Si tu aimes la montagne et que tu envisages un voyage dans les Dolomites en Italie, crois-moi, le Lago di Sorapis est un endroit pour lequel je dois te mettre un peu en garde. Les Dolomites, c’est tout simplement le paradis sur terre, et une fois que tu y as mis les pieds, tu n’auras plus envie d’aller ailleurs. ☺️ Avec Lukáš, on y vient depuis des années, on a exploré quasiment chaque recoin autour de Cortina, et ce lac fait partie des endroits qu’il faut absolument voir de ses propres yeux. C’est l’un de nos grands classiques absolument préférés. Quand, après quelques heures de montée et de passages sur des corniches rocheuses, tu sors enfin de la forêt et que tu découvres cette eau d’un turquoise laiteux incroyablement intense au pied du majestueux massif du Sorapis, tu oublies complètement à quel point tu as mal aux jambes.
Mais avant d’entrer dans les détails, je dois te dire une chose tout de suite : n’y va pas avec ton chien. Certains le font, mais ce n’est vraiment pas un bon itinéraire pour ça. Je vais donc te conseiller non seulement où te garer et quand partir, mais aussi pourquoi il faut faire très attention à cet endroit si tu voyages avec des enfants ou des compagnons à quatre pattes.

Résumé
Si tu es justement en train de boucler ton sac et que tu n’as pas le temps de lire tout l’article, voici l’essentiel en accéléré — les bases indispensables avant de te lancer.
- Point de départ : Le col du Passo Tre Croci, à deux pas de Cortina d’Ampezzo.
- Difficulté et longueur : Le sentier (numéro 215/401) fait au total environ 8 kilomètres aller-retour, avec un dénivelé d’à peu près 220 mètres, et prend grosso modo 3 à 4 heures de marche effective.
- Le plus gros obstacle : En chemin, tu rencontreras des passages équipés de câbles d’acier et surtout des passerelles métalliques fixées dans la roche, juste au-dessus du vide.
- Quand partir : L’idéal est la fin septembre et le début octobre pour la meilleure lumière et moins de monde ; en été, il faut vraiment partir très tôt le matin.
- Stationnement : Au Passo Tre Croci, se garer en saison est un vrai casse-tête et les parkings privés facturent jusqu’à 50 €/jour. Mieux vaut venir en bus depuis Cortina.
- Pour qui ce n’est pas fait : L’itinéraire ne convient absolument pas aux poussettes, aux petits enfants, aux chiots et aux gros chiens pataud. La baignade dans le lac est strictement interdite.
Qu’est-ce que le Lago di Sorapis et pourquoi sa couleur est-elle si incroyable
Avant de nous lancer sur l’itinéraire lui-même, parlons un instant de la raison pour laquelle tout le monde vient ici. Les Dolomites en Italie cachent le Lago di Sorapis comme un véritable joyau, et quand tu regardes les photos, tu te dis peut-être que cette couleur a forcément été retouchée sous Photoshop. Je t’assure que non. Le lac se situe à 1925 mètres d’altitude et son eau a une teinte turquoise laiteuse absolument unique que tu ne trouveras nulle part ailleurs dans les environs.

Cette couleur vient d’une fine poussière calcaire, la « farine de roche », apportée par le glacier en fonte du massif qui surplombe le lac. Comme ces minuscules particules minérales restent en suspension dans l’eau, on obtient cet effet turquoise magiquement trouble qui te fait fixer la surface une bonne minute avant même de penser à sortir l’appareil photo. C’est précisément pour ça que le Sorapis est l’un des endroits les plus photographiés de toute l’Italie du Nord, et honnêtement, on comprend pourquoi. Contempler cette splendeur colorée, dominée par le doigt rocheux déchiqueté qu’on appelle le Dito di Dio (le Doigt de Dieu), est un moment qu’on n’oublie pas de sitôt.
Quand partir et quelle météo au Lago di Sorapis
Bien choisir la période de sa randonnée est absolument crucial dans les Dolomites, car l’hiver y est très long et l’été incroyablement bondé. Le chemin vers le lac est en général praticable de juin à fin octobre, mais tout dépend de l’enneigement de l’année.

Personnellement, on préfère venir dans les Dolomites en automne, surtout en septembre ou début octobre. Les températures sont certes plus basses et le matin tu peux même avoir un petit gel surprise, mais en échange l’air est merveilleusement pur, le ciel sans le moindre nuage, et les mélèzes alentour se parent d’or. En plus, tu évites les pires foules estivales. En Italie, le mois d’août rime avec vacances, et sur les étroites corniches rocheuses menant au lac, ça crée des embouteillages dingues — ce que tu n’as vraiment pas envie de vivre au-dessus d’un précipice. Si tu cherches des infos à jour, je te conseille toujours de vérifier la webcam du Lago di Sorapis avant de partir : elle te montrera si la brume ou les nuages s’accrochent là-haut.
Où se loger près du lac et combien ça coûte
Si tu veux partir vraiment tôt le matin — ce qui est indispensable en saison — un hébergement bien placé, c’est déjà la moitié du succès. Tu peux loger en ville et faire la navette, mais on a déniché un vrai petit trésor qui nous a épargné pas mal de nerfs côté parking et réveil matinal.

Notre hébergement absolument préféré pour cette excursion est le B&B Hotel Passo Tre Croci Cortina. Il se trouve juste au départ du sentier : le matin, tu te lèves, tu prends ton petit-déjeuner et tu peux partir directement. En plus, ils ont de belles chambres modernes avec des vues à couper le souffle depuis la fenêtre, et c’est dog-friendly. Pour nous, avec Kája et Baby, c’est un point essentiel. Les prix pour deux personnes par nuit tournent autour de 120 à 180 € selon la saison, ce qui, pour la coûteuse Cortina, reste finalement une offre très correcte.
Autre possibilité : loger directement au centre de Cortina d’Ampezzo, qu’on considère comme notre camp de base principal. De là, tu rejoins le Passo Tre Croci en une quinzaine de minutes en voiture ou en bus local. Cortina propose des centaines d’options, des hôtels-spa de luxe aux cosy appartements de montagne — tu peux facilement comparer disponibilités et prix sur Booking.com.
Comment rejoindre le départ du sentier et où se garer
Rejoindre le point de départ de la randonnée est devenu, ces dernières années, un vrai casse-tête logistique : la popularité du lac a explosé et l’infrastructure ne suit tout simplement plus. Le départ du sentier se trouve au col du Passo Tre Croci, sur la route SR48 qui relie Cortina d’Ampezzo au lac de Misurina.

Si tu viens en voiture, je dois te prévenir de l’enfer du stationnement. Il y a encore quelques années, on pouvait se garer gratuitement le long de la route, mais ce n’est malheureusement plus le cas. Les voitures se garaient partout, bloquaient la circulation, et la police a commencé à verbaliser sévèrement. Aujourd’hui, il existe des parkings privés qui facturent tranquillement jusqu’à 50 € la journée, ce qui me paraît complètement délirant. Si tu ne veux pas payer ces sommes exorbitantes et que tu arrives en pleine saison, je te conseille de laisser la voiture à ton hôtel et de prendre le bus. Depuis Cortina, Misurina et le Lago di Misurina, des lignes régulières circulent l’été et te déposent directement au Passo Tre Croci. Tu t’épargnes un paquet de stress. Pour venir depuis la France, le plus pratique est souvent de prendre l’avion jusqu’à Venise ou Innsbruck (vols depuis Paris) puis de louer une voiture, ou alors de faire la route en voiture si tu pars d’une région proche des Alpes.
Lago di Sorapis : 10 conseils à voir et à faire en chemin et au lac
Passons enfin à la randonnée elle-même. Le chemin vers le lac n’est pas un simple transfert ennuyeux d’un point A à un point B, mais une expérience à part entière, où tu vas t’émerveiller, parfois avoir un peu peur, et surtout te régaler. Voici nos 10 points et conseils préférés sur l’itinéraire.
1. L’itinéraire classique depuis le Passo Tre Croci
La plupart des randonneurs partent par le sentier numéro 215 (qui se confond parfois avec le 401), le chemin le plus connu et le plus direct vers le Lago di Sorapis. Il commence de façon plutôt agréable et plate à travers une forêt de mélèzes parfumée, où tu te crois davantage en promenade dans un parc. Mais le terrain se redresse vite et le sentier forestier devient un chemin rocailleux qui serpente sur le flanc de la montagne. Au total, tu parcours environ 4 kilomètres dans un sens, avec un dénivelé d’un peu plus de 200 mètres. Ce n’est pas une montée extrême, mais prépare-toi à transpirer un peu.

Lukáš commente toujours en disant que cette première moitié n’est qu’un échauffement. La forêt sent la résine et tu te dis que ça va être tranquille comme tout — jusqu’à ce que tu tombes sur la première montée plus raide entre les pierres et les racines des arbres.
2. Les passerelles métalliques et les câbles au-dessus du vide
C’est le moment qui sépare les randonneurs lambda des plus aguerris. À peu près à mi-chemin, le sentier s’engage en effet directement dans une paroi rocheuse abrupte. Pour rendre le passage praticable, des passerelles et des échelles métalliques ont été fixées dans la roche. Ces sections sont sécurisées par des câbles d’acier auxquels tu peux et devrais te tenir.
Sous tes pieds, à travers les grilles des passerelles, tu vois le précipice et le vide — honnêtement, ce n’est pas pour ceux qui ont le vertige. Si tu as une peur panique des hauteurs, réfléchis bien à si cette rando est vraiment faite pour toi. Avec Lukáš, on a vu ici plusieurs personnes se bloquer de peur au milieu de la passerelle et devoir rebrousser chemin avec beaucoup de difficulté.
3. La pause au Rifugio Vandelli
Juste avant d’arriver au lac, tu tombes sur le refuge de montagne Rifugio Vandelli. Ce chalet en pierre aux volets rouges se dresse sur un petit promontoire boisé et offre un refuge parfait pour les jambes fatiguées. En général, on y fait une courte pause café ou bière pression avant de descendre les dernières dizaines de mètres jusqu’à l’eau. En saison, c’est souvent bondé, mais l’ambiance est incroyablement conviviale et les vues sur la vallée en direction des Tre Cime, depuis la terrasse, valent le détour.

Lukáš ne résiste généralement pas à une petite douceur, tandis que moi, je me contente d’admirer et de reprendre des forces pour la dernière section. Le refuge met parfois un peu de temps à te servir en plein pic estival, mais avec une vue pareille, l’attente ne te dérangera vraiment pas.
4. La photo depuis le ponton en bois
Quand tu arrives enfin au lac, tu comprends pourquoi tout cet effort en valait la peine. Le Lago di Sorapis est encore plus beau en vrai que sur les photos. L’endroit le plus prisé pour prendre la photo iconique est la petite plage de galets au début du lac, où dépassent de l’eau quelques pieux en bois et des pierres. C’est précisément de là qu’on a la meilleure vue sur le mont Dito di Dio se reflétant à la surface. Prépare-toi cependant à devoir patienter un moment dans la file en été pour décrocher le meilleur angle depuis cet endroit.
On a retenu la leçon dès notre première visite, où on a dû attendre près d’une demi-heure pour cette photo de rêve. Maintenant, on se trouve simplement une autre pierre un peu plus loin et on photographie sous un angle certes moins célèbre, mais d’autant plus authentique.
5. Fais le tour du lac pour le calme
La plupart des gens arrivent au lac, prennent une photo au début, mangent un encas et repartent. Mais si tu veux avoir un bout de cette splendeur rien que pour toi, emprunte l’étroit sentier qui longe la rive et fais le tour du lac. Sur la rive opposée, c’est le calme absolu. Tu y trouveras de gros rochers où t’asseoir, et surtout tu obtiendras une tout autre perspective sur la couleur de l’eau, qui change selon la façon dont le soleil la frappe.


Ici, on s’installe généralement avec notre toast préféré, on ouvre le thermos de thé et on se contente de respirer cet air froid de montagne. La surface bleue, vue de l’autre rive, paraît encore plus magique, et le silence n’est troublé que par le sifflement occasionnel des marmottes.
6. Observer le phénomène de l’Enrosadira
Si tu réussis à planifier ta sortie de manière à être au lac ou sur le chemin du retour au moment du coucher du soleil, tu seras témoin d’un phénomène magique appelé l’Enrosadira. Ce terme désigne le moment où le soleil, bas sur l’horizon, illumine les pâles calcaires dolomitiques et les teinte de roses intenses et d’oranges flamboyants. C’est quelque chose d’absolument époustouflant. Dans ce cas, n’oublie surtout pas ta lampe frontale, car refaire le chemin sur les passerelles au crépuscule serait une pure folie.
7. Prolonger la rando jusqu’à la Forcella Marcuoira
Si la rando classique du Lago di Sorapis te paraît trop courte et que tu as assez d’énergie et d’expérience, tu peux continuer depuis le refuge Vandelli. L’itinéraire vers la Forcella Marcuoira relève cependant déjà de la haute montagne exigeante, avec un gros dénivelé et de fortes montées dans les éboulis. La récompense, ce sont des vues à t’en décrocher la mâchoire : Cortina, en contrebas, ressemble à un village miniature, et tu vois tout le massif du Sorapis d’un coup, sans la moindre perche à selfie dans le cadre.
8. Le départ alternatif depuis le Rifugio Tondi di Faloria
Il existe encore un autre chemin vers le lac, qui évite le Passo Tre Croci surpeuplé. Tu peux monter en téléphérique depuis Cortina jusqu’au mont Faloria, puis continuer à pied jusqu’au Rifugio Tondi et plus loin par les crêtes montagneuses pour redescendre vers le lac Sorapis. Cet itinéraire est bien plus long, physiquement plus exigeant et passe par un terrain plus technique, avec des descentes raides. Je ne le recommande qu’aux randonneurs très aguerris, sûrs de leurs appuis et qui n’ont pas peur des passages exposés. Les vues sont en revanche fabuleuses.
Avec Lukáš, on n’a pour l’instant fait que repérer cette variante de loin et, honnêtement, on ne se lancera sans doute pas de sitôt. Mais si tu es un montagnard expérimenté et que tu aimes les vrais défis avec un minimum de monde autour, étudie-la sans hésiter.
9. Les brumes matinales et les astuces pour la meilleure lumière
Quand je dis qu’il vaut mieux arriver tôt le matin, je veux dire vraiment tôt. Pas seulement à cause du parking et de la foule sur les passerelles, mais surtout pour l’ambiance. Vers sept heures du matin, de fines brumes flottent souvent au-dessus de la surface du lac et montent lentement le long des parois rocheuses. À cette heure-là, le soleil commence à peine à éclairer les sommets environnants et la couleur de l’eau atteint sa teinte turquoise la plus profonde. L’heure dorée est certes courte, car le soleil disparaît vite derrière les hautes montagnes, mais ce spectacle, tu t’en souviendras toute ta vie.
Ce réveil matinal fait certes mal, surtout quand il fait encore froid dehors et qu’on resterait bien sous la couette. Mais dès que tu vois les premiers rayons commencer à percer ce manteau de brume, tu oublies aussitôt toute ta fatigue.
10. La sortie hivernale en raquettes
Même si l’itinéraire n’est officiellement recommandé que pour les mois d’été et d’automne, les montagnards expérimentés s’y aventurent aussi en hiver, en raquettes. Mais là, on est sur du vraiment extrême. Les passerelles rocheuses et les sections sécurisées sont souvent cachées sous une épaisse couche de neige ou de glace, et il existe un réel danger de chute et d’avalanches. Le lac lui-même est alors complètement gelé et recouvert de neige, donc tu ne verras pas du tout cette fameuse eau bleue. Je le mentionne juste comme anecdote pour ceux qui aiment la solitude hivernale, mais je déconseille fortement une visite en hiver au randonneur lambda.
Quand je vois parfois ces photos dingues sur Instagram, où quelqu’un fait l’équilibriste sur des corniches enneigées, ça me glace le sang. La montagne, en hiver, ne pardonne tout simplement pas les erreurs. Alors même si ça peut tenter, viens plutôt ici en été et laisse l’hiver à la nature.
Le Lago di Sorapis avec chiens et enfants : pourquoi ce n’est pas une bonne idée
C’est un sujet qui me tient particulièrement à cœur, parce qu’on l’a vécu dans notre chair. La sortie au Lago di Sorapis n’est absolument pas une promenade de santé, et pour les familles avec de jeunes enfants ou pour ceux qui ont un chien, elle peut représenter un énorme problème. Cette année, on a notre petit Jonášek et, avec lui, on n’y retournera vraiment pas de sitôt. Le terrain est dangereux pour les petits enfants en porte-bébé, et pour la poussette, n’y pense même pas. Si tu as des enfants de plus de 10 ans, habitués à la montagne et qui ont le respect des hauteurs, ils s’en sortiront, mais même là tu devras les avoir constamment à l’œil sur les passages dangereux.

💡 Astuce : Dans presque tous les téléphériques et les bus, on exige une muselière pour les chiens (tu en achètes quasiment partout, y compris directement aux stations de départ). Honnêtement, ça nous agaçait pas mal — on nous la demandait même quand on était tout seuls dans la cabine. Quand on avait plusieurs téléphériques d’affilée, on préférait laisser Kája et Baby se reposer au camping.

Et maintenant, parlons des chiens. Notre Kája était venue avec nous à l’époque et je dois avouer que c’était une très mauvaise idée. Kája est certes un amour, mais c’est un peu une pataude. Les étroits sentiers forestiers, elle les gérait avec enthousiasme, mais dès qu’on est arrivés aux passerelles métalliques au-dessus du vide, ç’a été la fin. Les pattes des chiens passent à travers les trous des grilles, les chiens paniquent, et je ne leur en veux pas du tout. Kája s’est bloquée et refusait de faire un pas.
Lukáš a finalement dû la prendre dans ses bras et la porter sur toute cette section exposée. Essaie un peu de porter un chien terrorisé de vingt kilos dans tes bras, sur une étroite corniche rocheuse humide au-dessus d’un précipice, tout en t’agrippant désespérément au câble d’acier de l’autre main. Ça, tu n’as vraiment pas envie de le vivre. Donc si tu as un gros chien pataud, ou au contraire un minuscule yorkshire ou un bichon maltais comme notre Baby, laisse-les plutôt en sécurité dans la chambre d’hôtel pour cette sortie. Quant aux chiots, je n’ai même pas besoin d’en parler. C’est du stress pour toi, pour le chien et pour les gens que tu vas bloquer sur le sentier étroit.
Quoi emporter pour la rando vers le lac turquoise
En montagne, la météo change incroyablement vite et même si en bas, à Cortina, le soleil brille et qu’il fait assez chaud pour le short, là-haut au lac un vent glacial peut souffler. Ça, tu ne devrais surtout pas le sous-estimer.
La base, ce sont de bonnes chaussures de randonnée, car on croise régulièrement sur le sentier des touristes en baskets en toile à semelle lisse, et honnêtement, ça nous fait froid dans le dos. Les rochers ici sont souvent mouillés et glissants, et sans une vraie semelle, ces échelles métalliques te réserveront de mauvaises surprises. Glisse aussi dans ton sac une couche chaude en plus, idéalement une polaire ou une doudoune légère, et une veste imperméable. Au lac, le soleil se cache vite derrière les montagnes et il fait soudain plutôt froid.
Beaucoup de gens demandent s’il faut un équipement de via ferrata. Sur l’itinéraire classique numéro 215, on n’emporte pas de baudrier : les câbles servent juste à se tenir avec les mains. On recommande quand même d’emporter un casque d’escalade léger. Le sentier passe en effet directement sous des parois rocheuses verticales et les petites pierres qui se détachent, délogées par les touristes ou les animaux d’en haut, sont un phénomène assez fréquent. N’oublie pas non plus assez d’eau et un encas, car la montée te pompera de l’énergie.
Où manger : que goûter au Rifugio Vandelli
Une fois que tu auras franchi les pires sections et que tu te retrouveras au lac, tu auras à coup sûr une faim de loup. Le Rifugio Vandelli est certes petit, mais on y cuisine d’excellents plats de montagne traditionnels qui te remettent vite sur pied. Il est généralement ouvert de la mi-juin à fin septembre.
Si tu adores la cuisine montagnarde italienne, essaie absolument leurs canederli. Ce sont de grosses boulettes tyroliennes qu’on prépare ici en version épinards ou fromage, servies soit dans un bouillon, soit nappées de beurre fondu, et moi je les prends à chaque fois dans le bouillon, parce qu’après ces passerelles, j’ai surtout besoin de chaleur et d’un peu de calme. 😊 Autre classique : une bonne polenta avec du goulash ou avec des champignons et du fromage local. Si tu ne veux pas t’attarder sur un long déjeuner et que tu préfères photographier, tu peux acheter au refuge d’excellents panini à la caprese (mozzarella, tomate et basilic) et les manger dehors sur un banc avec vue. Les prix sont évidemment plus élevés qu’en bas dans la vallée, car tous les approvisionnements doivent être acheminés par hélicoptère ou par téléphérique, mais pour cette ambiance, ça vaut le coup.
Infos pratiques et règles du parc national
Avant de chausser tes godillots et de partir, je veux mentionner quelques points pratiques importants. Le lac et ses environs relèvent de la zone protégée du parc national des Dolomiti d’Ampezzo et des règles assez strictes s’y appliquent, dont la violation peut te coûter très cher.
L’erreur la plus fréquente des touristes, c’est de faire voler un drone. Sur Instagram, tu verras certes des dizaines de photos du lac vu d’en haut, mais ne te laisse pas tromper. Dans tout le parc national, voler avec un drone est strictement interdit, car cela dérange la faune locale et les autres visiteurs. Les gardes du parc patrouillent assez souvent et s’ils t’attrapent, tu risques une amende pouvant atteindre 3000 €. Une belle photo ne vaut vraiment pas ça.
Autre chose que les gens cherchent souvent sur Google avec la requête « lago di sorapis swimming » : la possibilité de se baigner. Heureusement, la baignade est interdite (cela vaut aussi pour tremper les pieds) et l’eau perdrait rapidement son caractère unique au contact des crèmes solaires et des bactéries.
Où aller ensuite dans les Dolomites
Le Sorapis est magnifique, mais ce n’est pas le seul endroit incroyable de la région. Si tu as le temps et que tu veux voir le meilleur de ce qu’offrent les montagnes italiennes, on a préparé pour toi plein d’autres guides issus de nos voyages :
- Lis absolument notre article complet avec 5 itinéraires de randonnée pour tous dans les Dolomites italiennes.
- Si tu cherches quelque chose de plus simple, le bien plus populaire et surtout accessible en voiture Lago di Braies ne devrait pas t’échapper. C’est certes un grand carnage en saison, mais le décor en vaut la peine.
- Depuis Cortina, tu es aussi à deux pas des trois dents iconiques des Dolomites. Notre article sur les Tre Cime di Lavaredo te montre comment planifier le plus beau circuit.
- Et si tu ne sais toujours pas avec quoi remplir ton voyage, jette un œil à notre liste complète de quoi faire dans les Dolomites.
Nos conseils de voyage pour finir
- Billets d’avion pas chers : cherche-les sur Kiwi. C’est notre portail préféré ; depuis la France, les aéroports de Venise ou Innsbruck sont les plus pratiques pour rejoindre le nord de l’Italie.
- Location de voiture : on utilise habituellement le comparateur DiscoverCars. Avec Lukáš, on en a une bonne expérience de longue date, partout dans le monde.
- Réservation d’hébergement : Booking est notre moteur de recherche d’hôtels préféré. Dans les Dolomites, je conseille de chercher un hébergement même six mois à l’avance.
- N’oublie pas l’assurance : pour les randos en montagne, choisis une bonne assurance voyage et prends sans hésiter l’option sport pour la haute montagne.
- Internet et eSIM : si tu voyages en passant par la Suisse ou que tu passes beaucoup de temps sur la route, regarde du côté de l’eSIM de Holafly.
Foire aux questions (FAQ)
Quand on a parlé du Lago di Sorapis pour la première fois, on a reçu une foule de questions de votre part sur Instagram. C’est clair qu’on a envie de bien se préparer pour une sortie pareille, surtout quand ça ressemble parfois à un carnet d’alpinisme. J’ai donc rassemblé les questions les plus fréquentes en un seul endroit.
J’espère que ces réponses t’aideront à planifier et t’épargneront un peu de nerfs. Et si jamais une autre question te vient en tête, n’hésite pas à nous le faire savoir !
Comment se rendre au Lago di Sorapis ?
L’itinéraire le plus courant commence au col de Passo Tre Croci. De là, vous empruntez le sentier de randonnée numéro 215, qui vous mène directement au lac après environ deux heures de marche. Vous pouvez rejoindre le col en voiture ou en bus depuis Cortina d’Ampezzo.
Peut-on se baigner dans le Lago di Sorapis ?
Non, la baignade est strictement interdite dans tout le lac, y compris le simple fait de tremper ses pieds. La raison en est la protection d’un écosystème très sensible et de la composition minérale spécifique de l’eau, que la présence humaine pourrait perturber de manière permanente.
Combien de temps dure le trek jusqu’au lac ?
Le trek complet vous prendra environ 3 à 4 heures de temps effectif. Le trajet dans un sens dure entre 1h30 et 2 heures selon votre condition physique et les éventuelles files d’attente sur les passerelles métalliques. L’itinéraire mesure au total 8 kilomètres aller-retour.
Le sentier est-il adapté aux chiens ?
D’après notre expérience personnelle, nous déconseillons absolument ce trek pour les chiens. Sur le parcours se trouvent des passerelles métalliques exposées au-dessus d’un précipice profond, à travers lesquelles les pattes des chiens peuvent passer. Vous pouvez certes porter les chiens petits et moyens, mais c’est dangereux et stressant. Laissez plutôt à la maison les grandes races ou les chiens peureux.
Quelle est la meilleure période pour visiter ?
Vous vivrez la plus belle expérience en septembre et début octobre, lorsque les touristes se font moins nombreux et que les montagnes se parent de belles couleurs. Si vous décidez d’y aller en juillet ou en août, vous devez partir tôt le matin (idéalement avant 7h00) pour éviter la foule et bénéficier de la meilleure lumière matinale pour les photos.
Peut-on faire voler un drone au bord du lac ?
Non. Le lac Sorapis se trouve sur le territoire du parc national Dolomiti d’Ampezzo, où s’applique une interdiction générale d’utilisation de drones. Les amendes pour violation de cette règle peuvent atteindre jusqu’à 3000 EUR, nous déconseillons donc vivement de prendre ce risque.
Le trek est-il difficile et accessible aux débutants ?
Physiquement, le parcours n’est pas particulièrement difficile, le dénivelé est d’un peu plus de 200 mètres. Sa difficulté réside principalement dans l’aspect psychologique, car on traverse des passages étroits en corniche avec des passerelles métalliques au-dessus du vide. Si vous ne souffrez pas de vertige et que vous avez de bonnes chaussures, en tant que randonneur moyennement entraîné, vous gérerez le trek sans problème. Pour les personnes ayant une grande peur du vide, ce sentier n’est pas adapté.
