix minutes de marche rapide. Comme c’est un énorme aimant à touristes du monde entier, la plateforme est souvent assiégée par les bus de tournée en été et on y entend des dizaines de langues différentes. Avec Lukáš, nous avons rusé en empruntant un petit sentier discret un peu plus loin dans la forêt, où les foules disparaissaient comme par magie et où nous avions enfin ce lac-loup pour nous seuls, pour le photographier tranquillement sans coude étranger dans le cadre.

4. Mistaya Canyon (km 71)

Après environ une autre demi-heure de conduite tranquille, je recommande vivement de s’arrêter au canyon Mistaya. Depuis un parking poussiéreux et discret, un court sentier descend à travers la forêt jusqu’à la rivière, en à peine quinze minutes de marche facile. Soudain, devant vous s’ouvre une faille rocheuse étroite et profonde, dans laquelle une rivière glaciaire dévale avec une force incroyable et creuse dans le calcaire clair des formes magnifiques, lisses et arrondies, qui ressemblent à des sculptures.

L'étroit canyon Mistaya avec sa rivière turquoise écumante
L’étroit canyon Mistaya avec sa rivière turquoise écumante

Le grondement de l’eau sauvage est ici si assourdissant que vous vous entendrez à peine avec votre partenaire, même en criant. Faites cependant très attention et ne vous approchez pas du bord des rochers mouillés et glissants, et ne cherchez surtout pas à enjamber les barrières de protection pour une meilleure photo. L’eau est ici si implacablement rapide et froide qu’en cas de chute vous n’auriez pas la moindre chance. C’est malgré tout un spectacle fascinant de la force indomptée de la nature canadienne, et nous y sommes restés assis sur un rocher en sécurité très longtemps.

5. Saskatchewan Crossing (km 77) : la pause pratique

Ce n’est pas tant un site naturel qu’un point de repère absolument crucial, là où la Highway 93 croise la route numéro 11. Saskatchewan Crossing est en effet le seul endroit sur ces longs 232 kilomètres où vous pouvez acheter de l’essence, aller à des toilettes à chasse d’eau normales dans le restaurant ou acheter quelque chose de chaud à manger. C’est un petit îlot de civilisation au milieu d’interminables forêts de conifères, où tout le monde souffle un peu.

Lukáš en route avec un tremble jaune d'automne et des montagnes en arrière-plan
Lukáš en route avec un tremble jaune d’automne et des montagnes en arrière-plan

Mais je dois vous avertir honnêtement d’une chose qui va sans doute vous surprendre. Les prix de absolument tout, et surtout de l’essence, sont ici carrément astronomiques. Les propriétaires de la station-service savent très bien qu’un touriste désespéré au réservoir vide paiera n’importe quoi pour ne pas rester coincé dans une nature sauvage pleine d’ours, donc le litre de carburant y coûte couramment moitié plus cher qu’en ville. C’est pourquoi nous vous avons conseillé dès l’introduction de faire le plein à Banff. Nous, en 2017, nous nous y sommes contentés d’un café bien trop cher dans notre thermos, avons respiré un peu de cette ambiance de station-service et avons vite filé vers les montagnes.

6. Weeping Wall (km 106)

Le « mur des lamentations », ou Weeping Wall, est une immense paroi calcaire du mont Cirrus, le long de laquelle, au printemps et au début de l’été, lorsque la neige fond, dévalent tant de cascades que la montagne semble vraiment pleurer par des dizaines d’yeux — et vous avez la vue directement depuis la fenêtre de la voiture. Ces larmes d’eau coulent lentement sur la pierre grise et forment un magnifique réseau de minuscules filets sur lesquels se forment de petits arcs-en-ciel au soleil.

Weeping Wall sur l'Icefields Parkway
Weeping Wall sur l’Icefields Parkway (Photo : Ethan Sahagun / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0)

En été, c’est un arrêt très joli et rapide, mais la vraie magie (et un peu de folie) se produit ici en hiver. Quand tous ces fins filets gèlent en profondeur et forment de gigantesques orgues de glace, le rocher devient une célèbre paroi d’escalade sur glace, où affluent des aventuriers et des accros à l’adrénaline du monde entier, piolets en main, pour tester leurs limites. En été, on en ressent au moins une agréable fraîcheur qui rafraîchit un instant.

7. Big Bend et le belvédère du sommet (km 115)

Juste après le Weeping Wall, la route se met à grimper de façon impitoyable et abrupte et serpente dans un immense virage en forme de U, justement appelé Big Bend. Je me souviens comment notre chère vieille fourgonnette Chiquita soufflait en seconde sur cette côte brutale, tandis que Lukáš et moi, dans un silence total et tendu, surveillions l’aiguille de température du moteur en nous demandant si la pauvre allait seulement réussir à monter sans que de la fumée s’échappe du capot. 😅

Le belvédère de Big Bend sur l'Icefields Parkway
Le belvédère de Big Bend sur l’Icefields Parkway (Photo : HandsLive / Wikimedia Commons, CC BY 2.0)

Dès que vous franchissez enfin ce virage interminable et que le moteur souffle, une petite sortie vers un parking-belvédère apparaît sur la droite. Arrêtez-vous-y absolument. Cette vue grandiose vers la large vallée de la rivière Saskatchewan, avec ses forêts profondes sans fin encadrées de parois rocheuses abruptes, est exactement le spectacle à couper le souffle qui pousse les gens à chercher sur Google si cette route en vaut vraiment la peine. Elle en vaut largement la peine, et c’est là-haut que vous ferez parmi les meilleures photos panoramiques de toute l’excursion.

8. La randonnée de Parker Ridge (km 120)

Parker Ridge est exactement le genre de randonnée qui vous fait regretter de ne pas être venu pour une semaine entière. Si vous avez le temps et un peu envie de bien dégourdir vos jambes ankylosées par la voiture, c’est un choix excellent. C’est un trek d’environ cinq kilomètres aller-retour, avec un dénivelé d’environ 250 mètres. L’étroit sentier monte assez sèchement en lacets, vite au-dessus de la limite de la forêt, vous ouvrant ainsi de superbes vues, et tout au bout vous attend un véritable bijou.

Parker Ridge
Vue depuis Parker Ridge sur le Saskatchewan Glacier

Quand vous franchissez enfin la crête dénudée au sommet, un vent froid et puissant vous fouette le visage et, soudain, s’ouvre devant vous comme dans la paume de la main une immense vue panoramique sur la plus longue langue glaciaire des Rocheuses, le glacier Saskatchewan. Pour cette randonnée, vous aurez absolument besoin de bonnes chaussures, car même en plein juillet, des champs de neige traîtres restent souvent là et ça glisse pas mal. Heureusement, nous ne jurons que par de bonnes chaussures de randonnée, qui nous ont fidèlement portés sur de nombreux treks canadiens similaires.

9. Columbia Icefield et Athabasca Glacier (km 127)

C’est le cœur battant de toute l’Icefields Parkway. Le Columbia Icefield est un immense champ de glace qui, dit-on, équivaut par sa superficie à toute la ville de Vancouver et alimente des rivières s’écoulant vers trois océans différents. Je n’arrivais pas à me représenter ce chiffre à l’époque, mais dès que vous êtes là, debout, à regarder dans toutes les directions, vous comprenez ce sentiment d’infini. Ce que vous voyez depuis la route n’est en fait « qu’une » petite langue, le célèbre glacier Athabasca. C’est aussi là que vous trouverez le principal centre des visiteurs, où, après un après-midi venteux, vous pouvez prendre une soupe chaude, acheter des chaussettes chaudes et profiter du seul wifi à des kilomètres à la ronde. Vous trouverez plus d’informations officielles sur les activités sur le site Columbia Icefield.

Athabasca Glacier et Columbia Icefield avec une peluche au premier plan
Athabasca Glacier et Columbia Icefield avec une peluche au premier plan

C’est aussi ici que se vendent les billets pour le populaire « Snocoach », ou Ice Explorer. Ce sont d’énormes bus massifs sur des roues monstrueuses qui vous emmènent directement sur le glacier lui-même, où vous pouvez ensuite marcher une vingtaine de minutes sur la glace avec des dizaines d’autres personnes. Ça coûte assez cher, environ 119 CAD (un peu plus de 80 €) par personne. Mais je vais être honnête avec vous : pour nous, c’était un peu un piège à touristes et les foules avec leurs appareils photo qui crépitent sont vraiment énormes. Avec Lukáš, nous étions clairement d’accord : on ressent une bien meilleure et plus authentique sensation de nature brute en allant simplement à pied jusqu’au front du glacier, et gratuitement (il suffit de se garer au parking inférieur et de marcher environ un kilomètre en montée par un sentier raide), même si, bien sûr, à cause des crevasses extrêmement dangereuses, vous ne devez pas vous aventurer directement sur la glace bleue sans guide de montagne.

lukas a lucka
Lukáš et Lucie recommandent
Où se loger sur l’Icefields Parkway
6 hébergements — hôtels wellness, campings et autres options d’hébergement
⭐ TOP CHOIX 🏨 Hôtel
The Crossing Resort
Hébergement pratique situé environ à mi-chemin près de la station-service Saskatchewan River Crossing, idéal lorsque vous êtes fatigué de la conduite.
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⭐ Luxury
Glacier View Lodge
Hébergement plus luxueux directement au glacier Columbia Icefield, où vous paierez certes un prix élevé, mais profiterez de vues spectaculaires depuis votre chambre directement sur les masses de glace.
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⭐ Luxury
Fairmont Chateau Lake Louise
Magnifique hôtel historique si vous voulez vous faire plaisir et profiter d’un luxe parfait. Point de départ idéal pour l’Icefields Parkway.
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🏨 Hôtel
Mountaineer Lodge
Hébergement plus abordable à Lake Louise, parfait comme point de départ pour le voyage sur l’Icefields Parkway.
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🏡 Chalets
Becker’s Chalets
Hébergement très agréable avec une atmosphère chaleureuse de chalets au bord de la rivière à Jasper, où vous entendrez merveilleusement le murmure de l’eau le soir. Destination idéale après le trajet sur l’Icefields Parkway.
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⛺ Camping
Waterfowl Lakes Campground
Camping populaire sur l’Icefields Parkway avec système premier arrivé, premier servi. Bel endroit naturel sans services, seulement toilettes sèches, foyer et tas de bois.
★★★★ à partir de 11€/nuit
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10. La randonnée du Wilcox Pass : mieux que le Skywalk (km 127)

Si vous rêvez de la toute meilleure vue sur le glacier Athabasca et sur l’immense Columbia Icefield, oubliez pour une fois les attractions commerciales chères et partez avec nous sur la randonnée du Wilcox Pass. Vous trouverez un petit parking caché juste au bord de la route, juste avant le centre des visiteurs. C’est une boucle d’environ 8 kilomètres (aller-retour) qui, à un rythme tranquille, vous prendra entre 3 et 4 heures, avec un dénivelé d’environ 400 mètres, donc vous transpirerez aussi un peu.

Vue depuis le Wilcox Pass sur les montagnes avec une peluche dans la toundra alpine
Vue depuis le Wilcox Pass sur les montagnes avec une peluche dans la toundra alpine

Pour nous, c’est sans doute la randonnée préférée de toute la région et nous nous en souvenons encore aujourd’hui. Un beau sentier forestier vous mène doucement vers d’immenses prairies vertes d’altitude. Là, vous pouvez vous asseoir dans les célèbres chaises rouges, sortir votre casse-croûte et avoir toute cette zone glaciaire blanche comme dans la paume de la main, depuis une superbe vue plongeante. Et le meilleur dans tout ça ? Vous y croiserez presque toujours, à coup sûr, des troupeaux de mouflons sauvages (bighorn sheep), qui broutent ici tranquillement et vous regardent parfois avec curiosité. C’est une expérience canadienne authentique, pour laquelle vous ne débourserez pas un dollar de plus, et qui surpasse haut la main tous les points de vue commerciaux hors de prix.

11. Glacier Skywalk (km 135)

Quelques kilomètres plus loin, vous trouverez le Glacier Skywalk, une passerelle vitrée en forme de fer à cheval avancée au-dessus de la vallée de la rivière Sunwapta. Le billet coûte environ 39 CAD (env. 26 €) et vous n’accédez à la plateforme qu’en bus depuis le centre des visiteurs, votre propre voiture n’y est pas autorisée. Pour les amateurs d’architecture moderne, d’un peu d’adrénaline et qui veulent regarder à travers un sol de verre transparent directement dans le vide 280 mètres en dessous d’eux, c’est sans doute une super expérience qui donne le tournis à plus d’un.

Glacier Skywalk près du Columbia Icefield
Glacier Skywalk près du Columbia Icefield (Photo : Jack Borno / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0)

Mais si vous venez de redescendre du sauvage Wilcox Pass, en sueur et heureux, je sauterais personnellement le Skywalk sans le moindre regret. Les vues de notre randonnée m’ont honnêtement paru bien plus spectaculaires, plus vastes et surtout bien plus naturelles que cette cohue un peu artificielle sur une passerelle de verre, où vous attendez sans cesse votre tour à la rambarde.

12. Sunwapta Falls (km 175)

À mesure que la route nous rapproche lentement de Jasper, le paysage derrière la vitre commence discrètement à changer : les arbres sont nettement plus hauts, l’air plus chaud et les larges vallées s’ouvrent encore davantage. Faites une courte pause et arrêtez-vous aux Sunwapta Falls, de magnifiques chutes grondantes sur la rivière du même nom. Depuis le parking, vous atteignez la chute supérieure principale, avec son îlot iconique couvert de conifères verts en plein milieu du lit impétueux, en moins de cinq minutes, donc absolument tout le monde y arrive.

Sunwapta Falls près de l'Icefields Parkway
Sunwapta Falls près de l’Icefields Parkway (Photo : Ron Cogswell from Arlington, Virginia, USA / Wikimedia Commons, CC BY 2.0)

💡 Mon petit conseil : La plupart des touristes sortent de la voiture, photographient la chute supérieure à la rambarde et repartent aussitôt. Faites-vous s’il vous plaît cette énorme faveur et descendez par le beau sentier forestier facile, environ deux kilomètres plus bas, jusqu’aux Lower Sunwapta Falls. Vous y serez à 99 % complètement seuls (avec Lukáš dans notre cas) et pourrez savourer en toute tranquillité la force feutrée de l’eau qui tombe et la beauté mystérieuse de la forêt primaire moussue tout autour de vous, où ça sent la résine et les aiguilles humides.

13. Le belvédère Goats and Glaciers (km 188)

C’est juste un arrêt très discret et court au bord de la route, à environ 40 kilomètres avant Jasper, que beaucoup de voitures dépassent simplement sans le remarquer. La route longe ici la rivière turquoise Athabasca et, après une descente vers un petit parking poussiéreux, quelques pas vous mènent à un point de vue sur la berge abrupte, d’où la vue est superbe.

Stutfield Glacier depuis le belvédère Goats and Glaciers
Stutfield Glacier depuis le belvédère Goats and Glaciers (Photo : BrettA343 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0)

Le sable et la terre de ces falaises sont riches en minéraux, si bien qu’elles fonctionnent comme une immense pierre à sel naturelle et que les chèvres de montagne s’y rassemblent régulièrement en troupeaux entiers, même si parfois vous n’avez pas de chance et n’en voyez pas une seule. Mais si la chance vous sourit et qu’elles gambadent justement là avec leur typique pelage blanc et leurs petites cornes noires, c’est un beau spectacle. Et même si vous ne les croisez pas, la vue apaisante sur la large rivière et sur le majestueux mont Kerkeslin en arrière-plan vaut toujours largement cette courte pause d’étirement.

14. Athabasca Falls (km 199)

Notre tout dernier grand arrêt sur le parcours, avant d’arriver enfin fatigués dans la petite ville de Jasper, ce sont les puissantes chutes Athabasca Falls. Elles ne sont certes pas vertigineusement hautes, à peine plus de 20 mètres, mais l’incroyable quantité et la force brute de l’eau qui se faufile ici sous une pression immense dans un lit étroit creusé dans du quartzite extrêmement dur sont tout simplement saisissantes — on en ressent les vibrations jusque dans les jambes.

Athabasca Falls à Jasper
Athabasca Falls à Jasper (Photo : Ron Cogswell from Arlington, Virginia, USA / Wikimedia Commons, CC BY 2.0)

Autour des chutes, un réseau assez vaste et complexe de sentiers et de passerelles sécurisés a été aménagé, ce qui vous permet de les photographier sous une foule d’angles superbes. Mais là encore, la même règle qu’au Mistaya Canyon s’applique. Jamais, vraiment jamais, n’enjambez les murets de pierre pour un meilleur selfie. Les rochers sont très glissants partout autour et tomber dans ce broyeur d’eau sauvage signifierait une fin certaine et très rapide. Sinon, l’atmosphère ici est tout simplement fantastique : de fines gouttelettes volent partout autour, rafraîchissent agréablement le visage par temps chaud et, par temps ensoleillé, de petits et grands arcs-en-ciel se forment sans cesse au-dessus du canyon. (Vous trouverez d’autres conseils directement à destination dans notre article sur Jasper, au Canada, ou jetez un œil au site officiel du parc national Jasper.)

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Manger et boire en chemin

La nourriture sur le parcours ? Comment dire ça gentiment. Comptez sur le strict minimum et, pour ce qu’il y a, vous payerez un prix qui vous restera encore sur le cœur un moment après votre retour. Au centre des visiteurs du Columbia Icefield, vous pouvez à la rigueur prendre un burger frites moyen et assez cher, idem au restaurant du The Crossing Resort, où les prix sont encore un cran au-dessus.

La meilleure et la plus maligne façon de bien profiter de toute la route tout en économisant un joli pactole pour la bière du soir à Jasper, c’est d’acheter une grosse réserve de provisions la veille au supermarché. ☺️

Où aller ensuite

L’Icefields Parkway n’est qu’une étape magnifique dans un road trip plus large à travers l’Alberta et la Colombie-Britannique. Jetez aussi un œil à nos autres articles :

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FAQ — Questions fréquentes sur l’Icefields Parkway

J’ai rassemblé les questions les plus fréquentes que me posent les lecteurs qui planifient un voyage sur l’Icefields Parkway. S’il vous manque quelque chose, n’hésitez pas à m’écrire.

Quelle est la longueur de l’Icefields Parkway et combien de temps faut-il pour la parcourir ?

L’Icefields Parkway (route 93N) mesure 232 kilomètres entre Lake Louise et Jasper. Sans arrêts, vous pourriez la parcourir en environ 3 heures, mais franchement — vous passeriez à côté de tout ce pour quoi vous venez ici. Prévoyez au minimum une journée complète de l’aube au crépuscule, idéalement divisez le trajet sur deux jours avec une nuit à Jasper ou en cours de route.

Ai-je besoin d’un billet d’entrée pour le parc national ?

Oui. L’Icefields Parkway traverse les parcs nationaux de Banff et Jasper, vous avez donc besoin d’un billet journalier valide de Parks Canada (environ 11 CAD par personne / jour). Si vous voyagez au Canada plus longtemps, le Discovery Pass annuel à environ 75 CAD est rentable. Vous pouvez acheter le pass à la guérite de péage à Lake Louise, au centre d’accueil des visiteurs ou en ligne.

Quelle est la meilleure période pour parcourir l’Icefields Parkway ?

La haute saison s’étend de juin à fin septembre. En juillet et août, les lacs sont d’un turquoise éclatant et tous les arrêts sont ouverts, mais c’est aussi la période la plus fréquentée. Mi-septembre à début octobre sont magnifiques avec les mélèzes dorés et moins de monde. En hiver, une grande partie de la route est fermée pour des raisons de sécurité ou extrêmement difficile — je ne la recommande pas aux touristes ordinaires.

Peut-on parcourir l’Icefields Parkway sans voiture personnelle ?

Théoriquement oui — des circuits organisés partent de Banff et Jasper (par exemple Brewster Express ou SunDog Tours), mais ils ont un itinéraire fixe et des arrêts courts. Si vous voulez vraiment découvrir la route à fond, une voiture de location est imbattable. Les transports en commun sont pratiquement inexistants ici.

Y a-t-il un signal mobile sur l’Icefields Parkway ?

Presque pas du tout. En dehors de Lake Louise, The Crossing Resort au milieu de la route et Jasper, comptez sur un signal nul sur 200 kilomètres entiers. Téléchargez des cartes hors ligne (Google Maps et Maps.me), les contacts et tout ce dont vous avez besoin à l’avance — et si votre voiture tombe en panne, attendez-vous à devoir attendre un conducteur de passage.

Où dois-je faire le plein d’essence ?

Faites le plein à Lake Louise ou Banff, la deuxième (et dernière) station-service sur la route se trouve à The Crossing Resort environ à mi-chemin. Les prix y sont extrêmement élevés, donc considérez-la uniquement comme un filet de sécurité. À Jasper, à la fin de la route, il y a plus de stations-service et les prix sont normaux.

Puis-je rencontrer un ours sur l’Icefields Parkway ?

Oui, et assez souvent ! Le parc abrite à la fois des ours noirs et des grizzlis. Vous pouvez souvent les voir paître directement au bord de la route — dans ce cas, ne sortez jamais de votre voiture, prenez des photos par la fenêtre et continuez lentement votre route. Si vous marchez sur les sentiers, portez toujours un spray anti-ours (bear spray) et faites du bruit.

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Lucie Konečná
Lucie Konečnáhttps://www.lkmedia.cz
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