Quand on vit longtemps au même endroit, il arrive qu’on se surprenne à voir ses journées s’enchaîner toutes pareilles. Surtout quand on mène une vie de freelance qui travaille depuis chez soi. La routine, c’est le chemin vers l’enfer. Et c’est justement pour la briser qu’on a décidé de jouer les touristes à Prague, en Tchéquie, le temps d’un week-end. On n’est pas vraiment du genre à courir les restaurants, les cafés et les bars — la plupart du temps, on cuisine nous-mêmes et on boit notre café et notre vin à la maison.
Par confort, par souci d’économie, et aussi parce qu’on contrôle mieux ce qu’on mange. Ce week-end, on a décidé de changer un peu les choses. Alors voici notre mode d’emploi pour devenir, pendant 48 heures, touriste dans sa propre ville.
Pendant 48 heures, nous sommes devenus touristes dans notre propre ville

On a pris cinq kilos. On est allés dans des endroits où les touristes font la queue pour manger et où le personnel vous parle anglais avant le tchèque. On a même fait un petit détour par l’Orient pour vérifier où se trouve soi-disant le « meilleur Pho de Prague ». Notre programme regorgeait de superlatifs. Alors, c’est parti !

Brunch au Coffee Room
On a commencé par une matinée que nos grands-parents auraient plutôt qualifiée de midi. Mais le week-end, on peut bien s’offrir un peu de ce luxe qu’est la grasse matinée.

Heureusement, au Coffee Room, on sert le petit-déjeuner jusqu’à 14 h le samedi, donc pas besoin de se presser. Ce petit café hipster du quartier de Korunní est plein à craquer et n’a vraiment rien de paisible comme sur les photos. Rien d’étonnant.

Je vais rêver longtemps de leur toast à l’avocat. En revanche, on ne reviendrait pas pour le café : il avait beau être magnifiquement présenté, il était bien trop acidulé à notre goût. Ou comme l’a dit Lukáš : « Eeeh, c’est acide. » Peut-être qu’ils alternent les variétés, alors ne vous laissez pas décourager. Cent personnes = cent goûts 🙂

Les Nervous Trees de Krištof Kintera
Vous avez probablement déjà vu ces machines à laver du Rudolfinum, au moins sur les réseaux sociaux, si vous n’avez pas vu les Nervous Trees de Krištof Kintera en personne. L’exposition est gratuite et semblait fasciner même les plus petits.

Quelque chose entre le déjeuner et le dîner, version orientale
La faim est arrivée au fil de notre balade dans Prague sans qu’on s’en rende compte, et notre regard s’est posé sur le restaurant Hedvábná stezka (La Route de la soie), à deux pas du Théâtre national. Les Libanais ne mangent en général pas un seul gros plat, mais préfèrent partager plusieurs petits plats. On a donc fait pareil et commandé un pain pita farci au fromage, des falafels et des chaussons farcis, le tout avec du houmous. Pour deux, c’était amplement suffisant, surtout qu’on prévoyait de goûter le gâteau à la cannelle et le halva épicé.

Du vin. Du vrai.
Ça fait des années que je passe devant le Vinograf. Mais on n’y était jamais entrés. Ils m’avaient déjà conquise dès le premier coup d’œil sur leur site web, où j’ai appris qu’ils proposaient un vin nommé Lucie. Qui pourrait résister ? Le Vinograf nous a surpris par son ambiance intime, dont on avait justement besoin après une journée passée dans la foule. Difficile de trouver un meilleur service à Prague, et avec une carte des vins aussi (vraiment) large, vous trouverez forcément votre bonheur. Au pire, ils sauront vous conseiller.

Le cinéma, notre sauveur
Lucie était excellente, et heureusement qu’on avait une séance de cinéma une heure et demie plus tard, sinon on ne se serait peut-être pas arrêtés à un seul verre. Et le lendemain, on devait rejouer les touristes.
Pour le petit-déjeuner, il a fallu faire la queue

Les meilleures crêpes d’Europe. À propos du bistrot Den Noc, on ne lit que très peu de critiques négatives, souvent liées au fait que l’endroit est petit et qu’il faut attendre. On n’y a pas échappé non plus : on a patienté environ quinze minutes pour avoir une table devant le bistrot. La carte propose plusieurs variantes de crêpes salées et sucrées.

Ce week-end, on est clairement partis sur le sucré. On adore tous les deux le sucré et on se l’interdit tous les deux en « temps normal ». Lukáš a opté pour le chocolat Lindt, la chantilly et une portion supplémentaire de glace, et moi j’ai choisi cannelle, beurre et banane.
Le café, bien que plus banal qu’au Coffee Room, n’avait pas cette arrière-note acide, mais le lait était un peu trop chauffé (on est mordus de café, vous l’aviez remarqué ?). Avec les crêpes, on aurait préféré un café filtre à l’américaine, mais malheureusement ils n’en servent pas.

Le Dox, une valeur sûre côté culture
Quand on était au Canada, le dirigeable venait justement d’ouvrir au Dox. Je m’étais promis d’y aller dès notre retour. Mais le temps a filé et on n’avait jamais quelques heures de libres.

On a donc enfin profité de ce week-end libre pour aller le voir, et d’une pierre deux coups, on a aussi visité l’exposition DEVANT LES YEUX : Histoires d’Irak, que je voulais voir depuis un bon moment.

Si quelqu’un me demande où aller voir une expo à Prague, je réponds toujours : au Dox. 99 % de ce qu’ils exposent vaut vraiment le détour.

Où se trouve (ou pas) le meilleur Pho ?
« Je prendrais bien un Pho. » Cette phrase, je l’entends de Lukáš à peu près tous les deux jours, alors je ne suis pas surprise quand on annule nos plans pour un énième bistrot hipster et qu’on termine notre week-end au Pho u Letné, dont on dit, comme pour beaucoup d’autres, qu’il sert le meilleur Pho de Prague.

Comme la plupart des restaurants vietnamiens, il a un intérieur ordinaire qui, au premier coup d’œil, n’a rien de spécial. Et pourtant, c’est bondé. Je ne suis pas fan du Pho, alors je commande un curry dans une cassolette en céramique avec du riz.
En entrée, on prend des rouleaux de printemps. Ils sont un peu plus gras que ce dont on a l’habitude, mais ils disparaissent tout aussi vite, comme si on n’avait pas pris de petit-déjeuner. Le Pho pourrait être un peu plus relevé, mais le curry, je le recommande chaudement.

Si jamais on a faim dans le coin, on y reviendra sûrement, mais on ne le classera pas parmi nos vietnamiens préférés à Prague.
