Églises et synagogues de Prague : les 15 plus beaux édifices sacrés

Les églises et synagogues de Prague, en République tchèque, pourraient remplir une encyclopédie entière. J’ai donc sélectionné uniquement les édifices sacrés qui ont façonné mon rapport à la ville, que ce soit par leur histoire brute, leur génie architectural ou simplement parce qu’on peut s’y réfugier un instant loin du vacarme des tramways. Il ne s’agit pas seulement de voûtes gothiques et d’angelots baroques. Ce sont aussi des lieux où s’est écrite l’histoire contemporaine et où, aujourd’hui encore, on sent le poids du passé.

Tu découvriras pourquoi l’église Saint-Nicolas offre une expérience totalement différente d’une rive à l’autre de la Vltava, où est suspendue une main de voleur tranchée, et comment organiser ton itinéraire pour ne manquer aucun monument essentiel.

Résumé pour ceux qui n’ont pas le temps de tout lire

  • L’église Saint-Nicolas de Malá Strana représente l’apogée absolu du baroque pragois ; Wolfgang Amadeus Mozart en personne a joué sur son orgue.
  • La crypte sous l’église des Saints-Cyrille-et-Méthode renferme le témoignage glaçant de l’ultime résistance des parachutistes tchécoslovaques après l’attentat contre Heydrich.
  • L’Enfant Jésus de Prague, dans l’église Notre-Dame-de-la-Victoire, attire des pèlerins du monde entier ; sa garde-robe compte plus de cent tenues richement décorées.
  • L’église Notre-Dame-du-Týn, sur la place de la Vieille-Ville, abrite le tombeau du célèbre astronome danois Tycho Brahe.
  • La basilique Saint-Jacques-le-Majeur s’enorgueillit de la plus longue nef du pays et d’une curiosité macabre : la main momifiée d’un voleur suspendue à l’entrée.
  • Le monastère d’Emmaüs a subi de lourds dégâts lors du bombardement de 1945 ; il est aujourd’hui couronné de tours en béton emblématiques aux pointes dorées.
  • La synagogue Vieille-Nouvelle est la plus ancienne synagogue active d’Europe et, selon la légende, son grenier abriterait les restes du Golem d’argile.
  • La synagogue Pinkas sert de mémorial aux victimes de la Shoah ; ses murs sont couverts de près de 80 000 noms écrits à la main.
  • La synagogue espagnole te subjuguera par son intérieur mauresque à couper le souffle, plein d’arabesques dorées, et par son acoustique exceptionnelle.
  • La synagogue de Jérusalem, près de la gare centrale, marie l’Art nouveau au style mauresque ; c’est la plus récente, bien que souvent négligée, des maisons de prière juives de la ville.
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Quand partir à la découverte de l’architecture sacrée

Je l’avoue, pendant quelques années j’ai procédé par essais et erreurs. Les édifices sacrés font office de climatisation naturelle : l’été, ils te sauvent de la chaleur, mais l’hiver, prévois une veste, car ces vieux murs retiennent le froid aussi implacablement que la chaleur. Les horaires d’ouverture suivent en outre strictement le calendrier liturgique : raye donc d’emblée le dimanche matin, car les messes battent leur plein et les visites touristiques sont interrompues.

Printemps et été : jeux de lumière et concerts du soir

Avril et mai offrent des conditions d’éclairage idéales. Le soleil n’est pas encore assez haut pour brûler les détails sur les photos, et de doux rayons filtrent à travers les vitraux. En été, de juin à août, attends-toi à voir se former des files d’attente devant les monuments les plus célèbres.

Garde un œil sur les programmes du soir : les mois d’été sont la haute saison des concerts d’orgue. La synagogue espagnole ou la basilique Saint-Jacques organisent des soirées musicales qui te permettent de vivre les lieux avec une acoustique tout autre, et sans la cohue.

Automne et hiver : mélancolie et voûtes glaciales

Septembre est, à mon sens, le meilleur mois. La vague touristique reflue, la ville retrouve son rythme estudiantin et le festival Dvořákova Praha (du 5 au 23 septembre 2026) bat son plein, lui qui investit souvent les espaces sacrés pour ses représentations.

Dès l’arrivée de novembre, les rues se vident et le froid commence à mordre. Une visite hivernale exige des vêtements chauds, car les murs épais gardent le froid implacablement à l’intérieur. Décembre apporte ensuite l’atmosphère particulière des concerts de l’Avent et des expositions de crèches, comme la célèbre crèche de paille de l’église Notre-Dame-de-la-Victoire.

Où se loger

Quand Lukáš et moi revenons à Prague, il nous faut un point de départ stratégique. Avec une poussette et la fatigue du soir, les auberges bruyantes ne nous attirent plus : nous cherchons le calme et un service de qualité à distance de marche du centre. La dernière fois, nous avons jeté l’ancre au The Julius Hotel, sur la place Senovážné, et ce choix s’est révélé un coup dans le mille.

Nous logions dans une spacieuse One Bedroom Suite, où Jonáš avait assez de place pour ses jouets et nous une kitchenette entièrement équipée pour préparer notre thé du soir. En tant que végétarienne, j’ai été ravie de leur buffet du matin qui, outre les habituels œufs, propose d’excellentes tartinades sans viande, des légumes frais et un café de spécialité. L’hôtel est parfaitement insonorisé et tu rejoins la synagogue de Jérusalem en trois minutes. Tu peux réserver via Booking.com en vérifiant les prix et la disponibilité pour tes dates.

Les églises de la Vieille-Ville : des astronomes aux mains tranchées

Les ruelles de la Vieille-Ville forment un labyrinthe où, même après dix ans, je parviens encore à me perdre un instant. Les églises de Prague se fondent souvent dans le bâti environnant, et leur taille réelle te surprend seulement lorsque tu en franchis le seuil.

Église Notre-Dame-du-Týn

Tours gothiques de l'église du Týn au-dessus des toits de la Vieille-Ville
Les tours gothiques de l’église du Týn

Les deux tours gothiques asymétriques qui s’élèvent au-dessus de la place de la Vieille-Ville servent de boussole aux touristes égarés. L’église Notre-Dame-du-Týn est un chef-d’œuvre gothique doté d’un riche réaménagement baroque intérieur. Pour moi, c’est avant tout le lieu lié à la figure de Tycho Brahe. Ce génial astronome danois, qui œuvra à la cour de Rodolphe II, y possède une dalle funéraire sculptée dans du marbre véritable. Devant l’autel, il te suffit de regarder à droite, vers le premier pilier.

L’entrée de l’église est gratuite, ou plutôt soumise à une contribution volontaire (environ 2 € recommandés). Elle est ouverte du mardi au samedi de 10h à 13h, puis de 15h à 17h. Le dimanche, uniquement le matin de 10h à 12h. Attention : impossible d’entrer avec de gros sacs à dos, et les photos à l’intérieur sont strictement interdites, ce que veille à faire respecter un personnel de sécurité plutôt strict.

💡 Astuce : Ne cherche pas l’entrée principale directement sur la place. Tu dois passer par les arcades discrètes de l’école du Týn, entre les restaurants ; une ruelle étroite te mène droit au portail.

Église Saint-Nicolas de la Vieille-Ville

L'église blanche Saint-Nicolas sur la place de la Vieille-Ville
L’église Saint-Nicolas sur la place de la Vieille-Ville

On la confond souvent avec sa célèbre homonyme de Malá Strana, mais l’église Saint-Nicolas de la Vieille-Ville dégage une tout autre énergie. Construite par Kilián Ignác Dientzenhofer, sa façade d’un blanc immaculé contraste avec les sombres tours gothiques de l’église du Týn juste en face. L’intérieur est dominé par un imposant lustre en cristal, offert à l’église par le tsar de Russie Nicolas II, car l’édifice servait au tournant des XIXe et XXe siècles à l’Église orthodoxe. Il appartient aujourd’hui à l’Église hussite tchécoslovaque.

L’entrée est libre, ouverte tous les jours de 10h à 16h (le dimanche à partir de 12h). L’église fonctionne toute l’année, car elle est chauffée, ce qui en fait une halte stratégique lors des balades hivernales.

💡 Astuce : L’acoustique sous la coupole est si particulière qu’il vaut la peine de venir à un concert de musique classique en soirée. Ils ont lieu presque tous les jours et les billets s’achètent directement à l’entrée pour environ 20 €.

Basilique Saint-Jacques-le-Majeur

Façade baroque de la basilique Saint-Jacques-le-Majeur dans la Vieille-Ville de Prague
Photo : Jerzy Strzelecki / CC BY-SA 3.0 / Wikimedia Commons

Juste à l’entrée de la basilique Saint-Jacques de Prague, en hauteur sur la droite, pend à une chaînette une main humaine noircie et desséchée, à laquelle on a peine à croire au premier regard. Selon la légende, elle appartenait à un voleur qui tenta de dérober les bijoux d’une statue de la Vierge. La statue lui saisit le bras si fermement qu’il fallut le faire trancher par les valets du bourreau. Outre cette curiosité macabre, c’est l’église à la plus longue nef de Prague, dotée d’un orgue absolument phénoménal datant de 1705.

Tu la trouveras rue Malá Štupartská, à quelques pas seulement de la place de la République, très animée. Ouverte tous les jours de 9h30 à 16h. Entrée gratuite.

💡 Astuce : Chaque année, à la charnière de l’été et de l’automne, s’y tient le Festival international d’orgue. L’expérience d’entendre le son de milliers de tuyaux résonner dans cet immense espace surpasse n’importe quel enregistrement.

Église Saint-Gall

Église baroque Saint-Gall dans la Vieille-Ville de Prague
Photo : Björn S… / CC BY-SA 2.0 / Wikimedia Commons

Tandis que dehors, au marché Havelské, les marchands crient et les babioles touristiques s’entrechoquent, à l’intérieur de l’église Saint-Gall règne un silence absolu. Cette église fut fondée par le roi Venceslas Ier et plus tard administrée par les carmes. Elle est importante pour l’histoire tchèque car, en 1369, Jan Milíč de Kroměříž y prêcha, suivi plus tard de Jan Hus. À l’intérieur se trouve le tombeau du célèbre peintre baroque Karel Škréta.

L’entrée est gratuite, l’ouverture est irrégulière ; tu as le plus de chances l’après-midi entre 14h et 16h, et c’est à quelques minutes à pied de la station Můstek.

💡 Astuce : La façade de l’église forme un arrière-plan fantastique pour des photos du marché. Si tu viens tôt le matin, avant que les vendeurs ne déballent leurs étals, tu captureras l’atmosphère brute d’une ville qui s’éveille.

Église Saint-Gilles

Église gothique Saint-Gilles dans la Vieille-Ville de Prague vue du sud-est
Photo : Gampe / CC BY-SA 3.0 / Wikimedia Commons

Un trésor caché de l’ordre dominicain, rue Husova. Cette imposante construction gothique paraît discrète de l’extérieur, encastrée entre les maisons voisines si étroitement que tu peux à peine l’embrasser du regard depuis la rue. Mais à l’intérieur, tu tomberas sur de dramatiques fresques baroques signées Václav Vavřinec Reiner. Ce dernier y fut d’ailleurs inhumé, à sa demande, après sa mort. Pour les cinéphiles : Miloš Forman y a tourné certaines scènes de son film oscarisé Amadeus.

Ouverte tous les jours aux heures des offices, et souvent aussi en journée pour la prière silencieuse et la visite. Entrée gratuite.

💡 Astuce : Franchis la porte discrète menant à la cour du couvent attenant. C’est une oasis de calme où ne parvient pas le bruit de la rue Karlova, et tu peux y souffler sans stress avec une poussette.

Malá Strana et la Nouvelle-Ville : drames baroques et histoire moderne

Dès que tu traverses le pont, c’est comme si la ville basculait dans un autre mode. À Malá Strana, on se croirait entré dans un opéra baroque, puis on bifurque soudain dans la rue Resslova et c’est un tout autre film.

Église Saint-Nicolas de Malá Strana

Église baroque Saint-Nicolas avec sa coupole et son clocher à Malá Strana, Prague
Photo : Björn S… / CC BY-SA 2.0 / Wikimedia Commons

La voilà. L’incarnation du baroque pragois, et le décor quotidien de mes années de lycée. L’église Saint-Nicolas (souvent recherchée comme église Saint-Nicolas de Malá Strana) a été bâtie par trois générations de la famille Dientzenhofer. À l’intérieur, tu es immédiatement saisi par la fresque du plafond, La Glorification de saint Nicolas, qui, avec ses 1 500 mètres carrés, compte parmi les plus vastes d’Europe. En 1787, Wolfgang Amadeus Mozart joua sur l’orgue d’ici. Quand j’y reviens aujourd’hui, je reste fascinée par cet étalage opulent de marbre, d’or et de statues plus grandes que nature, comme tout droit sorties d’une représentation théâtrale.

L’entrée coûte 6 € (étudiants et seniors 4 €). Ouverte tous les jours de 9h à 17h (en été jusqu’à 18h). Elle se trouve en plein sur la place de Malá Strana (arrêt des tramways 12, 15, 20, 22).

💡 Astuce : Paie l’accès à la galerie de l’étage. Tu te retrouveras au plus près de la fresque du plafond de Jan Lukáš Kracker et, depuis la coursive, tu découvriras tout l’espace de l’église sous une perspective totalement différente, bien plus spectaculaire.

Église Notre-Dame-de-la-Victoire et l’Enfant Jésus de Prague

Église Notre-Dame-de-la-Victoire, demeure de l'Enfant Jésus de Prague, à Malá Strana
Photo : Tilman2007 / CC BY-SA 4.0 / Wikimedia Commons

Cet édifice du premier baroque, rue Karmelitská, se fondrait peut-être parmi les autres églises, n’était une petite statuette de cire. L’église Notre-Dame-de-la-Victoire abrite l’Enfant Jésus de Prague (Bambino di Praga), un aimant à pèlerins venus d’Amérique latine, d’Espagne et des Philippines. C’est fascinant d’observer des visiteurs étrangers tomber à genoux en larmes devant cette statuette qui mesure à peine 47 centimètres. L’Enfant Jésus possède plus de cent tenues luxueuses, qui se succèdent au gré des périodes liturgiques. Le berceau d’argent serti de diamants et de rubis attire une attention particulière.

L’entrée de l’église comme du musée des vêtements attenant est gratuite. Ouvert du lundi au samedi de 8h30 à 18h, le dimanche de 8h30 à 19h. Tu y accèdes à pied en trois minutes depuis la place de Malá Strana.

💡 Astuce : Monte directement au premier étage, derrière l’autel, où se trouve le musée des vêtements de l’Enfant Jésus. Tu y verras notamment une tenue brodée de la propre main de l’impératrice Marie-Thérèse.

Église des Saints-Cyrille-et-Méthode (la crypte des parachutistes)

Église orthodoxe des Saints-Cyrille-et-Méthode rue Resslova à Prague avec la fenêtre de la crypte des parachutistes
Photo : Ludek / CC BY-SA 3.0 / Wikimedia Commons

De l’ivresse baroque à la dure réalité du XXe siècle. L’église orthodoxe des Saints-Cyrille-et-Méthode, rue Resslova, fut en juin 1942 le théâtre de l’ultime résistance de sept parachutistes tchécoslovaques engagés dans l’opération Anthropoid. Dans la crypte souterraine, un sentiment d’oppression te saisit en quelques secondes. Voir de tes propres yeux les sillons des balles dans le cadre de la fenêtre et les murs humides, là où Jozef Gabčík, Jan Kubiš et cinq autres héros combattirent contre une supériorité écrasante des SS, est une expérience qui ne s’efface pas de la mémoire.

La crypte est ouverte du mardi au dimanche de 9h à 17h, l’entrée coûte 4 € et, depuis la station de métro B Karlovo náměstí, tu y vas à pied en environ cinq minutes.

💡 Astuce : Arrête-toi d’abord à l’extérieur, devant la plaque commémorative rue Resslova. Aujourd’hui encore, les impacts des balles des mitraillettes des soldats allemands sont nettement visibles dans le crépi autour de la petite lucarne d’aération.

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Monastère d’Emmaüs (Na Slovanech)

Monastère d'Emmaüs Na Slovanech à Prague avec ses tours modernes caractéristiques
Photo : JUDr. Jaroslav Lašťovka / CC BY-SA 3.0 / Wikimedia Commons

Ce complexe représente un incroyable compromis architectural entre le Moyen Âge et la modernité. Le monastère d’Emmaüs (ou encore Emmaüs de Prague) a été fondé par Charles IV pour les bénédictins slaves. Pendant des siècles, son cloître arborait de magnifiques peintures gothiques, mais le raid aérien allié de février 1945 le frappa si durement qu’il ne resta de son ancienne gloire que des fragments. En 1968, le monastère acquit ensuite sa silhouette actuelle, inimitable. L’architecte František Maria Černý y a conçu d’audacieuses tours en béton en forme de coque, aux pointes dorées, qui se croisent et évoquent des mains jointes. Ces tours de béton sur fond de ciel bleu forment l’un des motifs les plus gratifiants pour des compositions géométriques.

L’entrée du site et des galeries coûte 3 €. Ouvert du lundi au samedi de 11h à 17h. L’arrêt de tramway Moráň se trouve juste en contrebas du monastère.

💡 Astuce : Ne te précipite pas seulement vers les tours modernes. Le cloître renferme un cycle de 85 peintures murales gothiques. Bien que partiellement endommagées, elles comptent parmi les monuments les plus précieux de l’art gothique tchèque.

Les synagogues de Prague : le témoignage de Josefov et de la Nouvelle-Ville

Ce n’est qu’avec le recul qu’on comprend que ce qui a été sauvé ici — six synagogues et un cimetière — relève en fait du miracle, car toute la Ville juive a connu, au tournant des XIXe et XXe siècles, un assainissement brutal. Il s’agit aujourd’hui de l’un des ensembles muséaux juifs les plus complets au monde. Si tu veux comprendre en profondeur l’histoire des juifs de Prague, je te recommande de réserver une visite guidée via GetYourGuide, où des guides locaux te feront aussi saisir le contexte qu’aucun panneau explicatif ne révèle.

Synagogue Vieille-Nouvelle

Pignon gothique en briques de la synagogue Vieille-Nouvelle à Josefov
La synagogue Vieille-Nouvelle, la plus ancienne synagogue active d’Europe

La plus ancienne synagogue active d’Europe, construite dans le style du premier gothique vers 1270. Son toit en bâtière abrupt et ses pignons de briques font figure d’apparition au milieu du bâti luxueux de la rue Pařížská. Pour la ville, la synagogue Vieille-Nouvelle est intimement liée à la légende du Golem, ce géant d’argile que le rabbin Löw aurait créé pour protéger la communauté juive. Selon la légende, les restes du Golem reposeraient aujourd’hui encore dans le grenier de la synagogue, dont l’accès est strictement interdit.

Elle ne fait pas partie du circuit de base du Musée juif ; le billet s’achète à part et coûtera, en 2026, environ 10 €. Ouverte tous les jours sauf le vendredi soir, le samedi (shabbat) et lors des fêtes juives, de 9h à 18h.

💡 Astuce : Les hommes doivent avoir la tête couverte à l’entrée. Si tu n’as pas ton propre couvre-chef, on te prêtera à l’entrée une kippa traditionnelle en papier.

Synagogue Pinkas

Un lieu qui te réduira immanquablement au silence. La synagogue Pinkas ne sert aujourd’hui plus aux offices, mais de mémorial aux victimes de la Shoah de Bohême et de Moravie. Tous les murs intérieurs sont couverts de près de 80 000 noms d’hommes, de femmes et d’enfants, inscrits à la main, qui n’ont pas survécu aux camps d’extermination nazis. Au premier étage se trouve ensuite une exposition permanente de dessins d’enfants du camp de concentration de Terezín. C’est brut, douloureux et infiniment important. C’est un lieu où il vaut la peine de s’arrêter un instant et de se taire.

Comprise dans le billet du Musée juif (Ville juive de Prague). Ouverte du dimanche au vendredi de 9h à 18h (en hiver jusqu’à 16h30).

💡 Astuce : Viens dès l’ouverture à neuf heures. Dès qu’arrivent les grands groupes organisés, l’espace perd son intimité recueillie. Ce mémorial exige un silence absolu.

Synagogue espagnole

Façade mauresque de la synagogue espagnole à Josefov, Prague
La synagogue espagnole de style mauresque

Discret de l’extérieur, l’édifice te cloue littéralement sur place une fois à l’intérieur. Car rares sont ceux qui s’attendent à cet intérieur mauresque plein d’arabesques et de stucs dorés. La synagogue espagnole tient son nom précisément du fait qu’elle s’inspire de l’Alhambra espagnole : une fois entré, tu ne sais plus où regarder en premier. L’exposition du premier étage retrace l’histoire moderne des juifs en terres tchèques, des réformes joséphistes jusqu’à nos jours.

Comprise dans le billet du Musée juif. Ouverte du dimanche au vendredi de 9h à 18h.

💡 Astuce : L’espace possède une acoustique fantastique et accueille régulièrement des concerts de musique classique ou de mélodies juives en soirée. C’est une excellente occasion de voir l’intérieur doré illuminé sans la foule de touristes.

Synagogues Klaus et Maisel

Ces deux édifices font partie du circuit de visite du Musée juif. La synagogue Maisel honore la mémoire de son mécène Mordechai Maisel, banquier et bourgmestre de la Ville juive au XVIe siècle, et abrite aujourd’hui de précieux objets synagogaux en argent.

La synagogue Klaus se dresse juste à l’entrée du Vieux cimetière juif et son exposition est consacrée aux traditions, coutumes et fêtes juives. Tu y découvriras comment se déroule une bar-mitsva ou ce qu’implique l’alimentation casher. La synagogue Klaus est en outre généralement la plus calme de toutes, car les touristes se hâtent le plus souvent vers le cimetière et passent un peu à côté de ce lieu paisible. C’est dommage, sans doute, car les objets exposés, comme les Torahs, comptent parmi les pièces les plus fortes de tout le circuit.

Accès au billet combiné, les horaires d’ouverture suivent ceux des autres bâtiments du musée (dimanche au vendredi).

💡 Astuce : Dans la synagogue Klaus, observe en détail les rouleaux de Torah exposés. Ce sont des originaux sauvés de différentes régions du pays durant la Seconde Guerre mondiale.

Synagogue de Jérusalem (du Jubilé)

Façade colorée mauresque et Art nouveau de la synagogue de Jérusalem (du Jubilé) à Prague
Photo : Dietmar Rabich / CC BY-SA 4.0 / Wikimedia Commons

Les touristes la manquent souvent, car elle ne se trouve pas à Josefov mais dans la Nouvelle-Ville, à deux pas de la gare centrale et de notre cher The Julius Hotel. La synagogue de Jérusalem est à la fois la plus récente et la plus grande synagogue de Prague. Elle a été construite en 1906 pour remplacer les maisons de prière démolies lors de l’assainissement. Sa façade est un incroyable mélange d’Art nouveau viennois et de style mauresque, aux couleurs éclatantes et dotée d’une immense rosace. L’intérieur n’est pas moins fastueux, orné de riches peintures et de dorures.

L’entrée coûte 6 €. Ouverte d’avril à octobre, du dimanche au vendredi de 10h à 17h.

💡 Astuce : À la galerie du premier étage se tiennent souvent d’excellentes expositions temporaires consacrées à l’histoire de la communauté juive et au sauvetage des monuments juifs après la Seconde Guerre mondiale.

Où manger

Après quelques heures à admirer voûtes et fresques, on finit par avoir faim. Avec Lukáš et Jonáš, nous avons déjà nos haltes éprouvées, où l’on mange bien et où l’on peut garer la poussette en toute tranquillité. Nous évitons soigneusement les pièges à touristes et préférons aller là où l’on cuisine avec sérieux et amour.

Autour de la place de la Vieille-Ville

Quand nous traînons autour de l’église du Týn et de Saint-Nicolas, nos pas nous mènent presque toujours au Skautský institut. Il est caché en plein sur la place de la Vieille-Ville, mais il faut savoir par quelle porte entrer et dans quelle cour se glisser. Tu y boiras un excellent café, une limonade maison et grignoteras quelque chose à des prix qui ne te ruineront pas. En prime, au milieu de l’effervescence touristique, c’est le calme absolu.

Si on a envie de quelque chose de plus consistant, à deux pas de Saint-Jacques se trouve l’excellent restaurant végétarien Maitrea. Le décor inspiré du feng shui est magnifique et, avec mon menu sans viande, c’est toujours une valeur sûre pour moi. Le svíčková végétarien (le bœuf à la crème tchèque revisité) y est par exemple superbe et rivalise sans complexe avec la version classique de grand-mère.

À Malá Strana et près de l’Enfant Jésus

À Malá Strana, c’est parfois un peu un champ de mines côté restauration, mais nous ne jurons que par le Café Savoy. Certes, c’est un endroit un peu plus chic et souvent bondé, mais leur petit-déjeuner, ou simplement un café l’après-midi avec une religieuse après la visite de l’Enfant Jésus, sont tout simplement parfaits. En prime, ils sont très baby-friendly, ce qu’avec Jonáš, deux ans, on apprécie énormément à chaque fois.

Pour une soupe rapide ou un sandwich consistant, nous aimons faire halte au Roesel – beer & food, à deux pas seulement du pont Charles. C’est une ruelle un peu cachée, où l’on ne s’égare pas par hasard ; ils ont une excellente bière artisanale et, en accompagnement, un superbe pain maison avec des tartinades.

La cathédrale et la Lorette (pour mémoire)

Cet article ne serait pas complet si je ne mentionnais pas deux géants absolus de l’architecture sacrée pragoise. Mais je les traite tous deux en détail dans des textes distincts, car leur visite occupe une demi-journée.

Façade occidentale de la cathédrale Saint-Guy au Château de Prague
La cathédrale Saint-Guy, cœur spirituel de l’État tchèque

La cathédrale Saint-Guy, dans la troisième cour du Château de Prague, est le cœur spirituel de l’État tchèque, où sont conservés les joyaux de la couronne ainsi que les dépouilles des rois de Bohême. Tu trouveras un guide détaillé dans l’article consacré au Château.

Façade baroque de la Lorette de Prague à Hradčany avec son clocher
Photo : Palickap / CC BY-SA 4.0 / Wikimedia Commons

La Lorette, à Hradčany, avec son carillon et sa Sainte Maison, est un ensemble baroque unique, entouré d’arcades silencieuses. Pour plus d’informations sur les horaires et le célèbre Trésor de la Lorette, consulte notre guide de Hradčany.

Infos pratiques

  • Entrée des synagogues : Le billet le plus acheté, « Ville juive de Prague » (qui comprend les synagogues Pinkas, Klaus, Maisel et espagnole, la salle des cérémonies et le Vieux cimetière juif), coûte en 2026 environ 24 €. Il vaut mieux l’acheter en ligne pour éviter la file d’attente.
  • Transports en commun : La plupart des églises du centre sont facilement accessibles à pied. Si tu prévois de faire des trajets entre la Nouvelle-Ville, Malá Strana et Hradčany, achète un ticket 24 heures à 6 € (ou 72 heures à 13 €).
  • Code vestimentaire : Bien que la République tchèque soit un pays très athée, on attend un minimum de respect à l’entrée des églises en activité. Les hommes doivent retirer leur couvre-chef (sauf dans les synagogues, où c’est au contraire une obligation) et chacun doit éviter les tenues trop découvertes (débardeurs, shorts très courts, etc.).
  • Photos : Dans les églises, l’usage du flash et du trépied est souvent interdit. Certains lieux (l’église du Týn) interdisent les photos purement et simplement. Respecte-le.

Où aller ensuite

Si tu as eu ton compte d’architecture sacrée et que tu veux explorer d’autres facettes de la ville, jette un œil à ces articles :

Questions fréquentes

Quelle est la plus ancienne église de Prague ?

La plus ancienne construction sacrée conservée à Prague est considérée comme étant la rotonde Saint-Martin de Vyšehrad, qui date du 11ème siècle. Parmi les grandes cathédrales, c’est la basilique Saint-Georges du Château de Prague qui possède les racines les plus anciennes.

Dois-je me couvrir les épaules et les genoux dans les églises de Prague ?

Contrairement à l’Italie, il n’y a pas de règles aussi strictes avec des gardiens à l’entrée, mais par respect pour le lieu, il est recommandé de ne pas porter de vêtements trop dénudés. Pour les synagogues, le code vestimentaire est un peu plus strict et les hommes doivent se couvrir la tête.

Y a-t-il un droit d’entrée pour les églises de Prague ?

Cela dépend du lieu spécifique. La plupart des petites églises offrent une entrée gratuite ou contre un don volontaire. Les monuments les plus fréquentés par les touristes sont payants, comme l’église Saint-Nicolas de Malá Strana, la cathédrale Saint-Guy ou le complexe du Musée juif.

Où se trouve l’Enfant Jésus de Prague ?

La célèbre statuette en cire se trouve dans l’église Notre-Dame-de-la-Victoire à Malá Strana, plus précisément dans la rue Karmelitská, à quelques pas de la place Malostranské náměstí.

Combien de temps dure la visite du Quartier juif ?

Si vous achetez un billet combiné pour toutes les synagogues et le Vieux cimetière juif, prévoyez au minimum 3 à 4 heures. La synagogue Pinkas et la synagogue Espagnole nécessitent notamment plus de temps.

Est-il possible de visiter les synagogues le samedi ?

Non. Le samedi (pendant le shabbat) et lors des fêtes juives, tous les sites relevant du Musée juif sont fermés au public touristique. Planifiez votre visite du dimanche au vendredi.

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À propos de l’auteur

Lucie Konečná
Lucie Konečnáhttps://www.lkmedia.cz
Ahoj, jmenuji se Lucka a dá se toho o mě napsat hodně. 😁 Někdo mě nazývá blogerkou, jiný influencerkou nebo podnikatelkou, mám tak trochu renesanční osobnost a baví mě spousta věcí a taky jich hodně dělám. Vystudovala jsem původně žurnalistiku, ale už od vysoké školy se věnuji online marketingu.❤️ Žila jsem dlouhé roky jako digitální nomád a procestovala více jak 40 zemí. S manželem Lukášem pracuji pro české značky v rámci butikové agentury LK MEDIA a řídím provoz české firmy nanoSPACE.. Kromě cestování, nanotechnologií a online marketingu mě baví všechno kolem zdravého životního stylu, fitness a spánku.

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