Rome ne pardonne pas l’impréparation, et je dois vous dire une chose essentielle d’entrée de jeu. La plupart d’entre nous arrivent ici avec l’image romantique de flâneries insouciantes entre les colonnes antiques, un cornet de glace artisanale parfaite à la main et l’envie de s’imprégner de la véritable atmosphère italienne. Mais la réalité vous met souvent à genoux dès le premier jour, quand vous découvrez à quel point la Ville éternelle peut être épuisante. Les pavés brûlants, les foules impitoyables qui se pressent dans les ruelles étroites et l’épuisement physique total à courir d’un bout à l’autre de la métropole font leur effet. Le secret d’une campagne romaine réussie ne réside pas dans le nombre de monuments que vous parvenez à cocher sur votre liste, mais dans la façon dont vous savez découper la ville de manière logique. Et si vous cherchez le coin le plus authentique, direction le Trastevere à Rome.
Si vous cherchez un endroit qui correspond exactement à cette carte postale de cinéma, il vous faut tout simplement traverser le Tibre. Le quartier du Trastevere, dont le nom signifie « au-delà du Tibre », est l’incarnation absolue de la romance italienne, même s’il a aussi ses pièges et ses règles bien à lui. Avec Lukáš, nous adorons cette partie de la ville pour son incroyable énergie nocturne et sa fantastique cuisine végétarienne, qui embaume depuis chaque petite trattoria. Mais nous savons aussi très bien que loger en plein cœur palpitant du quartier demande des nerfs solides et une grande tolérance au bruit. Dans cet article, je vais vous montrer comment profiter pleinement de ce quartier iconique sans tomber dans les pièges à touristes inutiles.

Résumé pour ceux qui n’ont pas le temps de tout lire
- La véritable atmosphère italienne : le Trastevere est un labyrinthe de ruelles étroites, où le lierre pend des vieilles façades ocre et où le linge fraîchement lavé sèche au-dessus de votre tête.
- La meilleure période pour visiter : venez idéalement en octobre ou en mai, car les mois d’été sont insupportables et le quartier craque littéralement sous le poids des foules.
- Le paradis végétarien : vous y goûterez la meilleure cuisine traditionnelle, des pâtes cacio e pepe aux boulettes de riz frites supplì, dont vous tomberez amoureux.
- Pas de métro : aucune ligne souterraine ne dessert le quartier, vous devez donc y venir à pied ou par l’éternellement bondé tramway numéro huit.
- Attention aux foules : la Piazza Trilussa et les abords de la basilique Santa Maria in Trastevere sont extrêmement bruyants le soir et bondés de touristes comme de jeunes locaux.
- Le calme caché : si vous cherchez des coins tranquilles, dirigez-vous vers la partie sud du quartier, autour de la magnifique basilique Santa Cecilia, où la plupart des touristes ne mettent jamais les pieds.
- Une vue inestimable : n’oubliez pas de monter sur la colline du Janicule (Gianicolo), d’où vous aurez toute la Ville éternelle à vos pieds.
Quand visiter le Trastevere et comment survivre à la chaleur

Le désir fondamental de chaque voyageur est toujours exactement le même, et c’est parfaitement compréhensible. Nous voulons tous voir Rome baignée d’un beau soleil, nous asseoir en terrasse avec un verre d’Aperol à la main, sans pour autant nous retrouver écrasés au milieu de dix mille autres personnes. Trouver cette intersection magique est extrêmement compliqué et demande une planification vraiment minutieuse. Les meilleurs mois pour visiter sont mai, juin, septembre et surtout octobre, qui offre les conditions les plus agréables pour de longues balades à pied. Les températures descendent à des 22 degrés très supportables, l’air se purifie enfin et la ville prend une magnifique lumière automnale, parfaite pour la photographie.
Le prix à payer pour ce confort automnal et printanier est cependant assez élevé. Ces mois constituent ce qu’on appelle la haute saison, les hôtels affichent donc complet et les ruelles étroites du Trastevere ressemblent parfois à une immense fourmilière. L’été à Rome, plus précisément juillet et août, représente au contraire une énorme épreuve pour votre résistance physique et mentale. Les températures grimpent ici très couramment au-dessus de 35 degrés et l’humidité de l’air transforme les rues en une serre étouffante où pas une feuille ne bouge. Si vous devez absolument venir à Rome en été, votre rythme quotidien doit changer radicalement et s’adapter à ce qu’on appelle le riposo, la sieste italienne de l’après-midi.
Le mois d’août a en outre une particularité très rude et souvent ignorée : la fête du Ferragosto. Autour du 15 août, un nombre énorme d’habitants ferment leur appartement à clé, baissent les volets et fuient en masse vers la mer ou la montagne pour échapper à la chaleur infernale. Bon nombre des meilleurs établissements familiaux et restaurants authentiques du Trastevere ferment tout simplement pendant deux à trois semaines et accrochent sur leur porte une pancarte annonçant les congés. La bonne nouvelle, c’est que l’Année sainte, ou Jubilé, qui en 2025 a amené dans la ville des dizaines de millions de pèlerins et a provoqué un effondrement total, s’est officiellement terminée début 2026. La ville ne dort certes jamais et il y aura toujours des foules, mais la pression apocalyptique la plus extrême est heureusement retombée et les rues sont à nouveau un peu plus respirables.
Où loger à Rome et pourquoi envisager le Trastevere
💡 Conseil hébergement et activités : nous préférons chercher nos logements sur Booking.com, où les conditions d’annulation sont souvent les meilleures. Pour les billets, les excursions et les activités, mieux vaut comparer via GetYourGuide.

Le choix du quartier définit toute votre expérience de la métropole italienne et détermine si, le soir, vous tomberez de fatigue sur votre lit ou si vous descendrez tranquillement à la trattoria locale du coin de la rue. Le Trastevere incarne l’image romantique de l’Italie, avec ses zones piétonnes étroites et une vie nocturne absolument fantastique. Mais ce quartier a aussi ses inconvénients marqués, car il attire une foule énorme et parfois franchement désagréable. Son plus gros point faible reste cependant les transports : aucune station de métro ne le dessert et il n’est pas vraiment tout près des principaux monuments. Le matin, vous devez donc compter sur un tramway bondé ou tout simplement tout faire à pied, ce qui fait assez mal sur les vieux pavés.
Si vous tenez malgré tout à venir y séjourner, j’ai un conseil très important pour vous. Cherchez un hébergement dans la partie sud du quartier, vers la basilique Santa Cecilia, où le calme est bien plus présent et où vous éviterez les foules nocturnes les plus bruyantes. Un choix magnifique et éprouvé est par exemple l’Hotel Santa Maria, niché dans un ancien couvent du XVIe siècle et doté d’une superbe cour intérieure remplie d’orangers. Une autre excellente option pour un séjour un peu plus luxueux est l’hôtel Donna Camilla Savelli, dont la terrasse sur le toit offre une vue absolument à couper le souffle sur toute la Ville éternelle. Vous pouvez réserver ces deux établissements sans aucun problème via Booking, que nous utilisons régulièrement nous-mêmes lors de nos voyages.
Comme alternative au Trastevere animé, vous pouvez choisir le quartier plus tranquille de Prati, juste à côté du Vatican, qui est plat et idéal pour les familles avec enfants. Le quartier de Monti est également un choix très prisé : il se trouve stratégiquement juste derrière le Colisée et offre un excellent accès au métro et à la gare. N’oubliez pas de toujours vérifier que votre hébergement ne se trouve pas dans la fameuse zone ZTL à circulation limitée. Si vous y entriez avec une voiture de location, les caméras omniprésentes vous repéreraient à coup sûr et une amende bien salée ne vous échapperait certainement pas.
14 conseils : que voir et que faire au Trastevere
Découvrons ensemble le meilleur de ce quartier photogénique, des anciennes basiliques aux meilleures expériences culinaires. Je vous indiquerai où aller tôt le matin pour éviter les foules, et où, au contraire, vous imprégner le soir de la véritable atmosphère italienne avec un verre de vin à la main.
1. La basilique Santa Maria in Trastevere

C’est le cœur absolu de tout le quartier, et probablement le premier endroit où vos pas vous mèneront après avoir traversé le fleuve. La basilique Santa Maria in Trastevere est considérée comme l’une des toutes premières églises chrétiennes de Rome, et son histoire remonte au IIIe siècle. Bien qu’elle paraisse assez discrète de l’extérieur et que vous pourriez facilement passer devant sans la remarquer au milieu de tous les autres monuments romains, son véritable trésor se cache à l’intérieur. Dès que vous franchissez le seuil, vous êtes immédiatement saisi par sa monumentalité et par un calme incroyable, qui contraste fortement avec le bruit de la place.
La principale raison qui vous oblige à venir ici, ce sont les mosaïques dorées du XIIe siècle, absolument à couper le souffle, qui ornent l’abside principale. Ces mosaïques représentent la Vierge Marie avec Jésus et, lorsque la lumière les frappe correctement, elles brillent littéralement comme si elles étaient parsemées de milliers de petits soleils. L’éclat doré se reflète dans tout l’espace de l’église et crée une atmosphère très mystique et profonde. Remarquez aussi les imposantes colonnes de granit qui séparent la nef principale des nefs latérales.
💡 Astuce : l’église est magnifique surtout en soirée, quand la façade est doucement illuminée de l’extérieur et que les foules de touristes munis d’appareils photo ont disparu depuis longtemps. L’entrée est entièrement gratuite, mais n’oubliez pas le code vestimentaire strict, car les gardiens ne vous laisseront tout simplement pas entrer avec les épaules dénudées ou en short.
2. La Piazza di Santa Maria

Juste devant la basilique évoquée s’étend une place qui fonctionne comme le principal carrefour et le point de rencontre le plus important de tout le quartier. La Piazza di Santa Maria in Trastevere est plutôt calme en journée : vous y verrez de vieux Italiens lire le journal sur les marches et des touristes étudiant leurs cartes. Mais dès que la nuit tombe, la place se transforme en une immense scène palpitante qui vit jusqu’au petit matin. C’est un endroit où la véritable jeunesse romaine côtoie des voyageurs du monde entier.
Au milieu de la place se dresse une belle fontaine octogonale, dont les fondations d’origine remontent au VIIIe siècle, ce qui en fait l’une des plus anciennes fontaines de la ville. Ses marches servent de gradins improvisés à tous ceux qui veulent profiter du spectacle gratuit du soir. Autour de la fontaine se relaient en effet régulièrement des musiciens de rue, des cracheurs de feu et toutes sortes d’artistes qui complètent cette atmosphère bohème typique du Trastevere.
Avec Lukáš, nous avons pu y rester assis de longues heures, simplement avec un morceau de pizza à la main, à observer cette incroyable agitation autour de nous. C’est exactement le genre d’endroit où vous n’avez besoin d’aucun plan précis ni de billets coûteux pour vous imprégner de l’énergie de la ville. Faites toutefois bien attention à vos effets personnels, car les pickpockets habiles aiment évoluer dans cette foule détendue et souvent éméchée.
3. Flâner dans les ruelles pavées et photographier

La plus grande attraction du Trastevere n’est en réalité aucun monument en particulier, mais les ruelles elles-mêmes, qui forment un labyrinthe parfaitement chaotique. C’est précisément ici que vous trouverez ce décor iconique aux façades ocre et terracotta, d’où descendent d’épaisses cascades de lierre vert. Au-dessus de votre tête, le linge fraîchement lavé sèche, tendu entre les fenêtres, et des portes entrouvertes s’échappe une odeur d’ail et de tomates frites. C’est un régal pour tous les sens et chaque coin de rue supplie littéralement d’être pris en photo.
Le revêtement de ces ruelles est constitué de pavés de basalte traditionnels, qu’à Rome on appelle sampietrini. Ils sont certes incroyablement photogéniques et donnent au quartier son juste cachet historique, mais pour vos pieds, ils représentent un véritable cauchemar. Ils sont irréguliers, pleins de fissures et glissent terriblement après un orage d’été, alors oubliez tout de suite les talons ou les sandales élégantes à semelle fine. Si vous ne voulez pas vous ruiner les pieds dès le premier jour, des baskets de qualité et bien fermes sont ici une nécessité absolue.
La meilleure stratégie pour explorer est tout simplement de ranger la carte et de se laisser porter par l’intuition. Tôt le matin, vers huit heures, ces ruelles sont encore totalement désertes et baignées d’une douce lumière dorée. Vous ne verrez que les propriétaires de cafés rincer les trottoirs et les boulangers sortir leurs viennoiseries fraîches. C’est précisément à ces heures matinales que vous prendrez les plus belles photos, sans aucun élément perturbateur à l’arrière-plan.
4. Monter sur la colline du Janicule (Gianicolo) pour la vue

Si vous voulez vous reposer des ruelles oppressantes et que vous avez envie d’un peu d’espace, il faut prendre de la hauteur. La colline du Janicule, en italien Gianicolo, s’élève juste au-dessus du quartier du Trastevere et offre l’un des meilleurs panoramas sur toute la Ville éternelle. Bien qu’elle ne fasse pas partie des célèbres sept collines romaines d’origine, sa position stratégique en fait une étape absolument incontournable pour tout amateur de points de vue. La montée donnera certes un peu de fil à retordre à vos jambes, mais la récompense au sommet vaut chaque goutte de sueur.
Au sommet même, vous trouverez l’immense statue équestre du héros national italien Giuseppe Garibaldi, qui défendit ici farouchement la ville contre les troupes françaises au XIXe siècle. Depuis la vaste terrasse sous la statue, un panorama à couper le souffle s’offre à vous : vous verrez toutes ces célèbres coupoles antiques, les clochers des églises et, au loin, les contours des montagnes lointaines. C’est un endroit idéal pour essayer d’identifier les différents monuments d’en haut, sans avoir à vous écraser dans la foule.
💡 Astuce : si vous venez juste avant midi, vous assisterez à une tradition très bruyante. À midi pile, des soldats tirent chaque jour un coup de canon à blanc, une coutume instaurée par le pape Pie IX pour unifier les sonneries de toutes les églises romaines. La vue est cependant absolument magique aussi au coucher du soleil, quand toute la ville à vos pieds se teinte de tons orange et roses intenses.
5. La Villa Farnesina et les fresques de Raphaël

Pendant que des milliers de touristes se pressent dans les musées du Vatican et se battent pour chaque centimètre carré, le Trastevere abrite un joyau de la Renaissance où vous pourrez contempler l’art en toute tranquillité. La Villa Farnesina est une magnifique résidence que le très riche banquier papal Agostino Chigi se fit construire au début du XVIe siècle. Cet homme avait de tels moyens qu’il put se permettre d’engager les meilleurs artistes de son époque pour lui créer une résidence d’été destinée à éblouir toute la haute société d’alors.
Le principal attrait de la villa, ce sont les fresques du génial Raphaël en personne. Sa représentation de l’histoire d’Amour et Psyché dans la loggia principale est si incroyablement vivante et colorée que vous aurez du mal à croire qu’elle date de la Renaissance. Contrairement aux motifs religieux du Vatican, les peintures d’ici sont pleines de mythologie antique, de célébration de l’amour et de joie de vivre, ce qui correspondait parfaitement au caractère du propriétaire de la villa. Raphaël y peignit même la célèbre fresque de la nymphe Galatée, qui incarnerait son idéal de la beauté féminine parfaite.
La visite de la villa vous prendra environ une à deux heures et c’est une formidable échappatoire à la chaleur estivale, car il fait agréablement frais à l’intérieur. Les jardins autour de la villa ne sont certes plus aussi vastes qu’à l’époque de sa plus grande gloire, mais ils offrent encore un joli endroit pour se reposer. L’entrée est très abordable et l’énorme avantage, c’est que vous pourrez admirer les plus grands chefs-d’œuvre sans que personne ne vous pousse dans la foule vers la sortie.
6. Le marché dominical de Porta Portese

Si vous vous retrouvez à Rome un dimanche matin et que vous adorez fouiner parmi de vieux objets, votre programme est tout trouvé. Le marché de Porta Portese est probablement le plus grand et le plus célèbre marché aux puces de toute l’Europe : il s’étend sur plusieurs kilomètres le long des anciennes murailles de la ville, à l’extrême bord du Trastevere. Il commence tôt le matin, vers sept heures, et se termine en début d’après-midi, quand les vendeurs commencent à remballer leurs invendus. C’est un chaos incroyable, coloré et très bruyant, que vous devez vivre par vous-même.
Vous y trouverez absolument tout ce qui peut vous passer par la tête. Des antiquités rares aux vieux livres italiens, en passant par les disques vinyles, les vêtements vintage, l’électronique bon marché et le bric-à-brac le plus absurde. Le marchandage n’est pas seulement autorisé, il fait carrément partie intégrante du rituel d’achat. Si quelque chose vous plaît, n’acceptez jamais le premier prix et n’hésitez pas à proposer, avec le sourire, une somme bien inférieure.
Une promenade au marché est une formidable étude sociologique, même si vous n’achetez finalement rien. Un avertissement essentiel concerne toutefois votre sécurité : dans les énormes bousculades autour des stands les plus intéressants opèrent des groupes de pickpockets très organisés. Enlevez toujours votre sac à dos pour le porter sur le ventre, gardez votre portefeuille dans une poche intérieure profonde et, si possible, ne portez sur vous aucune grosse somme en liquide.
7. La basilique Santa Cecilia in Trastevere

Comme je l’ai déjà évoqué dans la partie sur l’hébergement, le Trastevere a aussi son visage très calme et silencieux. Vous le trouverez dans sa partie sud, là où la plupart des touristes essoufflés du centre historique ne mettent jamais les pieds. Le cœur de cette zone est la basilique Santa Cecilia, dédiée à la patronne de tous les musiciens. À ce lieu est liée une légende assez sombre mais très puissante : celle d’une jeune martyre chrétienne qui survécut à une tentative d’étouffement dans des bains, puis à trois coups d’épée du bourreau dans le cou.
Juste devant l’autel, vous pourrez admirer une statue de marbre incroyablement détaillée de Stefano Maderno, qui représente le corps de la sainte exactement dans la position dans laquelle il aurait été retrouvé des siècles plus tard dans les catacombes. La statue est si réaliste et émouvante qu’elle donne littéralement des frissons dans le dos. L’église elle-même possède une magnifique cour avec une immense vasque antique au centre, qui fait l’effet d’une oasis de silence absolu au milieu de la ville bruyante.
Payez absolument les quelques euros pour accéder à la crypte souterraine, située sous la basilique. Vous descendrez dans les profondeurs de l’histoire et vous vous retrouverez directement dans les fondations d’anciennes maisons romaines, où vous verrez les vestiges de thermes antiques et de vieilles mosaïques. C’est un fascinant voyage dans le temps et une excellente illustration de la façon dont la Rome moderne se superpose sans cesse à ses fondations antiques.
8. Le jardin botanique (Orto Botanico)

Quand vous avez l’impression que ces vieux bâtiments de pierre et ces ruelles bruyantes commencent un peu trop à vous oppresser, il suffit de faire quelques pas pour vous retrouver dans un tout autre monde. L’Orto Botanico, le jardin botanique de Rome, s’étend sur les pentes de la colline du Janicule, juste derrière le palais Corsini. Il dépend de l’université Sapienza et représente l’un des bons plans secrets les mieux gardés pour échapper aux foules. Pour une entrée modique, vous accédez à un domaine de douze hectares plein de verdure, où vous ne croiserez souvent pas âme qui vive.
Le jardin est divisé en plusieurs sections thématiques. Vous traverserez une stupéfiante forêt de bambous, qui bruisse dans le vent et crée une ombre parfaite. Très apaisant aussi, le jardin japonais avec ses éléments aquatiques traditionnels et ses arbustes soigneusement taillés. Au printemps, la roseraie en fleurs est une énorme attraction, son parfum se répandant dans tous les environs, et en été, vous apprécierez la palmeraie aux essences d’arbres venues du monde entier.
Avec Lukáš, nous y venons parfois quand nous en avons assez de toute cette agitation romaine et que nous avons simplement besoin de nous asseoir sur un banc pour écouter le chant des oiseaux. C’est un endroit idéal pour les familles avec de jeunes enfants, qui peuvent y courir librement sans que vous ayez à craindre les scooters ou les voitures qui passent. De plus, depuis les terrasses supérieures du jardin, une nouvelle vue très originale s’offre à vous sur le centre historique, sous un angle totalement différent.
9. Déguster un supplì traditionnel

L’Italie, ce n’est pas seulement les classiques pâtes et pizza au restaurant, mais aussi une street food absolument géniale, que l’on peut manger sur le pouce. À Rome, le supplì règne sans conteste sur le palmarès de la cuisine de rue. Il s’agit d’une croquette allongée de riz frit, traditionnellement cuit dans une bonne sauce tomate, qui cache à l’intérieur une grande surprise sous la forme d’un morceau de mozzarella de qualité. Quand vous cassez le supplì en deux, le fromage doit filer longuement, rappelant un fil de téléphone — c’est pourquoi on l’appelle aussi souvent supplì al telefono.
Pour nous, végétariens, c’est un véritable salut et l’en-cas ultime pendant une longue journée de découverte des monuments. La recette d’origine contenait parfois des abats de poulet ou de la viande hachée, mais aujourd’hui la grande majorité des supplì classiques à la tomate sont sans viande — demandez toutefois toujours par sécurité au personnel. Les croquettes sont enrobées de chapelure et frites à la perfection, si bien qu’elles sont magnifiquement croustillantes à l’extérieur tandis qu’elles restent moelleuses et crémeuses à l’intérieur.
Les meilleurs supplì du Trastevere se trouvent dans de petits bistrots discrets et des établissements appelés friggitoria, spécialisés exclusivement dans les fritures. Essayez par exemple le célèbre Supplì Roma, dans la Via di San Francesco a Ripa. Vous y achèterez cette gourmandise pour environ deux euros, la mangerez directement sur le trottoir et reprendrez aussitôt de l’énergie pour les kilomètres de marche suivants. C’est bon marché, rapide et incroyablement authentique.
10. Dîner dans une trattoria authentique

Aller dîner au Trastevere est un rituel que vous ne devriez absolument pas manquer. Le quartier est réputé pour ses trattorias familiales, où l’on cuisine selon des recettes transmises de génération en génération. Évitez à tout prix les établissements devant l’entrée desquels un rabatteur, menu en cinq langues à la main, vous attire à l’intérieur. Les vrais et meilleurs restaurants n’ont besoin d’aucune publicité, et vous verrez souvent le soir une longue file de locaux qui attendent patiemment qu’une table se libère.
Alors que les Romains adorent leur cuisine traditionnelle du « cinquième quartier » et se régalent d’abats comme les tripes trippa alla romana ou la queue de bœuf braisée coda alla vaccinara, avec Lukáš, nous préférons bien sûr les trésors sans viande. Le roi des pâtes romaines est pour nous sans aucun doute le cacio e pepe, un plat génialement simple composé uniquement de fromage Pecorino Romano et de poivre noir fraîchement moulu. Il en résulte une sauce incroyablement crémeuse et riche, qui enrobe parfaitement les longues pâtes tonnarelli.
💡 Astuce : vous devez absolument goûter aussi les artichauts frits, les fameux Carciofi alla Giudia, une recette d’origine juive devenue une part indissociable de la cuisine romaine. L’artichaut est frit entier et ses feuilles s’ouvrent comme une fleur dorée, croustillante comme les meilleures chips. Au moment de payer, ne soyez pas surpris par une ligne appelée coperto : il s’agit d’un supplément tout à fait légal et courant pour le couvert et la corbeille de pain, généralement de deux à quatre euros par personne.
11. La vie nocturne et les bars autour de la Piazza Trilussa

Quand le soleil se couche, le Trastevere révèle son second visage, bien plus déchaîné. Alors que le centre historique autour du Panthéon s’éteint lentement à partir de dix heures du soir, ici, la fête ne fait que commencer. L’épicentre de toute l’animation est la Piazza Trilussa, qui se trouve juste au bord du fleuve, non loin du pont Ponte Sisto. Les larges marches menant à la fontaine locale se remplissent chaque soir désespérément d’étudiants, de jeunes Romains et de touristes qui, une bière à la main, discutent et profitent des chaudes nuits italiennes.
Depuis cette place, vous pouvez ensuite vous enfoncer dans les ruelles environnantes, comme la Via del Politeama ou le Vicolo del Cinque, qui sont littéralement bourrées de petits bars et de bistrots. Le concept de la soirée italienne commence souvent par ce qu’on appelle l’aperitivo. Vous commandez un cocktail, le plus souvent le classique Aperol Spritz aigre-doux ou un Campari, et vous avez gratuitement accès à un petit buffet d’olives, de morceaux de pizza, de fromages et de chips. C’est une excellente façon de se mettre dans l’ambiance, à peu de frais et agréablement, avant un dîner tardif.
L’atmosphère y est incroyablement contagieuse et décontractée. Les gens restent debout, verre à la main, directement sur les trottoirs, la musique sort des portes ouvertes des bars et tout le monde s’amuse bruyamment. Si vous aimez la bière, vous trouverez aussi quelques excellents établissements spécialisés dans les brasseries artisanales italiennes. Préparez-vous toutefois à ce que le bruit dans ces rues ne s’apaise pas avant longtemps après minuit, et c’est précisément la raison pour laquelle je conseille toujours de bien réfléchir à l’endroit où réserver votre hôtel dans ce quartier.
12. La gelato chez les maîtres locaux

Une visite de Rome sans une bonne portion de glace ne compte tout simplement pas. Le Trastevere offre plusieurs gelaterias absolument fantastiques, mais vous devez savoir distinguer la véritable qualité artisanale des pièges à touristes aux couleurs artificielles. La règle de base est simple : évitez la glace gonflée en énormes montagnes mousseuses dans les bacs et qui brille de couleurs néon peu naturelles. La glace à la pistache ne doit jamais être d’un vert éclatant, mais plutôt d’un vert brunâtre et terreux, et celle à la banane devrait avoir une couleur grisâtre, et non d’un jaune vif.
La vraie gelato italienne se conserve dans des récipients métalliques, souvent même sous des couvercles, pour garder la bonne température et la bonne texture. Heureusement, vous y trouverez les boutiques des meilleurs maîtres, comme par exemple la célèbre Fatamorgana. Les glaciers d’ici expérimentent des saveurs très originales et n’utilisent que des ingrédients de saison et cent pour cent naturels. Vous pourrez y goûter des combinaisons incroyables, comme le chocolat au tabac, le basilic aux noix ou le fromage de chèvre au miel.
Si vous préférez les classiques, essayez la légendaire Fior di Luna. Leur glace au chocolat est si riche et dense qu’elle vous donnera l’impression de manger directement une tablette du meilleur chocolat, et leurs sorbets aux fruits ont exactement le goût de fruits fraîchement écrasés. Vous y trouverez une portion de glace à partir de trois euros, et nous préférons la prendre dans un cornet et aller nous asseoir sur un banc au bord du fleuve.
13. Les fontaines romaines (Nasoni) et faire des économies sur l’eau

Ce n’est certes pas un monument classique, mais c’est un conseil pratique qui vous fera économiser beaucoup d’argent et de nerfs pendant vos balades dans le Trastevere. Rome est parsemée de milliers de petites fontaines en fonte, que les habitants appellent affectueusement nasoni, ce qui signifie littéralement « gros nez ». De ces fontaines coule en permanence une eau glacée et parfaitement pure, amenée ici par les mêmes aqueducs historiques qu’à l’époque de l’empire antique. Dans les ruelles étroites du Trastevere, vous en trouverez plusieurs, et l’eau y est entièrement gratuite pour tous.
La plus grosse erreur que vous puissiez commettre, c’est d’acheter de l’eau en bouteille en plastique hors de prix auprès des vendeurs de rue ou dans les petits kiosques. Il suffit d’emporter une gourde réutilisable et de la remplir tranquillement à chaque gros nez. L’eau est incroyablement rafraîchissante et a un excellent goût. Les Romains expérimentés connaissent en outre une astuce très élégante pour boire à la fontaine, même quand vous n’avez pas de bouteille sous la main et que vous ne voulez pas vous contorsionner sous le robinet.
Il suffit de boucher avec un doigt la sortie principale du bas, par où l’eau tombe. La pression à l’intérieur du tuyau augmente aussitôt et l’eau jaillit par un petit trou situé sur le dessus du robinet. Il se forme ainsi un joli arc d’eau, dans lequel vous pouvez boire confortablement et de façon parfaitement hygiénique, directement debout. C’est un petit détail, mais ce sont précisément ces petites connaissances de l’environnement local qui transforment une simple excursion en une véritable expérience.
14. Les vues sur le Tibre et l’île Tibérine

Votre découverte du Trastevere ne serait pas complète sans une promenade le long du fleuve lui-même, qui sépare le quartier du centre historique. Le Tibre borde le Trastevere sur son côté est et offre de belles vues sur les vieux ponts de pierre. Le point le plus intéressant est sans conteste l’Isola Tiberina, qui est la seule île du Tibre dans tout Rome. L’île a la forme d’un navire et est reliée aux deux rives par deux ponts antiques, dont le Ponte Fabricio est même le plus ancien pont conservé de la ville, construit dès le Ier siècle avant notre ère.
Sur l’île se trouvait, dès l’Antiquité, un temple du dieu de la médecine Esculape, et aujourd’hui encore y fonctionne un immense hôpital très réputé. L’atmosphère y est étonnamment calme et, depuis les rives de l’île, vous pouvez observer les courants sauvages du fleuve. La traversée par l’île fait en outre office d’excellent raccourci piéton et rapide, si vous avez besoin de passer du Trastevere directement à l’ancien ghetto juif, sur l’autre rive, où l’on fait les meilleurs artichauts frits de la ville.
Pendant les mois d’été, les berges du Tibre autour de l’île se transforment de surcroît radicalement. Dans le cadre du festival Lungo il Tevere, des dizaines de tentes blanches, de restaurants éphémères, de bars et de petites boutiques poussent ici. Des projections de films en plein air et des concerts s’y tiennent, et les rives du fleuve s’animent d’une effervescence incroyable. C’est un endroit merveilleux pour une promenade en soirée, quand les lumières des lampadaires historiques se reflètent à la surface de l’eau et que vous pouvez flâner, un verre à la main, à quelques mètres seulement du fleuve qui coule paresseusement.
Où aller depuis le Trastevere

Une fois que vous aurez exploré toutes les ruelles du Trastevere, Rome vous réserve encore une infinité de possibilités. En traversant directement le fleuve, vous arriverez dans le centre historique, où vous attendent le célèbre Panthéon avec sa coupole géante et l’époustouflante Fontaine de Trevi. Si vous aimez l’architecture baroque, ne manquez pas la Piazza Navona et ses cafés formidables, ni les élégantes marches de la place d’Espagne.
Les amateurs d’Antiquité doivent bien sûr se diriger plus à l’est, où se dresse le majestueux Colisée. Si vous cherchez un aperçu complet de l’essentiel, consultez notre grand guide sur quoi voir à Rome. Au nord du Trastevere, le long du fleuve, vous arriverez à une forteresse massive, le château Saint-Ange, et juste derrière lui s’étendent déjà le Vatican et les célèbres musées du Vatican. Si vous voulez vous reposer de l’agitation de la ville et admirer de l’art de haut niveau dans un parc, réservez vos billets pour la Galerie Borghèse. Et si vous avez le temps pour des excursions hors de la ville, nous vous recommandons l’ancien port d’Ostia Antica, les belles villas et jardins de Tivoli ou, un peu plus loin mais d’autant plus fascinante, Pompéi.
Questions fréquentes
Combien de temps dois-je prévoir pour visiter le Trastevere ?
L’idéal est de consacrer au Trastevere au moins une fin d’après-midi entière combinée avec la soirée. Dans la journée, vous pourrez tranquillement visiter les basiliques et les villas, vous promener dans les ruelles sans grandes foules, et vers dix-neuf heures, vous trouver un endroit pour l’aperitivo. Le dîner qui suit dans une trattoria locale et la promenade nocturne vous occuperont le reste de la soirée. Au total, vous y passerez donc environ quatre à cinq heures pleines d’expériences.
Le quartier est-il sûr même la nuit ?
Oui, le Trastevere est généralement un quartier très sûr, même tard dans la nuit. Les rues sont pleines de monde, les restaurants restent ouverts tard dans la nuit et l’éclairage est partout suffisant. Le seul véritable danger auquel vous devez vraiment faire attention, ce sont les pickpockets qui opèrent dans la foule autour de la Piazza Trilussa et sur les ponts. Gardez toujours vos objets de valeur sous contrôle et portez plutôt votre sac à dos devant vous, sur le ventre.
Quel est le meilleur moyen d’accéder au Trastevere ?
Aucune ligne de métro ne dessert le cœur même du quartier. Le meilleur et le plus rapide moyen de transport est le tramway numéro huit, qui part de la grande Piazza Venezia au centre-ville et traverse tout le Trastevere. Vous pouvez également utiliser la ligne de bus H, qui vous y amène directement depuis la gare principale Termini. Si vous logez dans le centre autour de Campo de’ Fiori, le plus simple est tout simplement de traverser le fleuve à pied par le Ponte Sisto.
Y a-t-il un code vestimentaire strict dans les églises locales ?
Oui, dans toutes les églises romaines, y compris la basilique Santa Maria in Trastevere et Santa Cecilia, des règles très strictes s’appliquent en matière de tenue vestimentaire. Les hommes comme les femmes doivent impérativement avoir les épaules et les genoux couverts. Pendant les mois chauds de l’été, la meilleure astuce est d’emporter dans votre sac à dos un foulard large et léger, que vous pourrez simplement jeter sur vos épaules juste avant d’entrer dans l’église, sinon les gardiens à l’entrée vous feront faire demi-tour sans compromis.
Puis-je payer par carte partout dans les restaurants ?
L’Italie a fait un bond en avant énorme dans les paiements sans espèces et la loi oblige désormais tous les commerçants à accepter les cartes bancaires. Dans l’écrasante majorité des restaurants, bars et gelaterias, vous pourrez donc payer par carte sans aucun problème. Je vous recommande néanmoins vivement d’avoir toujours sur vous au moins quelques pièces d’une valeur de dix ou vingt euros, qui vous seront utiles pour les pourboires, pour acheter des petites choses sur les marchés ou pour un espresso rapide au bar.
Dans quelle mesure l’Année Sainte (Jubilé 2025) a-t-elle affecté la situation à Rome ?
L’Année Sainte 2025 a représenté une pression énorme pour Rome, avec plus de trente millions de pèlerins arrivés dans la ville et une infrastructure qui s’est littéralement effondrée par endroits. La bonne nouvelle, c’est que les Portes Saintes ont été solennellement fermées en janvier 2026 et que la plus grande pression est enfin retombée. La ville est maintenant nettement plus respirable, les restaurations des monuments sont terminées et les échafaudages disgracieux ont disparu, vous pouvez donc profiter du Trastevere à un rythme beaucoup plus tranquille.
Peut-on se promener dans le Trastevere en talons ou en chaussures élégantes ?
C’est un véritable suicide pour vos pieds. Tout le quartier, comme la majeure partie de la Rome historique, est pavé de pavés de basalte traditionnels appelés sampietrini. Ils sont extrêmement irréguliers, durs, ont de larges joints entre eux et glissent terriblement après la pluie. Tous les talons, compensés ou chaussures à semelle fine vous gâcheront à coup sûr la promenade, alors optez toujours pour des baskets de qualité, fermées, avec une semelle solide et épaisse.
