Les Dolomites avec des enfants ont longtemps été pour nous un grand point d’interrogation. Quand on partait avec Lukáš dans les montagnes italiennes avant la naissance de notre fils, nos vacances ressemblaient à peu près à ça : on dormait sous la tente ou dans le van, on partait à l’aube pour les sentiers les plus raides et on rentrait complètement épuisés à la nuit tombée. On vivait pour ce sentiment d’avoir conquis un sommet de plus. Sauf que cette année, on y est allés pour la première fois avec notre petit Jonáš, deux ans, et nos deux chiens, Kája et Baby. Et honnêtement ? On n’avait absolument aucune attente. Notre fils déteste le porte-bébé et il a commencé à tolérer un peu la poussette seulement après son deuxième anniversaire — et encore, uniquement quand il est réveillé. Le reste du temps, il y dort, point final.
Et tenez-vous bien : ce furent des vacances complètement différentes, mais tout aussi géniales qu’avant, sans enfant. Là où, autrefois, on choisissait chaque jour un trek de plusieurs heures et on partait au lever du soleil, cette année on s’est offert un petit-déjeuner tranquille, on a savouré la vue directement depuis le camping, puis on a pris le bus jusqu’au téléphérique qui nous a confortablement hissés tout en haut. Là-haut, on faisait quelques pas, on testait ce que notre poussette de voyage pliable pouvait encaisser, on mangeait une glace et on passait des heures dans les refuges des sommets, juste à contempler les montagnes. Pour la première fois, on a profité d’endroits où on n’allait jamais avant, parce que ça ne représentait pas une rando assez longue à nos yeux.
Grâce à ça, on a pleinement apprécié le luxe des téléphériques locaux — ils vous hissent jusqu’aux nuages, même avec une poussette et un chien, là où vous attendent des prairies vertes et plates, des panoramas à couper le souffle et des refuges de montagne avec aires de jeux pour enfants et une cuisine italienne fantastique. Dès le premier jour, on consultait les horaires des téléphériques plutôt que les cartes avec les dénivelés, et ça en dit long. N’ayez pas peur de voyager avec de jeunes enfants — ils vous feront découvrir des Dolomites complètement différentes de celles que vous connaissez. Et ce sont devenues, en toute sincérité, nos nouvelles montagnes préférées.

Résumé pour ceux qui n’ont pas le temps de tout lire
- Les téléphériques et les bus sont vos meilleurs alliés — ils vous hissent depuis la vallée jusqu’à plus de 2000 mètres d’altitude, même avec une poussette et un chien, donc aucun dénivelé à avaler.
- Pour les familles avec poussette, le plateau de l’Alpe di Siusi est un véritable paradis, avec des kilomètres de chemins stabilisés et presque plats. Même notre poussette pliable ordinaire les a parcourus sans problème.
- Choisissez votre hébergement de façon stratégique sur un seul lieu (base camp), pour ne pas devoir sans cesse faire et défaire les valises avec les enfants. Ortisei ou Cortina sont parfaits.
- Pour les sentiers plus caillouteux, le porte-bébé est idéal — mais seulement si l’enfant le supporte. Le nôtre le refuse, donc on a misé sur les téléphériques et les tronçons plats, et ça a très bien marché.
- Les refuges de montagne (rifugi) sont adaptés aux enfants — on y trouve couramment un menu enfant, des chaises hautes et une aire de jeux extérieure avec vue sur les montagnes.
- La météo change incroyablement vite en montagne, donc même en plein été, gardez dans votre sac des couches chaudes et une crème solaire indice 50.
Quand partir et comment s’y rendre
Planifier des vacances en famille demande un peu plus de logistique qu’un voyage en duo sans enfant. Quand vous partez dans les Alpes italiennes avec des petits, vous devez surtout penser à une météo stable et à la praticabilité des chemins, pour ne pas galérer dans la boue ou sous une neige inattendue.

Les Dolomites en été, ça marche tout simplement — on y était en juillet, et selon nous, de mi-juin à début septembre, c’est la meilleure période. Il faut toutefois s’armer de patience, car en août les Italiens prennent leurs vacances nationales (Ferragosto) et c’est vraiment bondé partout. Si vous le pouvez, septembre est tout simplement magique : les foules se dissipent, l’air est d’une pureté cristalline et les températures restent agréables au soleil. Depuis Paris, l’option la plus simple est l’avion : les aéroports les plus proches sont Venise et Trévise, d’où vous louez une voiture. Cherchez des vols pas chers chez des compagnies comme Transavia ou easyJet, et réservez votre voiture à l’avance. Pour les familles qui préfèrent la route, le trajet est long depuis la France, mais faisable en le coupant en deux étapes — on l’a fait avec Jonáš pour ne pas le laisser une éternité dans le siège auto.
Où se loger et combien ça coûte
Quand vous voyagez avec de jeunes enfants, oubliez le mode de vie nomade où vous dormez chaque jour ailleurs. On a essayé une fois (un hôtel différent tous les deux jours) et c’était le chaos. Couches, sachets de purée, poussette, chien… non merci. Il vaut bien mieux choisir un ou deux « base camps » stratégiques, depuis lesquels vous ferez des excursions en étoile dans les environs. Se loger dans les Dolomites n’est pas donné — en haute saison, comptez au moins 150 à 250 € la nuit pour un bel appartement familial, mais ce confort et cette tranquillité valent vraiment le coup.

Ortisei, dans le Val Gardena, est selon moi le meilleur point de départ pour les familles avec poussette. Le village se trouve au cœur des plus beaux panoramas et, surtout, des téléphériques mènent directement à l’Alpe di Siusi et à la Seceda : le matin, vous chargez toute la petite famille dans la cabine et dix minutes plus tard, vous êtes au paradis. En prime, Ortisei a un centre piéton ravissant avec ses boutiques et ses cafés, où l’on sirote tranquillement un Aperol le soir pendant que le petit dort dans la poussette. Vous pouvez par exemple loger dans les jolis appartements familiaux Dolomiti Sweet Lodge, qui disposent aussi d’une petite aire de jeux et de beaucoup d’espace pour courir.
La deuxième excellente option, c’est Cortina d’Ampezzo, idéale si vous voulez explorer la partie est du massif autour des Tre Cime et du lac de Sorapis. Cortina d’Ampezzo est un peu plus animée et chic, mais offre des infrastructures complètes, des supermarchés aux pharmacies en passant par d’excellents restaurants. Si vous cherchez plutôt le camping, que les enfants adorent généralement, on recommande le camping Cortina Olympia, avec ses superbes équipements pour familles et un calme incroyable. Un peu plus au sud se trouve le Val di Fassa, que je conseillerais plutôt aux familles avec des enfants plus grands et plus actifs, car le terrain y offre davantage d’activités sportives et de longs treks.
Ce que les enfants peuvent faire selon leur âge, de la poussette aux chamois
Tout parent le sait : ce qui marche avec un enfant ne fonctionne pas forcément avec un autre. On a quand même pris des notes au fil de nos balades en observant les autres familles (ce que les petits arrivent à faire et ce qui finit en pleurs sur les cailloux), et voici le résultat.

1. De 0 à 4 ans : téléphériques, poussette et (peut-être) porte-bébé
C’est exactement notre phase actuelle avec Jonáš, deux ans — et je l’avoue d’emblée, niveau équipement, chez nous ça s’est passé autrement que ce que conseille la plupart des blogs. Notre fils déteste tout simplement le porte-bébé, donc le classique « prenez un porte-bébé de rando » ne s’appliquait pas du tout chez nous. On a misé sur les téléphériques, les bus et les plateaux plats en altitude, où l’enfant roule confortablement dans la poussette pendant que vous profitez de panoramas sublimes sans un seul mètre de raidillon.
Soyons honnêtes au sujet de la poussette : une poussette tout-terrain avec de grandes roues gonflables est évidemment le meilleur choix pour les surfaces accidentées. Mais nous, on n’a qu’une poussette de voyage pliable toute simple (Joolz) — et elle est plus robuste que personne ne l’imaginerait. Sur le plateau de l’Alpe di Siusi, elle a tenu toute une journée sans broncher. La règle est simple : si votre enfant supporte de longues périodes en poussette, un modèle tout-terrain sera mieux ; s’il supporte au contraire le porte-bébé, ça vous ouvre un tout autre monde de treks. Et s’il ne fait ni l’un ni l’autre, comme le nôtre ? Pas grave, les téléphériques sauvent la mise.

Avec des enfants de cet âge, inutile de planifier des itinéraires de plus de cinq à sept kilomètres, car vous aurez besoin de nombreuses pauses pour nourrir, changer la couche et laisser le petit gambader dans l’herbe. Profitez des téléphériques au maximum, et choisissez des itinéraires dont le but est un refuge, où vous trouverez un repas chaud et une table à langer. Surtout, ne vous pressez pas : la montagne ne va pas s’enfuir, et le bien-être de l’enfant compte bien plus qu’un kilomètre de plus.
2. De 4 à 6 ans : les premiers pas en montagne et beaucoup de motivation
À cet âge, les enfants marchent tout seuls, mais leurs petites jambes se fatiguent vite et, surtout, ça les lasse rapidement si le chemin ne fait que monter bêtement. L’astuce, c’est qu’il se passe toujours quelque chose, sinon vient l’ennui, puis la fatigue, puis les larmes — vous connaissez la chanson. Choisissez des itinéraires longeant un ruisseau, où l’on peut jeter des cailloux ou construire des cabanes pour les lutins.

Une bonne astuce consiste à promettre une glace ou une énorme part de pizza à l’arrivée au refuge. Les itinéraires ne devraient pas avoir un gros dénivelé, et une longueur d’environ six kilomètres est généralement parfaite pour éviter les pleurs inutiles et le portage sur les épaules. On n’a pas encore d’enfant de cet âge, mais nos amis nous assurent qu’avoir assez de friandises dans la poche règle presque toutes les petites crises.
3. De 6 à 10 ans : des héros d’action sur le sentier
Selon beaucoup de parents, c’est la meilleure phase pour la montagne — les enfants d’âge scolaire ont de la force, de l’endurance et, surtout, ça les amuse, car l’aventure se cache à chaque pas. Vous pouvez partir avec eux sur des itinéraires de randonnée plus exigeants dans les Dolomites, qui comportent déjà des montées modérées et un terrain un peu plus difficile.
À cet âge, un énorme succès, ce sont les vieux bunkers et tranchées militaires de la Première Guerre mondiale, dans lesquels on peut se faufiler avec une lampe torche, ou les premières expériences légères de via ferrata, où les enfants enfilent un baudrier et se prennent pour de vrais alpinistes. Lukáš se réjouit déjà à l’idée que Jonáš grandisse un peu pour explorer ensemble, frontale sur la tête, les cavernes sombres dans les rochers.
Itinéraires concrets et expériences : 7 idées à tester absolument avec des enfants
Voici notre sélection personnelle des endroits les plus paisibles, que nous avons parcourus et où nous savons que ni vous ni vos enfants ne souffrirez. Je me suis surtout concentrée sur les lieux qui vous laisseront bouche bée, tout en amusant les plus petits.
4. Alpe di Siusi (Seiser Alm) : le paradis des poussettes
Si vous voulez vous balader en poussette, l’Alpe di Siusi est un endroit à ne surtout pas manquer. C’est le plus grand alpage d’altitude d’Europe, et la vue sur les sommets déchiquetés en contraste avec les prairies d’un vert éclatant est à couper le souffle. Vous montez confortablement par le téléphérique depuis Ortisei et vous voilà soudain sur un plateau sillonné de dizaines de kilomètres de larges chemins stabilisés. C’est d’ailleurs ici que notre simple poussette de voyage pliable Joolz a tenu toute une journée — une tout-terrain aurait été plus confortable, mais la nôtre s’en est sortie sans problème.

On y a passé toute une journée avec Jonáš. Le téléphérique coûte certes environ 30 € par personne, mais pour cette vue et ce calme, on aurait volontiers payé plus. Partout paissent des vaches avec d’adorables cloches au cou, une attraction de premier choix pour notre petit, et tous les quelques kilomètres on tombe sur un refuge parfaitement équipé — certains ont même une petite aire de jeux. Faites juste attention aux cyclistes, assez nombreux en saison, et n’oubliez pas un couvre-chef, car les alpages n’offrent quasiment aucune ombre.
5. Seceda : le panorama le plus iconique sans effort
La Seceda, c’est cette fameuse crête rocheuse inclinée qui surgit partout sur Instagram dès qu’on tape « Dolomites » dans le moteur de recherche. Bonne nouvelle pour les parents : pour atteindre cette merveille photogénique, vous n’avez pas à grimper des heures dans un raidillon. Là encore, c’est la Seceda et son téléphérique depuis Ortisei qui vous sauvent, en vous hissant en deux étapes jusqu’à 2500 mètres d’altitude, directement au sommet au point de vue.

Avec une poussette, vous pouvez aller jusqu’au point de vue principal et faire un petit bout sur la crête, mais pour une balade plus longue vers les refuges en contrebas, le chemin n’est plus praticable — il est assez caillouteux et raide (ici, un porte-bébé serait pratique, si l’enfant le supporte). Nous, on n’a pas forcé : on est restés au belvédère, on a fait un magnifique pique-nique, Jonáš a couru dans la prairie et les chiens Kája et Baby ont reniflé tranquillement l’air des montagnes. Là-haut, ça souffle pas mal, alors même quand il fait un temps à t-shirt dans la vallée, prévoyez ici des coupe-vent et des bonnets aussi pour les adultes.
6. Tre Cime di Lavaredo depuis le refuge Auronzo
Les trois massives tours rocheuses des Tre Cime sont sans doute le symbole le plus connu des Dolomites. On peut aussi y aller avec des enfants, mais ça a ses spécificités. Une route d’altitude à péage mène jusqu’au refuge Rifugio Auronzo (l’accès en voiture coûte 30 €), ce qui est génial car ça vous épargne une montée énorme. De là part un chemin large et presque plat en direction du refuge Rifugio Lavaredo.

Ce premier tronçon (environ 45 minutes aller) se fait avec une bonne poussette tout-terrain, mais si vous voulez aller plus loin et faire la boucle complète autour des tours, laissez la poussette dans la voiture et prenez uniquement le porte-bébé. La boucle complète fait environ 10 kilomètres et, avec de jeunes enfants, peut facilement prendre quatre heures, donc ne la prévoyez pas avec un tout-petit — nous, on a juste fait le bout court et on a fait demi-tour. Pour les enfants plus grands, c’est en revanche une super aventure, car on croise de petits tunnels et des formations rocheuses en chemin. Montez impérativement tôt le matin, idéalement avant huit heures, car la barrière de péage ferme sans pitié dès que le parking est plein.
7. Le lac enchanté de Lago di Carezza
Quand vous voulez faire une pause et montrer aux enfants la magie de la nature locale, le Lago di Carezza est le choix parfait. Ce petit lac glaciaire brille d’un incroyable turquoise, dans lequel se reflètent les pics du massif du Latemar. La légende raconte d’ailleurs qu’une fée des eaux vit au fond et que les couleurs de l’eau proviennent d’un arc-en-ciel brisé qu’un sorcier amoureux y aurait jeté — une histoire qui captive à coup sûr tous les enfants.

Depuis le parking de la route principale, vous rejoignez le lac en deux minutes par un passage souterrain, donc zéro stress. Un chemin de sable stabilisé idéal pour tous les types de poussettes fait le tour du lac, et toute la balade se boucle en une demi-heure. C’est plutôt une belle halte détente qu’une excursion à part entière, mais on y est allés juste avant le coucher du soleil, quand les foules des bus étaient déjà parties, et Jonáš reculait devant cette eau turquoise comme un enfant qui voit la mer pour la première fois. C’était ça, le moment magique.
8. Val di Funes et la vue sur la petite église Santa Maddalena
Si vous cherchez un coin plus tranquille du massif, moins bondé, faites un détour par la vallée du Val di Funes. Ici, pas de téléphériques géants ni de hordes de touristes, mais plutôt cette vie sud-tyrolienne calme et au rythme lent. La plus belle photo, vous la prendrez près de la célèbre petite église de Santa Maddalena, au-dessus de laquelle se dresse dramatiquement le massif des Odle.

Pour les familles avec enfants, il y a ici un excellent itinéraire doux à travers les prairies jusqu’au refuge Geisleralm. Le chemin traverse forêt et alpages, la montée est progressive et, au bout, vous attend le meilleur : le refuge Geisleralm possède une superbe aire de jeux, plein de transats sur l’herbe, et on y prépare l’un des meilleurs strudels aux pommes avec sauce à la vanille de la région. Pour cet itinéraire, il faut toutefois un porte-bébé ou une poussette tout-terrain ; la poussette ordinaire ne passerait pas par endroits.
9. Cinque Torri et l’exploration des vieux bunkers
Le groupe des cinq tours rocheuses des Cinque Torri est un énorme attrait surtout pour les familles avec des enfants plus grands, disons à partir de six ans. Là encore, un télésiège à deux places vous monte directement depuis la route principale jusqu’au refuge Rifugio Scoiattoli. La vue sur les tours est saisissante, mais la vraie aventure se cache juste en dessous.

Toute la zone est en effet un immense musée à ciel ouvert de la Première Guerre mondiale. Autour des rochers et directement dans la pierre sont taillés des tranchées, des meurtrières et des bunkers militaires que l’on peut parcourir librement. Les enfants peuvent y courir pendant des heures, grimper sur les rochers et découvrir de vieux abris, pendant que vous vous installez sur la terrasse du refuge à admirer la vue. Glissez absolument une petite lampe torche dans le sac à dos des enfants, ils en seront ravis.
10. Le Cortina Olympia Trail le long de la rivière
Parfois, vous avez juste besoin de faire une pause dans les montées et de simplement vous promener. Autour de Cortina d’Ampezzo court une ancienne voie ferrée transformée en parfaite piste cyclable et promenade piétonne, le fameux Olympia Trail. C’est totalement plat, le revêtement est en gravier fin ou en asphalte, et vous longez tout du long une rivière turquoise sauvage avec vue sur les sommets.
C’est sans doute la balade la plus sûre et la plus tranquille que nous ayons trouvée ici avec une poussette et des chiens. Quand les enfants ont mal aux jambes, vous vous asseyez simplement au bord de la rivière, vous trempez les pieds dans l’eau glacée et vous vous reposez. L’itinéraire fait des dizaines de kilomètres, donc vous en prenez exactement le morceau qui vous convient sur le moment.
Où faire une courte balade directement depuis les villages
Ça a été notre plus grande découverte cette année en voyageant avec un tout-petit. Avant, on traversait les villages en vitesse pour foncer dans les montagnes, mais avec Jonáš, on a réalisé qu’une simple balade lente sur la zone piétonne pavée ou jusqu’à une petite église proche est un beau programme — et qui se termine presque toujours par une glace et une aire de jeux. Voici nos idées de promenades faciles, praticables même avec une poussette classique.
Ortisei et la vallée du Val d’Anna
Ortisei a l’un des plus beaux centres piétons de toutes les Dolomites — la zone pavée et plate de la Streda Rezia, pleine de boutiques et de cafés, se parcourt en poussette toute seule. En plein cœur du village, la promenade Luis Trenker jouxte une grande aire de jeux avec toboggan, locomotive en bois et bac à sable.

Quand vous voulez aller un peu plus loin, partez sur la classique promenade familiale vers la vallée du Val d’Anna. Elle part directement d’Ortisei le long d’un ruisseau, la montée est minime et, au bout, vous attend une prairie avec aire de jeux, hamacs et un bain Kneipp. Le revêtement est par endroits plus grossier, donc avec une poussette canne ultralégère ce sera un peu galère, mais une poussette plus robuste passera.
Seis am Schlern et la petite église St. Konstantin
Seis am Schlern (Siusi) est un village paisible au pied de l’imposant massif du Schlern et le principal point de départ du téléphérique pour le Seiser Alm. Pour une courte balade tranquille, partez d’ici par un chemin facile jusqu’à la pittoresque petite église St. Konstantin — il traverse des prairies et un bosquet clairsemé avec un dénivelé minime, et des bancs avec vue sur les montagnes jalonnent le parcours.

Si vous voulez la vue sans l’effort, montez depuis la vallée par le téléphérique jusqu’au Tschötschalm sur le Puflatsch (vers 2000 m). Là-haut, il y a un replat praticable même en poussette et une jolie aire de jeux — exactement le style « on monte en téléphérique, puis on contemple », qui nous a tant séduits cette année.
Kastelruth (Castelrotto) et l’aire de jeux de Marinzen
Kastelruth fait partie des plus beaux villages d’Italie — façades peintes, place de l’église avec son iconique clocher à bulbe et aire de jeux en plein centre. Pour une balade express, la boucle du calvaire (Kofelrunde) s’impose : un chemin bien aménagé d’environ un kilomètre, quasiment sans dénivelé, praticable en poussette, avec des chapelles et une belle vue sur les toits du village.
Mais avec des enfants, le plus grand attrait est Marinzen. Depuis le centre de Kastelruth, un petit téléphérique vous monte jusqu’au refuge Marinzenalm (vers 1500 m), où se trouvent une grande aire de jeux avec un long toboggan, une ferme pédagogique et un petit étang. Là-haut, c’est plat, donc la poussette passe sans souci, et vous aurez du mal à en arracher les enfants.
Les environs de Cortina : Lago di Pianozes et Corso Italia
Quand votre base est à Cortina d’Ampezzo, pas besoin de filer aussitôt vers les hauts sommets. La célèbre zone piétonne de la Corso Italia, avec son campanile au milieu, est plate, pavée et idéale en poussette — bars, pâtisseries et vue sur les pics. Une superbe halte pour un café et une glace pour les enfants entre deux excursions.

Pour une balade plate en pleine nature non loin de la ville, dirigez-vous vers le petit lac Lago di Pianozes. La courte boucle autour de l’eau se fait même avec une poussette classique en une vingtaine de minutes, et au bord du lac il y a un restaurant, un kiosque et une petite aire de jeux. Attention en revanche aux Lago Ghedina et Lago d’Ajal — ils sont caillouteux et pentus, là laissez la poussette à la maison et prenez le porte-bébé.
Quand il pleut dans les Dolomites : les plans de secours pour les familles
Même en été, vous n’avez aucune garantie de soleil chaque jour en montagne. Quand le ciel se couvre, que les nuages descendent dans la vallée et qu’il se met à pleuvoir sans fin, inutile de faire souffrir les enfants sur des sentiers boueux. Heureusement, il y a plein de façons de sauver la journée.
11. Les parcs aquatiques qui sauvent la mise
Au lieu de rester boudeurs dans l’appartement, prenez les maillots et filez au chaud. Un super petit complexe est l’Acquapura à Cortina d’Ampezzo, où vous trouverez des piscines intérieures chauffées et une pataugeoire pour les plus petits.
Si vous logez dans la partie ouest du massif, on recommande chaudement de descendre un peu plus bas vers la ville de Brixen. On y trouve l’immense univers aquatique Acquarena Brixen avec plusieurs piscines intérieures et extérieures, des toboggans et un grand espace bien-être pour les parents. Jonáš était ravi de l’eau chaude et nous, après plusieurs jours de marche, on a merveilleusement détendu nos muscles.
12. Ötzi et des musées qui n’ennuient pas
Quand il pleut toute la journée, faites une excursion en voiture jusqu’à la ville de Bolzano. Dans son Musée archéologique du Sud-Tyrol repose Ötzi, le célèbre homme des glaces vieux de plus de 5000 ans, retrouvé congelé dans un glacier. Pour les enfants plus grands, voir une vraie momie et ses armes est une expérience incroyablement fascinante, qui dépasse à coup sûr les classiques expositions d’images.
Dans le Val Badia, vous pouvez ensuite visiter le Museum Ladin, qui raconte la naissance des Dolomites et où les enfants découvriront de vrais fossiles et des ossements d’ours des cavernes préhistorique. Nous-mêmes ignorions qu’un tel géant ait jadis vécu ici, alors c’était instructif même pour nous, les adultes.
Les Dolomites avec un chien : comment ça se passe avec les boules de poils
On a l’habitude de voyager avec notre meute, alors Kája et Baby ne pouvaient pas manquer notre grande première en famille avec Jonáš. En général, les Italiens sont très accueillants avec les chiens, mais comme une grande partie des Dolomites se trouve dans des parcs nationaux et des réserves naturelles, vous devez respecter quelques règles claires.

💡 Astuce : presque tous les téléphériques et les bus exigent une muselière pour les chiens (on en achète quasiment partout, y compris aux stations de départ). Honnêtement, ça nous agaçait pas mal — ils l’exigeaient même quand on était seuls dans la cabine. Quand plusieurs téléphériques nous attendaient à la suite, on préférait laisser Kája et Baby se reposer au camping.
Les chiens doivent toujours être en laisse sur les sentiers de montagne. Sur les alpages comme l’Alpe di Siusi, c’est absolument essentiel, car un chien en liberté pourrait effrayer les vaches ou mettre en danger les chevaux et les marmottes qui paissent. La grande majorité des téléphériques acceptent les chiens sans problème, généralement contre un petit supplément de trois à cinq euros environ. Gardez juste une muselière prête dans le sac, car le personnel insiste parfois pour qu’elle soit mise pendant le trajet en cabine.
Concernant l’hébergement et les restaurants, la plupart des refuges d’altitude (rifugi) accueillent les chiens sur leurs terrasses extérieures et leur offrent couramment une gamelle d’eau. À l’intérieur du restaurant, c’est au cas par cas, mais en général ça ne pose pas de souci. Avec Kája et Baby, on a parcouru sans problème un bout du chemin des Tre Cime et la promenade dans la vallée. Un endroit où je n’irais plus avec un chien, c’est le très populaire Lago di Sorapis — il y a plusieurs passages très exposés avec des échelles métalliques et des foules énormes, où il est terriblement difficile de se croiser avec un chien, donc partez plutôt sans eux pour ce trek.
Quoi manger et boire : guide pour les petits gourmands
L’un des plus grands atouts des vacances en Italie, c’est que la cuisine locale, presque tous les enfants l’adorent. Oubliez les boycotts du déjeuner — ici, c’est la gastronomie qui vous sauve, une gastronomie parfaite dans sa simplicité.

Tous les refuges de montagne cuisinent à merveille et proposent toujours des plats que les enfants apprécient. On a complètement adoré le refuge Rifugio Averau près des Cinque Torri, où l’on fait d’incroyables pâtes maison, et aussi le Rifugio Col Pradat dans la vallée de l’Alta Badia. Dans les deux endroits, on nous a servis avec le sourire, même quand Jonáš avait justement son moment plus bruyant.
On commandait toujours de simples pâtes al pomodoro (à la sauce tomate) ou une délicieuse pizza. Un classique local, ce sont les fameux canederli — de grosses boulettes tyroliennes à base de pain. En tant que végétariens, on mise sur la version au fromage ou aux herbes, mais traditionnellement elles sont aussi farcies au lard et servies dans un bouillon corsé ou avec du beurre fondu. C’est une vraie bombe calorique, après laquelle les enfants débordent d’énergie au retour de la balade.
Et bien sûr — une nécessité absolue et notre rituel quotidien en guise de récompense, c’était l’authentique gelato italien en bas, en ville, qu’on prépare de façon phénoménale aussi bien à Cortina qu’à Ortisei. Pour les tout-petits comme Jonáš, on emportait des gourdes et de la purée pour bébé dans les hauteurs, mais dans les refuges, on vous réchauffe couramment et avec le sourire le plat que vous apportez ou on vous prépare un bouillon clair sans sel.
Conseils pratiques pour finir : sécurité et que mettre dans le sac
La montagne reste la montagne, et même si vous évoluez sur des prairies aménagées autour des refuges, il ne faut pas négliger la préparation. La météo dans les Dolomites peut passer d’un ciel dégagé à un violent orage de grêle en seulement vingt minutes — on l’a vécu sur notre peau plus d’une fois.
Toujours, même par les journées d’août les plus chaudes, ayez pour vous et les enfants une couche imperméable et un sweat plus chaud. De plus, le soleil en montagne au-dessus de 2000 mètres tape complètement différemment qu’au bord de la mer. On l’a sous-estimé le premier jour — Jonáš était rouge comme une écrevisse en une heure, alors qu’on se disait que le ciel était pourtant couvert. Une crème indice SPF 50, de bonnes lunettes de soleil et un chapeau anti-insolation sont une nécessité absolue.
Côté bagages, l’idéal est une poussette tout-terrain avec de grandes roues gonflables — mais si vous n’en avez pas, comme nous, ne désespérez pas : même une simple poussette de voyage pliable (chez nous une Joolz) tient étonnamment bien sur les plateaux plats comme le Seiser Alm, il suffit de ne pas la surcharger sur les surfaces grossières. Et si votre enfant supporte le porte-bébé, prenez-le — ça vous ouvre davantage d’itinéraires. Inutile de trimballer beaucoup d’eau : dans chaque refuge, vous achetez des boissons ou on vous remplit les gourdes. On retournera à coup sûr dans les Dolomites avec les enfants — une fois que vous aurez compris à quel point c’est facile grâce aux téléphériques, vous n’aurez plus envie d’aller ailleurs. 😉
Pour aller plus loin
Les Dolomites, c’est une affaire de cœur, et on a écrit sur le blog plein d’autres guides détaillés à leur sujet. Si vous voulez planifier des treks précis ou que d’autres vallées vous intéressent, jetez un œil ici :
- Guide complet et itinéraires de randonnée dans les Dolomites pour tous
- Que faire dans les Dolomites et comment composer son itinéraire
- Cortina d’Ampezzo : notre camp de base principal dans les Dolomites
- Seceda : guide de la crête la plus photogénique des Dolomites
Astuces et conseils pour un voyage serein
Quand vous voyagez avec de jeunes enfants, la chance sourit à ceux qui sont préparés. On a trouvé bénéfique de régler les choses les plus importantes comme les billets d’avion, la voiture ou une bonne assurance bien à l’avance, pour n’avoir plus qu’à décider sur place de quel versant de la montagne partir ce jour-là.
Où trouver des billets d’avion
Cherchez des vols pas chers sur des comparateurs comme Skyscanner ou Google Flights, où l’on trouve toujours les meilleures combinaisons de vols quand on décide de s’envoler vers Venise. Depuis Paris, des compagnies comme Transavia ou easyJet desservent régulièrement Venise et Trévise. Depuis Venise, les montagnes ne sont plus qu’à un petit trajet en voiture.
Si vous prenez l’avion avec un bébé pour la première fois, vous apprécierez sûrement que le trajet de l’aéroport jusqu’à Cortina dure, par une belle autoroute, environ deux heures. Donc pas de trajet interminable avec poussette et valises.
Location de voiture
Lukáš regarde toujours les comparateurs de location, et jusqu’ici on n’a pas attendu une seule fois sans voiture à l’aéroport. 😁 Le comparateur nous fait gagner un temps fou, qu’on parte à la montagne ou à la mer.
Avec des enfants, ça vaut clairement le coup de payer un peu plus pour une voiture plus grande, type break ou SUV. Croyez-moi, quand vous chargerez le coffre avec la poussette, une tonne de couches et les bagages des adultes en plus, vous serez content de chaque centimètre gagné.
Réservation de l’hébergement
Booking.com est notre moteur de recherche préféré pour les hôtels et appartements familiaux. Dans les Dolomites, on recommande de réserver vraiment très en avance, jusqu’à six mois si besoin, car les meilleures pensions familiales disparaissent à la vitesse de l’éclair.
On veille toujours à ce que l’hébergement ait sa propre kitchenette. Avec un jeune enfant, on a tout simplement besoin de réchauffer l’eau du biberon au milieu de la nuit ou de préparer un en-cas rapide, sans dépendre du restaurant de l’hôtel.
N’oubliez pas l’assurance
Voyager en montagne sans assurance ne paie pas, surtout avec des enfants. Pour les courts séjours en Europe, on choisit une assurance fiable comme celle de notre comparatif d’assurances voyage, et pour les voyages plus longs, on utilise l’assurance voyage SafetyWing.
➜ Avant de partir, jette un œil à notre comparatif d’assurances voyage (réduction de 50 % incluse).
Les soins médicaux en Italie sont d’excellent niveau, mais les interventions des secours en montagne ou un transport en hélicoptère depuis les vallées reculées coûtent une fortune. Alors ces quelques euros pour l’assurance sont le meilleur investissement pour votre tranquillité d’esprit.
Données et internet
En Italie, le roaming fonctionne très bien pour nous, mais si vous voyagez aussi hors UE ou voulez la garantie de données rapides, regardez notre retour d’expérience sur la carte SIM électronique Holafly.
En montagne, on coupe souvent les données pour se reposer, mais pour vérifier les applis météo, l’internet sur le mobile est une nécessité absolue. Le radar nous a sauvé la mise plusieurs fois cette année face à une averse inattendue.
FAQ — Questions fréquentes sur le voyage avec des enfants dans les Dolomites
1. Les Dolomites avec des enfants, est-ce possible pour des parents qui ne sont pas des montagnards aguerris ?
Absolument oui. Grâce à un immense réseau de téléphériques qui vous emmènent jusqu’à plus de 2000 mètres d’altitude, vous pouvez vous déplacer sur de magnifiques plateaux d’altitude bien plats, sans avoir à grimper la moindre côte raide. Les Dolomites sont absolument idéales pour les parents non entraînés avec enfants.
2. Peut-on se promener avec une poussette dans les Dolomites ?
Oui, mais il faut choisir soigneusement ses itinéraires. Le paradis pour les poussettes, c’est le plateau de l’Alpe di Siusi, les promenades autour des lacs (Lago di Carezza) et les chemins dans les vallées — ces sections plates sont accessibles même avec une poussette pliante classique. Pour un terrain plus accidenté, mieux vaut une poussette tout-terrain avec de grandes roues, et pour les sentiers de montagne plus étroits, il vous faudra un porte-bébé (si votre enfant le supporte).
3. Les refuges de montagne sont-ils équipés pour accueillir les enfants ?
La plupart des refuges (rifugi) pendant la haute saison estivale accueillent les familles. On y trouve couramment des chaises hautes pour enfants, ils réchauffent volontiers les petits pots que vous apportez ou vous proposent un menu enfant (soupes, pâtes). De plus, beaucoup d’entre eux disposent d’aires de jeux extérieures avec bac à sable et structures d’escalade.
4. Que mettre dans le sac des enfants pour une randonnée ?
Le secret, c’est la superposition. Même en août, la météo en montagne peut changer en un éclair. Emportez une veste imperméable de qualité, un polaire, des chaussures solides, mais aussi un chapeau, des lunettes de soleil et de la crème solaire SPF 50, car le soleil de montagne tape incroyablement fort même à travers les nuages. Un porte-bébé est également utile (si votre enfant le supporte) ainsi que suffisamment de goûters pour motiver les plus grands.
5. Faut-il réserver son hébergement à l’avance dans les Dolomites ?
Certainement. Si vous planifiez un voyage en juillet ou août, réservez votre hébergement idéalement dès janvier ou au plus tard au printemps. Les Alpes italiennes sont très fréquentées en été et les appartements familiaux de qualité près des remontées mécaniques disparaissent en premier.
6. Les chiens sont-ils acceptés dans les téléphériques et sur les sentiers de randonnée dans les Dolomites ?
Oui, la plupart des téléphériques acceptent les chiens (souvent moyennant un petit supplément) et dans les parcs nationaux vous pouvez vous promener avec votre chien sans problème, il est seulement obligatoire de le tenir en laisse en permanence. Pour les téléphériques, prévoyez toujours une muselière dans votre sac à dos par précaution.
7. Combien coûtent les téléphériques dans les Dolomites ?
Les téléphériques ne sont pas vraiment une affaire bon marché. Un billet aller-retour pour adulte coûte généralement entre 25 et 40 euros selon la longueur du téléphérique. Les enfants jusqu’à un certain âge (souvent jusqu’à 6 ou 8 ans) bénéficient d’un trajet gratuit ou d’une réduction importante, mais cela peut varier légèrement selon les exploitants. Si vous prévoyez d’utiliser beaucoup les téléphériques, il vaut la peine d’envisager des pass de plusieurs jours.
