Quand on se réveille un matin sur sa croisière en Alaska, qu’on écarte les rideaux de la cabine et qu’au lieu d’un océan monotone on découvre de majestueuses cimes enneigées qui s’élèvent directement depuis une eau turquoise, on comprend que l’expérience va être absolument spectaculaire. Avec Lukáš, on a réalisé une chose fondamentale en Alaska : organiser un road trip en voiture dévore la majorité de l’énergie et du budget, parce que dans les régions reculées on traque des motels hors de prix en espérant ne pas percuter un caribou sur une route plongée dans l’obscurité.
Une croisière, en revanche, ne demande à peu près aucun effort logistique : il suffit de monter à bord à Seattle et votre hôtel-restaurant flotte avec vous à travers les plus belles baies du monde. 😊 La prochaine fois, ce sera donc uniquement en bateau.
Alors, qu’est-ce qui vous attend ici ? Je vais vous aider à choisir votre navire, votre cabine et votre itinéraire, je vous dirai combien nous a coûté cette aventure en 2026, et je vous donnerai des conseils locaux dans chaque port — y compris ceux que les guides classiques passent sous silence.

Résumé
- Meilleur itinéraire : Les croisières de sept jours au départ de Seattle ou Vancouver sont les plus populaires et les plus simples logistiquement. Pas besoin de gérer des vols intérieurs compliqués.
- Les glaciers, c’est indispensable : Choisissez toujours un itinéraire incluant le Glacier Bay National Park ou le Hubbard Glacier. C’est la raison principale pour laquelle on vient ici.
- Le balcon, c’est obligatoire : Économiser sur une cabine intérieure sans hublot est une erreur monumentale. En Alaska, vous voulez observer les baleines depuis votre lit, pas vous battre pour une place sur le pont supérieur sous la pluie.
- Quand partir : La saison s’étend de mai à septembre. Il fait le plus chaud en juillet, mais les meilleurs prix et moins de monde se trouvent en mai ou en septembre.
- Budget : Prévoyez entre 1 500 et 2 500 USD (environ 1 400 à 2 300 €) par personne pour une croisière de sept jours en cabine avec balcon, sans compter les vols depuis la France et l’argent de poche pour les excursions.
Quand partir en croisière en Alaska et comment ça fonctionne
La saison des croisières en Alaska est strictement encadrée par une météo imprévisible. Les premiers navires appareillent fin avril et les derniers quittent les baies glaciaires aux alentours de fin septembre. Si vous cherchez le bon compromis entre prix raisonnable et météo correcte, je vous conseille de viser fin mai ou début septembre. Le port de Seattle va connaître en 2026 une fréquentation record, donc planifier avec un an d’avance n’est plus un avantage — c’est une nécessité absolue. Le secret pour survivre en Alaska, c’est aussi le jeu des couches : le matin il gèle, à midi en plein soleil on se retrouve en t-shirt, et le soir sur le pont on cherche à nouveau son bonnet.

La saison 2024 avait déjà battu tous les records de fréquentation, et 2026 s’annonce encore plus intense, avec l’arrivée de nouvelles compagnies dans les eaux alaskiennes. Si vous embarquez depuis Seattle ou Vancouver, il vous suffit d’acheter un billet d’avion depuis Paris ou Lyon — Air France, Air Transat et d’autres compagnies desservent ces villes en direct ou avec une escale. Depuis l’aéroport, il est très facile de rejoindre le terminal en Uber ou avec le transfert proposé par la compagnie de croisière.
On nous demande souvent comment rejoindre le port de Seward, et il y a essentiellement deux options. Depuis Anchorage (où vous atterrissez), vous pouvez prendre le train panoramique Alaska Railroad — c’est déjà une expérience en soi — ou un bus spécial. Le trajet dure environ deux heures et demie à trois heures à travers des paysages à couper le souffle.
Comment choisir sa cabine
Quand vient le choix de la cabine, je dois vous mettre en garde contre une erreur très courante. Les cabines intérieures sans hublot semblent certes très attractives côté prix — elles démarrent aux alentours de 400 à 700 USD la semaine — mais pour l’Alaska, c’est probablement le pire choix possible. Le temps est souvent gris et humide, et l’idée de se disputer une vue sur un veau de glacier avec trois mille autres passagers sur le pont supérieur exposé au vent, ce n’est franchement pas idyllique.
Pour ma part, je considère la cabine avec balcon comme une nécessité absolue. Croyez-moi : se lever le matin, s’enrouler dans une couverture et boire un thé chaud sur son propre balcon pendant que des plaques de glace bleues défilent tout autour, c’est tout simplement inestimable. Les cabines intérieures, ça peut aller aux Caraïbes quand on passe ses journées à la piscine, mais l’Alaska se vit par les yeux.
En 2026, les prix des cabines avec balcon se situent en moyenne entre 1 300 et 2 500 USD (environ 1 200 à 2 300 €) par personne. C’est certes un surcoût, mais dès que vous verrez un orque passer depuis votre balcon en peignoir le matin, vous oublierez chaque centime dépensé. Les références du marché restent Princess Cruises et Holland America Line, qui bénéficient d’un accès prioritaire aux baies glaciaires. Celebrity Cruises est un excellent choix pour les voyageurs exigeants. En revanche, si vous voyagez en famille avec des enfants et que l’animation bruyante ne vous dérange pas, Norwegian Cruise Line Alaska ou la magique Disney Cruise Alaska seront parfaitement adaptées.
Le prix de base de la croisière n’est toutefois que le point de départ — prévoyez-le dans votre budget. Il faut y ajouter les taxes et frais portuaires (environ 250 USD), le pourboire obligatoire au personnel (entre 18 et 25 USD par jour) ainsi que les éventuels forfaits internet ou boissons, qui peuvent facilement avaler 100 USD supplémentaires par jour.
Avant l’embarquement (ou après le débarquement), vous aurez presque certainement besoin de passer au moins une nuit dans la ville portuaire. Ne prenez jamais l’avion le jour même du départ du navire — le moindre retard et votre croisière part sans vous. À Seattle, nous aimons nous loger près du Pike Place Market, à deux pas du terminal Pier 66. L’hôtel The Edgewater, directement sur l’eau, est une belle option à explorer.
Itinéraires : quelles routes emprunter et comment choisir
Ce choix est celui qui tracasse le plus les voyageurs. Croisière aller-retour depuis Seattle, ou trajet en sens unique depuis Vancouver ? La réponse courte : tout dépend de la logistique de vos vols. Environ quatre personnes sur cinq optent pour la formule aller-retour, et c’est aussi notre conseil pour un premier voyage. Chaque itinéraire a cependant ses particularités — si vous êtes sujet au mal de mer, cela compte vraiment.
L’option la plus populaire reste la croisière aller-retour depuis Seattle. Le départ et l’arrivée se font au même endroit, ce qui vous économise considérablement sur les billets d’avion retour depuis la France. Ces navires doivent cependant contourner la côte ouest de l’île de Vancouver par le Pacifique ouvert, où la houle peut parfois être un peu plus prononcée. L’itinéraire type vous emmène à Juneau, Skagway, Ketchikan et inclut une navigation d’observation des glaciers.
La deuxième grande option est la croisière aller-retour au départ de Vancouver (Colombie-Britannique, Canada). L’avantage : dès le premier jour, le navire navigue dans les eaux protégées de l’Inside Passage (Passage Intérieur), où les îles environnantes filtrent quasiment toute la houle. Le mal de mer y est vraiment minimal.
Si vous souhaitez voir le maximum de l’Alaska et explorer l’intérieur des terres jusqu’au parc national de Denali, je vous recommande l’itinéraire dit « Glacier Discovery ». Il s’agit d’une croisière d’une semaine en sens unique depuis Vancouver jusqu’aux ports alaskiens de Whittier ou Seward (ou l’inverse). Une fois débarqué, vous pouvez enchaîner avec un voyage terrestre en train et en bus pour aller plus loin dans la nature sauvage. C’est logistiquement plus exigeant et plus coûteux car il vous faut des billets d’avion en sens unique, mais vous verrez l’Alaska dans toute sa splendeur.
Duel de glaciers : lesquels voir et à quoi s’attendre
Une journée entière de votre croisière sera consacrée exclusivement à l’observation des glaciers. Ce jour-là, vous ne quittez pas le navire : vous enfilez vos vêtements les plus chauds et, un chocolat chaud à la main, vous restez sur le pont pendant que le capitaine manœuvre lentement dans une baie parsemée de blocs de glace.

Le Glacier Bay National Park est le moment pour lequel les gens viennent en Alaska. Et depuis qu’on y est allés, on comprend parfaitement pourquoi. C’est un parc national strictement protégé et les autorités n’y autorisent que deux grands navires de croisière par jour. Ce droit d’entrée est réservé en priorité aux compagnies Princess et Holland America. De petites embarcations amènent à bord de vrais rangers du parc national, qui commentent en direct par haut-parleur les histoires fascinantes sur les ours, les baleines à bosse et l’histoire de cette glace millénaire. La baie grouille de vie et la vue sur l’emblématique Margerie Glacier est sans doute le moment le plus fort de tout le voyage.
Si votre navire n’a pas d’autorisation pour Glacier Bay, il vous emmènera très probablement vers le Hubbard Glacier. C’est un monstre absolu : le plus grand glacier de marée d’Amérique du Nord, dont le front mesure onze kilomètres de large et se dresse à plus de cent vingt mètres au-dessus du niveau de la mer. On le surnomme le glacier galopant, et il est célèbre pour le vêlage de blocs de glace gigantesques — un phénomène qui produirait un bruit comparable à un coup de canon suivi d’un coup de tonnerre. Je dois cependant prévenir honnêtement que l’accès se fait par une zone de la baie un peu plus exposée. En cas de brouillard dense ou de trop nombreux icebergs à la surface, le capitaine ne s’en approchera pas pour des raisons de sécurité.
La troisième alternative appréciée est l’étroit fjord Tracy Arm, au fond duquel se trouve le Dawes Glacier. C’est un canyon granitique spectaculaire et dramatique, parcouru de cascades rugissantes. Mais comme le fjord est très étroit, les grands navires ont du mal à manœuvrer et n’arrivent souvent pas suffisamment près des glaces.
Les escales : 12 endroits et expériences à ne pas manquer
Chaque port le long de l’Inside Passage joue un rôle un peu différent. Je dois cependant vous prévenir d’emblée : n’attendez pas une nature sauvage romantique et silencieuse. Dès que trois géants des mers s’amarrent ensemble à quai, les centres de ces petites villes se transforment en quelques minutes en un parc d’attractions touristique bourdonnant. Vous y trouverez malgré tout des choses absolument fantastiques. Voici nos coups de cœur.
1. Juneau et le majestueux Mendenhall Glacier
Juneau est la capitale de l’Alaska, et on n’y accède par aucune route. On ne peut y venir qu’en avion ou en bateau. C’est une ville étonnante, encerclée de montagnes abruptes. L’attraction principale, vers laquelle convergent pratiquement tous les visiteurs, est le Mendenhall Glacier, situé à moins de vingt kilomètres du centre-ville.

L’entrée au glacier et au centre des visiteurs est quasi gratuite (ou moyennant un modeste droit d’entrée). Vous pouvez y accéder facilement en bus local qui fait la navette depuis le terminal du navire, pour environ 60 USD l’aller-retour. La promenade jusqu’aux Nugget Falls — une immense cascade qui se jette juste à côté du glacier — est absolument magique.
Je dois néanmoins souligner une réalité triste : le glacier recule à une vitesse alarmante à cause du réchauffement climatique et perd chaque année un peu plus de terrain. C’est une raison supplémentaire de ne pas reporter votre voyage en Alaska. Après la visite du glacier, vous pouvez prendre le téléphérique Mt Roberts Tramway pour monter sur la montagne qui domine la ville, d’où la vue sur le port et votre navire est époustouflante. Lukáš a le vertige, mais je l’ai finalement convaincu de monter — et il a reconnu que le panorama valait largement les quelques sueurs froides.
2. Observer les baleines à bosse depuis de petits bateaux
Si vous aimez les animaux et voulez voir des baleines — des baleines à bosse et parfois des orques — Juneau est probablement l’un des meilleurs endroits au monde pour ça. Les baleines viennent s’alimenter ici en été et restent dans les eaux peu profondes à proximité du port.

La plus grande erreur est de réserver une excursion de masse via la compagnie de croisière sur un grand catamaran de cent personnes. Privilégiez plutôt les opérateurs locaux indépendants (comme Harv & Marv’s Outback Alaska), qui vous emmènent sur de petits bateaux de six personnes maximum.
Le prix se situe entre 180 et 360 USD (environ 165 à 330 €), mais les baleines sont tellement proches que Lukáš et moi en avons presque oublié de respirer — sans compter qu’on évite le coude-à-coude au bastingage. Les capitaines locaux savent exactement où aller et vous garantissent trois heures pleines sur l’eau. Ces opérateurs établis s’engagent également à vous ramener à temps pour le départ du navire.
3. Skagway et l’atmosphère de la ruée vers l’or
Skagway se trouve à la pointe nord de l’Inside Passage et fonctionne en quelque sorte comme un musée vivant de la légendaire ruée vers l’or du Klondike de 1898. En se promenant dans le centre, on a l’impression d’être dans un western historique. Si vous fermez les yeux, vous pouvez presque imaginer les chercheurs d’or désespérés se débattant dans la boue il y a cent ans.

Le centre est bordé de trottoirs en bois, de bâtiments historiques et de saloon bars d’époque. C’est incroyablement photogénique, même si je dois admettre honnêtement qu’en haute saison, jusqu’à quatre mille touristes débarquent ici chaque jour — ce qui en fait une expérience assez saturée. 😅
Ne manquez pas le célèbre Red Onion Saloon, autrefois le bordel haut de gamme des chercheurs d’or. Aujourd’hui, on y savoure une excellente bière et les serveuses en corsets d’époque vous racontent volontiers les anecdotes les plus croustillantes de l’histoire du lieu.
4. Le train White Pass & Yukon Route
Skagway est une bourgade formidable, mais la vraie raison d’y venir, c’est le train. Le chemin de fer à voie étroite historique White Pass & Yukon Route est un véritable exploit d’ingénierie. Des prospecteurs l’ont construit en un temps record de vingt-six mois, en faisant exploser plus de quatre cent cinquante tonnes d’explosifs dans la roche granitique.

Aujourd’hui, ce magnifique train d’époque vous emmène pour un trajet de trois heures à couper le souffle à travers le col de montagne, jusqu’à près de mille mètres d’altitude. On longe des falaises abruptes, des gorges profondes et des rivières torrentielles. C’est sans doute l’excursion la plus populaire et la plus demandée de toute la croisière en Alaska.
Deux options pour acheter vos billets : passer par la compagnie de croisière garantit la tranquillité d’esprit et l’embarquement directement à quai (environ 170 USD), ou acheter en direct auprès de la compagnie ferroviaire pour économiser quelques dollars (155 USD), en sachant que vous devrez marcher une quinzaine de minutes depuis le port jusqu’à la gare historique en centre-ville.
5. Ketchikan, saumons et culture des totems
Ketchikan est le premier port alaskien que les navires rejoignent en remontant vers le nord. Surnommée la capitale mondiale du saumon, elle abrite pas moins de cinq espèces différentes (les amateurs de poisson seront aux anges). Ketchikan est aussi paraît-il la ville la plus pluvieuse d’Amérique, et on peut le confirmer : il a plu tout l’après-midi pendant notre visite, mais ça donnait une atmosphère nordique très particulière. On a acheté un thé chaud et on s’est abrités sous l’avant-toit d’une des petites maisons en bois de Creek Street.

C’est également l’endroit qui possède la plus grande collection de mâts totémiques sculptés à la main au monde. Si vous vous intéressez à la culture des Tlingits (peuple autochtone), rendez-vous au Saxman Native Village ou au Totem Heritage Center, non loin du port. Observer les sculpteurs au travail, façonnant d’immenses troncs de cèdre, est fascinant.
En plein centre-ville, ne manquez pas la célèbre Creek Street. C’est une rue historique entièrement construite sur pilotis au-dessus d’une rivière à saumons. Autrefois quartier mal famé où se croisaient contrebandiers et filles de joie, on y trouve aujourd’hui de charmants cafés, des galeries d’art et des boutiques de souvenirs. Depuis le quai, on aperçoit parfois des lions de mer qui jouent dans l’eau.
6. Vol en hydravion au-dessus des Misty Fjords
Si votre budget vous le permet à Ketchikan et que vous voulez vivre quelque chose d’inoubliable, réservez un vol en hydravion au-dessus du Misty Fjords National Monument (le Monument National des Fjords Brumeux).

C’est une vaste région de fjords granitiques taillés par les glaciers — aucune route n’y mène et aucun grand navire ne peut y accéder. L’hydravion (floatplane) décolle directement depuis l’eau du port et vous survole des paysages incroyables de montagnes majestueuses, de lacs profonds et de forêts denses. La plupart des pilotes posent l’appareil sur la surface d’un lac de montagne isolé en pleine nature sauvage, pour vous laisser le temps de photographier la beauté du lieu dans le plus grand silence.
L’excursion coûte certes entre 300 et 400 USD (environ 275 à 365 €), mais tous ceux qui l’ont faite s’accordent à dire que c’est le meilleur investissement de tout le voyage. Gardez cependant à l’esprit que ces vols sont assez souvent annulés au dernier moment pour cause de nuages bas ou de mauvais temps.
7. Sitka et son héritage russe
Sitka est l’ancienne capitale de l’Alaska russe (autrefois appelée Novo-Arkhangelsk) et possède une atmosphère radicalement différente des autres ports. Les foules de touristes y sont bien moins écrasantes, et la ville a conservé un caractère local bien plus authentique, notamment parce qu’elle se situe sur la côte de l’océan ouvert.

L’héritage russe se ressent à chaque coin de rue. La cathédrale orthodoxe Saint-Michel (Saint Michael’s Cathedral) en bois, avec ses coupoles en forme de bulbes caractéristiques, domine le centre et mérite absolument une visite.
À deux pas de la ville, le Sitka National Historical Park propose un sentier côtier bordé d’épicéas centenaires et de totems amérindiens. Quand on y est allés avec Lukáš tôt le matin, on n’a croisé presque personne. Après une journée passée dans la foule des autres escales, c’était un vrai luxe.
8. Icy Strait Point, loin du tourisme de masse
Icy Strait Point (près du village de Hoonah) est un port un peu à part. Il est géré en privé par la corporation autochtone locale de la tribu Tlingit. Si les boutiques de diamants et les magasins de souvenirs bas de gamme de Skagway ou Juneau vous ont lassé, vous allez adorer cet endroit. L’accent y est mis sur la préservation de la culture locale et le respect de la nature.

En dehors d’une observation des baleines intimiste et fantastique, vous trouverez ici une spécialité adrénaline de taille : l’une des plus longues tyroliennes du monde, baptisée ZipRider. La nacelle vous dévale à toute vitesse depuis le sommet de la montagne directement sur la plage du port.
Vous pouvez aussi simplement vous installer au coin du feu sur la rive, goûter les tacos à l’halibut locaux et discuter avec les habitants de ce que c’est de vivre en Alaska pendant les longs et sombres mois d’hiver.
9. Le refuge pour ours Fortress of the Bear
Voir un ours en liberté en Alaska est le rêve de presque tout le monde, mais soyons honnêtes : les ours se tiennent très loin des ports bruyants et envahis de touristes. Si vous voulez en voir, je vous recommande le refuge Fortress of the Bear, situé juste à l’extérieur de Sitka.

Ce n’est pas un zoo, mais une organisation à but non lucratif qui s’occupe d’oursons orphelins dont les mères ont souvent péri renversées par des véhicules ou victimes de braconniers. Les ours vivent dans de grands enclos aménagés dans d’anciennes bassins de papeterie — l’aspect n’est pas très naturel, mais les animaux y sont en sécurité et reçoivent des soins de premier ordre.
L’entrée ne coûte que 15 USD et, franchement, quand j’ai vu ces ours de si près, j’ai regretté de ne pas avoir donné davantage. Les soigneurs vous racontent des histoires extraordinaires sur chaque animal, par son petit nom.
10. Arrêt obligatoire à Victoria, au Canada
Si votre croisière part et revient au port américain de Seattle, vous aurez presque certainement dans votre itinéraire une courte escale au port canadien de Victoria, sur l’île de Vancouver. La raison est purement bureaucratique : une loi américaine (le Passenger Vessel Services Act, ou PVSA) interdit aux navires battant pavillon étranger de transporter des passagers entre deux ports américains sans faire escale à l’étranger.

Le navire y fait donc généralement escale le soir, souvent seulement quatre à six heures. La majorité des passagers se ruent sur les bus à destination des célèbres Butchart Gardens — l’un des jardins botaniques les plus beaux et les mieux entretenus au monde.
Si vous ne souhaitez pas dépenser une somme conséquente pour l’excursion aux jardins, prenez un taxi depuis le port ou faites à pied jusqu’au centre de Victoria. C’est une charmante ville marquée par une profonde tradition britannique, avec un parlement magnifiquement illuminé et l’élégant hôtel Empress.
11. Excursions organisées vs. visites en autonomie
L’achat des excursions dans les ports est le moment où votre budget peut véritablement exploser. Les compagnies de croisière facturent une commission énorme sur leurs excursions — souvent entre trente et cinquante pour cent du prix. En contrepartie, vous bénéficiez d’une garantie absolue : le navire ne partira jamais sans vous, même si votre bus crève en chemin.
Personnellement, en Alaska, je préfère les opérateurs locaux indépendants. C’est moins cher, les groupes sont bien plus petits et le contact est plus humain (comme je l’ai expliqué pour les baleines). Mais il y a un GRAND MAIS. Si vous ratez le départ du navire, le capitaine n’attend pas. L’hôtel et le billet d’avion jusqu’au prochain port, c’est pour vous — sans recours possible. Gardez donc toujours une marge d’au moins deux heures avant l’heure limite d’embarquement (le « all aboard time »).
12. Les ferries pour les aventuriers dans l’âme (AMHS)
Si l’idée de vous entasser à quatre mille sur un paquebot géant en devant vous habiller en tenue de soirée pour le dîner vous terrifie, il existe une excellente alternative locale : l’Alaska Marine Highway System (AMHS), le réseau de ferrys d’État.
C’est en quelque sorte une autoroute sur l’eau pour les habitants de la région. Un billet adulte depuis l’État de Washington jusqu’en Alaska coûte environ 250 à 350 USD (environ 230 à 320 €). Ces bateaux n’ont ni piscine ni casino — c’est du transport pur. Vous pouvez réduire drastiquement votre budget en renonçant à la cabine payante pour monter votre propre tente sur le pont arrière ouvert et dormir à la belle étoile comme de vrais aventuriers. 😊
Où manger
La nourriture à bord est un sujet sur lequel Lukáš et moi pourrions parler pendant des heures. Le prix de la croisière inclut le restaurant principal avec un menu du soir à plusieurs plats et un immense buffet accessible de l’aube à presque minuit — ce qui représentait pour nous un certain danger. On a d’ailleurs croisé le saumon étonnamment souvent au menu à bord, et il était excellent. Ce qui n’est pas inclus en revanche, ce sont les restaurants dits « spécialisés » (steakhouse, bar à sushis), qui facturent un supplément de 30 à 50 USD par personne. N’oubliez pas non plus que toutes les boissons, à l’exception de l’eau, du café filtre et des jus du matin au buffet, sont payantes. Si vous aimez accompagner votre déjeuner et votre dîner d’un verre de vin, ou prendre quelques cocktails au bord de la piscine, calculez bien avant de partir si le forfait boissons all-inclusive ne serait pas rentable pour vous.
Quand vous déambulerez dans les ports terrestres, profitez-en pour faire une pause de la nourriture du bord. À Skagway ou Juneau, vous tomberez sur des tables locales proposant le Salmon Bake : d’immenses filets de saumon frais d’Alaska cuits lentement sur un grill à bois d’aulne en plein air, dans la forêt. Ce n’est pas le repas le moins cher, mais ce parfum et cette saveur, on ne les retrouve nulle part ailleurs au monde. À Juneau, Lukáš et moi faisons toujours la queue avec plaisir pour les crabes inoubliables du Tracy’s King Crab Shack. Et si vous avez envie d’un vrai festin de poissons et fruits de mer avec vue sur le port, filez directement au Skagway Fish Company pour les meilleures fish and chips du monde.
Pour aller plus loin
Si le grand nord américain et l’Alaska vous fascinent, n’hésitez pas à consulter nos autres articles détaillés sur cette destination époustouflante :
- Juneau, Alaska : 15 idées de visites et d’activités
- Glacier Bay National Park : guide complet
- Sitka, Alaska : la plus belle ville à l’âme russe
- Quand partir en Alaska : guide météo et saisons
Conseils pratiques pour un voyage sans accroc
Voici les sites et services éprouvés que Lukáš et moi utilisons depuis des années et sans lesquels on ne part plus en voyage.
Où trouver des billets d’avion
Pour trouver des vols pas chers, nous utilisons Kiwi — notre portail préféré, qui combine très bien les compagnies low-cost à travers les Amériques. Pour les vols vers Seattle ou Vancouver depuis Paris, Lyon ou d’autres grandes villes françaises, réservez toujours au moins six mois à l’avance.
Location de voiture
Si vous souhaitez voyager en autonomie en Alaska ou avant d’embarquer, nous utilisons régulièrement le comparateur RentalCars.com. Nous en avons une excellente expérience dans le monde entier : il affiche les prix de toutes les grandes agences au même endroit.
N’oubliez pas l’assurance voyage
Sur une croisière — et surtout aux États-Unis, où les soins médicaux sont extrêmement coûteux — une assurance voyage de qualité est absolument indispensable. Pour les voyages courts, nous optons classiquement pour AXA (50 % de réduction), et pour les longs séjours, nous faisons confiance à True Traveller. Pour en savoir plus, consultez notre avis sur SafetyWing.
Internet et data en Alaska
N’allez pas payer un roaming hors de prix à votre opérateur français. Je vous recommande de vous procurer avant le départ une eSIM Holafly, qui vous garantit des données illimitées et rapides sur tout le territoire des États-Unis.
FAQ — Questions fréquentes sur la croisière en Alaska
Voici les réponses aux questions que me posent le plus souvent mes lecteurs lorsqu’ils planifient leur première croisière en Alaska.
Který měsíc je nejlepší na plavbu po Aljašce?
Nejlepší počasí s nejdelšími dny a nejmenší šancí na vytrvalý déšť vás čeká v červenci a srpnu. Je to ale vrchol sezóny, takže počítejte s nejvyššími cenami a davy turistů. Pokud hledáte dobrý kompromis, my milujeme konec května a začátek června. Na vrcholcích hor je ještě spousta dramatického sněhu a medvědi se zrovna probouzejí k životu.
Která plavební společnost je pro Aljašku nejlepší?
Není jedna univerzální odpověď, záleží na tom, s kým cestujete. Princess a Holland America tu frčí roky a mají vstupenku do Glacier Bay prakticky jistou, což je podle nás argument číslo jedna. Pokud jedete s dětmi, nejlepší bude Disney Cruise Line nebo NCL s jejich zábavními parky na horních palubách. Zkuste si projít recenze k jednotlivým lodím podle vašich priorit.
Kolik stojí týdenní plavba po Aljašce?
Za týdenní plavbu pro jednu osobu v hezké balkonové kajutě zaplatíte v průměru od 1 500 do 2 500 USD v závislosti na měsíci a společnosti. K tomu ale musíte připočítat letenky do Seattlu/Vancouveru, přístavní poplatky (cca 250 USD), spropitné (cca 150 USD za týden) a lokální výlety (obvykle 100–300 USD za exkurzi).
Ve kterém měsíci je aljašská plavba nejlevnější?
Nejlevnější měsíce (tzv. shoulder season) jsou květen a následně konec září. Plavební společnosti potřebují na okrajích sezóny naplnit obrovské lodě, takže ceny kajut padají dolů klidně i o třetinu. Květen je trochu chladnější a na moři mohou být větší vlny, září už bývá sychravější s častějším deštěm, ale příroda je nádherná.
Jak je to s mořskou nemocí na aljašské plavbě?
Přímo Inside Passage (Vnitřní průliv) je chráněný masou ostrovů, takže moře je tu většinu cesty naprosto klidné jako na rybníku. Pokud vyplouváte z Vancouveru, jste chráněni prakticky neustále. Pokud ale vyplouváte ze Seattlu, čeká vás jeden den plavby otevřeným oceánem, kde to občas umí trošku houpat. Rozhodně doporučuji vzít si preventivně náplasti nebo Kinedryl.
Potřebuji pro plavbu víza do USA nebo Kanady?
Ano, a dejte si na to velký pozor. Protože velká část lodí začíná, končí nebo zastavuje v Kanadě (Vancouver, Victoria) a zároveň vplouvá do amerických přístavů na Aljašce, budete potřebovat schválená elektronická víza pro obě země. Jedná se o americkou ESTA a kanadskou eTA. Lodní personál to velmi důkladně kontroluje už při naloďování a bez nich vás zkrátka na loď nepustí.
Dá se na aljašské plavbě sezónně pracovat?
Určitě ano, pracovat na plující lodi po Aljašce zní jako obrovské dobrodružství. Lodní společnosti neustále nabírají tisíce zaměstnanců na pozice servírek, barmanů, pokojských nebo recepčních. Počítejte ale s tím, že jde o tvrdou dřinu. Pracuje se běžně 10 až 14 hodin denně, sedm dní v týdnu po dobu několika měsíců. Odměnou vám bude slušný výdělek, jelikož na lodi nemáte žádné náklady za stravu a ubytování, a volné hodiny strávíte procházkou po aljašských přístavech.
