Cuisine portugaise : 18 plats à goûter absolument

Si tu envisages de partir en vacances au Portugal, je dois te prévenir d’emblée : la cuisine portugaise est un véritable paradis culinaire sur terre, et il y a fort à parier que tu n’auras plus du tout envie de rentrer chez toi. ☺️ Avec Lukáš, nous y allons régulièrement chaque année depuis 2020, nous sommes tombés amoureux de l’Algarve ensoleillé, des vagues sauvages pour surfer, mais surtout de cette gastronomie incroyablement variée et généreuse.

Quand on parle de cuisine portugaise, n’imagine surtout pas des nappes amidonnées ni de la gastronomie à la pince à épiler. C’est au contraire une cuisine très rustique, honnête et profondément traditionnelle, qui sent bon l’ail, l’huile d’olive et l’Atlantique. La véritable âme de la culture locale se trouve sur une nappe en papier, dans un restaurant familial bruyant où le foot tourne au-dessus du bar et où tout le monde parle en même temps. Les Portugais ne consomment pas simplement la nourriture, ils la vivent.

Comme nous sommes végétariens avec Lukáš, nous profitons surtout ici des fromages parfaits, du pain frais, des soupes de légumes et des meilleures douceurs du monde. Les spécialités traditionnelles à base de viande et de poisson, nous les connaissons donc plutôt par les récits de nos amis et par l’observation de la vie locale. J’ai préparé pour toi un guide ultime de la cuisine portugaise, où tu trouveras exactement 18 plats à goûter. Je te donnerai aussi des conseils pour ne pas te faire avoir au restaurant, avec des prix indicatifs.

Résumé pour ceux qui n’ont pas le temps de tout lire

  • Attention au couvert : la corbeille de pain et les olives sur la table ne sont pas gratuites, tu paies ce que tu manges.
  • Menu du midi (Menu do dia) : la meilleure façon d’économiser, il coûte généralement entre 10 et 15 euros et comprend la soupe, le plat principal, le café et une boisson.
  • L’obsession nationale pour la morue : le bacalhau est une morue séchée, à partir de laquelle les Portugais sauraient cuisiner 365 recettes différentes.
  • Le secret sucré des couvents : la plupart des desserts, dont les fameux pastéis de nata, sont nés dans les couvents, où les religieuses utilisaient les jaunes d’œufs restant après l’amidonnage du linge.
  • Culture du café : à Lisbonne, l’espresso se commande sous le nom de « bica », et à Porto sous celui de « cimbalino ».
  • L’eau au restaurant : l’eau du robinet est potable, mais les établissements te proposent automatiquement de l’eau en bouteille, plus chère.
  • Les végétariens galèrent davantage : la cuisine traditionnelle est très carnée et poissonneuse, mais les soupes, les fromages et l’incroyable quantité de desservts te sauveront.
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Comment (et où) manger comme un local

Avant même de planter ta fourchette dans la première bouchée, il est essentiel de comprendre les règles locales de la table. Le restaurant portugais (souvent appelé « tasca ») fonctionne selon son propre code, parfois surprenant pour nous autres. Si c’est ton premier voyage au Portugal, prépare tes papilles à un changement radical.

La base de tout, c’est de trouver le bon établissement. Évite les restaurants rutilants avec des rabatteurs à l’entrée, qui brandissent un menu en cinq langues. Cherche plutôt les petits établissements familiaux discrets, où les tables sont serrées les unes contre les autres et où les nappes en papier recouvrent celles en tissu. C’est précisément là que se joue la véritable magie gastronomique, à des prix très abordables.

L’énigme du couvert

Dès que tu t’assieds à table, le serveur pose presque immédiatement devant toi une corbeille de pain frais, un bol d’olives noires, de petites portions de beurre et parfois aussi un peu de pâté de sardines ou quelques morceaux de fromage. Cela paraît absolument idyllique et on pourrait croire qu’il s’agit d’une attention de la maison. Grosse erreur : c’est le traditionnel couvert.

Au Portugal, une règle très simple et équitable s’applique : ce que tu manges, tu le paies. Le couvert se facture soit à la pièce, soit en bloc, et te coûtera généralement entre 2 et 5 euros. Si ça ne t’intéresse pas, il te suffit de ne pas y toucher, ou mieux encore, de dire avec le sourire « não, obrigado » (non, merci). Le serveur l’emportera sans broncher. Ce n’est absolument pas un piège à touristes, les Portugais aiment simplement grignoter quelque chose de léger en attendant leur plat principal.

Eau, hydratation et pourboires

L’eau du robinet (appelée localement « água da torneira ») est parfaitement sûre dans tout le Portugal, et nous la buvons couramment avec Lukáš. Au restaurant, cependant, on ne te la sert pas automatiquement, car les établissements vivent en grande partie de leurs marges sur les boissons. Le serveur te proposera donc presque toujours de l’eau en bouteille, qui te coûtera un supplément.

Tu peux bien sûr demander de l’eau du robinet, mais dans les restaurants plus chics et plus luxueux, cela ne se fait pas vraiment et le personnel peut faire un peu la grimace. Dans les tascas familiales ordinaires, on t’apportera en revanche une carafe d’eau sans la moindre remarque. Côté pourboire, il n’est pas vraiment obligatoire, mais très attendu, car les salaires dans la restauration locale restent assez bas. On arrondit généralement l’addition vers le haut, ou on laisse environ 5 à 10 % en espèces sur la table.

Le timing est absolument crucial

Arriver dîner à six heures du soir, c’est manger dans un restaurant complètement vide. Ou alors, tu te retrouveras dans un établissement plein de Britanniques et d’Allemands désorientés. Le déjeuner se sert ici environ de 12h30 à 15h. C’est le moment absolument idéal pour profiter du fameux menu do dia (menu du jour).

Pour des prix très sympathiques de 10 à 15 euros, tu obtiens une soupe copieuse, un plat principal, une boisson (souvent même une petite carafe de vin maison) et, pour finir, un espresso. C’est absolument la meilleure façon d’économiser tout en mangeant comme un véritable local. Le soir, les cuisines ne s’animent qu’à partir de 19h30 environ, mais les Portugais eux-mêmes commencent à dîner plutôt après 20h, souvent même vers 21h.

18 plats à goûter absolument

La diversité géographique du Portugal se retrouve parfaitement dans les assiettes. Le nord du pays est plutôt lourd, carné et très consistant, tandis que les régions du sud embaument les herbes fraîches, les fruits de mer et les agrumes. Découvrons une sélection du meilleur de ce que propose la cuisine locale.

1. Pastéis de Nata

Ces fameux petits flans crémeux à la pâte feuilletée croustillante, tu dois absolument les goûter, même si tu ne passes qu’une seule journée au Portugal. Ils sont garnis d’une crème chaude aux jaunes d’œufs et leur surface est légèrement caramélisée en petites cloques noires. Avec Lukáš, nous les adorons et nous en prenons presque chaque jour avec le café, c’est notre petit rituel après la session de surf du matin.

L’histoire de ce phénomène mondial a commencé à Lisbonne, non loin du magnifique monastère des Hiéronymites. Au XIXe siècle, les moines avaient besoin d’énormes quantités de blancs d’œufs pour amidonner leurs habits religieux et il leur restait donc des milliers de jaunes. Ils les ont mélangés au sucre des colonies et, en 1837, ont commencé à confectionner ces petits flans pour récolter de l’argent et faire survivre l’ordre. La recette secrète d’origine est encore gardée à la Pastéis de Belém, où l’on en cuit plus de vingt mille par jour.

Pour beaucoup de locaux, un meilleur choix reste cependant la chaîne de pâtisseries Manteigaria, présente à Lisbonne et à Porto. Leur pâte est un peu plus salée et croustillante, tandis que la crème est moins sucrée, ce qui nous plaît bien plus personnellement. Ils n’ont aucune recette secrète, tout est préparé directement sous tes yeux derrière une paroi vitrée. On les mange toujours tièdes et les locaux les saupoudrent généreusement de cannelle et de sucre glace prélevés dans les saupoudreuses sur la table. Les prix tournent autour de 1,20 à 1,50 euro la pièce.

2. Bacalhau à Brás

Le bacalhau, c’est-à-dire la morue séchée et salée, constitue la pierre angulaire absolue de l’identité nationale portugaise. On dit qu’il existe au moins 365 recettes différentes, de quoi en manger une variante différente chaque jour de l’année. Le paradoxe amusant reste cependant que la morue ne vit pas du tout dans les eaux portugaises et doit être importée à grands frais de l’Atlantique nord, principalement de Norvège.

La tradition de son salage remonte loin, à l’époque des grandes découvertes maritimes, lorsque les marins avaient absolument besoin d’aliments de longue conservation pour les longs mois de traversée de l’océan. Avant la cuisson, le bacalhau doit tremper plusieurs jours dans l’eau froide pour se débarrasser de l’excès de sel et se réhydrater. Ce processus clé s’appelle localement « dessalga » et demande pas mal de patience, car il faut changer l’eau régulièrement.

Le Bacalhau à Brás est l’une des préparations les plus appréciées et les plus courantes. C’est un comfort food très populaire que les Portugais mangent couramment au déjeuner. Des lamelles de morue sont mélangées à de fines frites, de l’oignon et des œufs brouillés, le tout généreusement saupoudré d’olives noires et de persil frais. C’est un plat plutôt léger, mais incroyablement riche en saveurs.

3. Sardinhas Assadas

Les sardines grillées sont absolument synonymes d’été portugais et représentent pour les locaux bien plus qu’un simple plat. En juin, surtout pendant les joyeuses fêtes de Santo António à Lisbonne et de São João à Porto, des milliers de petits barbecues sont installés dans les rues. Les villes entières se retrouvent alors enveloppées d’une épaisse fumée qui sent fortement le poisson et s’infiltre partout.

Les sardines sont grillées entières, même avec les viscères, pour conserver un maximum de jus et de saveur naturelle. Avant d’être posées sur les braises chaudes, on les saupoudre seulement abondamment de gros sel de mer, qui forme une croûte parfaite sur la peau. C’est un immense événement social, les gens traînent dans les rues, sirotent de la bière et discutent tard dans la nuit.

Les locaux les mangent d’une manière très spécifique et simple. N’attends aucune garniture compliquée : le poisson chaud se pose simplement sur une belle tranche de pain frais et croustillant. Le pain absorbe peu à peu toute la délicieuse graisse et le jus de la sardine, si bien que le pain finit par avoir peut-être encore meilleur goût que le poisson lui-même. On l’accompagne souvent juste d’une pomme de terre bouillie ou d’une salade légère.

4. Francesinha

Ce plat vient de Porto et c’est une véritable bombe calorique, devant laquelle, en tant que végétariens, nous hochons toujours la tête d’un air incrédule avec Lukáš. Le nom se traduit par « petite Française », car l’auteur de la recette s’est inspiré du sandwich français croque-monsieur. Mais ne cherche surtout rien de délicat ni d’élégant à la française, c’est une charge brutale de viande.

Il s’agit d’un sandwich massif et superposé, garni de steak de bœuf, de saucisse fraîche, de la charcuterie épicée linguiça et d’épaisses tranches de jambon. Le tout est ensuite soigneusement emballé dans des tranches de fromage et gratiné au four jusqu’à ce que le fromage fonde. Et ce n’est de loin pas tout : pour finir, toute cette montagne est noyée dans une sauce secrète épaisse et chaude, mijotée à base de bière, de tomates et d’épices piri-piri.

Au sommet trône souvent un œuf au plat parfait, et toute cette merveille baigne dans une assiette creuse entourée d’une montagne de frites dorées. D’après nos amis, c’est l’infarctus absolu dans l’assiette, mais après une nuit bien arrosée à Porto, il n’existe pas de meilleur remède contre la gueule de bois. Les Portugais l’accompagnent systématiquement d’une bière pression glacée et débattent avec passion de l’établissement qui fait la meilleure sauce.

5. Bifana

Si tu cherches le street food portugais le plus authentique, tu viens de le trouver. La bifana est une affaire incroyablement populaire et pourtant en apparence tout à fait ordinaire, que tu achètes littéralement à chaque coin de rue pour quelques euros seulement. On la vend dans les stands, les petits cafés et même les stations-service, et les locaux la mangent à toute heure du jour.

Il s’agit de très fines tranches de porc, longuement marinées au préalable dans un mélange d’ail, de vin blanc, de paprika doux et parfois de feuille de laurier. La viande est ensuite saisie vivement et rapidement dans une grande poêle, directement dans ce jus parfumé. On la glisse ensuite dans un simple petit pain croustillant, qu’on trempe légèrement dans la graisse de cuisson au préalable pour qu’il ne soit pas sec.

La magie réside dans la simplicité absolue et l’assaisonnement parfait. Les Portugais améliorent souvent leur bifana en pressant un peu de moutarde jaune piquante sur la viande ou en ajoutant de la sauce piri-piri. C’est l’en-cas rapide idéal à manger sur le pouce quand tu passes d’un monument à l’autre et que tu ne veux pas perdre de temps assis au restaurant.

6. Caldo Verde

Le Caldo Verde est une soupe emblématique que tu trouveras sur la carte de quasiment chaque restaurant traditionnel. Elle vient du nord du Portugal, mais se cuisine aujourd’hui couramment dans tout le pays. C’est une soupe joliment épaisse, à base de pommes de terre mixées, à laquelle on ajoute tout à la fin du chou vert finement émincé (couve galega).

La recette d’origine contient toujours quelques rondelles de la saucisse épicée chouriço, qui apporte à la soupe un goût fumé et carné. Dans les restaurants, nous demandons toujours qu’on nous la prépare en version végétarienne sans saucisse, et on accepte généralement de bon cœur. Même sans viande, c’est en effet un plat parfaitement savoureux et nourrissant, qui sent merveilleusement bon l’huile d’olive de qualité.

Elle se déguste de préférence bien chaude dans un bol traditionnel en terre cuite, accompagnée d’un bon morceau de pain de maïs frais. C’est un choix absolument idéal pour les soirées d’hiver plus fraîches, qui peuvent être étonnamment humides au Portugal. Un bol de cette merveille te coûtera généralement seulement 2 à 3 euros, c’est donc aussi une option très économique pour un dîner rapide.

7. Sopa de Pedra

Cette soupe a une histoire incroyablement intéressante et vient de la ville d’Almeirim. On raconte qu’elle est née d’une vieille légende, celle d’un pèlerin affamé et très malin. Il était arrivé dans un village avec une simple pierre et avait affirmé aux habitants qu’il savait en cuisiner la meilleure soupe du monde, à condition qu’on lui prête une marmite et de l’eau.

Les villageois curieux lui prêtèrent bien sûr le nécessaire. Le pèlerin se mit alors à faire remarquer peu à peu que la soupe serait un tout petit peu meilleure si quelqu’un lui donnait un morceau d’oignon, un autre un peu de haricots, un troisième un bout de saucisse ou de lard. Pour finir, à partir d’une simple pierre qu’il retira discrètement après cuisson, il réussit à créer un festin incroyablement riche pour tous les participants.

La Sopa de Pedra d’aujourd’hui est un plat extrêmement copieux, qui fait à lui seul office de plat principal. Elle contient des haricots rouges, des pommes de terre, des carottes, du chou et une énorme quantité de différentes charcuteries et de porc. C’est un plat très lourd, nourrissant et rustique, qui réchauffe parfaitement après une longue journée passée sur la côte venteuse de l’océan.

8. Açorda Alentejana

C’est exactement le type de plat qui te fait réaliser à quel point les Portugais savent créer quelque chose de tout à fait extraordinaire et complexe en bouche à partir de presque rien. L’açorda vient de la région chaude et sèche de l’Alentejo, dans le sud du pays, et il s’agissait historiquement d’un plat très simple de paysans pauvres. Les ingrédients principaux ne sont que du pain rassis et dur, beaucoup d’ail, de la coriandre fraîche et de l’huile d’olive de première qualité.

À la base, c’est en fait une soupe de pain, ou plutôt une sorte de bouillie épaisse. Le pain est arrosé d’eau chaude parfumée à l’ail et aux herbes, si bien qu’il ramollit joliment et absorbe tous les arômes. Tout à la fin, on casse un œuf cru dans le mélange chaud, qui cuit tout seul dans le bouillon chaud et apporte au plat une texture crémeuse.

Nous adorons cette version végétarienne de base, car elle est incroyablement parfumée. Dans les régions côtières, on y ajoute cependant très souvent des crevettes fraîches ou des morceaux de morue, ce qui donne l’Açorda de Marisco. C’est une énorme portion de glucides et d’énergie, qui te rassasiera assurément pour une demi-journée.

9. Polvo à Lagareiro

Si tes compagnons de voyage aiment les fruits de mer, ce plat est, selon les Portugais, un passage absolument obligé. Oublie les anneaux caoutchouteux et durs sortis du congélateur, que tu connais des stations balnéaires bon marché. Le polvo local, c’est-à-dire le poulpe, est une véritable œuvre d’art et nécessite une préparation très spécifique et longue pour que la chair reste tendre.

Le poulpe est d’abord longuement cuit dans l’eau avec de l’oignon jusqu’à un moelleux absolu, presque jusqu’à se défaire. Ensuite seulement, il est transféré dans un plat et rôti vivement au four. On l’accompagne des fameuses « batatas a murro », de petites pommes de terre cuites en robe des champs, qu’on écrase légèrement au poing avant la cuisson pour qu’elles absorbent un maximum de saveur.

La vraie magie se cache dans le mot « lagareiro », qui fait référence au propriétaire du pressoir à huile d’olive. Tout le plat est en effet arrosé d’une quantité absurde de la meilleure huile d’olive et recouvert d’une montagne d’ail haché. Le plat baigne dans la graisse, mais c’est justement cette huile, parfumée à l’eau de mer et à l’ail, qui est paraît-il le meilleur de tout le plat.

10. Amêijoas à Bulhão Pato

Les palourdes préparées à cette façon portugaise spécifique sont extrêmement simples, très rapides à préparer et pourtant incroyablement raffinées. Le plat porte le nom d’un célèbre poète portugais du XIXe siècle et représente aujourd’hui l’une des entrées les plus appréciées du pays. Les locaux aiment en prendre l’après-midi accompagnées de vin entre amis.

Les palourdes fraîches sont saisies vivement dans une généreuse dose d’huile d’olive avec une énorme quantité d’ail. On les arrose ensuite d’un bon vin blanc sec et on ajoute une grosse poignée de coriandre fraîche, absolument typique de la cuisine portugaise. Le tout mijote à couvert jusqu’à ce que toutes les coquilles s’ouvrent et libèrent leur jus marin salé.

L’élément le plus important de cette expérience reste cependant l’accompagnement. Les palourdes sont toujours servies avec une corbeille de pain blanc frais tranché ou de toasts. Celui-ci sert en effet à absorber parfaitement cette merveilleuse sauce parfumée au vin, à l’ail et aux herbes, qui reste au fond de l’assiette creuse. La plupart des gens s’accordent à dire que le pain trempé est meilleur que les coquillages eux-mêmes.

11. Arroz de Marisco

Ce riz crémeux plein de fruits de mer est un véritable délice, souvent comparé à la paella espagnole, bien qu’il soit nettement plus liquide et rappelle plutôt une soupe très épaisse ou un risotto italien. Il se prépare à partir du riz portugais traditionnel à grains courts, qui absorbe parfaitement tout le puissant bouillon de poisson dans lequel il cuit lentement.

Le plat combine une incroyable quantité d’ingrédients frais. Tu y trouveras des crevettes de différentes tailles, des palourdes, des morceaux de crabe et parfois aussi de plus petits morceaux de poulpe ou de poisson. Le tout est légèrement assaisonné de tomates, de vin blanc et, bien sûr, de l’omniprésente coriandre fraîche. Il est aussi souvent légèrement piquant grâce à l’ajout d’une goutte de sauce chili piri-piri.

Il est servi de façon très spectaculaire : on t’apporte généralement à table un énorme pot en terre cuite encore fumant, dans lequel le riz continue de bouillonner. C’est un plat destiné au partage, une portion au restaurant suffit généralement largement pour deux personnes. Il s’accompagne à merveille d’un vin blanc frais ou d’un jeune Vinho Verde, qui équilibre la richesse du plat.

12. Cataplana de Marisco

Puisqu’on parle de fruits de mer, impossible d’omettre la spécialité typique de l’ensoleillé Algarve, où nous allons le plus souvent. Le mot cataplana ne désigne pas seulement le plat lui-même, mais surtout l’unique poêle en cuivre en forme de coquille fermée, dans laquelle ce plat se prépare traditionnellement et se sert directement à table.

Cet ustensile particulier a des racines arabes et fonctionne sur un principe semblable à celui d’une cocotte-minute moderne. À l’intérieur, sous un couvercle hermétiquement fermé, mijote ensemble un mélange de crevettes, de coquillages, de morceaux de poisson, de tomates, d’oignon, de vin blanc et de paprika. Grâce à la forme unique du récipient, tous les arômes et saveurs restent enfermés à l’intérieur, les ingrédients ne se dessèchent pas et se fondent en une harmonie parfaite.

L’expérience culmine au moment où le serveur apporte la poêle en cuivre brûlante directement à table et l’ouvre dans un déclic, sous tes yeux. Du récipient s’échappe alors un énorme nuage de vapeur parfumée, qui met immédiatement l’eau à la bouche. C’est un plat visuellement magnifique, que les familles locales du sud du Portugal dégustent lors des déjeuners festifs du dimanche.

13. Frango Piri-Piri

Le poulet grillé piri-piri est probablement le plat portugais le plus connu au monde, bien que ses racines remontent plutôt aux anciennes colonies africaines, en particulier le Mozambique et l’Angola. C’est précisément de là que les marins portugais ont rapporté ces petits piments diaboliquement forts, à partir desquels on fabrique encore aujourd’hui l’emblématique sauce rouge.

Ce plat est devenu un véritable succès, surtout dans la région de l’Algarve, et si tu t’y rends, tu verras des panneaux Frango Piri-Piri littéralement au bord de chaque route. Le poulet est d’abord coupé en deux et aplati (en crapaudine), puis longuement mariné dans une sauce épicée à l’ail, et enfin grillé vivement à feu ouvert sur du charbon de bois.

Grâce au charbon de bois, la viande acquiert un goût fumé inimitable et la peau est parfaitement croustillante. Il se sert traditionnellement de façon très simple, généralement juste avec un tas de frites maison et une simple salade de tomates à l’oignon. Les locaux affluent vers le petit village de Guia, près d’Albufeira, considéré comme la capitale officieuse de ce phénomène piquant.

14. Queijo da Serra da Estrela et pain Broa

Si tu es amateur de fromages comme nous, ce sera ton rêve réalisé. Le Queijo da Serra da Estrela est le roi de tous les fromages portugais et vient du plus haut massif montagneux continental du pays. Il est fabriqué exclusivement à partir de lait de brebis cru et, au lieu de présure animale, on utilise traditionnellement pour le faire cailler un extrait de fleurs de chardon sauvage, ce qui en fait une expérience parfaitement végétarienne.

Ce fromage est ferme en surface, mais incroyablement crémeux à l’intérieur, presque liquide. On ne le coupe donc pas en triangles classiques. Correctement, on découpe proprement au couteau juste la croûte supérieure en guise de couvercle et l’on prélève l’intérieur liquide à la cuillère, ou bien on y trempe directement des morceaux de pain. Il a un goût très intense, légèrement acidulé et terreux, qui ne plaît pas à tout le monde, mais nous l’adorons.

Il se déguste de préférence accompagné d’une bouchée de Broa de Milho. Il s’agit d’un pain de maïs traditionnel, très lourd et dense, à la croûte dure et craquelée, mais joliment moelleux et d’un jaune intense à l’intérieur. Cette combinaison de fromage relevé, de pain dense et d’un verre de vin rouge est un dîner absolument parfait et très rapide, que nous nous préparons souvent dans notre appartement.

15. Bolinhos de Bacalhau

Ces petites boulettes frites, ou plutôt ces quenelles de morue et de pommes de terre, sont un grand classique que tu croiseras à peu près partout. Tu peux les trouver aussi bien dans les stands les moins chers des marchés que dans les restaurants de luxe en guise d’entrée élégante. Ce sont de petites bouchées gastronomiques que les Portugais aiment depuis leur plus tendre enfance.

Elles se préparent à partir de morue bacalhau finement effilochée et dessalée, mélangée avec précision à de la purée de pommes de terre, un œuf, de l’oignon haché et du persil frais. On forme ensuite les quenelles typiques à l’aide de deux cuillères, puis on les fait frire vivement dans l’huile profonde. Bien réussies, elles doivent être joliment dorées et croustillantes à l’extérieur, tout en restant moelleuses et tendres à l’intérieur.

Elles constituent un excellent début de repas et s’accordent à merveille avec une bière fraîche pendant un après-midi chaud. À Lisbonne, sur la grande artère touristique Rua Augusta, tu trouveras même des boutiques modernes où ces croquettes sont fourrées de fromage chaud et coulant de la Serra da Estrela. Pour les Portugais conservateurs, c’est certes un sacrilège, mais les touristes adorent absolument cette combinaison.

16. Ovos Moles de Aveiro

Quand tu visiteras la pittoresque petite ville d’Aveiro, souvent surnommée la Venise portugaise grâce à ses barques colorées et ses canaux, ne manque surtout pas sa plus grande fierté sucrée. Les Ovos Moles sont en effet protégés par une appellation d’origine de l’Union européenne et leur histoire remonte aux couvents dominicains et franciscains locaux.

Il s’agit d’oublies très fines et délicates, traditionnellement façonnées en motifs marins et de pêche, si bien que tu obtiendras le plus souvent des coquillages, des poissons ou de petits tonneaux. À l’intérieur de ces oublies se cache cependant une crème incroyablement sucrée d’un jaune éclatant, préparée uniquement à partir d’une énorme quantité de jaunes d’œufs et de sirop de sucre épais.

Je dois te prévenir que c’est vraiment extrêmement sucré et riche, un seul morceau te suffira donc largement avec le café du matin. La crème a une texture légèrement granuleuse due au sucre et un goût très particulier. Si tu veux ramener un souvenir comestible original, les Ovos Moles se vendent souvent dans de jolis petits tonneaux en bois peint, qui sont absolument magnifiques.

17. Bolo de Bolacha

Ce gâteau traditionnel sans cuisson est un véritable classique que les grands-mères portugaises préparent pour leurs petits-enfants le week-end et lors des fêtes de famille. Son nom se traduit simplement par « gâteau aux biscuits » et sa préparation est en fait assez simple, et pourtant le résultat est absolument génial et addictif. Nous aimons le déguster comme touche sucrée après un copieux déjeuner dans une tasca locale.

La base, ce sont les populaires et très fins biscuits Maria, qu’on trouve dans tous les supermarchés. On les trempe peu à peu dans un café noir fort fraîchement préparé et on les superpose en couches. Entre chaque couche de biscuits, on étale une généreuse dose de riche crème au beurre, fouettée avec du sucre et parfois une goutte d’alcool pour un meilleur arôme.

Le gâteau doit reposer toute une nuit au réfrigérateur, pour que les biscuits absorbent l’humidité de la crème et du café et ramollissent joliment. Chaque bouchée fond alors littéralement sur la langue. C’est un dessert très délicat, qui sent merveilleusement bon le café et le beurre. Si tu aimes les gâteaux sans cuisson à base de biscuits, tu tomberas assurément amoureux du Bolo de Bolacha.

18. Queijadas de Sintra

Si tu pars en excursion dans la romantique et brumeuse petite ville de Sintra, située à deux pas de Lisbonne, t’y attend, en plus des palais de conte de fées, une merveilleuse expérience gastronomique. Les Queijadas de Sintra sont de petits gâteaux ronds, que l’on cuit ici depuis le Moyen Âge et dont le goût est, selon moi, aussi magique que la ville elle-même, chargée d’histoire.

Contrairement aux fameux pastéis de nata, ils ne contiennent pas de crème pâtissière. La base de leur garniture est en effet du fromage frais très doux (queijo fresco), mélangé à une grande quantité de sucre, des œufs et beaucoup de cannelle. Ce mélange est versé dans des moules en pâte incroyablement fine et croustillante et cuit vivement, jusqu’à ce que la surface se craquelle légèrement et dore.

Ils ont une texture assez dense, presque légèrement humide, et grâce au fromage, ils ne sont pas aussi excessivement sucrés que d’autres desserts de couvent. Ils sont meilleurs saupoudrés, encore tièdes, d’une dose supplémentaire de sucre glace. Nous les achetons dans la légendaire vieille pâtisserie Piriquita, en plein centre de Sintra, où nous les dégustons avec un espresso bien serré, en récompense après la montée éprouvante vers le palais de Pena.

Que boire : café, vin et liqueurs locales

Le Portugal n’est pas seulement un pays de bonne cuisine, mais aussi d’excellentes boissons. Qu’il s’agisse d’un café fort ou d’un vin mondialement célèbre, les locaux tiennent à la qualité, et les prix restent pourtant très agréables.

Les cafés fonctionnent ici comme des centres sociaux officieux, où l’on débat de politique, de foot et de ragots familiaux. Curieusement, tu n’entendras pratiquement jamais le mot « espresso » et le serveur te regarderait peut-être un peu bizarrement. Si tu veux un petit café très fort, à Lisbonne, commande toujours une bica. Le nom serait né d’un acronyme amusant, « Beba Isto Com Açúcar » (Buvez ceci avec du sucre), parce que les premiers cafés commerciaux étaient ici trop amers pour les habitudes locales. À Porto, pour la même boisson, demande plutôt un cimbalino, en référence aux vieilles machines à café italiennes. Si tu aimes le café au lait, essaie le galão (café plus léger avec beaucoup de lait chaud dans un grand verre) ou le pingado (espresso avec une petite goutte de lait).

Côté vin, le Portugal est une immense puissance viticole, qui chérit encore aujourd’hui plus de 250 cépages autochtones. Le plus connu est évidemment le doux Porto de la vallée du Douro. Il se fabrique en ajoutant de l’eau-de-vie pendant la fermentation, ce qui lui permet de conserver une forte teneur en sucre résiduel, tandis que son taux d’alcool grimpe à 20 %. Tu peux boire un Ruby plus fruité ou un Tawny plus noiseté, vieilli en fûts. Pendant les chauds mois d’été, nous optons cependant le plus souvent pour le Vinho Verde. Le mot « vert » ne fait pas ici référence à la couleur, mais à la jeunesse du vin. C’est une boisson légèrement pétillante, très rafraîchissante, à faible teneur en alcool, mise en bouteille peu après la récolte.

Et si tu flânes le soir dans les ruelles étroites de Lisbonne ou si tu visites la ville médiévale d’Óbidos, n’oublie pas de goûter la ginjinha. Il s’agit d’une liqueur de griottes très sucrée, collante et forte. À Óbidos, on la sert traditionnellement dans de petits gobelets en chocolat, que tu manges avec le sourire après l’avoir bue. À Lisbonne, on la boit en revanche très vite, debout, à de minuscules comptoirs, où le barman te demande simplement « Com ou sem elas ? » (avec les griottes au fond, ou plutôt sans ?).

Où aller ensuite

Si tu as déjà le ventre plein et que tu te demandes où poursuivre ton voyage au Portugal, jette un œil à notre grand guide de Lisbonne, où tu trouveras plein de conseils sur les monuments et les points de vue cachés. La ville est très vallonnée, alors tu brûleras vite les calories sucrées des pastéis de nata. À deux pas de Lisbonne se trouve l’envoûtante Sintra aux palais de conte de fées, ainsi que la luxueuse ville côtière de Cascais, idéale pour une excursion d’une journée en train.

Pour les amoureux du nord et du porto, nous avons rédigé un article détaillé sur ce qu’il faut voir à Porto. N’oublie pas non plus de visiter Aveiro, la Venise portugaise célèbre pour ses douceurs Ovos Moles. Et si tu veux ressentir la véritable puissance de l’océan, fonce vers la ville de pêcheurs de Nazaré, où l’on surfe en hiver les plus grandes vagues du monde.

Mais c’est dans le sud que nous passons le plus clair de notre temps. Si tu prévois des vacances plus longues, étudie absolument notre road trip de 7 jours en Algarve. Tu pourras y visiter la magnifique Lagos, profiter des falaises sauvages de Sagres ou explorer les ruelles étroites de Carvoeiro. Pour l’histoire, rends-toi dans Silves, à l’intérieur des terres, avec son château maure. Et pour te reposer après un bon repas, notre liste des plus belles plages de l’Algarve te sera bien utile. Et si tu cherches la côte est, plus tranquille et aux eaux plus chaudes, ne manque pas Faro, la romantique Tavira et le marché d’Olhão.

Foire aux questions

Les restaurants au Portugal sont-ils chers ?

Comparé à l’Europe de l’Ouest, les prix au Portugal restent relativement abordables et accessibles. Si vous évitez les pièges à touristes et profitez du menu du déjeuner (Menu do dia), vous mangerez copieusement pour environ 10 à 15 euros. Pour un dîner dans un restaurant de catégorie moyenne, comptez environ 20 à 35 euros par personne.

Qu’est-ce que le couvert et dois-je le payer ?

Le couvert, c’est le pain, le fromage, les olives et les pâtés que le serveur apporte à votre table dès que vous vous installez. Ce n’est pas offert par l’établissement, vous payez ce que vous consommez réellement (généralement 2 à 5 euros). Si vous n’en voulez pas, il suffit de ne pas y toucher ou de demander directement au serveur de le remporter.

L’eau du robinet est-elle potable au Portugal ?

Oui, l’eau du robinet est parfaitement sûre dans tout le pays et nous la buvons régulièrement. Cependant, dans les restaurants, on vous proposera généralement de l’eau en bouteille de manière automatique, qui est payante. Vous devez demander expressément l’eau du robinet : dans les établissements bon marché, ils vous la donneront sans problème, dans les plus chics, ils peuvent parfois grogner un peu.

Puis-je bien manger en tant que végétarien ?

La cuisine portugaise est très axée sur la viande et le poisson, donc cela peut parfois être un défi dans les restaurants traditionnels. Mais vous serez sauvé par les délicieuses soupes de légumes (par exemple le Caldo Verde, si vous demandez la version sans chorizo), les excellents fromages locaux, le pain et l’incroyable variété de desserts sucrés conventuels. Dans les grandes villes comme Lisbon et Porto, l’offre de bistrots végans et végétariens est heureusement devenue énorme.

Le personnel des restaurants parle-t-il anglais ?

Dans les zones touristiques comme Lisbon, Porto et l’Algarve, vous communiquerez sans aucun problème en anglais, la jeune génération parle très bien anglais. Dans les villages plus reculés et les tascas locales traditionnelles, c’est parfois plus difficile, mais les Portugais sont incroyablement gentils et accueillants, donc vous arriverez toujours à vous faire comprendre par gestes.

Dois-je réserver à l’avance ?

Si vous voulez aller dans un restaurant réputé ou dans un établissement prisé à Lisbon ou Porto le week-end, la réservation est certainement indispensable. Pour les restaurants familiaux ordinaires au déjeuner, il suffit généralement de se présenter, mais sachez qu’aux alentours de treize heures, c’est le moment de grande affluence des locaux.

Quel est le meilleur moment pour aller dîner ?

Les Portugais mangent assez tard et la vie nocturne commence beaucoup plus tard que chez nous. La plupart des restaurants ouvrent certes dès 19h30, mais la véritable ambiance commence seulement après 20h, souvent plutôt vers 21h. Si vous arrivez à 18h, vous serez complètement seul dans le restaurant.

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VoyagesEuropeCuisine portugaise : 18 plats à goûter absolument

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Lucie Konečná
Lucie Konečnáhttps://www.lkmedia.cz
Ahoj, jmenuji se Lucka a dá se toho o mě napsat hodně. 😁 Někdo mě nazývá blogerkou, jiný influencerkou nebo podnikatelkou, mám tak trochu renesanční osobnost a baví mě spousta věcí a taky jich hodně dělám. Vystudovala jsem původně žurnalistiku, ale už od vysoké školy se věnuji online marketingu.❤️ Žila jsem dlouhé roky jako digitální nomád a procestovala více jak 40 zemí. S manželem Lukášem pracuji pro české značky v rámci butikové agentury LK MEDIA a řídím provoz české firmy nanoSPACE.. Kromě cestování, nanotechnologií a online marketingu mě baví všechno kolem zdravého životního stylu, fitness a spánku.

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