Quand on évoque l’Alta Via 1 et les Dolomites en Italie, la plupart d’entre nous imaginent aussitôt ces tours rocheuses effilées teintées de rouge au coucher du soleil et le parfum de la polenta fraîche qui s’échappe des refuges de montagne. Avec Lukáš, nous adorons ces paysages et nous revenons dans les Alpes italiennes pratiquement chaque année. Les traversées de plusieurs jours, le sac sur le dos, étaient autrefois notre grand classique de l’été. Mais depuis l’arrivée du petit Jonáš, nous avons dû reporter ces aventures longues et exigeantes à une date indéterminée. Ça ne nous empêche pas d’en rêver et de les planifier dans les moindres détails. ☺️
L’un de nos plus grands rêves, c’est de parcourir tout l’itinéraire d’une traite. Même si nous ne l’avons pas encore fait du début à la fin en une seule fois, nous avons arpenté une grande partie de ses étapes lors de randonnées à la journée, quand nous avions notre camp de base à Cortina d’Ampezzo. L’itinéraire traverse en effet les plus beaux endroits qui soient, comme le Lago di Braies ou les falaises iconiques autour du Rifugio Lagazuoi. Comme vous nous posez sans arrêt des questions sur l’Alta Via, j’ai enfin décidé de m’asseoir et de rédiger ce guide détaillé. Comme ça, vous le lisez une fois et vous savez à quoi vous attendre.
Alors : vous voulez savoir quand partir, où dormir, combien ça coûte et quoi glisser dans son sac à dos ? J’ai tout détaillé pour vous, jour après jour, refuge après refuge. Continuez à lire. 😉

Résumé pour ceux qui n’ont pas le temps de tout lire
Je sais, je sais, voilà à quoi ressemblent les chiffres sur le papier, et ça fait un peu peur. Mais croyez-moi, sur le terrain, tout s’enchaîne bien plus naturellement. Voici l’essentiel en quelques points :
- Distance et dénivelé : Le trek mesure environ 120 kilomètres, pour un dénivelé positif total d’environ 6 500 mètres.
- Durée : On le parcourt généralement en 10 à 12 jours, mais on peut aussi planifier des variantes plus courtes de 4 ou 6 jours.
- D’où à où : L’itinéraire classique commence au nord, près du célèbre lac Lago di Braies, et se termine au sud, près de la petite ville de Belluno (ou à l’arrêt La Pissa).
- Niveau de difficulté : Techniquement, le trek est classé EE (Escursionisti Esperti), ce qui signifie que vous n’avez pas besoin de matériel de via ferrata, mais qu’il faut une très bonne condition physique et un pas assuré. Ce n’est clairement pas adapté aux jeunes enfants.
- Hébergement : On dort exclusivement dans des refuges de montagne (rifugi), qu’il faut réserver 3 à 6 mois à l’avance. Le bivouac sauvage est strictement interdit.
- Budget : Prévoyez environ 1 100 à 1 300 € par personne pour tout le trek (demi-pension dans les refuges, déjeuners et transports compris).
Qu’est-ce que l’Alta Via 1 et pour qui est-elle faite ?
Si vous vous intéressez aux treks de plusieurs jours en Italie, vous avez sûrement été confronté à un dilemme : choisir l’Alta Via 1 ou la 2 dans les Dolomites. L’Alta Via 1 (littéralement « Haute Voie 1 ») est la plus célèbre, la plus classique et la plus accessible techniquement. Alors que l’Alta Via 2 exige du matériel de via ferrata et bien plus d’expérience en escalade, la « numéro 1 » est plus accueillante : elle est à la portée de tout randonneur expérimenté de haute montagne, doté d’une bonne endurance et que ça ne dérange pas de marcher plusieurs jours d’affilée avec un sac un peu lourd.

L’itinéraire traverse magnifiquement les Dolomites du nord au sud et vous emmène dans des endroits inaccessibles au touriste lambda en voiture ou en télécabine. C’est une vraie échappée loin de la civilisation, où votre journée se résume à marcher, admirer des panoramas incroyables, manger et dormir. Sur le plan technique, aucune section d’escalade ne vous attend, mais certains passages peuvent être raides, étroits ou équipés de câbles d’acier pour s’agripper. De bonnes chaussures de randonnée et l’absence totale de vertige sont ici tout simplement indispensables.
Quand partir et quel temps prévoir
Le choix de la bonne période est absolument crucial pour ce trek, car les refuges de montagne ont une saison très limitée et la météo dans les Dolomites peut être franchement imprévisible. Voyons ensemble à quel moment il est le plus judicieux de réserver vos vols et votre hébergement.

La fenêtre idéale pour le trek
La saison est en réalité très courte, en gros de fin juin à mi-septembre, alors il n’y a vraiment pas de temps à perdre côté planification. Si vous partez en juillet ou en août, vous aurez la meilleure garantie d’un temps plus stable et de trouver tous les refuges du parcours ouverts.
Je dois toutefois vous mettre sérieusement en garde contre la période autour du 15 août. C’est le jour férié du Ferragosto en Italie, et les Italiens partent massivement en vacances. À ce moment-là, les Dolomites (et en fait toute l’Italie) débordent de monde, les refuges sont désespérément complets un an à l’avance et, sur les sentiers étroits de montagne, vous aurez l’impression d’être en plein cœur des Champs-Élysées un samedi après-midi. J’éviterais cette période à tout prix si vous voulez profiter d’un minimum de tranquillité. 😅
Le début septembre, en revanche, est tout simplement magique. L’air s’éclaircit un peu, les foules de touristes s’estompent parce que les enfants reprennent l’école, mais les refuges sont encore ouverts. Il faut juste compter avec des matins et des soirées plus frais. Septembre en montagne, c’est sans doute notre période préférée. Si vous voulez partir dès le mois de juin, soyez très prudents : à haute altitude, il peut encore y avoir beaucoup de neige et certains cols de montagne peuvent être infranchissables sans crampons ni piolet.
Combien coûte l’Alta Via 1 et où dormir avant le départ
Les treks de refuge en refuge ne sont pas l’option la moins chère en Europe, et dans les Dolomites, c’est doublement vrai. Le bivouac sauvage (wild camping) est strictement interdit dans tout le parc national et les amendes sont vraiment salées : vous dépendez donc entièrement du réseau de refuges de montagne.
Avant le départ proprement dit, on dort généralement près du lac Lago di Braies ou dans la proche Cortina d’Ampezzo, d’où l’on rejoint facilement le lac en bus le matin. Cortina est un camp de base stratégique : c’est l’endroit parfait pour attaquer le trek, se reposer et reprendre des forces. Il vaut toujours mieux arriver un jour à l’avance pour pouvoir débuter la première étape tôt le matin.
Budget pour 10 jours en montagne
Voyons combien coûte réellement tout ce petit plaisir. Le poste le plus important sera évidemment l’hébergement, repas compris. La plupart des refuges fonctionnent sur le principe de la « mezzopensione » (demi-pension), qui comprend un lit (souvent en dortoir avec des lits superposés), un copieux dîner à plusieurs plats et le petit-déjeuner.

Avec Lukáš, nous calculons toujours tout soigneusement à l’avance, car les majorations « montagne » peuvent sérieusement secouer le portefeuille.
- Hébergement en demi-pension (Rifugia) : Comptez environ 75 à 95 € par personne et par nuit. Pour 10 nuits, cela représente donc environ 800 à 1 000 €.
- Déjeuners et en-cas en journée : Sur le parcours, il y a plein de petits refuges où prendre une polenta ou une soupe, ce qui revient généralement à 15-25 € par jour. Si vous emportez de la nourriture ou achetez des paninis dans les refuges, vous économiserez un peu. Au total, comptez environ 200 €.
- Transport au départ et au retour du trek : Bus, trains, voire taxis. Comptez environ 100 € par personne.
- Estimation totale : Par personne, je recommande de prévoir un budget de 1 100 à 1 300 € pour les dix jours entiers, hors vols depuis la France et hors équipement.

Réserver les refuges et les règles indispensables
Quand on en arrive à la planification, je dois être tout à fait honnête : la spontanéité n’a pas beaucoup sa place ici. Compter sur le fait d’arriver au refuge le soir et qu’on vous trouve simplement une petite place par terre, c’est un risque énorme que je ne vous conseille pas de tenter.
💡 Astuce : Réservez les refuges (rifugia) du parcours directement via leurs sites web ou par e-mail — ils ne sont pas sur Booking. Mais pour la nuit avant le départ et après l’arrivée, mieux vaut avoir une base dans la vallée : au départ, au Lago di Braies, il y a l’iconique Hotel Pragser Wildsee.
Quand et comment réserver
La capacité des refuges est strictement limitée et l’engouement des randonneurs du monde entier est énorme. Vous devez réserver les refuges (rifugi en italien) longtemps à l’avance, idéalement 3 à 6 mois avant. Autrement dit, si vous voulez partir en juillet, il faut avoir un plan précis et contacter les différents hébergements au plus tard en janvier ou février. La plupart des refuges acceptent les réservations par e-mail ou via les formulaires de leur site web ; les portails de réservation type Booking.com ne fonctionnent généralement pas ici, en montagne.
Une grande règle dans les montagnes italiennes, c’est aussi le paiement en espèces. Même si la situation s’améliore peu à peu et que beaucoup de refuges sont désormais équipés de terminaux, le réseau saute souvent en altitude et vous ne pouvez pas compter sur votre carte. Ayez toujours sur vous suffisamment d’euros en liquide pour régler la totalité de votre séjour et vos repas en journée. Pour boire, vous pourrez toujours remplir votre gourde dans les refuges : vous économiserez au moins le prix de l’eau en bouteille et éviterez de produire des déchets plastiques.

La variante classique en 10 jours (itinéraire jour par jour)
Voici exactement l’itinéraire qu’avec Lukáš nous gardons en tête pour le jour où nous partirons à deux. Ce sont les dix jours classiques qui vous feront découvrir le meilleur de ce que la nature a créé dans cette région. Gardez à l’esprit que les durées indiquées pour chaque étape sont des temps de marche nets, sans pauses pour contempler, photographier ou déjeuner. La réalité est donc toujours plus longue de quelques heures. Vous verrez bien comment ça se passe pour vous ! 😉
1. Du Lago di Braies au Rifugio Biella (le départ depuis le lac)
Le trek ne commence nulle part ailleurs qu’au célèbre Lago di Braies. Si vous lisez notre blog depuis un moment, vous savez que ce lac est tout simplement à couper le souffle. Le matin, il y a certes du monde, car c’est une destination prisée des excursionnistes à la journée, mais dès que vous commencez à grimper le long de l’Alta Via 1, les foules se clairsèment très vite.

La montée initiale est assez raide, histoire de tester votre condition dès le départ, mais une fois arrivé au col de la Porta del Forno, les vrais panoramas calcaires s’ouvrent à vous. Le chemin jusqu’au Rifugio Biella (également connu sous son nom allemand, Seekofelhütte) demande environ 5 heures de marche nette. Le refuge se trouve dans un environnement assez inhospitalier, presque lunaire, mais à l’atmosphère incroyable.
2. Du Rifugio Biella au Rifugio Sennes (paysage lunaire)
Le deuxième jour est une étape agréable et reposante. Vous parcourrez environ 6 heures dans un paysage magnifique et singulier de plateau d’altitude, qui rappelle parfois vraiment la surface de la lune. Au début de l’été, les prairies de haute montagne peuvent encore y être en fleurs.

Votre objectif est le charmant Rifugio Sennes. Ce refuge a une excellente réputation côté cuisine, alors offrez-vous absolument quelque chose de local, par exemple le classique Kaiserschmarrn (sorte d’omelette sucrée émiettée), qui est arrivé ici depuis l’Autriche voisine. Le Haut-Adige est, de ce point de vue, un mélange admirable où se côtoient le meilleur des cuisines italienne et autrichienne. 😋
3. Du Rifugio Sennes au Rifugio Lagazuoi (la route vers les nuages)
C’est l’un des sommets absolus de tout le trek. Une journée assez longue vous attend (environ 7 heures de marche), mais ces panoramas valent chaque goutte de sueur. Vous longerez d’autres endroits sublimes et grimperez finalement jusqu’au Rifugio Lagazuoi, perché à plus de 2 700 mètres d’altitude. C’est l’un des lieux les plus iconiques des Dolomites, dont nous avons déjà parlé dans notre article sur les Cinque Torri et le Lagazuoi.

Les environs du Lagazuoi sont truffés de tunnels de la Première Guerre mondiale, lorsque de violents combats opposaient ici Italiens et Autrichiens. Si après le déjeuner il vous reste de l’énergie, je recommande vivement de chausser votre frontale et d’aller en explorer une partie en toute sécurité. Et le soir ? Le coucher de soleil depuis la terrasse du refuge Lagazuoi fait partie de ces expériences que vous n’oublierez jamais.
4. Du Rifugio Lagazuoi au Rifugio Nuvolau (vue sur les cinq tours)
Le quatrième jour au matin, vous descendrez du Lagazuoi (vous pouvez aussi utiliser la télécabine si vos genoux ont besoin de souffler) et vous dirigerez vers une autre région très connue. Vous marcherez environ 5 heures, avec sous les yeux d’incroyables formations rocheuses tout du long.

Votre objectif du jour est le Rifugio Nuvolau. Ce refuge est posé au sommet même de la montagne du même nom, tel un nid d’aigle, et c’est le plus ancien refuge de tous les Dolomites. L’endroit est un peu exigu, mais la vue sur les Cinque Torri toutes proches et sur la majestueuse Marmolada (le plus haut sommet des Dolomites, sur lequel repose un glacier) compense largement.
5. Du Rifugio Nuvolau au Rifugio Città di Fiume (changement de décor)
Au cours du cinquième jour, qui prend environ 6 heures, vous commencerez à remarquer comme le paysage change. Des pics du nord, plus acérés, vous passerez peu à peu dans une zone un peu plus verdoyante. Vous traverserez le col du Passo Giau, où nous allions souvent en excursion en voiture avec Lukáš, car c’est un endroit merveilleux, plein de vaches en train de paître et de clochettes.

L’itinéraire vous mène ensuite au pied de l’immense paroi massive du Monte Pelmo. Votre lit pour la nuit sera au Rifugio Città di Fiume. Ce refuge est réputé pour son atmosphère chaleureuse et son personnel très accueillant : après cinq jours en montagne, vous vous y sentirez presque comme à la maison.
6. Du Rifugio Città di Fiume au Rifugio Coldai (sous la majestueuse Civetta)
La sixième étape est un peu plus courte, environ 5 heures, et c’est le massif de la Civetta qui tient ici le premier rôle. Cet énorme massif rocheux vous accompagnera la majeure partie de la journée et, même si vous n’allez certainement pas y grimper, la vue sur ces kilomètres de parois verticales, repère des alpinistes du monde entier, coupe tout simplement le souffle.

Le Rifugio Coldai se trouve juste au-dessus du superbe lac du même nom, le Lago di Coldai. Si vous arrivez à temps, n’oubliez pas de faire une petite promenade jusqu’au lac : l’eau est incroyablement limpide, même si seul un Wim Hof oserait sans doute s’y baigner. 😂
7. Du Rifugio Coldai au Rifugio Vazzoler (autour des géants de roche)
Le septième jour (environ 6 heures de marche), vous passerez juste sous les parois gigantesques du massif de la Civetta. Cette portion est connue pour son caractère sauvage et le faible nombre de randonneurs à la journée. Vous longerez deux autres refuges (le Rifugio Tissi est un endroit parfait pour une soupe ou un café à midi) et descendrez peu à peu vers des altitudes un peu plus chaudes.

Le soir, vous arriverez au Rifugio Vazzoler, joliment niché dans la forêt à côté d’un petit parc botanique. Il y règne un calme merveilleux et, le soir, l’air sent déjà tout autre chose que dans le nord, au début du trek.
8. Du Rifugio Vazzoler au Rifugio Carestiato (entrée dans le parc national)
Cette étape compte un peu moins de 7 heures et vous mènera sous une autre montagne sublime, le massif de la Moiazza. Le chemin y est souvent un peu plus traître, plus rocailleux, et exige de la prudence, surtout s’il pleut en route.

Le paysage s’ouvre de plus en plus vers le sud et les plaines, signe que vous approchez de la fin de votre grande aventure. Le Rifugio Carestiato se trouve sous le col du Passo Duran et vous y retrouverez, là encore, une excellente cuisine locale et un repos bien mérité.
9. Du Rifugio Carestiato au Rifugio Pian de Fontana (la journée la plus exigeante)
L’avant-dernière étape est honnêtement sans doute la plus difficile de tout le trek, alors armez-vous de patience et de force. Environ 8 heures de marche intense vous attendent dans une zone assez isolée du Parc national Dolomiti Bellunesi. Vous devrez franchir plusieurs vallées assez profondes et de raides montées vers les cols.

Quand vous franchirez enfin la dernière crête, vous verrez avec soulagement le Rifugio Pian de Fontana. C’est une pittoresque bergerie reconvertie en refuge de montagne, où l’on prend très bien soin de vous et où vous vous offrirez probablement une double portion de dîner. 😅
10. Du Rifugio Pian de Fontana à Belluno (doux retour à la civilisation)
Dernier jour ! Il vous reste environ 5 heures de marche, en descendant, descendant et encore descendant. Les descentes raides mettent les genoux à rude épreuve (ne sous-estimez surtout pas les bâtons de randonnée, dont nous reparlerons), alors ne vous pressez pas.

L’itinéraire se termine à l’arrêt de bus d’un lieu appelé La Pissa, d’où partent des liaisons régulières vers la petite ville de Belluno. Une fois arrivé sur la place de Belluno, offrez-vous la plus grosse boule de glace et un bon Aperol Spritz pour fêter ça : vous l’avez bien mérité !
Comment raccourcir le trek si vous n’avez pas dix jours
Dix jours de vacances, c’est plutôt beaucoup, et on comprend bien que tout le monde n’a pas autant de temps ou d’audace. Bonne nouvelle : l’Alta Via 1 offre plusieurs excellentes « portes de sortie » vers la civilisation, qui vous permettent de planifier un itinéraire nettement plus court.
Variante nord en 4 jours
Si vous voulez voir le plus célèbre absolument (le Lago di Braies et les environs du Lagazuoi), les 4 premiers jours du trek suffisent. Vous partez de Braies et, le quatrième jour dans l’après-midi, vous descendez simplement du refuge Lagazuoi jusqu’au col du Passo Falzarego. De là, des bus confortables et fréquents vous emmènent directement à Cortina d’Ampezzo, où nous avons passé des étés pendant des années.
Cette variante est idéale pour ceux d’entre vous qui n’ont pas beaucoup de congés mais veulent goûter à la vraie atmosphère de la haute montagne. Les panoramas y sont les plus éclatants et vous ne serez privé d’aucun lieu iconique : vous épargnerez juste à vos genoux la longue descente finale.
Variante intermédiaire en 6 jours
La variante de six jours est aussi très populaire. L’itinéraire est en gros le même jusqu’au Rifugio Città di Fiume ou au proche col du Passo Staulanza. De là, on attrape facilement des bus pour retourner à la voiture ou rejoindre une grande ville et prendre le train. Vous perdrez certes le beau sentiment d’avoir bouclé la traversée complète jusqu’au sud, mais vous vous en souviendrez quand même pendant des années.
Nous la recommandons aux familles avec des enfants plus grands ou à ceux qui ne sont pas tout à fait sûrs de tenir le coup sur dix jours entiers. Six jours en montagne, c’est juste ce qu’il faut pour se vider la tête sans encore commencer à détester son sac à dos. 😅
Que mettre dans son sac pour un trek de plusieurs jours
Le maître-mot pour faire son sac est unique : moins, c’est mieux. Au bout de quelques jours, chaque gramme se fait sentir et vous ressentez sur votre dos chaque pull en trop. Avec Lukáš, nous appliquons la règle qu’un sac pour ce genre de trek ne devrait absolument pas dépasser 8 à 10 kilos (eau et nourriture comprises). Voici les indispensables sans lesquels nous ne partirions jamais en montagne.
Équipement et vêtements de base
La base de tout, ce sont d’excellentes chaussures de marche. Ne partez jamais en trek avec des chaussures toutes neuves, pas encore rodées : c’est la recette garantie pour des vacances gâchées par les ampoules. Pour cet itinéraire, nous recommandons plutôt des chaussures de trek montantes, qui maintiennent bien la cheville sur le terrain rocailleux. Avec Lukáš, je jure par les Lowa (j’ai une paire depuis plus de six ans et elles tiennent toujours). Les La Sportiva seraient encore mieux sur terrain technique, paraît-il, mais je ne les ai pas essayées.
La deuxième chose la plus importante, ce sont les vêtements. N’oubliez pas le système de couches : en bas dans la vallée, vous pouvez avoir plus de trente degrés et marcher en t-shirt, tandis que le soir au refuge à deux mille mètres, ou tôt le matin près du Lagazuoi, vous apprécierez la doudoune, les gants et le bonnet. Emportez absolument une bonne veste imperméable (Gore-Tex) ou un cape de pluie sérieuse, car en montagne le temps change d’une minute à l’autre.
Les autres indispensables du sac
On essaie de ne rien prendre d’inutile, mais ces objets-là, vous devez tout simplement les avoir avec vous, quoi qu’il arrive.
- Bâtons de randonnée : Même si vous pensez ne pas en avoir besoin, lors des longues descentes avec le sac, vos genoux vous remercieront. Nous ne jurons que par les légers Leki pliables.
- Sac à viande (liner) : Dans les refuges, on ne fournit pas de draps propres à chaque hôte ; pour des raisons d’hygiène, il est donc obligatoire d’avoir son propre drap-sac léger, en textile ou en soie. Inutile de trimballer un sac de couchage chaud : dans les refuges, vous aurez d’épaisses couvertures en laine.
- Lampe frontale : Indispensable non seulement pour les sorties du soir, mais surtout si vous vous attardez en montagne et finissez par marcher dans le noir. Même en été, il fait nuit plus tôt en montagne qu’en bas dans les villes.
- Trousse de premiers secours : Pansements de base pour les ampoules (par exemple Compeed), antidouleurs, bandage, désinfectant et couverture de survie en cas d’hypothermie.
- Batterie externe (powerbank) : Dans beaucoup de refuges, il est impossible de charger son téléphone dans la chambre ; l’électricité n’est souvent disponible que dans la salle commune et les prises sont aussitôt prises d’assaut. Une powerbank d’au moins 10 000 mAh est donc un vrai sauveur.
Sécurité en montagne et applications utiles
La montagne est magnifique, mais elle peut aussi être cruelle et imprévisible. Même si l’Alta Via 1 est un itinéraire balisé et que vous ne marcherez sur aucun glacier, vous ne devriez jamais sous-estimer quelques règles de base de la randonnée en milieu alpin.
La règle des 13 h et les orages
Cette règle, nous essayons de la respecter avec Lukáš depuis des années, et heureusement elle ne nous a jamais déçus. En été dans les Dolomites, surtout en août à cause de la chaleur, de violents orages locaux de chaleur se forment très souvent. Ils arrivent à la vitesse de l’éclair et avec une force incroyable, généralement en début d’après-midi. La règle d’or est donc la suivante : planifiez vos étapes de façon à être au refuge avant 13 h, ou au plus tard 14 h, ou du moins dans une section sûre et non exposée de la crête. La pire chose qui puisse vous arriver, c’est de rester l’après-midi sur les câbles d’acier d’une via ferrata ou sur des sommets dénudés au moment où l’orage éclate.
Si malgré tout vous vous retrouvez dehors et qu’il commence à tonner, descendez immédiatement des crêtes le plus bas possible. Jetez vos bâtons de randonnée, qui font office de paratonnerre, et abritez-vous dans un creux, jamais sous un arbre isolé.
Réseau et navigation
Même si l’Italie est plutôt bien couverte, dans de nombreuses vallées vous ne capterez tout simplement rien : les cartes hors ligne (par exemple sur Maps.me ou Google Maps téléchargées à l’avance) sont donc une nécessité absolue, pas une option facultative. Enregistrez-les encore chez vous, tant que vous avez le wifi. Si vous faites le trek pour la première fois et que vous craignez pour votre sécurité ou une mauvaise visibilité, pour avoir l’esprit tranquille, il est excellent d’emporter un communicateur satellite (par exemple un Garmin InReach).
Si, en tant que débutants, vous n’osez pas partir seuls, vous pouvez bien sûr engager un guide de haute montagne certifié au niveau international (IFMGA). Une randonnée de groupe avec un guide revient généralement à environ 250 € par jour pour tout le groupe, ce qui peut valoir le coup à plusieurs, et vous y gagnez en sérénité.
Conseils pratiques pour finir et bons plans
Si vous planifiez déjà l’achat de vos billets d’avion et de votre assurance pour votre voyage en Italie, voici un récapitulatif des services qu’avec Lukáš nous utilisons vraiment (pas parce que quelqu’un nous a payés, mais parce qu’ils nous ont sauvé les nerfs plus d’une fois) :
Où chercher des vols pour l’Italie
Si vous ne venez pas en voiture par l’Autriche, le point de départ idéal est l’aéroport de Venise, ou éventuellement celui de Trévise. Depuis la France, des compagnies comme easyJet, Transavia ou Volotea desservent Venise depuis Paris, Nantes, Lyon ou Marseille à des tarifs intéressants. Pour comparer toutes les compagnies, nous utilisons des comparateurs comme Skyscanner.
Et croyez-moi, économiser sur le billet, c’est plus d’argent pour un bombardino ou un Aperol sur une terrasse. Le mieux est généralement d’acheter ses billets avec deux à trois mois d’avance, quand les prix sont les plus avantageux.
Louer une voiture pour les transferts
Si vous arrivez en Italie en avion et que vous ne voulez pas compter uniquement sur les bus, nous utilisons couramment des comparateurs comme DiscoverCars.com. Nous en avons depuis longtemps la meilleure expérience partout dans le monde. Le trajet en voiture de Venise au Lago di Braies prend un peu moins de 3 heures.
Je recommande vivement de payer un supplément pour une couverture complète, car les petites routes italiennes sont étroites et les conducteurs locaux roulent un peu comme bon leur semble. Et n’oubliez pas de prendre une voiture suffisamment puissante : dans les lacets qui montent, vous l’apprécierez vraiment !
N’oubliez pas l’assurance montagne
Ça, c’est absolument essentiel ! Une assurance voyage classique liée à votre carte bancaire ne suffira certainement pas pour un trek de plusieurs jours en montagne : elle ne couvre souvent pas le sauvetage par hélicoptère. Pour les voyages plus longs ou plus exigeants, misez sur une assurance internationale éprouvée couvrant la « mountain search and rescue » et la haute altitude. Vous pouvez aussi consulter notre avis sur SafetyWing. Une assurance qui prend en charge le secours et le sauvetage en montagne, c’est tout simplement indispensable.
Nous avons une règle bien à nous : qui n’a pas les moyens d’une vraie assurance n’a pas les moyens du voyage. On ne sait jamais quand on va mal poser le pied, et un hélicoptère dans les Dolomites, ce n’est vraiment pas une rigolade bon marché, croyez-moi.
Et pour Internet en Italie ?
Comme l’Italie fait partie de l’Union européenne, vous pourrez utiliser tranquillement vos données depuis votre forfait français habituel, grâce au roaming gratuit. Si toutefois vous voyagez depuis un pays hors UE et avez besoin de données locales, jetez un œil à notre e-SIM préférée, Holafly (plus d’infos dans notre avis Holafly).
Mais honnêtement, dès que vous montez un peu sur le trek, le réseau disparaît souvent, même avec les meilleures données du monde. Prenez-le comme un avantage et profitez d’une vraie détox numérique : parfois, c’est la meilleure des relaxations !
Où se loger avant et après le trek
Comme je l’ai déjà écrit, sur l’itinéraire lui-même, vous dormez exclusivement dans des refuges de montagne. Mais que faire la nuit avant le départ, ou une fois que vous aurez bouclé toute cette merveille à Belluno ? Trouver un hôtel correct qui vous dorlotera après cet effort, c’est la base.
Avec Lukáš, nous avons quelques endroits préférés où nous aimons revenir quand nous voulons nous reposer. En général, nous essayons de trouver quelque chose qui a un peu de ce charme alpin sans pour autant ruiner notre budget.
Nos suggestions d’hôtels à Cortina et au bord du lac
Juste au bord du Lago di Braies, un grand classique est l’Hotel Lago di Braies. C’est certes un peu plus cher, mais se réveiller au bord du lac avant l’arrivée des premiers bus de touristes n’a pas de prix. Nous y avons passé une nuit absolument merveilleuse. Pour réserver ce genre d’hôtel, nous utilisons Booking.com.
Si vous cherchez une base à Cortina d’Ampezzo, nous gardons un souvenir adorable de l’Hotel de la Poste. Il est en plein centre, le personnel est incroyablement accueillant et, surtout, les lits y sont fantastiques : au retour des montagnes, on s’y enfonce comme dans un petit nuage. En plus, les petits-déjeuners y sont excellents !
Où manger et refaire le plein d’énergie
En montagne, il faut tout simplement manger. Et les Alpes italiennes, c’est un chapitre à part entière. Oubliez les sandwichs tout secs : ici, même à plus de deux mille mètres d’altitude, on cuisine comme dans un restaurant gastronomique.
La nourriture dans les refuges est en général tout simplement délicieuse et copieuse. La plupart des rifugi proposent des dîners à trois plats qui vous remettent sur pied, quel que soit le nombre de kilomètres parcourus dans la journée.
Les meilleures étapes gourmandes
Pendant le trek, vous ne devez surtout pas manquer la cuisine du Rifugio Sennes. Je l’ai déjà mentionné dans l’itinéraire, mais leur Kaiserschmarrn (omelette sucrée émiettée) avec sa compote de pommes est tout bonnement légendaire. Il m’arrive même d’en rêver, tellement c’était bon !
Et une fois de retour dans la civilisation, à Cortina, faites un saut au Ristorante Pizzeria Croda. On y sert les meilleures et les plus fines pizzas des environs, et leur fromage est tout simplement indescriptible. Avec Lukáš, on y mange toujours une pizza qu’on arrose d’un verre de vin local, comme de vrais Italiens.
Où aller ensuite depuis les Dolomites
Si après le trek vous restez dans la région (ou si, comme nous, vous gardez encore toute la traversée pour le jour où le petit Jonáš aura un peu grandi 😄), jetez un œil à nos autres articles sur les Dolomites : lisez que faire dans les Dolomites, où nous partageons le plus beau à travers les montagnes, ou essayez notre guide dédié aux 5 randonnées pour tous dans les Dolomites italiennes. Toutes ces randonnées, le petit Jonáš les a faites avec nous dans son porte-bébé ! ☺️
FAQ
Comment se rendre à l’Alta Via 1 ?
Le départ du trek se situe au lac Lago di Braies (Pragser Wildsee). Le moyen le plus simple d’y accéder est de prendre le train jusqu’aux villages de Villabassa/Niederdorf ou Dobbiaco/Toblach, d’où partent des lignes de bus régulières vers le lac. Depuis Cortina d’Ampezzo, vous pouvez également vous y rendre en voiture ou en bus régional en moins d’une heure environ.
Quand partir sur l’Alta Via 1 ?
La meilleure période pour ce trek s’étend de mi-juillet à début septembre, lorsque les conditions météorologiques sont les plus favorables et que la neige dans les cols a complètement fondu. Essayez toutefois d’éviter le mois d’août autour de la fête de Ferragosto (15 août), lorsque les montagnes et les refuges sont extrêmement bondés.
Où se garer pour l’Alta Via 1 ?
Le plus souvent, on laisse sa voiture dans le village de Dobbiaco (Toblach) sur les parkings publics longue durée près de la gare, ou sur les parkings gratuits près de Cortina d’Ampezzo. Directement au Lago di Braies, le stationnement longue durée pour plusieurs jours n’est pas possible, ou du moins serait très coûteux. Depuis la fin du trek à Belluno, vous pourrez revenir chercher votre voiture en train ou en bus.
Où aller dans les Dolomites italiennes ?
Si vous ne prévoyez pas une traversée de dix jours, d’excellents points de départ pour des excursions à la journée sont Cortina d’Ampezzo (pour la partie est des montagnes), Ortisei dans la vallée Val Gardena (pour la région d’Alpe di Siusi et Seceda) ou Canazei (pour les environs de la Marmolada et du col Pordoi).
Puis-je camper en tente sur le parcours ?
Non, malheureusement ce n’est pas autorisé sur l’ensemble du parcours. Le camping sauvage dans les parcs nationaux des Dolomites est strictement interdit et les gardes du parc surveillent cela très attentivement et distribuent de lourdes amendes. La seule option légale est de dormir dans les refuges de montagne (rifugi).
Combien de temps à l’avance dois-je réserver les refuges ?
En raison de l’immense popularité mondiale de ce trek, nous recommandons de commencer à réserver les refuges au moins 3 à 6 mois à l’avance, idéalement en janvier et février pour la saison estivale. À la dernière minute (en juin ou juillet), vous n’obtiendrez une place qu’avec une énorme dose de chance.
Ai-je besoin d’équipement de via ferrata pour l’Alta Via 1 ?
Non, le parcours classique de l’Alta Via 1 est classé EE (Escursionisti Esperti – pour randonneurs expérimentés) et ne comporte aucun passage technique de via ferrata. Les endroits où des câbles d’acier sont installés servent uniquement à s’assurer en toute sécurité et vous pouvez les franchir avec un peu de prudence même sans baudrier ni casque. Si vous recherchez des itinéraires avec assurance, orientez-vous vers le trek Alta Via 2.
