Dès que tu descends du ferry et que tu prends ta première grande inspiration, tu le sens immédiatement. Ce mélange de thym sauvage, de romarin, de myrte et de terre brûlée par le soleil compose ce parfum que les Corses appellent le maquis. Mais le GR20 en Corse, ce n’est pas qu’une histoire de plages de carte postale et de farniente. L’île de Beauté, au cœur de la Méditerranée, est une véritable chaîne de montagnes que l’on aurait jetée dans la mer, et ses plus hauts sommets servent de décor à l’une des plus grandes aventures d’Europe.
Si tu cherches un trek qui va t’épuiser physiquement, mettre ton mental à rude épreuve et t’offrir en même temps les plus beaux panoramas de montagne, tu es au bon endroit. La Corse est rude, fière et ne pardonne pas les erreurs en montagne. Le légendaire itinéraire du GR20 traverse toute l’île et promet une expérience que tu raconteras encore à la retraite.
Voyons ensemble tout ce que tu dois savoir avant d’enfiler tes chaussures de rando. Je vais t’expliquer comment planifier toute l’expédition, où raccourcir les étapes et à quoi faire le plus attention en montagne.

Résumé pour ceux qui n’ont pas le temps de lire tout l’article
- Distance et dénivelé : l’itinéraire fait environ 180 kilomètres et le dénivelé total atteint la somme brutale de 12 000 mètres.
- Durée : pour un randonneur classique, la traversée complète de l’île prend de 15 à 16 jours.
- Hébergement sur le parcours : le bivouac libre est strictement interdit, tu dois dormir exclusivement près des refuges.
- Réservation : pour 2026, il est absolument indispensable de réserver ta place en refuge ou ton emplacement de tente plusieurs mois à l’avance.
- Meilleure période : les conditions idéales sont réunies de mi-juin à début juillet, ou bien au cours du mois de septembre.
- Difficulté : ce n’est pas de la randonnée classique, mais de l’escalade technique sur les rochers et des passages avec chaînes.
- Découpage de l’itinéraire : la moitié nord est nettement plus difficile et rocheuse, la moitié sud est un peu plus verte et plus douce.

Quand partir en Corse et en montagne
Choisir la bonne période est absolument décisif pour réussir ton trek. La plupart des refuges ouvrent de fin mai-début juin à début octobre. Si tu pars plus tôt, tu risques de trouver dans les cols les plus hauts une quantité de neige dangereuse, sans pouvoir compter sur l’assistance des refuges. Les meilleurs mois pour la traversée sont sans aucun doute juin et septembre. En juin, les journées sont les plus longues, la nature se réveille et les températures en montagne sont bien plus supportables pour un effort physique de toute une journée avec un sac lourd. En septembre, les jours sont un peu plus courts, mais le temps est plus stable et tu peux en plus te récompenser après la descente par une baignade dans une mer encore bien chaude après l’été.
Le mois à éviter absolument, c’est sans débat le mois d’août. Non seulement la Corse compte alors deux à trois fois plus de touristes que les autres mois, mais il y règne des chaleurs extrêmes qui transforment les montées raides en véritable purgatoire. En plus, durant les journées d’août, l’après-midi se forment régulièrement des orages de chaleur dangereux et très soudains. Le mois d’août s’accompagne aussi d’une énorme hausse des prix de tous les transports. Alors qu’en basse saison tu paieras un prix raisonnable pour le ferry, en août un aller-retour pour deux personnes avec voiture peut te coûter entre 250 et 1000 euros.
Pour rejoindre l’île, le plus simple est de prendre les bateaux de la compagnie Corsica Ferries, qui partent de plusieurs ports français. La liaison la plus rapide relie Nice à Bastia en six à sept heures environ. Si tu pars de Toulon, compte huit à dix heures de traversée. La plus longue traversée part de Marseille, d’où le voyage peut prendre jusqu’à quatorze heures. En cette période estivale, les routes se transforment en un immense parking et les plus belles plages sont désespérément bondées. L’idéal est donc de planifier ton voyage clairement en dehors des grandes vacances françaises et italiennes, pour profiter de l’île en toute tranquillité.

Où se loger avant et après le trek
💡 Conseil hébergement et activités : pour nos logements, on adore chercher sur Booking.com, qui propose souvent les meilleures conditions d’annulation. Pour les billets, excursions et activités, ça vaut le coup de comparer et de réserver via GetYourGuide.
Avant de te lancer sur le trek et après l’avoir terminé, tu auras absolument besoin d’un hébergement confortable pour reprendre des forces. Le point de départ nord se trouve dans le village de Calenzana, tandis que celui du sud se situe à Conca. Je te conseille de réserver ton logement à ces endroits bien à l’avance via Booking, car les places partent vite en saison. Si tu commences au nord, la base idéale est Calenzana même, ou la ville côtière voisine de Calvi. À Calvi, tu peux te balader avant le trek autour de l’immense citadelle historique, qui se dresse sur un éperon rocheux au-dessus de la mer, et t’imprégner de l’ambiance dans les ruelles pavées.
À Calenzana même, l’hôtel A Flatta offre un repos idéal avant le départ : il se trouve dans un cadre calme avec vue sur les montagnes. Pour les voyageurs au budget plus serré, le gîte d’étape local est une option moins chère où tu croiseras plein d’autres passionnés se préparant au même périple. Après avoir terminé le trek au sud, à Conca, la plupart des randonneurs épuisés se dirigent vers la station balnéaire voisine de Porto-Vecchio. Là, après deux semaines de privation, tu peux t’offrir un luxe bien mérité et visiter les plus belles plages de l’île. L’Hôtel Costa Salina est très apprécié : il est situé juste au bord du port et dispose d’une immense piscine pour soulager les muscles éprouvés. Pour un séjour plus tranquille près des plages, essaie le charmant Le Goéland.
De là, tu peux facilement rejoindre la célèbre plage de Palombaggia, bordée de pins parasols, où émergent çà et là des rochers de porphyre rouge très photogéniques. La baie de Santa Giulia vaut aussi le détour : elle dessine un fer à cheval parfait et forme un lagon naturel peu profond. La plage de Rondinara est également un excellent choix, avec sa forme de coquillage ; en 2019, elle est même entrée dans le top 10 des plus belles plages du monde. Si tu as une voiture, va absolument découvrir Bonifacio, tout proche. Là, les maisons sont en équilibre au bord de falaises d’un blanc éclatant et tu peux y gravir le légendaire escalier du Roy d’Aragon, ses 187 marches taillées directement dans la paroi rocheuse abrupte sous la citadelle.

11 conseils à connaître avant le GR20 en Corse
Voyons maintenant les conseils et astuces concrets qui vont t’aider à te préparer au trek le plus dur d’Europe. De la logistique à la préparation physique, en passant par le séjour même en montagne.

1. Pourquoi c’est vraiment le trek le plus dur d’Europe
Quand on dit qu’un itinéraire est le plus dur d’Europe, beaucoup imaginent une distance énorme. La réalité du GR20 est pourtant un peu différente, et bien plus traître. L’itinéraire complet fait environ 180 kilomètres au total, ce qu’un marcheur expérimenté avalerait facilement en quelques jours sur du plat. La vraie raison pour laquelle les gens abandonnent si souvent le trek, c’est son profil extrême et son dénivelé brutal. Au cours des 16 étapes recommandées, tu grimpes l’incroyable somme de 12 000 mètres de dénivelé positif, et tu le ressens dans absolument chaque muscle.
C’est à peu près comme si tu partais du niveau de la mer pour grimper l’Everest, puis encore la moitié de nouveau. Chaque jour t’attendent des montées raides vers les cols, suivies de descentes abruptes souvent bien pires pour tes genoux que la montée elle-même. De plus, le terrain n’est absolument pas fait de sentiers forestiers moelleux ou de chemins bien entretenus. La plupart du temps, tu vas sauter de bloc de granit en bloc de granit, te frayer un chemin dans les pierriers et chercher tes appuis sur des dalles rocheuses lisses.
Ce n’est pas de la randonnée classique, mais bien plus souvent ce qu’on appelle du scrambling, c’est-à-dire de l’escalade technique de niveau trois à quatre. Tu devras régulièrement utiliser tes mains, te hisser sur des chaînes en acier et garder ton équilibre en permanence dans un terrain difficile. Ce n’est pas une simple marche, c’est un travail constant de tout le corps et une concentration absolue à chaque pas.
💡 Astuce : ici, la progression ne se compte pas en kilomètres, mais exclusivement en heures. Tu mettras souvent plus de deux heures pleines pour parcourir un tronçon de seulement trois kilomètres, alors prévois toujours une grande marge de temps.
2. Partie nord vs partie sud de l’itinéraire
Le trek se divise très naturellement en deux moitiés, séparées par la petite gare ferroviaire du village de Vizzavona. La moitié nord est généralement considérée comme nettement plus difficile, bien plus technique et globalement plus rude. C’est là que se trouvent les étapes les plus raides, où tu utiliseras très souvent tes mains pour grimper et te tenir aux chaînes en acier. Le paysage du nord ressemble à un désert de haute montagne, plein d’arêtes de granit acérées et de gouffres profonds qui mettront ton mental à l’épreuve.
Si tu démarres à Calenzana, l’île te montre son visage impitoyable dès les trois premiers jours. Beaucoup de randonneurs mettent fin à leur aventure dès cette phase initiale, car ils sous-estiment tout simplement leurs forces et la difficulté technique du terrain. La moitié sud, de Vizzavona jusqu’à l’arrivée à Conca, est au contraire un peu plus douce et nettement plus verte. Tu traverseras des forêts de pins odorantes, des plateaux herbeux et tu rencontreras globalement bien plus de points d’eau.
En route vers le sud, tu seras aussi forcément impressionné par les Aiguilles de Bavella, ces fascinantes tours de granit déchiquetées qui s’élèvent au-dessus des forêts. Cette zone est d’ailleurs aussi un immense paradis pour les grimpeurs et les amateurs de canyoning. Ce n’est toutefois toujours pas une promenade du dimanche dans un parc urbain, car le sud a lui aussi ses cols raides et ses descentes abruptes. Mais les passages purement d’escalade y sont nettement moins nombreux et la progression est un peu plus fluide.
💡 Astuce : si tu n’es pas sûr de ta condition physique, tu peux pour commencer choisir uniquement la partie sud, plus clémente pour le corps et ne nécessitant pas autant de compétences en escalade.

3. Les étapes et les refuges
L’itinéraire complet est officiellement divisé en 16 étapes très exigeantes qui mettront ton endurance à l’épreuve. La plupart des guides papier recommandent de tenir un rythme d’une étape par jour, pour ne pas surcharger le corps. Cela représente environ six à huit heures de marche effective chaque jour, et on ne compte même pas les pauses repos et repas. Les randonneurs ultra aguerris combinent parfois deux étapes en une, mais cela demande une condition physique vraiment d’élite et des réveils en pleine nuit.
À la fin de chaque étape t’attend un refuge de montagne, qu’on appelle « refuge » en Corse. Ces refuges sont gérés par le parc naturel régional de Corse et ne sont équipés que de manière très basique. Ne t’attends à aucun standard autrichien ou suisse avec salle à manger chauffée et lit moelleux. On dort sur de simples couchettes dans des dortoirs serrés, les douches n’ont souvent que de l’eau froide et les toilettes sont généralement des toilettes turques classiques.
Heureusement, dans chaque refuge tu peux acheter un repas chaud de base pour refaire indispensablement le plein de calories. On y sert le plus souvent de simples pâtes, une soupe de lentilles nourrissante et d’excellents fromages de brebis locaux. Après une journée difficile, une simple soupe chaude ou la fameuse bière de châtaigne corse Pietra te paraîtra le plus grand luxe du monde. Les provisions sont souvent acheminées aux refuges par hélicoptère ou à dos de mulet, alors attends-toi à un supplément de haute montagne correspondant.
💡 Astuce : aie toujours sur toi assez d’euros en petites coupures, en espèces. En montagne, les cartes bancaires ne sont absolument pas acceptées et tu ne trouveras aucun distributeur.
4. Comment et quand réserver son hébergement pour 2026
Voilà un point absolument essentiel de toute la préparation, à ne surtout pas sous-estimer. Le bivouac sauvage en dehors des emplacements réservés près des refuges est strictement interdit en Corse et contrôlé avec de lourdes amendes. Vu l’immense popularité du trek dans toute l’Europe, la logistique et la planification sont aujourd’hui souvent plus compliquées que la marche elle-même. Pour les prochaines saisons s’applique une règle sans compromis : tu dois réserver tes places en ligne plusieurs mois à l’avance.
Le système de réservation du parc naturel régional de Corse ouvre généralement en début d’année civile et les places libres disparaissent littéralement en un éclair. Tu peux réserver soit un lit à l’intérieur du refuge, soit la location d’une tente déjà montée à l’extérieur, soit simplement un emplacement pour planter ta propre tente. Si tu pars sans réservation valide, tu risques d’énormes problèmes dès le premier jour. Les gardiens du parc peuvent refuser de t’héberger sans aucune négociation possible et te renvoyer dans la vallée.
En montagne, où il n’y a nulle part ailleurs où aller, cela représente un danger réel et la fin immédiate de ton aventure. Même si tu portes ta propre tente et que tu comptes uniquement sur toi-même, tu dois avoir réservé et payé à l’avance l’emplacement où tu as le droit de la monter pour la nuit. Le parc essaie ainsi de réguler l’afflux énorme de touristes et de protéger la fragile nature montagnarde de la destruction.
💡 Astuce : imprime toujours soigneusement ta confirmation de réservation sur papier. En montagne, il n’y a souvent aucun réseau et les téléphones se déchargent très vite dans le froid.

5. Les passages légendaires et le Cirque de la Solitude
Pendant de longues années, le plus grand épouvantail et en même temps la légende de tout le trek fut le passage appelé le Cirque de la Solitude. Ce sombre cirque rocheux très escarpé nécessitait de descendre le long de chaînes verticales et d’échelles métalliques juste au-dessus d’un gouffre profond. C’était sans conteste la partie la plus difficile et la plus exposée de tout le GR20. Mais en 2015, une immense tragédie s’y est produite : un glissement de terrain massif après un violent orage a enseveli plusieurs randonneurs.
Depuis, l’itinéraire d’origine par le Cirque de la Solitude est officiellement et définitivement fermé. Il a été remplacé par une toute nouvelle variante, mais ne crois surtout pas que ce nouveau chemin soit facile de quelque manière que ce soit. Le nouvel itinéraire passe par le difficile col de la Pointe des Éboulis et monte jusqu’à l’altitude respectable de plus de 2 600 mètres. Tu te retrouveras ainsi à peine en dessous du sommet de la plus haute montagne de toute l’île : le majestueux Monte Cinto.
C’est une montée immensément rude et interminable dans des éboulis instables et glissants, qui te prendra jusqu’à tes dernières réserves physiques. Tu devras te concentrer en permanence sur l’endroit exact où tu poses le pied, pour qu’aucune pierre ne dérape sous toi. Mais les panoramas magnifiques depuis le sommet sur les sommets rocheux alentours compenseront finalement largement chaque goutte de sueur que tu auras laissée sur la pente.
💡 Astuce : pour cette étape en particulier, pars vraiment très tôt le matin ; les orages de l’après-midi sont extrêmement dangereux à cette altitude et tu ne veux surtout pas les vivre sur la crête.
6. Préparation physique et expérience
Pour venir à bout du GR20, tu n’as pas besoin d’être un alpiniste professionnel équipé de pied en cap, mais tu dois avoir une condition physique absolument excellente. L’essentiel est surtout d’avoir le pied sûr en terrain exposé et de pouvoir évoluer en altitude avec un sac lourd sur le dos pendant de nombreux jours d’affilée. Ne sous-estime surtout pas la préparation avant le départ, sinon tu feras très vite tes adieux au trek.
Le simple footing sur du plat dans un parc urbain ne t’aidera vraiment pas à franchir des rochers escarpés. Tu dois t’entraîner activement à marcher dans des côtes raides, idéalement déjà avec un sac qui pèse exactement le poids que tu comptes emporter sur l’île. Ton corps doit s’habituer progressivement à l’effort quotidien et tes genoux doivent être soigneusement préparés aux chocs interminables des descentes abruptes vers les vallées profondes.
Si tu souffres de la moindre peur du vide, ce trek n’est probablement pas du tout fait pour toi. Tu franchiras en effet régulièrement des endroits où le sentier ne fait pas plus large qu’un pied et où s’ouvre juste sous toi un à-pic de cent mètres. Avoir le pied sûr, un parfait équilibre et la tête froide est ici une nécessité absolue, car la panique sur une dalle rocheuse glissante peut avoir de très graves conséquences.
💡 Astuce : à l’entraînement, concentre-toi surtout sur les descentes interminables ; elles sont bien plus douloureuses et destructrices pour des jambes non entraînées que les montées elles-mêmes.
7. Que mettre dans son sac à dos
Sur tout le trek s’applique une règle très simple et impitoyable. Souviens-toi que chaque gramme que tu portes sur ton dos, tu vas vite le détester. Ton objectif principal devrait être de faire ton sac de sorte que son poids de base, sans eau ni nourriture, ne dépasse pas 10 à 12 kilogrammes. Dès que le sac dépasse cette limite magique, tu vas très vite perdre ce précieux équilibre dans les passages rocheux techniques.
La clé du succès, c’est un système de couches intelligent en laine mérinos de qualité, qui ne sent pas mauvais même après plusieurs jours de port intensif. Les soirées en montagne sont souvent étonnamment fraîches après le coucher du soleil, donc une bonne doudoune et un sac de couchage léger mais suffisamment chaud sont absolument indispensables. Même si tu dors à l’intérieur des refuges dans un lit, ton propre sac de couchage est obligatoire sur l’île pour des raisons d’hygiène.
N’oublie pas des chaussures de trek de premier choix et solides, que tu as déjà parfaitement rodées chez toi. Ne prends en aucun cas des chaussures totalement neuves : les ampoules douloureuses te mettraient hors-jeu sans pitié dès le troisième jour. Emporte aussi un filtre à eau fiable ou des pastilles de purification, une trousse de premiers secours de qualité avec assez de pansements, et une frontale puissante pour les départs tôt le matin.
💡 Astuce : les bâtons de trek ne sont pas un simple accessoire optionnel ; sur le GR20, ils vont littéralement sauver tes genoux de la destruction totale dans les descentes interminables et raides.
8. Comment rejoindre le point de départ
Rejoindre le début du trek demande un peu de planification logistique, mais ce n’est rien d’insurmontable. La Corse dispose certes de quatre aéroports internationaux, mais la plupart des randonneurs choisissent le voyage plus confortable en ferry depuis la France continentale ou l’Italie. Les bateaux de la compagnie Corsica Ferries partent le plus souvent des villes françaises de Nice, Toulon ou Marseille.
Depuis Nice, la traversée dure environ six à sept heures, tandis que depuis Marseille tu peux naviguer jusqu’à quatorze heures. Depuis l’Italie, au contraire, on part très souvent du port de Livourne vers les villes corses de Bastia ou L’Île-Rousse, ce qui est historiquement l’option financièrement la plus avantageuse. Une fois sur l’île, et si tu commences traditionnellement par le nord, ton objectif principal est le village d’entrée de Calenzana.
Le chemin le plus simple passe par la ville portuaire de Calvi, d’où partent en haute saison estivale des bus locaux réguliers vers Calenzana. Tu peux sinon prendre un taxi pour les quelques derniers kilomètres. Si tu décides de faire le trek dans le sens inverse, du sud vers le nord, tu commenceras ton voyage au village de Conca. On y accède le mieux en bus depuis la célèbre station de Porto-Vecchio. Aux deux extrémités du trek, tu trouveras de petites boutiques pour acheter tes derniers ravitaillements.
💡 Astuce : si tu viens en voiture et que tu la laisses à une extrémité du trek, tu devras, une fois tout l’itinéraire terminé, utiliser un transport en bus plus compliqué pour revenir, ce qui prend presque toute une journée.
9. Sécurité et balisage sur le parcours
Se perdre sur le GR20 par beau temps est assez difficile, à condition d’être attentif et de ne pas se précipiter. Tout l’itinéraire est en effet très soigneusement balisé de traits rouge et blanc, peints sur les rochers, les grosses pierres et les arbres. Dès que tu marches plus de vingt minutes sans voir le moindre balisage suivant, c’est que tu es probablement sorti du chemin : reviens prudemment et tout de suite au dernier repère.
Étonnamment, le plus grand danger sur le parcours n’est ni les animaux sauvages ni le risque de se perdre, mais la météo de montagne imprévisible et très agressive. Les orages de l’après-midi arrivent en Corse avec une rapidité incroyable et une force énorme. Les dalles de granit lisses se transforment en quelques minutes de pluie en patinoire dangereuse, et la foudre sur les crêtes rocheuses exposées est une menace réelle et fréquente.
La règle d’or de tous les montagnards expérimentés est donc de partir en étape dès les premières lueurs du jour, idéalement vers cinq heures du matin. L’objectif est d’avoir franchi en sécurité les cols les plus hauts et les plus exposés avant midi, avant que ne se forment les typiques et lourds nuages d’orage. L’après-midi, l’idéal est d’être déjà tranquillement au repos au refuge.
💡 Astuce : renseigne-toi toujours le soir au refuge sur les prévisions météo actuelles directement auprès du gardien ; les locaux connaissent le mieux les spécificités des montagnes corses et savent anticiper le danger qui approche.
10. Versions plus courtes pour ceux qui n’ont pas 16 jours
Tout le monde n’a malheureusement pas la possibilité de poser plus de deux semaines de congés d’affilée pour boucler tout l’itinéraire. La bonne nouvelle, c’est que le trek peut très élégamment et logiquement se diviser en deux parties plus courtes. Grâce à l’ancienne ligne ferroviaire à voie étroite, qui traverse l’île pile au milieu, une excellente solution logistique s’offre pour des randonnées montagnardes plus courtes, réalisables même en une seule semaine.
La gare de Vizzavona se trouve exactement à la moitié théorique de tout l’itinéraire. Si tu ne disposes que d’un temps limité, tu peux parcourir uniquement la partie nord, plus difficile, de Calenzana à Vizzavona. Une fois terminée, il te suffit de monter dans le pittoresque petit train de montagne et de rentrer confortablement vers la civilisation, en direction des grandes villes de Bastia ou d’Ajaccio, d’où partent l’avion ou le ferry.
De la même manière, tu peux au contraire arriver à Vizzavona en train et ne faire que la moitié sud jusqu’au village d’arrivée de Conca. Cette seconde variante est absolument parfaite pour ceux qui veulent vivre l’ambiance unique du célèbre trek, mais n’osent pas s’attaquer aux passages nord les plus extrêmes, pleins d’escalade technique et de chaînes en acier.
💡 Astuce : même la moitié du GR20 est une énorme performance sportive dont tu n’as absolument pas à avoir honte face aux autres montagnards, et qui te laissera des souvenirs inoubliables.
11. Les alternatives en Corse pour les moins aguerris et les familles
Si, après avoir évalué tes forces, tu constates que le GR20 est tout simplement au-dessus de tes possibilités, la Corse propose heureusement de magnifiques itinéraires de longue distance au profil bien plus doux. Tu n’as donc pas du tout à renoncer à ton rêve d’une belle traversée de montagne, il te suffit de choisir une alternative plus adaptée et plus sûre. L’itinéraire très apprécié Mare e Monti (de la mer aux montagnes) est un excellent choix : il serpente joliment le long de la côte ouest sauvage de l’île. Sa réalisation prend une dizaine de jours, le dénivelé total est tout à fait supportable et tu dormiras dans de beaux vieux villages corses. Là, tu peux chaque soir t’offrir une douche chaude en pension et savourer, après toute une journée, un délicieux repas dans les petits restaurants familiaux locaux, comme d’excellentes pâtes au brocciu frais (fromage de brebis) ou de bonnes soupes de légumes.
Pour les familles avec des enfants un peu plus grands ou pour les randonneurs occasionnels, l’itinéraire Mare a Mare (de la mer à la mer), qui traverse toute l’île d’ouest en est, est absolument excellent. Le rythme y est bien plus tranquille, les sentiers sont plus larges et l’ambiance générale du trek est nettement moins stressante. C’est plutôt une découverte détendue de l’arrière-pays corse caché, des profondes forêts de châtaigniers de la Castagniccia et des baignades rafraîchissantes dans des rivières de montagne limpides, où tu éviteras à coup sûr les grandes foules.
💡 Astuce : sur ces itinéraires plus faciles, tu peux, contrairement à l’intransigeant GR20, profiter aussi du service très apprécié de transport des bagages entre les hébergements, ce qui te permet de marcher tout le long avec un sac léger sur le dos.
Où aller après la Corse
S’il te reste quelques jours après le trek, explore absolument le reste de l’île. Loue une voiture et file vers les magnifiques plages turquoise du sud autour de Porto-Vecchio, ou découvre les fascinantes falaises de la ville historique de Bonifacio. Tu trouveras un guide complet pour un road-trip sur l’île et d’autres conseils pratiques dans notre article détaillé Corse.
Et si les longues traversées de montagne t’ont conquis et que tu cherches un autre défi européen, mais avec une infrastructure touristique un peu meilleure et des panoramas épiques sur de véritables glaciers, je te recommande vraiment de jeter un œil à notre grand guide Chamonix et le Mont-Blanc. Tu y trouveras toutes les infos nécessaires sur le célèbre Tour du Mont-Blanc, un peu plus clément, mais peut-être encore un poil plus splendide pour les yeux.
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Combien de temps faut-il pour parcourir le GR20 ?
Pour les randonneurs ordinaires en bonne condition physique, l’itinéraire complet prend généralement 15 à 16 jours, ce qui correspond à un rythme sain d’une étape par jour. Les montagnards expérimentés, qui gèrent sans problème les dénivelés énormes et enchaînent parfois deux étapes en une seule, y parviennent en 10 à 12 jours. Les coureurs extrêmes ou skyrunners sont certes capables de parcourir tout l’itinéraire en moins de 40 heures, mais c’est complètement inimaginable pour le commun des mortels avec un sac à dos chargé et ça frôle la prise de risque inutile.
Y a-t-il suffisamment d’eau potable sur le parcours ?
À absolument chaque refuge de montagne, vous trouverez une source fiable d’eau potable, où vous pouvez et devez reconstituer vos réserves pour le lendemain. Pendant les étapes elles-mêmes, et surtout dans le nord sec et rocheux, les sources d’eau naturelles sont très rares et se tarissent souvent complètement pendant l’été étouffant. Vous devez donc toujours porter au minimum 2 à 3 litres d’eau par personne dès le petit matin, afin d’éviter une déshydratation dangereuse sous le soleil brûlant.
Puis-je faire le trek dans le sens inverse (du sud au nord) ?
Oui, l’intégralité du trek peut se faire sans problème dans les deux sens. La plupart des gens commencent classiquement au nord dans le village de Calenzana, afin d’avoir les sections les plus difficiles et les plus raides derrière eux tant qu’ils sont encore pleins d’énergie et de motivation initiale. Le grand avantage de faire le parcours dans le sens inverse du sud vers le nord est au contraire le fait que vous n’avez pas le soleil désagréable dans les yeux la majeure partie de la journée, vous vous habituez progressivement à la difficulté du terrain et vous rencontrez un peu moins de monde sur le parcours.
Peut-on payer par carte dans les refuges ?
Absolument pas, oubliez directement les cartes bancaires en montagne. Dans tout l’arrière-pays corse, le signal est instable à de nombreux endroits, donc les terminaux de paiement ne fonctionnent tout simplement pas. Pour toute la durée du trek, vous devez donc avoir avec vous une réserve suffisante d’espèces en euros. Vous aurez besoin d’argent pour payer l’hébergement, les éventuels repas chauds, le café du matin et les petits achats de provisions nécessaires dans les refuges, où l’on compte logiquement en plus un supplément haute montagne pour le transport complexe des marchandises par hélicoptère.
Puis-je emmener mon chien avec moi ?
Bien que cela ne soit pas interdit par la loi sur l’ensemble du parcours, emmener son chien sur la partie nord extrême du GR20 est fortement et vivement déconseillé. Les sections techniques avec des échelles raides, des dalles lisses et des chaînes en acier ne pourraient être franchies en toute sécurité par aucun chien. Vous devriez le porter de manière compliquée dans un harnais d’escalade spécial au-dessus de précipices profonds, ce qui est extrêmement stressant et très dangereux tant pour l’animal lui-même que pour votre propre équilibre sur la roche.
Peut-on faire le GR20 en solo ?
Oui, de nombreux voyageurs expérimentés parcourent cet itinéraire difficile en totale autonomie. En haute saison touristique, de juin à septembre, vous ne serez d’ailleurs jamais complètement seul sur le parcours. Durant la journée, vous croiserez de nombreux autres passionnés et le soir dans les refuges, vous retrouverez toujours le même groupe de personnes avec lesquelles vous vous lierez d’amitié très rapidement. Pour des raisons de sécurité, il est cependant absolument essentiel d’informer régulièrement votre famille de vos projets et d’avoir un téléphone chargé sur vous en cas d’urgence.
Ai-je besoin d’un guide pour le trek ?
Pour vous orienter sur le terrain, vous n’avez pas besoin de guide de montagne, car tout le parcours est très bien et densément balisé par des marques rouge et blanc. Cependant, si vous n’êtes pas sûr de vos capacités en terrain rocheux exposé, si vous manquez d’expérience en randonnée de haute montagne ou si vous ne voulez tout simplement pas vous occuper de la logistique très complexe et des réservations de refuges, vous pouvez faire appel aux services de groupes organisés. Ceux-ci fonctionnent soit via des plateformes populaires comme GetYourGuide, soit directement auprès d’agences de montagne corses locales.
Le réseau mobile fonctionne-t-il en montagne ?
Le signal mobile est très irrégulier et globalement peu fiable dans l’arrière-pays corse. Bien que vous puissiez souvent vous connecter au réseau sur les sommets les plus élevés ou dans les cols de montagne ouverts, et même parfois capter un opérateur italien de la Sardaigne voisine, le signal disparaît généralement complètement dès que vous descendez dans les vallées profondes vers les refuges eux-mêmes. Prévoyez donc plutôt d’être totalement hors ligne pendant plusieurs jours, et téléchargez à l’avance toutes les cartes hors ligne nécessaires et les confirmations de réservations.
