Quand partir en Alaska : Quel mois choisir pour les aurores boréales et le voyage (2026)

Quand Lukáš et moi avons commencé à planifier notre voyage en Alaska, j’ai bien ri de ma propre naïveté. Je m’imaginais traverser l’Alaska en quinze jours, croiser au passage cinq ours, prendre des photos parfaites devant un glacier et observer romantiquement les aurores boréales le soir venu. La réalité nous a très vite ramenés sur terre. Car l’Alaska, c’est une nature sauvage immense et totalement intransigeante : elle pourrait avaler la France près de deux fois et il lui resterait encore de la place pour le dessert.

C’est un endroit où la géographie et la météo dictent absolument ce que tu vas faire et combien tu vas payer. Chaque fois qu’on me demande quand partir en Alaska, ma première réponse est une contre-question : et qu’est-ce que tu veux vraiment y vivre ? Parce que la saison de la pêche au saumon et de l’observation des ours est totalement incompatible avec celle des aurores boréales. On a passé des heures à chercher sur Google ce qui ouvre où et quand, combien ça coûte et à quoi faire attention. Alors j’ai tout résumé pour vous — mois par mois, sans fioritures. Bref, je ne veux pas que tu rentres chez toi avec le sentiment d’avoir dépensé une fortune pour voir uniquement du brouillard et des moustiques. 😅

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Contenu de l'article

Résumé pour ceux qui n’ont pas le temps de tout lire

Si tu fais déjà tes valises et que tu n’as pas le temps de dévorer l’article entier, voici les points essentiels à graver dans ta mémoire :

Route de gravier dans le brouillard à Hatcher Pass — météo typique de l'Alaska
Route de gravier dans le brouillard à Hatcher Pass — météo typique de l’Alaska
  • La haute saison est extrêmement courte : la saison touristique ne dure réellement qu’une centaine de jours, de juin à la mi-septembre.
  • Ne t’attends pas à des vacances bon marché : en juillet, les hôtels coûtent facilement 350 à 500 USD (environ 320 à 460 €) la nuit, et une voiture standard te coûtera plusieurs centaines d’euros.
  • Pas d’aurores boréales en été : à cause du phénomène du soleil de minuit, il fait clair même la nuit en été, il faut donc attendre l’automne ou l’hiver pour chasser l’aurore.
  • La confusion des noms (2026) : le plus haut sommet d’Amérique du Nord s’appelait Denali, puis brièvement McKinley, puis de nouveau Denali, et depuis 2025 les autorités fédérales l’appellent à nouveau McKinley. Mais le parc national reste, lui, le Denali.
  • Les moustiques sont un fléau : sans répulsif à au moins 40 % de DEET et sans moustiquaire de tête, ne mets même pas les pieds dans l’intérieur des terres en juin. Les locaux surnomment le moustique « l’oiseau de l’État » et crois-moi, ils n’exagèrent pas.
  • La moitié du parc national est fermée : à cause d’un glissement de terrain massif, l’unique route du parc national Denali (Denali Park Road) est fermée au mile 43 pour 2026.

Quand partir en Alaska et comment s’y rendre

La réservation des vols et le choix de la période sont sans doute l’étape la plus importante de tout le voyage. On ne part pas en Alaska « quand ça nous arrange ». La porte d’entrée aérienne est presque toujours l’aéroport international Ted Stevens d’Anchorage (ANC), desservi en haute saison par de nombreux vols depuis Seattle ou Chicago. Mais depuis l’Europe, prépare-toi à un long trajet avec escales.

Les billets aller-retour depuis Paris en haute saison estivale tournent autour de 1 100 à 1 200 USD, soit largement plus de 1 100 €. Pour trouver des vols pas chers, regarde sur Kiwi, c’est notre portail préféré, où l’on déniche souvent des combinaisons intéressantes. Voyons maintenant ce qui t’attend mois par mois, pour que tu choisisses la bonne période.

Taïga et montagnes de l'Alaska le long de l'Alaska Highway en été
Taïga et montagnes de l’Alaska le long de l’Alaska Highway en été

1. Mai : un début moins cher, mais beaucoup de boue

Mai est une drôle de saison intermédiaire. Il y a nettement moins de touristes et les prix des hébergements sont plus supportables, ce qui est un énorme plus pour le budget. Le problème, c’est que de nombreux lacs en altitude sont encore recouverts d’une épaisse couche de glace.

Rivière dans une vallée boisée en Alaska à la fonte des neiges
Rivière dans une vallée boisée en Alaska à la fonte des neiges

Les sentiers de randonnée que tu attends peut-être avec impatience sont souvent impraticables, pleins de neige fondante ou de boue sans fond. Ce n’est vraiment pas le mois idéal pour la rando, mais si tu vises surtout un road trip et l’observation d’une nature qui se réveille, tu peux faire de belles économies. 😉

2. Juin : soleil de minuit et dragons suceurs de sang

En juin, l’Alaska s’éveille et la haute saison démarre. Tu vivras le fascinant soleil de minuit : il fait clair toute la nuit, tu peux donc partir en rando à deux heures du matin sans avoir besoin de lampe frontale. Les prairies se couvrent de fleurs sauvages et les animaux sont très actifs.

Montagnes estivales et vallée verdoyante en Alaska sous le soleil de juin
Montagnes estivales et vallée verdoyante en Alaska sous le soleil de juin

Mais arrive alors la cruelle réalité de l’intérieur de l’Alaska : les moustiques. Sur Reddit, les locaux plaisantent en disant que l’Alaska n’a pas de moustiques mais des dragons immortels et infinis qui sucent le sang. Crois-moi, sans une moustiquaire de tête spéciale, ne t’aventure pas dans l’intérieur des terres en juin, sinon ces petites bêtes te dévoreront vivant.

3. Juillet et août : le pic absolu et la remontée des saumons

Juillet est le pic absolu de la saison. Tout est ouvert, toutes les excursions fonctionnent, et c’est justement à ce moment que commence la légendaire remontée des saumons (sockeye salmon), qui attire des dizaines d’ours vers les rivières. C’est le meilleur moment pour la célèbre observation des ours pêchant dans les chutes d’eau du parc national de Katmai.

Montagnes verdoyantes de l'Alaska au-dessus d'une vallée boisée en juillet
Montagnes verdoyantes de l’Alaska au-dessus d’une vallée boisée en juillet

Ces dernières années, juillet apporte aussi un risque énorme de feux de forêt. Si l’été est chaud, attends-toi à voir les vallées noyées dans une brume jaune de fumée, sans aucune visibilité sur les montagnes. En août, les premières gelées nocturnes apparaissent, ce qui présente un avantage miraculeux : le froid finit enfin par tuer les moustiques et on respire nettement mieux.

4. Septembre : les couleurs de l’automne et la fin de la fête

Pour moi, septembre est l’un des plus beaux mois. La toundra se pare d’incroyables nuances de rouge, d’orange et d’or, et l’air est merveilleusement vif. Et avec les nuits qui rallongent, la chance d’apercevoir une aurore boréale s’ouvre enfin.

Couleurs automnales de la toundra dans la Noatak National Preserve
Couleurs automnales de la toundra dans la Noatak National Preserve (Photo : NPS Photo / Wikimedia Commons, domaine public)

Mais il y a un énorme hic. À la mi-septembre, la saison estivale se termine brutalement et sans pitié. La plupart des hôtels, petites pensions et restaurants en dehors des grandes villes ferment tout simplement leurs portes jusqu’en mai.

5. D’octobre à mars : l’hiver pour les endurcis

De novembre à mars, l’Alaska est aux mains d’un hiver rude. C’est le pic absolu pour observer les aurores boréales, faire du traîneau à chiens, du ski et de la pêche blanche (ice fishing). En mars démarre aussi depuis Anchorage l’emblématique course de l’Iditarod.

Première neige d'octobre sur la Denali Park Road
Première neige d’octobre sur la Denali Park Road (Photo : NPS Photo / Emily Mesner / Wikimedia Commons, domaine public)

Les températures à l’intérieur des terres descendent toutefois couramment jusqu’à -40 °C. Octobre et avril sont des mois de transition qu’on appelle la « mud season » (saison de la boue) et qui sont sans doute les moins attractifs de tous pour le tourisme. Tout fond et patauge, alors raye plutôt directement cette période de tes plans.

Où se loger et combien ça coûte vraiment

Sors ton portefeuille, car l’Alaska n’est vraiment pas une destination bon marché. Ces cent jours d’été doivent permettre aux locaux de vivre toute l’année, et ça se ressent logiquement sur les tarifs. Avec Lukáš, on regardait Booking bouche bée.

Alors qu’en février une chambre correcte à Anchorage coûte par exemple 120 USD (environ 110 €), en juillet et août la même chambre se vend couramment 350 à 500 USD (320 à 460 €). Réserve donc ton hébergement des mois à l’avance, idéalement via Booking.com, notre moteur de recherche préféré.

Où poser sa tête à Anchorage

La plupart des voyageurs passent leur première et leur dernière nuit dans la métropole d’Anchorage. La ville a certes un caractère assez industriel et fait face à une crise du sans-abrisme assez importante, mais c’est le seul endroit où tu peux acheter de manière fiable des provisions et de l’équipement à des prix normaux.

Une bonne base est l’Hotel Captain Cook, certes plus cher, mais qui offre des vues magnifiques depuis les étages supérieurs et une excellente situation en plein centre. Si tu cherches quelque chose de plus abordable, vise les petits B&B (Bed and Breakfast) en périphérie, vers les montagnes. Personnellement, on adore cette approche plus personnelle chez l’habitant.

Où dormir en route vers les parcs nationaux

Si tu pars vers le nord en direction du parc national Denali, une superbe étape à mi-chemin est le village de Talkeetna. C’est un bourg magnifique, un brin hipster, avec une vue sublime sur les montagnes, d’où décollent aussi les vols panoramiques. L’atmosphère des cafés locaux y est tout simplement parfaite.

Juste à l’entrée du parc Denali, on trouve plusieurs grands complexes hôteliers construits principalement pour les passagers des bateaux de croisière (par exemple le McKinley Chalet Resort). Prépare-toi ici à une restauration de masse et des prix astronomiques, mais l’emplacement est tout simplement inestimable : le matin, tu peux être le premier aux bus.

L’Alaska en 13 étapes : ce qu’il faut savoir avant de partir

Planifier un itinéraire en Alaska ressemble un peu à un cauchemar logistique combiné à la lutte pour éviter la faillite personnelle. Les Européens ont tendance à constamment sous-estimer les distances, et je comprends parfaitement : sur la carte, ça a l’air d’un saut de puce.

Van aménagé rouge Chiquita sur une route de montagne en Alaska
Van aménagé rouge Chiquita sur une route de montagne en Alaska

1. La confusion des noms (Denali contre McKinley)

Si tu achètes une carte papier ou que tu entres une destination dans le GPS, tu vas tomber en 2026 sur un chaos total concernant le nom du plus haut sommet d’Amérique du Nord. La montagne s’est longtemps appelée Mount McKinley, du nom d’un président américain qui, soit dit en passant, n’a jamais mis les pieds en Alaska. En 2015, l’administration Obama lui a rendu son nom amérindien d’origine, Denali. On s’y était tous habitués.

Sauf qu’au début 2025, le président américain a signé un décret rendant officiellement à la montagne le nom de McKinley. Comble du comble, le parc national continue de s’appeler Denali National Park & Preserve. En pratique, ça signifie que les cartes physiques imprimées récemment utilisent le nom Denali, tandis que les nouveaux systèmes pour 2026 te mèneront au Mount McKinley. Les habitants et les tribus locales, eux, ignorent tout ça et continuent obstinément d’appeler la montagne Denali. Ne te laisse donc pas embrouiller.

2. La location de voiture va te coûter une fortune

La voiture est une nécessité absolue pour explorer l’Alaska, sauf si tu veux passer toutes tes vacances dans les bus. Mais les prix de location sont brutaux. Un SUV standard te coûtera facilement 150 à 300 USD (140 à 280 €) par jour en haute saison. Les vans aménagés (campervans) démarrent quant à eux autour de 260 USD la nuit.

Avec Lukáš, on a une bonne expérience de longue date avec RentalCars, qu’on utilise partout dans le monde pour comparer les prix des différents loueurs. Réserve absolument ta voiture au moins six mois à l’avance, sinon il ne te restera en été que les modèles de luxe les plus chers.

3. La plupart des loueurs t’interdisent les routes de gravier

Sur la carte, ça ressemble peut-être à une route normale, mais dès que tu quittes les grands axes goudronnés, tu te heurtes à une dure réalité. Beaucoup d’endroits intéressants, comme le célèbre hameau de McCarthy dans le parc national Wrangell-St. Elias ou l’emblématique Dalton Highway menant vers le pôle Nord, ne sont accessibles que par des pistes poussiéreuses, de gravier et pleines de nids-de-poule.

La plupart des loueurs interdisent strictement les routes de gravier dans leurs conditions, et si tu enfreins la règle et crèves un pneu (ce qui arrive couramment), tu en auras pour plusieurs milliers de dollars de dépannage au milieu de nulle part. Pour partir dans la nature sauvage, repère plutôt directement des entreprises locales comme Go North, qui autorisent explicitement les 4×4 sur le gravier.

4. Le club des trente pour cent (The 30% Club) au Denali

Le plus haut sommet du continent culmine à 6 190 mètres, ce qui te ferait penser qu’on le voit de partout. C’est tout le contraire. La météo autour de ce gigantesque massif est si imprévisible que la montagne crée en permanence sa propre couverture nuageuse.

Il existe même un terme : « The 30% Club ». Cela signifie qu’environ trente pour cent seulement de tous les touristes qui visitent le parc voient la montagne en entier, sans nuages. Le reste ne photographie qu’une brume grise et repart bredouille. Même les personnes qui travaillent dans le parc toute la saison ne voient parfois pas la montagne pendant des semaines. Ne réserve donc surtout pas une seule journée pour le parc : je recommande de rester dans la zone au moins deux nuits pour augmenter tes chances.

Panorama du mont Denali depuis le McKinley Princess Lodge

5. La moitié du parc national Denali est fermée

Voici une information absolument capitale pour planifier ton voyage en 2026. L’unique route qui s’enfonce au cœur du parc national Denali (Denali Park Road) est actuellement fermée à peu près à la moitié de sa longueur. Au mile 43, un glissement de terrain massif s’est produit à cause de la fonte du pergélisol (la zone appelée Pretty Rocks).

Cela signifie que les fameuses excursions en bus à la journée, qui emmenaient les touristes jusqu’au magnifique Wonder Lake avec une vue parfaite sur la montagne, n’existent tout simplement plus à l’heure actuelle. Les bus font demi-tour avant le glissement de terrain et la réouverture complète du parc n’est attendue au plus tôt qu’à la saison 2027.

6. Observer les ours à Katmai va te coûter un salaire

Si tu tapes « Alaska » dans Google, des photos et vidéos d’imposants ours bruns debout dans une cascade, attrapant dans leur gueule des saumons en plein vol, vont à coup sûr surgir. Ces chutes emblématiques s’appellent Brooks Falls et se trouvent dans le reculé parc national de Katmai, au sud-ouest de l’État. Mais attention, aucune route n’y mène.

Pour voir les ours, tu dois prendre l’avion d’Anchorage à la petite ville de King Salmon (billet aller-retour environ 500 USD), puis monter à bord d’un petit hydravion (450 USD de plus). Ajoute à cela l’hébergement à proximité du parc, qui démarre à 500 USD la nuit. Une nuit dans l’emblématique et célèbre Brooks Lodge revient à la somme folle de 1 200 à 1 600 USD. C’est une expérience spectaculaire, mais il faut avoir mis de côté un sacré pactole.

Parc national Denali en Alaska

7. La région de l’Inside Passage et les croisières pluvieuses

La pointe sud-est de l’Alaska (région Southeast) ressemble sur la carte à un puzzle morcelé d’îlots et de fjords profonds. On n’y trouve aucune connexion au réseau autoroutier américain, et on n’accède aux villes comme Juneau (la capitale de l’État) ou Ketchikan que par avion ou par bateau. C’est le principal couloir des immenses navires de croisière.

Je l’avoue, moi aussi je me l’imaginais ainsi : des baleines qui sautent, des glaciers qui s’effondrent, du soleil. La réalité est un peu différente. À Juneau, par exemple, il pleut en moyenne 230 jours par an et les températures estivales descendent facilement à 10 °C. Les retours d’expérience sur les forums et de la part de connaissances confirment qu’il est assez courant de passer toute une croisière dans un brouillard tel qu’on ne voit même pas la proue de son propre bateau. Glisse absolument une veste imperméable haut de gamme dans ta valise pour cette partie.

8. Ne prévois pas plus de 5 heures de conduite par jour

L’Alaska est incroyablement vaste. Si tu pars sur un circuit classique en voiture, n’essaie pas de tout voir. D’Anchorage à Seward, il faut 2 h 30 (environ 200 km) ; d’Anchorage au lointain Fairbanks, c’est 6 heures de route pure. Et là, on parle de conduite sans arrêt.

Les routes sont souvent encombrées de camping-cars, il faut parfois ralentir à cause d’un orignal au bord de la route, et à chaque instant tu auras envie de t’arrêter pour photographier, parce que les paysages ne te laisseront tout simplement pas tranquille. Les voyageurs expérimentés s’accordent à dire qu’à partir de quatre à cinq heures de conduite par jour dans ton itinéraire, tes vacances se transforment en marathon de chauffeur épuisant et tu ne profites pas du tout de cette splendeur.

Seward, Alaska
Seward, Alaska.

9. Anchorage : mal nécessaire ou base idéale ?

L’agglomération d’Anchorage, où vit la majorité des habitants de tout l’État, forme un énorme contraste avec le reste de la nature sauvage. Beaucoup de voyageurs ont tendance à rayer totalement la ville de leur itinéraire et à filer directement de l’aéroport vers les montagnes. Honnêtement, Anchorage a un côté industriel assez rude et tu n’auras pas envie d’y passer une semaine entière.

D’un autre côté, c’est le seul endroit doté de grands supermarchés parfaitement approvisionnés. On conseille d’y rester au moins une nuit après l’arrivée. Tu pourras compléter tout ton matériel, acheter une bonne bombe anti-ours (bear spray) que tu ne peux pas emporter en avion, t’imprégner de l’ambiance dans un café local et reprendre des forces après l’énorme décalage horaire.

Anchorage, Alaska
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10. Chercher les aurores boréales en été est peine perdue

Ça paraît logique, mais beaucoup de gens font sans cesse la même erreur. Ils s’envolent pour l’Alaska en juillet pendant les vacances d’été en espérant secrètement voir cette magnifique danse verte dans le ciel. Ils ne la verront pas. L’Alaska est située très au nord et, en été, il y a tout simplement trop de lumière la nuit.

Pour apercevoir une aurore boréale, il te faut une vraie nuit bien sombre. La saison des chasseurs d’aurores ne commence réellement qu’à partir de la mi-septembre, même si en octobre et novembre tu as évidemment beaucoup plus de chances. Donc si l’aurore est ton objectif principal, n’achète vraiment pas de billets pour août.

11. Choisis ta direction si tu n’as qu’une semaine

Si tu n’as que 7 à 10 jours à consacrer à l’Alaska, n’essaie pas le classique road trip géant. Tu dois choisir l’une des deux grandes directions depuis l’aéroport d’Anchorage. Soit tu pars vers le nord en direction des montagnes (la combinaison Anchorage, la charmante Talkeetna et le parc national Denali).

Soit, au contraire, tu te diriges vers le sud, vers la magnifique péninsule de Kenai. Là t’attendent des glaciers qui plongent dans la mer près du port de Seward, des croisières panoramiques et la petite ville de Homer, d’où partent de nombreux pêcheurs. Dès que tu essaies de caser le nord et le sud en sept jours, tu passes la moitié du temps à regarder par le pare-brise une bande de bitume.

12. N’attends pas la culture européenne du camping

Si tu prévois d’économiser sur les hôtels astronomiquement chers en louant un campervan et en dormant en pleine nature, prépare-toi aux spécificités locales. Le camping sauvage (boondocking) y est certes toléré sur de nombreuses aires de repos, mais les campings officiels d’État et nationaux n’ont rien du luxe européen.

Pas de toilettes à chasse d’eau (seulement des toilettes sèches), tu peux rêver des douches à l’eau chaude, et le réseau ? Il n’y en a tout simplement pas, et ce parfois pendant plusieurs jours d’affilée. Et puis il y a les règles concernant les ours : la nourriture odorante ne doit pas traîner ne serait-ce qu’un instant devant la voiture. Comme nous avons déjà vu des ours derrière la fenêtre d’un hôtel au Canada, on était assez préparés à ça. Mais ici, d’après les locaux, les ours sont nettement plus agressifs.

Étoiles de mer en Alaska

13. La fumée et le feu gâchent les vacances

Outre les pluies occasionnelles, il y a encore un épouvantail estival dont les catalogues d’agences ne parlent pas beaucoup. En Alaska (et dans le Canada voisin), les vastes feux de forêt sont totalement courants en juin et juillet. Le changement climatique y contribue malheureusement beaucoup.

Pendant notre voyage, on a vu beaucoup de touristes déçus à qui les satellites annonçaient des centaines d’incendies aux alentours. Le ciel était souvent grisâtre, voire jaune, à cause de l’épaisse fumée, et la visibilité sur les montagnes tombait à zéro. C’est quelque chose contre quoi on ne peut tout simplement rien. En Alaska, l’été, l’équation est simple : s’il fait chaud et beau, tu respires la fumée des feux de forêt. S’il fait moche et froid, tu râles de ne même pas avoir profité de tes vacances.

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Où manger : nos conseils pour boire et manger (Anchorage)

Si tu t’attends à une gastronomie raffinée à chaque coin de rue, l’Alaska va un peu te décevoir. Avec Lukáš, on cuisinait surtout nous-mêmes. Les prix dans les restaurants sont nettement plus élevés que dans le reste des États-Unis, et n’oublie pas d’ajouter à l’addition l’incontournable pourboire de 15 à 20 %. Voyons où aller dans la plus grande ville, Anchorage.

Si tu pars avec des enfants ou que tu as simplement envie de quelque chose de décontracté, une véritable légende est le Moose’s Tooth Pub & Pizzeria. C’est la pizzeria indépendante la plus rentable de tous les États-Unis et elle fait aussi office de microbrasserie. Les locaux l’adorent. Ils ne prennent aucune réservation et, en haute saison estivale, tu peux poireauter plus d’une heure et demie avant qu’on te place. Leur immense pizza « Large Avalanche » est emblématique. Prépare-toi : à l’intérieur ça vit et c’est plutôt bruyant. Pour leur fabuleux Smoked Salmon Spread (tartinade de saumon fumé), tu laisseras environ 14 USD, et ils font aussi d’excellentes grandes salades.

Moose's Tooth Pub & Pizzeria à Anchorage — légendaire microbrasserie
Moose’s Tooth — photo : Google Maps

Pour un dîner romantique et très luxueux en amoureux, mise sur le Crow’s Nest. Il se trouve au vingtième étage de l’Hotel Captain Cook, tu profiteras donc pendant le repas d’une vue fantastique à 360 degrés sur les montagnes et la baie. Le menu tourne principalement autour du crabe frais (King Crab) et d’énormes flétans, le tout accompagné d’une carte des vins comptant la somme incroyable de 10 000 bouteilles. Mais prévois ici qu’un dîner pour deux avec du vin te coûtera facilement plus de 200 USD (plus de 185 €). De plus, ils exigent un dress code assez soigné : on ne te laissera pas entrer dans ce restaurant en chaussures de randonnée.

Quand tu cherches un bon petit-déjeuner, arrête-toi absolument au Snow City Cafe, en plein centre. C’est sans doute le café le plus populaire de la ville (ouvert seulement jusqu’à 15 h). Les locaux s’y pressent pour leur célèbre « Deadliest Catch », des œufs Bénédicte avec une généreuse portion de crabe d’Alaska.

Snow City Cafe à Anchorage — café populaire pour le petit-déjeuner
Snow City Cafe — photo : Google Maps

Et si tu veux tenter quelque chose d’un peu plus hipster, je recommande le Spenard Roadhouse. Leurs tater tots arrosés d’huile de truffe et leurs morceaux de bacon enrobés de noix de pécan sont une cochonnerie incroyable dont tu te souviendras longtemps. D’autant plus si tu fais passer ça avec un verre de leur immense collection de bourbons de qualité.

Spenard Roadhouse à Anchorage — bistrot hipster
Spenard Roadhouse — photo : Google Maps

Conseils et astuces pour voyager sereinement aux États-Unis

Voyager aux États-Unis a ses spécificités, et en Alaska c’est doublement vrai. On a préparé pour toi quelques conseils pratiques de plus qui t’épargneront bien des nerfs et de l’argent en route. On le sait par expérience : sous-estimer la préparation ne paie tout simplement pas ici.

Avant même de boucler tes valises, concentre-toi surtout sur la sécurité et la connectivité. Voici les trois piliers absolument essentiels à ne pas oublier :

  • Assurance : on ne s’envole jamais pour les États-Unis sans une bonne assurance, les factures de médecin peuvent y être dévastatrices. Pour un voyage aux USA, on recommande de bien comparer les assurances voyage de qualité.
  • eSIM pour internet : l’Alaska a parfois d’énormes trous noirs sans réseau, mais en ville les données sont bien utiles. Avant de te lancer dans un coûteux roaming américain, jette un œil à Holafly.
  • Randonnée : l’Alaska est pleine de boue détrempée, de neige fondante et de ruisseaux. Un bon équipement est la base, et de bonnes chaussures de randonnée imperméables te serviront vraiment plus que tu ne le penses peut-être maintenant.
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Foire aux questions (FAQ)

Quand on a partagé nos plans d’Alaska avec nos familles et nos amis, on a reçu toute une avalanche de questions. Et elles revenaient sans cesse ! Alors j’ai rassemblé ici les plus importantes, pour que tu aies tout au même endroit et que tu n’aies pas à fouiller péniblement les forums.

Quand et pour combien l’Amérique a-t-elle acheté l’Alaska ?

Les États-Unis ont acheté l’Alaska à l’Empire russe en 1867. Le secrétaire d’État américain William H. Seward a alors négocié l’achat pour environ 7,2 millions de dollars. Les Américains ont fortement critiqué cet achat à l’époque et l’ont appelé « le congélateur de Seward », jusqu’à ce que de l’or soit découvert en Alaska et, des décennies plus tard, d’énormes réserves de pétrole. Aujourd’hui, c’est l’un des investissements les plus rentables de l’histoire.

Combien de temps fait-il nuit en Alaska ?

Cela dépend énormément de l’endroit exact où vous vous trouvez, l’État est immense. Dans la ville la plus septentrionale d’Utqiagvik (anciennement Barrow), règne la nuit polaire, où le soleil ne se lève pas au-dessus de l’horizon pendant 65 jours d’affilée, de novembre à janvier. À Anchorage, qui se trouve beaucoup plus au sud, le soleil se lève chaque jour en hiver, mais les journées d’hiver les plus courtes n’ont qu’environ cinq heures et demie de lumière du jour.

Quelle est la température en Alaska en hiver ?

L’Alaska compte cinq régions climatiques différentes. Au sud et au sud-est, le long de la côte (Juneau, Sitka), les hivers sont doux et les températures se maintiennent autour de zéro ou légèrement en dessous. Mais à l’intérieur des terres, par exemple autour de la ville de Fairbanks et dans le parc national de Denali, les températures en janvier et février descendent couramment à -30 °C voire -40 °C. C’est un froid vraiment rude qui paralyse la vie et même les équipements ordinaires.

Est-ce cher en Alaska ?

Très. L’Alaska fonctionne logistiquement comme une île et une grande partie des approvisionnements doit être importée. Un budget quotidien typique pour deux personnes en haute saison (juillet), incluant la location d’une voiture normale, l’essence, un hébergement plutôt simple en motel et l’achat de nourriture en partie au supermarché et parfois au restaurant, revient à environ 400 à 600 USD (360 à 540 EUR) par jour. Si vous prévoyez des excursions coûteuses en avion, le budget monte en flèche.

Est-il sûr de louer une voiture en Alaska ?

Oui, sur les routes asphaltées principales, roulez tranquillement. Nous n’avons jamais eu le sentiment de prendre des risques. La seule chose dont nous avions vraiment peur, c’était l’élan au bord de la route (et les réflexes de l’élan sont tragiques). Attention cependant aux routes de gravier isolées sans signal, où peu de gens passent. Sinon, l’asphalte est généralement en très bon état (même si chaque printemps, les services routiers réparent d’énormes nids-de-poule causés par le gel).

Quelle est la meilleure période pour voir des aurores boréales ?

Certainement d’octobre à mars. Vous avez besoin d’une obscurité totale, d’un ciel dégagé et bien sûr d’une certaine activité solaire. On se rend à Fairbanks pour voir les aurores le plus souvent en février et mars, quand le froid n’est plus aussi cruel et écrasant qu’en décembre, mais que les nuits sont encore suffisamment sombres et claires.

Peut-on visiter l’Alaska en une semaine ?

Non. En une semaine, vous ne pourrez parcourir qu’une toute petite fraction de l’État et vous devrez faire des compromis très difficiles. Un itinéraire d’une semaine couvre généralement soit uniquement la région autour d’Anchorage et la péninsule de Kenai vers le sud, soit vous monterez d’Anchorage vers le nord pour visiter le parc national de Denali. Pour une découverte plus complète des principaux sites, vous aurez besoin d’au moins 14 à 21 jours.

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À propos de l’auteur

Lucie Konečná
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Ahoj, jmenuji se Lucka a dá se toho o mě napsat hodně. 😁 Někdo mě nazývá blogerkou, jiný influencerkou nebo podnikatelkou, mám tak trochu renesanční osobnost a baví mě spousta věcí a taky jich hodně dělám. Vystudovala jsem původně žurnalistiku, ale už od vysoké školy se věnuji online marketingu.❤️ Žila jsem dlouhé roky jako digitální nomád a procestovala více jak 40 zemí. S manželem Lukášem pracuji pro české značky v rámci butikové agentury LK MEDIA a řídím provoz české firmy nanoSPACE.. Kromě cestování, nanotechnologií a online marketingu mě baví všechno kolem zdravého životního stylu, fitness a spánku.

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