Sitka, Alaska : 12 choses à voir et à faire (l’héritage russe de l’Inside Passage)

Quand on descend pour la première fois d’un petit avion sur une piste fouettée de toutes parts par l’océan, on comprend immédiatement que Sitka, en Alaska, est un tout autre monde. Un ciel couvert, l’odeur omniprésente des aiguilles de sapin et du sel, et là, en plein cœur de la nature sauvage américaine, une cathédrale orthodoxe se dresse avec ses coupoles en bulbe. On dirait que quelqu’un a pris un morceau de la Russie tsariste et l’a laissé tomber par erreur au milieu de la forêt pluviale alaskienne. Et c’est en fait exactement ce qui s’est passé.

Cette ville, où n’aboutit absolument aucune route, vous conquiert dès le premier jour. Ce seront peut-être les pygargues à tête blanche qui se posent ici sur les épicéas comme chez nous les pigeons, ou bien le fait de déguster du saumon frais dans une taverne, à côté de robustes pêcheurs en cuissardes. Sitka, en Alaska, est tout simplement un endroit où se mêlent l’histoire sanglante des colonisateurs russes, la culture ancestrale du peuple Tlingit et la nature la plus sauvage que l’on puisse imaginer.

On passera de la cathédrale russe aux ours, des aigles orphelins aux baleines qui chassent en cercle de bulles — bref, je vais vous montrer douze choses qui vous feront tomber amoureux de Sitka sur-le-champ. Et je vais aussi vous dire honnêtement ce qui coûte ici plus cher que vous ne l’imaginez.

Vue sur Sitka, ville à l'histoire russe en Alaska
Vue sur Sitka, ville à l’histoire russe en Alaska

Résumé pour ceux qui n’ont pas le temps de tout lire

  • Aucune route n’y mène : on ne rejoint Sitka qu’en avion ou en bateau. Laisse la voiture à la maison, tu n’en as pas besoin.
  • Histoire russe : ne manque surtout pas la Saint Michael’s Cathedral et la Russian Bishop’s House, c’est un énorme contraste avec la nature sauvage environnante.
  • Ours et aigles : Fortress of the Bear et l’Alaska Raptor Center sont des incontournables absolus, surtout si tu n’as pas le temps de chercher les animaux dans les forêts.
  • Météo : prévois de la pluie. Il pleut ici en moyenne 230 jours par an, donc une bonne veste en Gore-Tex et des chaussures imperméables sont indispensables à la survie.
  • Réserve ton hébergement des mois à l’avance : les capacités sont minuscules et la saison estivale courte. Qui hésite finit sous tente (sous la pluie et avec les ours).
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Quand partir en Alaska et comment rejoindre Sitka

La planification d’un voyage dans le sud-est de l’Alaska est dictée par un calendrier impitoyable et par mère nature. Vouloir improviser des excursions hors saison est une bataille perdue d’avance. La ville s’anime en mai, à l’arrivée des premiers navires de croisière, puis se rendort pour l’hiver dès la fin septembre.

La haute saison et quoi mettre dans la valise

La meilleure période s’étend de juin à fin août, mais même alors les températures dépassent à peine les dix-huit degrés et il bruine la plupart du temps en journée. Sitka se trouve en effet dans une forêt pluviale côtière tempérée, où les congères et les gelées mordantes appartiennent à l’intérieur des terres — ici, c’est l’eau qui règne en maître.

Cette pluie incessante te désespérera parfois, mais tu comprendras vite qu’elle fait simplement partie du décor. De bonnes couches imperméables et de hautes cuissardes — que les locaux appellent affectueusement les « baskets de l’Alaska » — ne sont vraiment pas un luxe. Sans elles, tu es complètement perdu à Sitka (tenter le coup en baskets ordinaires est une erreur dont on se souvient longtemps). Si tu viens ici avec l’espoir de voir des aurores boréales, je dois te décevoir : à cause de la couverture nuageuse permanente et de la latitude, tu ne les verras probablement pas. En revanche, tu profiteras des baleines à satiété en été.

Le voyage vers une ville sans routes

C’est sans doute le plus grand choc pour la plupart des Européens. On ne peut tout simplement pas rejoindre en voiture l’île de Baranof, où se trouve Sitka. La règle est absolue : aucun accès routier. La seule porte d’entrée est l’aéroport Sitka Rocky Gutierrez sur la petite île voisine de Japonski Island, reliée au centre par un imposant pont.

L’option la plus rapide est d’arriver en avion, mais beaucoup utilisent les ferries du réseau Alaska Marine Highway. La traversée en bateau depuis Juneau, toute proche, est magnifique : on navigue à travers des baies parsemées d’îlots boisés, mais il faut y consacrer beaucoup plus de temps. Depuis Paris, le plus simple est de rallier Seattle ou Anchorage avec une compagnie comme Air France, KLM ou Lufthansa, puis de prendre un vol intérieur jusqu’à Sitka avec Alaska Airlines.

Où loger à Sitka et combien ça coûte

Trouver un bon hébergement à Sitka pour un prix raisonnable relève vraiment de l’art. Les hôtels se comptent sur les doigts d’une main, la saison ne dure que quelques mois, et qui ne commence pas à chercher dès le mois de janvier se retrouve à contempler les places libres au camping (sous la pluie, avec les ours dans les parages). Les prix restent assez élevés, ce qui est typique de l’Alaska, car presque tout doit y être acheminé à grand-peine.

🏨 Hôtels recommandés à Sitka

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En règle générale, une chambre milieu de gamme te coûtera entre 250 et 400 dollars (soit environ 230 à 370 €) la nuit durant les mois d’été. Ce n’est pas donné, mais si tu veux dormir au sec et tranquille, tu n’as pas beaucoup d’autres options.

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Charme historique ou confort moderne

Si tu veux te faire plaisir, l’adresse la plus connue est sans doute le Sitka Hotel, en plein sur la rue principale, Lincoln Street. Il a bénéficié d’une superbe rénovation qui marie le style victorien et la modernité, et depuis les fenêtres on voit directement le port. On adore ces vieux bâtiments qui ont une âme, même si les murs sont parfois un peu fins 😅. Tu entendras même parfois les mouettes, comme s’ils se tenaient juste sur ta table de nuit, mais ça fait tout simplement partie de l’ambiance portuaire.

Pour les familles ou pour quiconque souhaite y passer plusieurs jours, l’Aspen Suites Hotel Sitka est un vrai bon plan. Ils disposent en effet de kitchenettes entièrement équipées, ce qui t’épargne des sommes absurdes au restaurant. Faire ses courses au supermarché local n’est certes pas non plus le moins cher, mais c’est toujours plus économique que de petit-déjeuner et dîner dehors tous les jours.

Les options pour budget serré

Si tu voyages avec un sac à dos et comptes chaque euro, ta seule planche de salut sera le Sitka International Hostel. C’est une auberge de jeunesse classique avec dortoirs partagés et cuisine, mais prépare-toi à des règles assez strictes, couvre-feu compris.

Beaucoup tentent aussi leur chance dans de petits Bed & Breakfast tenus par des locaux, qui proposent souvent de venir te chercher gratuitement à l’aéroport. Ce contact avec des gens nés ici et qui connaissent chaque pierre n’a tout simplement pas de prix.

Que voir et faire à Sitka : les 12 meilleures choses

Le matin, des icônes russes d’une valeur inestimable ; à midi, le nourrissage d’oursons orphelins ; et l’après-midi, l’ascension haletante d’une côte abrupte au cœur d’une dense forêt pluviale — voilà Sitka en quelques mots. Alors c’est parti.

1. Sitka National Historical Park

C’est le plus petit parc historique national de tout l’Alaska, et je le classe personnellement parmi les endroits les plus magiques qui soient. Pas besoin de craindre d’ennuyeuses vitrines pleines de poussière : à la place, un sentier merveilleux t’attend, en pleine forêt pluviale côtière. Le Sitka National Historical Park abrite un chemin d’environ deux kilomètres et demi, parfaitement plat, bordé tout du long d’immenses mâts totémiques sculptés à la main par le peuple autochtone Tlingit.

Centre d'accueil des visiteurs du Sitka National Historical Park
Centre d’accueil des visiteurs du Sitka National Historical Park (Photo : Jrozwado / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0)

Le parc protège le lieu où s’est déroulée en 1804 une bataille sanglante entre les Tlingits et les colons russes. Le silence qui y règne aujourd’hui fait étrangement remonter ces événements en toi. On n’entend que le bruissement de l’océan et, quelque part au-dessus, le cri d’un aigle. C’est là que j’ai réalisé que je n’avais jamais marché dans un lieu aussi chargé d’histoire. Énorme bonus : pour 2026, l’entrée de tout le parc et du centre d’accueil est entièrement gratuite. Prévois-y au moins deux heures.

2. Saint Michael’s Cathedral

En marchant sur la rue principale, tu tombes soudain sur un rond-point au milieu duquel ne se dresse aucun obélisque, mais une magnifique cathédrale orthodoxe. Les coupoles vertes et les croix dorées paraissent totalement surréalistes sur fond de rudes montagnes alaskiennes. La structure en bois d’origine se dressait ici depuis 1844 et constituait le centre névralgique de l’Église russe en Amérique du Nord.

Saint Michael's Cathedral à Sitka
Saint Michael’s Cathedral à Sitka (Photo : Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0)

Aussi magnifique soit-il, ce bâtiment est lié à une histoire triste mais héroïque. En 1966, la cathédrale d’origine a entièrement brûlé jusqu’aux fondations. Les habitants, peu importe le dieu en qui ils croyaient, se sont alors précipités dans les flammes et ont sauvé à mains nues presque toutes les précieuses icônes et tous les artefacts. La cathédrale a ensuite été reconstruite à l’identique, selon les plans d’origine.

Dès qu’on entre, l’odeur lourde de l’encens et de la cire d’abeille des bougies nous enveloppe. Les visiteurs restent plantés là, totalement envoûtés devant les cadres ouvragés des icônes sauvées — toute cette atmosphère intérieure dégage une force incroyable, malgré les murs plus récents.

3. Fortress of the Bear (centre de sauvetage des ours)

J’avoue qu’avant d’arriver, je ne savais pas trop à quoi m’attendre d’un centre de sauvetage pour ours installé dans une ancienne papeterie, mais ça a été l’une de nos plus belles expériences à Sitka. Fortress of the Bear recueille des oursons orphelins que les autorités d’État auraient sinon ordonné d’abattre. Le centre se trouve à environ 8 kilomètres du centre-ville et son cadre est ce qui le rend incroyable : les enclos sont d’anciens immenses bassins de l’usine de cellulose. On se croirait dans un film post-apocalyptique, mais les ours y reçoivent des soins formidables.

Fortress of the Bear, centre de sauvetage des ours à Sitka
Fortress of the Bear, centre de sauvetage des ours à Sitka (Photo : Cullen328 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0)

L’entrée coûte 15 dollars (environ 14 €) pour un adulte et les enfants de moins de sept ans ne paient rien. Comme beaucoup de monde arrive des gigantesques navires de croisière, le centre limite parfois les entrées sur place ; donc si tu voyages par tes propres moyens comme nous, je recommande vivement d’acheter tes billets en ligne à l’avance, pour ne pas rester déçu devant le portail.

Les visiteurs y observent souvent des scènes cocasses, comme un jeune ours brun s’acharnant pendant une demi-heure à essayer de couler un baril en plastique. C’est un spectacle incroyablement divertissant et on en oublie un instant à quel point ce sont là-dehors, dans la nature, des prédateurs indomptables.

4. Alaska Raptor Center

Juste à côté du parc national se trouve un autre centre de réhabilitation de pointe, cette fois dédié aux rapaces. L’Alaska Raptor Center accueille et soigne chaque année environ deux cents pygargues à tête blanche, hiboux et autres rapaces blessés. Leur objectif principal est de relâcher les oiseaux dans la nature, ce qui réussit la plupart du temps.

Soigneur avec un harfang des neiges à l'Alaska Raptor Center
Soigneur avec un harfang des neiges à l’Alaska Raptor Center (Photo : Cullen328 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0)

Certains oiseaux subissent toutefois des blessures telles qu’ils ne survivraient pas dans la nature, et ils restent ici comme ambassadeurs permanents. Voir un pygargue à tête blanche à deux mètres, qui te fixe de ses immenses yeux clairs, est une expérience qui nous a donné des frissons dans le dos pendant encore une heure après le départ. L’entrée pour un adulte coûte 17 dollars (environ 16 €) et, honnêtement ? C’est vraiment peu cher.

Ils disposent aussi d’une énorme volière de vol, où les oiseaux remusclent leurs ailes après leur traitement avant d’être relâchés. C’est une sorte de salle de sport pour oiseaux, et observer leur retour progressif à la forme avec leur immense envergure est terriblement émouvant et vaut chaque centime de l’entrée.

5. Russian Bishop’s House

À première vue, tu ne t’attends à aucun miracle ici — encore un musée, encore un bâtiment historique. Mais ça te saisit vraiment. C’est le plus ancien bâtiment russe de tous les États-Unis, datant de 1842, et toute cette massive maison en rondins d’épicéa a été construite à l’époque sans utiliser le moindre clou. C’est aujourd’hui l’un des quatre derniers édifices subsistant de l’ère russe.

Russian Bishop's House à Sitka
Russian Bishop’s House à Sitka (Photo : Jrozwado / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0)

La maison est aujourd’hui gérée par les gardiens du National Park Service et les intérieurs sont restaurés avec une précision incroyable. En te promenant dans les pièces meublées d’origine, tu as vraiment l’impression d’être transporté au XIXe siècle.

Dans l’une des pièces, tu verras un magnifique vieux samovar et tu imagineras soudain très vivement comment, durant ces hivers alaskiens impitoyables, tous les habitants de la maison se réunissaient autour d’un thé brûlant. Cette atmosphère historique brute flotte tout simplement dans l’air et t’absorbe, même si tu n’es pas vraiment passionné d’histoire.

6. Observation des baleines et chasse en cercle

Les eaux autour de Sitka et de tout le détroit de l’Inside Passage débordent de vie en été. Ce qui nous intéressait surtout, c’étaient les baleines à bosse, qui migrent ici sur d’immenses distances depuis Hawaï pour s’y engraisser. Si tu pars là-bas en août, tu as une énorme chance de voir quelque chose d’absolument unique : le fameux bubble-net feeding.

Baleine à bosse lors d'une observation des baleines en Alaska
Baleine à bosse lors d’une observation des baleines en Alaska (Photo : Diego Delso / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0)

C’est une technique de chasse où les baleines créent sous l’eau un cercle de bulles infranchissable, y rabattent des bancs entiers de poissons, puis remontent ensemble à la surface, gueule grande ouverte. Qui voit ça de ses propres yeux n’oubliera jamais cette vision et ce son. En plus, des loutres de mer rôdent couramment autour des bateaux, allongées sur le dos, l’air de n’avoir aucun souci au monde.

Un conseil qui en vaut la peine : oublie les énormes catamarans d’excursion pour cent personnes et paie plutôt un petit rapport pour un petit bateau avec un capitaine local. Cette différence de ressenti, quand tu es assis juste au-dessus de la surface et que tu sens la vague te bercer à chaque fois qu’une énorme baleine refait surface, ne peut tout simplement pas se décrire avec des mots.

7. Castle Hill

À première vue, ce n’est qu’une colline pelée et ordinaire à deux pas du port, mais l’histoire du monde entier s’y est jouée. C’est exactement sur cette butte que s’est déroulée, le 18 octobre 1867, la cérémonie de remise de l’Alaska aux États-Unis. Le drapeau russe à l’aigle bicéphale est descendu et le drapeau américain est monté.

Castle Hill à Sitka, lieu du premier lever du drapeau américain
Castle Hill à Sitka, lieu du premier lever du drapeau américain (Photo : Jrozwado / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0)

Aujourd’hui, tu n’y trouveras aucun château, même si le nom Baranof Castle State Historic Site le laisse supposer, mais la vue de là-haut sur la baie de Sitka Sound et le volcan Mt. Edgecumbe au loin est absolument phénoménale. Aucune entrée à payer : il suffit de gravir quelques marches, de braver le vent froid et de profiter du panorama.

En haut, ça souffle vraiment terriblement fort, donc même au cœur de l’été en août, tu enfileras volontiers toutes les couches que tu as dans ton sac à dos. Les photos époustouflantes avec vue sur le volcan compensent à cent pour cent les doigts gelés — les photographes y dégomment d’ordinaire la moitié de leur carte mémoire.

8. Sheldon Jackson Museum

Ce musée discret, fondé en 1887, est en réalité le plus ancien musée de l’Alaska. On s’attendait à une petite exposition, mais une fois à l’intérieur, on en a eu le souffle coupé. Le Sheldon Jackson Museum abrite en effet une incroyable collection d’artefacts des peuples autochtones, rassemblée par un missionnaire éponyme plutôt actif.

Sheldon Jackson Museum à Sitka
Sheldon Jackson Museum à Sitka (Photo : Joe Mabel / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0)

Tu y trouveras des objets et outils des Inuits, des Aléoutes et des Tlingits, datant d’avant que le monde américain moderne n’écrase leur culture traditionnelle. Des masques magistralement sculptés aux kayaks recouverts de peaux, ce musée est un joyau pour quiconque s’intéresse à l’anthropologie.

Personnellement, c’est de loin l’immense collection de masques rituels en bois qui m’a le plus fascinée. Certains paraissent assez effrayants, d’autres plutôt amusants, mais chacun d’eux respire l’incroyable savoir-faire de ceux qui les sculptaient durant les longues soirées sombres, près d’un feu crépitant.

9. Balade sur l’Indian River Trail

Sitka offre des possibilités de randonnée incroyables juste à la sortie de la ville. Si tu n’es pas exactement un alpiniste et que tu préfères une balade tranquille, lance-toi sur l’Indian River Trail. Le sentier mesure un peu plus de quatre kilomètres dans un sens, il est pratiquement plat et traverse une magnifique forêt pluviale le long de la rivière, jusqu’à une petite cascade.

Ce parcours est vraiment splendide, mais il faut rester sur ses gardes. À l’automne, la rivière se remplit de saumons qui remontent le courant, ce qui attire bien sûr les habitants poilus du coin. Si tu t’y aventures, emporte absolument une bombe anti-ours (bear spray) et parle fort en permanence, pour ne surprendre personne dans les buissons.

On recommande de parcourir le sentier à deux personnes ou plus et de chanter ou crier bien fort toutes les quelques minutes, pour que chaque ours dans un rayon d’un kilomètre sache que tu es là. C’est un peu comique au début, mais tous les rangers locaux te confirmeront, l’air grave, que c’est justement la meilleure assurance-vie possible.

10. L’ascension du Mount Verstovia pour les courageux

Si tu as une bonne condition physique et que tu veux voir Sitka à vol d’oiseau, c’est la rando qu’il te faut. L’itinéraire vers le Mt. Verstovia ne fait certes que cinq kilomètres aller-retour au total, mais sur cette courte distance, tu grimpes 760 mètres de dénivelé brutaux. C’est en gros une montée sans fin sur des marches faites de racines et de boue.

Tu jureras quelques fois en montant 😅, mais quand tu te hisses enfin sur le belvédère appelé Picnic Rock, tu oublies tous tes muscles endoloris. La vue s’ouvre alors sur toute la baie et ses centaines d’îlots verdoyants. On ne monte plus guère jusqu’au sommet rocheux lui-même, car la crête n’est pas entretenue et reste dangereuse.

La descente est peut-être encore un peu pire que la pénible montée, car ce mélange omniprésent de boue et de racines glisse incroyablement. Mes genoux se sont souvenus de cette descente pendant encore trois bons jours, mais avec le recul, je dois reconnaître que ce sentiment épique là-haut valait l’effort et les jurons.

11. Mt. Edgecumbe : le Fuji alaskien

Quand tu regardes l’océan depuis Sitka, le cône parfait du volcan endormi Mt. Edgecumbe te saute aussitôt aux yeux ; il s’élève à près de mille mètres de haut sur l’île voisine de Kruzof Island. À cause de sa forme, on le surnomme souvent le Fuji japonais, et c’est un énorme défi pour tous les randonneurs aguerris.

Mount Edgecumbe, le Fuji alaskien près de Sitka
Mount Edgecumbe, le Fuji alaskien près de Sitka (Photo : Thomson200 / Wikimedia Commons, CC0)

Mais l’atteindre n’a rien d’une partie de plaisir. Tu dois louer un bateau en centre-ville, te faire déposer sur une plage, puis affronter une marche de 11 kilomètres dans un sens. Le chemin commence dans d’agaçants marécages (les locaux les appellent muskeg), continue à travers la forêt et se termine par une montée dans des cendres volcaniques meubles. Ce n’est vraiment pas une sortie de dimanche après-midi pour débutants.

Pendant la traversée elle-même en petit bateau vers l’île, ça secoue souvent pas mal sur les eaux plus ouvertes, donc des comprimés contre le mal de mer devraient être un équipement quasi obligatoire pour tout terrien d’Europe centrale. Mais ce pénible voyage en mer fait à lui seul indissociablement partie de toute cette rude aventure.

12. Sitka Sound Science Center

S’il te reste du temps ou si tu voyages avec des enfants, arrête-toi absolument à l’embouchure de l’Indian River, où siège le centre de recherche local et son aquarium. Le Sitka Sound Science Center n’est pas un gigantesque parc marin, mais ils ont d’excellents bassins tactiles avec des étoiles de mer et des anémones que tu peux toucher avec précaution.

Le centre comprend en plus une écloserie de saumons pleinement fonctionnelle. Tu y apprends tout sur le rude cycle de vie des poissons alaskiens et, dans l’ensemble, c’est une halte très agréable d’une petite heure, surtout quand il pleut des cordes dehors (ce qui est ici assez probable).

Au début, j’hésitais pas mal à toucher quoi que ce soit dans ces bassins tactiles, mais j’ai fini par caresser prudemment une étoile de mer violette et, à ma grande surprise, elle était étonnamment dure. Ce n’est certes qu’un tout petit détail, mais ça te relie d’une certaine manière, et de bien plus près, à ce fascinant monde sous-marin.

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Où bien manger : fruits de mer et café d’Alaska

À Sitka, tu manges ce que les pêcheurs ont sorti de l’océan le matin même, et ça se sent immédiatement dans l’assiette. Le flétan, le saumon sauvage et le fantastique crabe Dungeness ne voyagent pas à travers la moitié du monde ; ils passent de l’eau glacée presque directement dans ton assiette. La nourriture au restaurant est ici assez chère — un dîner moyen pour deux avec boisson te coûtera facilement cent dollars (environ 92 €) — mais l’expérience est généralement formidable.

Si tu veux vivre quelque chose de spécial et que payer un peu plus ne te dérange pas, va au Beak Restaurant. Ils y cuisinent avec le meilleur de la pêche du matin, et leur saumon est une expérience en soi. Et puis, c’est l’un des rares établissements aux États-Unis à refuser les pourboires, parce qu’ils paient tout simplement un salaire décent à leurs employés. Rafraîchissant. Autre énorme succès : Ludvig’s Bistro, une sorte de coin de Méditerranée en Alaska, mais l’espace est vraiment microscopique et il faut sans doute réserver dès l’achat de tes billets d’avion.

Pour les familles avec enfants ou pour une soirée détendue, la Mean Queen Pizza est excellente. C’est assez bruyant, ils font une superbe pizza et tu peux regarder directement la baie et le port depuis ta table. Pour un regain d’énergie après une rando ou quand tu as besoin d’un bon café pour te réveiller, file au Highliner Coffee, où même les rudes pêcheurs commerciaux viennent faire le plein de caféine le matin avant de prendre la mer. Et si tu cherches quelque chose de moins cher, le rez-de-chaussée du Sitka Hotel abrite le restaurant Mangiare, avec une cuisine italienne classique assez abordable.

Où aller ensuite en Alaska

L’Alaska est immense et Sitka n’est souvent qu’une étape parmi d’autres lors d’un voyage le long de la côte sud-est. Si tu comptes explorer davantage la région de l’Inside Passage, jette un œil à notre article sur la capitale Juneau, que l’on rejoint facilement depuis Sitka en avion.

Si tu prévois de voyager en bateau, nous avons rédigé pour toi un guide complet des croisières en Alaska, où tu trouveras des conseils sur ce qui t’attend et comment choisir le bon itinéraire. Les superbes villes de chercheurs d’or, Haines et Skagway, valent aussi vraiment le détour : elles te transportent instantanément plus de cent ans en arrière.

Astuces et conseils pour voyager (pas seulement) en Alaska

Quand on se prépare à partir dans une telle nature sauvage, la logistique joue un rôle central. Planifier un tel voyage prend pas mal de soirées, et certaines choses peuvent vraiment te surprendre.

Pour que tu n’aies pas à tout googler longuement depuis zéro, j’ai rassemblé pour toi au même endroit les conseils pratiques les plus importants. Ça t’épargnera beaucoup de temps, des nerfs, et au final quelques dizaines d’euros que tu pourras plutôt dépenser pour un meilleur dîner ou une excursion en bateau.

Où trouver des billets d’avion

Pour rechercher des vols, surtout ici en Amérique du Nord, nous utilisons toujours la même chose. Cherche des billets d’avion pas chers sur Kiwi, notre portail préféré, capable de combiner à merveille même les petites compagnies aériennes.

Fais toujours très attention au poids des bagages autorisé : sur les petits avions alaskiens, c’est pris très au sérieux pour des raisons de sécurité, et les valises trop lourdes entraînent de grosses amendes.

Location de voiture

Même si tu n’auras pas besoin de voiture à Sitka, dans le reste de l’Alaska tu ne fais pas un pas sans. Nous utilisons RentalCars depuis longtemps partout dans le monde — on les a testés pour la première fois au Canada, où ils nous ont surclassés sur place vers une plus grande voiture sans supplément, et depuis on n’en change plus. Ils ont une bonne assurance et ne nous ont pour l’instant surpris par rien de désagréable.

En plus, en Alaska, les meilleurs et plus fiables SUV disparaissent très vite en haute saison. Je recommande vivement de bloquer ta voiture dès que tu as tes billets d’avion payés en main, pour ne pas finir avec une petite citadine pétaradante sur des routes boueuses.

Réservation d’hébergement

Booking.com est notre moteur de recherche d’hôtels préféré ; je recommande de réserver le plus tôt possible (pour des endroits comme l’Alaska, ça vaut doublement), car ils proposent souvent l’annulation gratuite jusqu’à quelques jours avant l’arrivée.

Pour les premiers jours, il vaut la peine de faire directement deux réservations de secours dans des lieux différents (si l’annulation gratuite y est autorisée), puis de te décider définitivement selon ton itinéraire et la météo du moment.

N’oublie pas l’assurance et la connexion

Ne pars jamais aux États-Unis sans une assurance digne de ce nom. Pour les vacances plus courtes, nous choisissons l’assurance d’AXA, pour laquelle nous avons une réduction de 50 % pour toi ; pour les aventures plus longues et les voyages au long cours, on ne jure que par SafetyWing. Et pour ne pas ruiner notre portefeuille en frais d’itinérance et avoir de la data même en pleine forêt, dans la mesure du possible, nous utilisons une eSIM de Holafly.

À cause de la boue et de la pluie omniprésentes, de simples baskets ne te suffiront pas en Alaska. Si tu ne sais pas quoi mettre aux pieds, regarde notre article sur comment choisir les bonnes chaussures de randonnée.

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Questions fréquentes (FAQ)

Quand nous avons pris l’avion pour l’Alaska autrefois, j’avais en tête une énorme quantité de questions et, je l’avoue, certaines étaient sûrement assez naïves. On avait beau s’être renseignés sur pas mal de choses, la réalité s’avérait parfois un peu différente.

J’ai donc rassemblé ici les questions les plus fréquentes que nos amis nous posent quand on leur raconte, autour d’un verre de vin, nos aventures à Sitka et dans les environs. Ça t’aidera peut-être à te faire une idée un peu plus complète et plus précise de ce coin du monde magnifique et sauvage.

Qui vit en Alaska ?

La population de l’Alaska est un mélange très diversifié. On y trouve les peuples autochtones (Inuits, Yupiks, Aléoutes et ici dans le sud principalement la tribu Tlingit), les descendants des colons russes, de rudes pêcheurs commerciaux ainsi que de nombreux aventuriers modernes qui ont fui les grandes villes américaines pour chercher la tranquillité dans la nature sauvage. Personnellement, j’ai adoré discuter avec les habitants dans les magasins et dans la rue. Ils ont cette approche typiquement calme et terre-à-terre de la vie, et presque rien ne représente pour eux un problème insurmontable.

Qu’est-ce qui est typique de l’Alaska ?

Ce qui caractérise le plus l’Alaska, c’est sa nature sauvage indomptée, ses glaciers, ses milliers d’ours et ses rivières pleines de saumons en migration. Dans la région de l’Inside Passage, on trouve également une forêt pluviale froide typique et d’immenses distances entre les villes, où souvent aucune route ne mène et où il faut prendre l’avion. Mais pour moi, par-dessus tout, c’est ce parfum si particulier. Ça sent l’eau salée pure, les aiguilles de conifères humides en décomposition et la pluie d’une manière que vous ne retrouverez tout simplement nulle part ailleurs sur la planète.

Combien y a-t-il de lacs en Alaska ?

Cela semble presque incroyable, mais sur l’immense territoire de l’Alaska se trouvent plus de trois millions de lacs naturels. La plupart d’entre eux sont totalement vierges de toute civilisation et l’homme n’y a absolument aucun accès. C’est précisément pour cette raison pratique que les float planes, ou hydravions, sont si populaires ici. Ces petites machines ailées peuvent en effet atterrir en toute sécurité sur l’eau même là où il vous faudrait sinon vous frayer un chemin avec un sac à dos à travers une forêt impénétrable pendant peut-être une semaine entière.

Avec qui l’Alaska partage-t-elle ses frontières ?

L’Alaska ne partage de frontière avec aucun autre État des États-Unis. Sa frontière terrestre à l’est est partagée avec le Canada (plus précisément avec le territoire du Yukon et la province de la Colombie-Britannique). À l’ouest, à travers le détroit de Béring, elle partage une frontière maritime avec la Russie, et au point le plus étroit, ces deux superpuissances ne sont distantes que d’un peu plus de trois kilomètres. Ce sentiment d’isolement géographique est vraiment immense à chaque pas. Parfois, on a vraiment l’impression étonnante qu’il n’y a que vous, quelques arbres et puis le véritable bout du monde.

Fait-il extrêmement froid à Sitka en hiver ?

Étonnamment non. Sitka se trouve dans une zone tempérée près de l’océan, donc les hivers y sont presque ridiculement doux pour les standards de l’Alaska. Les températures se maintiennent en moyenne au-dessus de zéro (autour de 4 à 6 °C) et au lieu de neige, il pleut principalement. Le problème ici n’est pas le gel, mais l’humidité constante. Les habitants expliquent avec humour que la neige classique ne tient généralement pas très longtemps sur la route et fond habituellement en quelques heures en une bouillie humide.

Quelle est la meilleure période pour observer les baleines ?

Vous aurez les meilleures chances d’observer des centaines de baleines à bosse et leur technique unique d’alimentation en cercle de bulles (bubble-net feeding) pendant les mois d’été, idéalement au cours du mois d’août. Je recommande vivement d’apporter à bord des jumelles de bonne qualité et de s’armer d’une très bonne dose de patience, car les baleines, malgré les capitaines, nagent fondamentalement là où elles veulent aller elles-mêmes.

Peut-on se rendre à Sitka en voiture depuis le continent américain ?

Absolument pas. Sitka se trouve sur une île et la règle du no road access s’applique ici. La seule possibilité est d’y venir en avion ou d’utiliser un bateau, que ce soit un paquebot de croisière commercial ou les ferries d’État de l’Alaska Marine Highway. Les voitures en ville n’appartiennent qu’aux habitants, qui ont dû les faire transporter ici par bateau de manière compliquée. Cela peut sembler parfois un peu peu pratique pour un Européen, mais franchement, c’est précisément grâce à cette énorme barrière que la petite ville conserve encore cette atmosphère incroyablement paisible, totalement dépourvue d’embouteillages.

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VoyagesAmérique du NordSitka, Alaska : 12 choses à voir et à faire (l'héritage...

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Lucie Konečná
Lucie Konečnáhttps://www.lkmedia.cz
Ahoj, jmenuji se Lucka a dá se toho o mě napsat hodně. 😁 Někdo mě nazývá blogerkou, jiný influencerkou nebo podnikatelkou, mám tak trochu renesanční osobnost a baví mě spousta věcí a taky jich hodně dělám. Vystudovala jsem původně žurnalistiku, ale už od vysoké školy se věnuji online marketingu.❤️ Žila jsem dlouhé roky jako digitální nomád a procestovala více jak 40 zemí. S manželem Lukášem pracuji pro české značky v rámci butikové agentury LK MEDIA a řídím provoz české firmy nanoSPACE.. Kromě cestování, nanotechnologií a online marketingu mě baví všechno kolem zdravého životního stylu, fitness a spánku.

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