Les ours au Canada : guide complet de sécurité (bear spray, comment réagir, que faire en cas de rencontre)

Comme nous avons travaillé un certain temps comme guides en montagne et que l’une de nos tournées comportait une conférence sur la conduite à tenir en cas de rencontre avec un ours, j’en sais peut-être plus sur les ours au Canada que je ne le voudrais.

Nous avons vu d’innombrables touristes essayer de s’approcher d’un grizzly à quelques mètres, juste pour une photo Instagram, et croyez-moi, les gardes du parc en blanchissaient à vue d’œil. Ce guide est le fruit d’une vie passée directement dans le parc, d’innombrables heures sur les sentiers et de quelques rencontres très rapprochées dont je vais tout vous raconter ici.

Je vais vous expliquer comment vous comporter en toute sécurité sur un sentier, quelle est la différence entre se défendre face à un grizzly et face à un ours noir, comment utiliser correctement un bear spray, et aussi où vous loger et vous restaurer dans cette nature aussi magnifique que sauvage. C’est parti !

Contenu de l'article

Résumé pour ceux qui n’ont pas le temps de tout lire

Voici notre petite antisèche de survie, si vous trépignez déjà sur le sentier et que vous avez juste besoin de réviser rapidement l’essentiel :

  • Règle de base : Ne surprenez jamais, mais vraiment jamais, un ours. Sur les sentiers, vous devez faire du bruit : l’idéal est de parler, de taper des mains ou de chanter (les grelots ne suffisent souvent pas).
  • Grizzly vs. ours noir : Si un grizzly vous attaque, faites le mort. Si un ours noir vous attaque, battez-vous pour votre vie avec tout ce que vous avez sous la main.
  • Le bear spray est obligatoire : Dans des parcs nationaux comme Banff ou Jasper, porter une bombe anti-ours est une absolue nécessité. Comptez environ 60 CAD à l’achat ou 5 CAD par jour en location.
  • Distance : Gardez au minimum 100 mètres de distance avec les ours. Si vous enfreignez cette règle ou que vous sortez de la voiture au bord de la route, vous risquez une amende de 200 CAD, et jusqu’à 25 000 CAD en cas de dérangement grave de la faune.
  • Les statistiques parlent d’elles-mêmes : Au cours des 100 dernières années, les ours ont tué environ 80 personnes au Canada. La grande majorité de ces cas se sont produits parce que les gens ignoraient les règles de base, marchaient seuls et en silence en forêt ou ne respectaient pas les sentiers fermés.

Les trois espèces d’ours que vous croiserez au Canada

Le Canada possède l’une des plus fortes populations d’ours au monde, et une rencontre avec eux est une possibilité tout à fait réelle dont vous devez tenir compte lors de la planification de votre voyage. Dans les provinces prisées que sont l’Alberta et la Colombie-Britannique, vous tomberez principalement sur deux espèces (le grizzly et l’ours noir), tandis que le grand nord est le royaume de l’ours polaire.

Nous avons appris à les reconnaître assez vite, car la façon dont vous devez réagir dépend précisément de qui se trouve réellement devant vous.

1. Le grizzly (Ursus arctos horribilis)

Grizzly (Ursus arctos horribilis)
Photo : GlacierNPS / Domaine public / Wikimedia Commons

Le grizzly est le véritable roi des montagnes locales et inspire un immense respect. Rien qu’en Alberta, il y en a environ 1 500, et en Colombie-Britannique près de 15 000. On le reconnaît assez facilement à la bosse musclée et marquée sur son dos, entre les omoplates, qui lui confère une force colossale pour creuser à la recherche de nourriture. Il a aussi un profil de tête plutôt concave (en forme de cuvette) et de petites oreilles rondes.

Côté couleur, ne vous fiez pas à son nom : le grizzly peut aller du fauve clair au presque noir, en passant par le brun. Ils sont énormes et, en cas de rencontre, vous devez garder un calme absolu, car ils sont très territoriaux et attaquent généralement par sentiment de menace. Si vous souhaitez d’autres détails sur leurs habitudes, jetez un œil au site officiel de Parcs Canada ; nous le lisions presque tous les soirs avant la saison.

2. L’ours noir (black bear)

Ours noir (American black bear) a Jasper
Photo : Thomas Fuhrmann / CC BY-SA 4.0 / Wikimedia Commons

L’ours noir, ou baribal, est bien plus courant et, rien qu’en Alberta, sa population est estimée à un respectable 40 000 individus. Vous le croiserez souvent directement dans les campings ou près des routes. Contrairement au grizzly, il n’a pas cette fameuse bosse dorsale, son profil de tête est plus rectiligne (comme un museau de chien) et ses oreilles sont plus longues et plus pointues.

Là encore, la couleur n’est pas un indicateur fiable : l’ours noir peut en réalité être brun, cannelle, ou même blanc (le fameux « spirit bear » de Colombie-Britannique). Les baribals sont généralement plus craintifs et préfèrent se réfugier dans un arbre, mais lorsqu’ils attaquent, c’est souvent une attaque prédatrice. C’est pourquoi on recommande une défense agressive face à eux. Vous trouverez aussi de nombreux conseils de prévention sur le site de l’organisation WildSafeBC.

3. L’ours polaire et l’ours kodiak

Couple d'ours polaires dans un paysage enneige arctique

Ces géants, vous ne les croiserez pas dans les destinations touristiques classiques comme Banff ou Jasper. Les ours polaires vivent dans le grand nord (par exemple dans la ville de Churchill, au Manitoba, où l’on se rend pour des expéditions spéciales) et sur les côtes des régions arctiques.

L’ours kodiak est quant à lui une sous-espèce spécifique de l’ours brun qui vit sur l’île du même nom, en Alaska, ainsi que dans plusieurs zones insulaires du Pacifique. Pour un road trip canadien classique, il vous suffira donc de connaître le grizzly et le baribal, et vous pourrez être parfaitement tranquilles de ce côté-là.

Quand les ours sont-ils les plus actifs

Honnêtement, c’est l’une des premières choses que nous avons découvertes sur le terrain à Banff : les ours ne sont pas partout et tout le temps. Leur activité dépend de la nourriture et de la saison, ce qui influence fortement leur humeur du moment. Comprendre leur calendrier vous aidera à mieux planifier vos sorties et à éviter les situations dangereuses.

Avec Lukáš, c’est toujours au début de l’été que nous avons vu le plus d’ours, lorsqu’ils descendent dans les vallées en quête de nourriture.

1. Printemps et début d’été : la faim post-hibernation

Grizzly chassant au printemps dans une riviere apres l'hibernation

Lorsque les ours se réveillent au printemps (généralement d’avril à mai) de leur sommeil hivernal, ils ont une faim de loup et ont perdu une grande partie de leur poids. Ils restent surtout dans les basses altitudes et près des routes, car c’est là que la neige fond en premier et que poussent les premières herbes vertes et les pissenlits.

À cette période, ils sont très concentrés sur la nourriture et il faut redoubler de vigilance dans les vallées, là où nous, touristes, circulons aussi habituellement. Faites vraiment attention, durant ces mois, même aux abords des petites bourgades.

2. Fin d’été : les oursons en action

Femelle grizzly avec deux oursons dans une prairie a l'heure doree

En juillet et août, la neige a fondu même en haute montagne et les ours migrent vers les altitudes plus élevées en quête de fruits sauvages (myrtilles et baies diverses). Pendant l’été, les mères sortent aussi leurs petits et leur apprennent à se nourrir en pleine nature.

Du point de vue du touriste, c’est une période délicate, car vous pouvez les croiser sur les sentiers d’altitude les plus populaires, et une ourse accompagnée de ses petits est absolument la combinaison la plus dangereuse que vous puissiez rencontrer.

3. Automne : la phase d’hyperphagie

Grizzly chassant le saumon dans une riviere d'automne pendant l'hyperphagie

L’automne est une période très délicate en matière de sécurité. Les ours entrent dans un état appelé hyperphagie, c’est-à-dire une période de gloutonnerie effrénée où ils tentent désespérément d’accumuler le plus de réserves de graisse possible avant l’arrivée de l’hiver.

À ce moment-là, ils sont capables d’engloutir des dizaines de milliers de calories par jour et ne veulent surtout pas être dérangés. Ils sont extrêmement territoriaux vis-à-vis de leurs sources de nourriture et, si vous les surprenez près d’une carcasse ou d’un buisson chargé de baies, ils peuvent réagir de façon très agressive.

4. Hiver : le temps de l’hibernation

De novembre à mars (parfois jusqu’en avril), les ours dorment généralement dans leur tanière et le risque de rencontre est tout à fait minime. C’est durant l’hiver que naissent les oursons et que les ours vivent uniquement sur leurs réserves de graisse.

Il arrive parfois qu’un ours âgé ou malade, n’ayant pas accumulé assez de graisse, ne dorme pas et erre dans le paysage, mais ce sont des exceptions très rares. Pour des vacances d’hiver au Canada, vous n’avez donc en pratique pas à craindre les ours et vous pouvez skier ou faire des raquettes en toute tranquillité.

Les règles en cas de rencontre avec un ours (ou comment survivre)

C’est la section la plus importante de tout l’article. Connaître ce qu’on appelle les protocoles de sécurité « ours » est absolument essentiel si vous prévoyez une quelconque balade ou randonnée dans les parcs nationaux canadiens. Quand nous travaillions à Banff, nous devions suivre une formation de sécurité et, croyez-moi, dès que vous apprenez à respecter ces règles, la peur se transforme en un respect sain.

Voyons en détail ce que vous devez faire, étape par étape, si ce moment finit vraiment par arriver.

1. La prévention est la base absolue

La meilleure rencontre avec un ours est celle qui n’a pas lieu. La plupart des attaques surviennent parce que les touristes surprennent un ours à courte distance (par exemple dans un virage ou derrière une crête). Sur les sentiers, vous devez faire du bruit en permanence. Avec Lukáš, nous parlons à voix haute et, quand nous traversons un endroit à faible visibilité ou que nous longeons une rivière bruyante, nous tapons des mains et lançons parfois notre fameux « Hey bear ! ».

On vend souvent des grelots à ours (bear bells), mais les rangers locaux vous diront qu’ils ne servent à rien, car leur son se propage mal en forêt et ressemble à un chant d’oiseau. Parlez toujours d’une voix humaine, ne partez pas en randonnée tôt le matin ou au crépuscule, lorsque la faune est la plus active, et cette règle vaut vraiment : n’allez jamais en forêt complètement seul.

route vers l'alaska
La seule joie sur la route était un troupeau de bisons et, de temps en temps, un caribou ou un ours au bord du chemin

2. Que faire en cas de rencontre avec un grizzly

Lorsque vous tombez sur un ours et qu’il vous a repéré, l’essentiel est le calme absolu. Vous ne devez surtout pas courir : un ours court jusqu’à 50 km/h et votre fuite réveillera en lui son instinct de chasseur. S’il s’agit d’un grizzly, restez sur place, parlez-lui d’une voix grave et calme (pour qu’il comprenne que vous êtes un humain et non une proie) et reculez lentement.

Si le grizzly attaque (chez lui, c’est généralement une attaque défensive, parce que vous l’avez surpris ou qu’il protège son territoire), utilisez le bear spray. Si malgré tout il y a contact physique, allongez-vous au sol face contre terre, protégez votre nuque avec vos mains, écartez les jambes (pour qu’il ne puisse pas facilement vous retourner sur le dos) et faites le mort. Dès que le grizzly comprend que vous ne représentez pas une menace, il perd généralement tout intérêt et s’en va.

3. Que faire face à un ours noir

Ours noir dans la brume matinale d'une foret canadienne

La rencontre avec un ours noir commence de la même manière : gardez votre calme et parlez-lui. Les baribals sont la plupart du temps plus craintifs. Vous pouvez essayer de paraître visuellement plus grand : levez les bras, ouvrez votre veste. La différence essentielle apparaît cependant si l’ours noir attaque.

Contrairement au grizzly, le baribal attaque souvent pour des raisons prédatrices et vous voit comme de la nourriture. Si un ours noir vous saute dessus, ne faites jamais le mort, mais battez-vous pour votre vie. Servez-vous de bâtons, de pierres, de vos poings, donnez des coups de pied, hurlez, visez les yeux et le museau. Vous devez le convaincre que vous êtes une proie trop dangereuse et trop coriace.

4. Le bear spray et comment l’utiliser correctement

Bear spray - equipement de protection obligatoire
Photo : USFWS Mountain Prairie / Domaine public / Wikimedia Commons

Le bear spray (bombe anti-ours à base de capsaïcine) est votre arme principale et la plus efficace ; à Banff comme à Jasper, c’est une obligation absolue pour chaque randonneur. Portez-le toujours à la ceinture ou sur la poitrine (jamais au fond du sac à dos, car vous n’avez que quelques secondes pour réagir). Le spray a une portée d’environ 4 à 5 mètres et projette un large nuage.

Si l’ours fonce vers vous, retirez la sécurité et appuyez sur la gâchette pendant 2 à 3 secondes (la bombe entière ne dure qu’environ 7 à 8 secondes de pulvérisation) en visant légèrement vers le sol, pour que le nuage de poivre forme un mur entre vous et l’animal. Attention au vent, pour ne pas vous le projeter vous-même dans les yeux. Souvenez-vous que le spray est à usage unique et ne sert pas de répulsif : n’en aspergez jamais votre tente ou vos vêtements !

5. Que faire en cas de rencontre avec des oursons

Ourson noir dans une prairie — ne jamais s'approcher

Voir de petits oursons adorables jouer dans une prairie peut sembler une expérience extraordinaire, mais c’est en réalité la situation la plus dangereuse dans laquelle vous puissiez vous retrouver. Là où il y a des oursons, il y a à coup sûr, à proximité, une mère immense et ultra-protectrice.

Jusqu’à 99 % des attaques de grizzly sont déclenchées par une mère protégeant ses petits. Si vous apercevez des oursons, vous ne devez en aucun cas, sous aucun prétexte, vous retrouver entre eux et leur mère. Quittez immédiatement les lieux, mais très lentement, par le même chemin que celui par lequel vous êtes arrivé, gardez un œil sur la zone (sans toutefois fixer l’ourse dans les yeux) et préparez votre bear spray.

6. L’ours affamé avant l’hiver

C’est une situation assez rare, mais bien réelle, en fin d’automne (octobre et novembre). Avant l’hibernation, les ours souffrent de l’hyperphagie évoquée plus haut et ont besoin de manger plus que jamais.

Si, à cette période, vous tombez sur un ours qui vous suit, ne montre aucun signe de peur et continue obstinément à avancer vers vous même quand vous reculez, il s’agit probablement d’un comportement prédateur. Dans ce cas, arrêtez-vous, faites-vous le plus grand possible, criez de manière agressive (pas de parole calme), lancez des pierres, préparez votre spray et faites clairement comprendre que vous ne serez pas une proie.

7. Le bear spray n’a absolument pas sa place en avion

Un conseil très pratique que les gens ignorent souvent : vous ne pouvez pas emporter de bear spray en avion, ni à l’aller ni au retour vers chez vous. C’est un récipient sous pression contenant une substance hautement irritante, et il est strictement interdit aussi bien en bagage cabine qu’en soute.

Vous devez vous procurer le bear spray sur place, au Canada. Vous pouvez l’acheter dans des magasins de plein air comme Mountain Equipment Co-op (MEC) ou Canadian Tire pour environ 60 CAD (attention, il expire au bout de 4 ans). Une excellente option, plus écologique, pour les touristes qui ne restent que peu de temps, est la location, par exemple dans les centres d’information, où cela vous coûtera environ 5 CAD par jour.

8. Les règles « bear-safe » pour le camping

Conteneur anti-ours pour le stockage de la nourriture
Photo : Yellowstone National Park from Yellowstone NP, USA / Domaine public / Wikimedia Commons

Camper en territoire à ours est magnifique, mais cela exige une discipline stricte. La règle d’or, c’est que rien de ce qui sent ne doit entrer dans la tente. Et cela ne concerne pas seulement la nourriture, mais aussi le dentifrice, le déodorant, la crème solaire, les emballages alimentaires vides ou même les vêtements dans lesquels vous avez fait griller des saucisses au coin du feu le soir.

Toutes ces affaires doivent être enfermées la nuit dans la voiture (si vous campez près de votre véhicule), ou rangées dans des conteneurs métalliques spéciaux anti-ours, obligatoirement mis à disposition dans chaque camping des parcs nationaux canadiens. Si vous campez en pleine nature, dans le backcountry, vous devez emporter votre propre conteneur portable et suspendre la nourriture aux arbres, loin de la tente.

9. Les « wildlife jams », ou embouteillages causés par les animaux

Grizzly dans la brume matinale au-dessus des Rocheuses — wildlife jam

En roulant dans les parcs canadiens, vous vivrez probablement ce qu’on appelle un « wildlife jam » ou « bear jam » : une file de dizaines de voitures qui s’arrêtent d’un coup au milieu de la route parce que quelqu’un a aperçu un ours sur le bas-côté. Souvenez-vous qu’en observant les animaux depuis votre voiture, vous devez maintenir une vitesse d’au moins 15 km/h, si la circulation le permet. S’arrêter complètement crée des situations très dangereuses.

Et c’est absolument crucial : ne sortez jamais de la voiture. Vous verrez régulièrement des gens debout, appareil photo en main, à deux mètres d’un ours, mais c’est non seulement extrêmement dangereux, mais aussi illégal, et les rangers distribuent sur place des amendes de 200 CAD ou plus.

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10. La sécurité sur les sentiers avec des enfants

Partir dans la nature avec des enfants est merveilleux, mais cela demande encore plus de prudence. Les enfants sont plus petits, bougent souvent de façon rapide et inattendue, et peuvent ressembler à une proie plus facile pour les prédateurs. La règle au Canada est claire : les enfants de moins de 12 ans doivent toujours marcher au centre du groupe, entre les adultes, et ne jamais courir devant ni traîner derrière.

Apprenez aux enfants à faire du bruit, faites-leur réciter des comptines ou chanter des chansons toutes les 30 secondes. Si vous croisez un ours, prenez immédiatement les plus jeunes enfants dans vos bras (ce qui les empêchera de se mettre à fuir en panique) et suivez les règles standard de retraite.

11. Que faire si un ours attaque la tente

C’est sans doute le pire cauchemar possible, qui ne se produit heureusement que de façon tout à fait exceptionnelle, surtout si vous respectez les règles évoquées plus haut concernant la nourriture. Mais s’il arrive qu’un ours vous surprenne la nuit dans votre tente en essayant d’entrer, en déchirant la toile ou en piétinant la tente, ne faites en aucun cas le mort.

Emmitouflé dans votre sac de couchage, vous seriez totalement sans défense et n’y survivriez probablement que par chance. Sortez donc immédiatement, aspergez de spray, hurlez à pleins poumons et frappez l’ours avec tout ce qui vous tombe sous la main : c’est une attaque purement prédatrice et il s’agit littéralement de votre vie.

12. Numéros d’urgence importants

Si quoi que ce soit d’imprévu se produit, ou si vous voyez un ours très agressif (ou encore d’autres touristes enfreindre les règles et nourrir les animaux), il est bon de savoir qui appeler. Dans tous les parcs nationaux, le numéro de police classique 911 fonctionne toujours, et vous joindrez ainsi la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

Cela dit, il est aussi utile d’avoir enregistré directement les numéros du standard des rangers et gardes-faune locaux, qui s’occupent en priorité des animaux. À Banff, appelez le 403-762-1470 et à Jasper le 780-852-6155. Enregistrez ces numéros dans votre téléphone, même si dans les zones plus reculées (backcountry) il n’y a souvent pas de réseau.

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Où se loger en territoire à ours et qu’en est-il des chiens

Pour préparer votre voyage dans les Rocheuses canadiennes, vous choisirez très probablement un hébergement dans l’un des trois grands centres que sont Banff, Jasper ou Canmore. Toutes ces villes se trouvent en plein cœur de la nature sauvage. Les prix grimpent très haut en haute saison estivale : comptez en moyenne 140 à 280 € la nuit pour deux personnes. Dans les campings, c’est évidemment moins cher (autour de 20 à 40 €), mais il faut réserver jusqu’à six mois à l’avance.

Et une remarque importante au sujet des animaux de compagnie : mieux vaut ne pas vous rendre dans les parcs nationaux canadiens avec votre chien. Le chien est en effet un appât énorme pour les ours (qui le perçoivent comme un coyote ou un loup agaçant). Beaucoup d’attaques ont commencé par un chien qui s’enfuit en forêt, provoque un ours et revient en panique tout droit vers ses maîtres, l’ours sur les talons. De plus, sur de nombreux sentiers populaires, les chiens sont totalement interdits pour des raisons de protection de la nature.

Banff et Canmore : le cœur du tourisme

Banff est une charmante petite ville pleine de restaurants et de boutiques, où les ours se promènent couramment dans les ruelles périphériques. Dans les deux villes, une règle stricte s’applique aux déchets : les poubelles spéciales sécurisées ne sont pas là pour la décoration, sinon les ours les ouvriraient en cinq minutes, je vous le dis par expérience 😁

À Banff, nous avons eu un coup de cœur pour le chaleureux Moose Hotel & Suites, qui possède de superbes piscines extérieures sur le toit, et pour ceux qui cherchent quelque chose de plus décontracté et un peu moins cher, le Canmore Rocky Mountain Inn, juste avant les portes du parc, est top.

Jasper : le nord plus sauvage

Jasper, situé quelques centaines de kilomètres plus au nord sur la célèbre Icefields Parkway, a une atmosphère bien plus décontractée et sauvage que Banff, plus commercial. La nature y est immense et la population d’ours, mais aussi de majestueux orignaux et wapitis, y est très dense.

Si vous voulez vivre la vraie romance des chalets en rondins, jetez un œil au Fairmont Jasper Park Lodge, où les animaux passent littéralement sous vos fenêtres et où vous vous sentez comme dans un documentaire National Geographic. Une alternative moins chère et très agréable est le Whistler’s Inn, en plein centre de la bourgade.

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Foire aux questions (FAQ)

C’est sans doute la question que nous recevons le plus souvent par e-mail de tout ce qu’il y a sur le blog. J’essaie donc d’y répondre honnêtement et j’y ajoute d’autres points sur lesquels vous nous interrogez régulièrement au moment de faire vos valises pour le Canada.

Quel ours vit au Canada ?

Au Canada vivent trois principales espèces d’ours. Le plus courant est l’ours noir (black bear), que vous rencontrerez presque partout. Dans les régions montagneuses de l’ouest du Canada (Alberta, Colombie-Britannique) vit l’énorme et très territorial grizzly. Dans le Grand Nord et les régions arctiques se trouve l’ours polaire. Lukáš et moi avons principalement rencontré les deux premières espèces, car observer les ours polaires nécessite des expéditions arctiques assez spécifiques et exigeantes.

À quoi faire attention au Canada ?

Lors de votre visite dans la nature canadienne, vous devez faire attention principalement à la faune sauvage (ours, élans, pumas), dont vous devez maintenir une distance de sécurité : 100 mètres pour les ours et 30 mètres pour les autres animaux. De plus, ne sous-estimez pas les conditions météorologiques changeantes en montagne, l’absence de signal mobile sur la plupart des sentiers et les amendes draconiennes pour violation des règles de protection de la nature, que les rangers locaux distribuent sans aucun compromis.

Que faire si je rencontre un ours en forêt ?

Arrêtez-vous et restez calme. Ne fuyez pas, car l’ours est beaucoup plus rapide et la fuite ne ferait que l’encourager à chasser. Parlez à l’animal d’une voix calme et grave et reculez lentement. Si l’ours attaque, cela dépend de l’espèce. Face à un grizzly, faites le mort et protégez votre nuque ; face à un ours noir, au contraire, battez-vous activement et agressivement pour votre vie. Dans les deux cas, ayez votre spray anti-ours déverrouillé et prêt à l’emploi.

Quel ours est le plus dangereux ?

Dans les zones touristiques du Canada, la femelle grizzly avec ses petits est considérée comme la plus dangereuse pour l’homme, car elle attaque de manière extrêmement agressive par instinct de protection et avec une force énorme. En termes d’agressivité prédatrice globale, l’ours polaire est probablement le plus dangereux, car il perçoit les humains comme une proie normale. Cependant, vous ne le rencontrerez certainement pas dans les parcs nationaux du sud et les destinations touristiques habituelles.

Puis-je apporter mon propre spray anti-ours dans l’avion ?

Non, c’est strictement interdit. Le spray anti-ours appartient à la catégorie des contenants sous pression et toxiques et vous ne pouvez pas l’emballer dans votre bagage à main ni dans vos bagages enregistrés. Vous devez simplement acheter le spray (environ 60 CAD soit 40 EUR) ou le louer (environ 5 CAD soit 3 EUR par jour) sur place directement au Canada et le rendre ou le donner à quelqu’un avant votre départ.

Combien de personnes sont tuées par des ours chaque année au Canada ?

Bien que les attaques soient très médiatisées et semblent terrifiantes, elles sont en réalité assez rares. Au cours des 100 dernières années, les ours ont tué environ 80 personnes au Canada, soit moins d’une personne par an. La grande majorité de ces tragédies s’est d’ailleurs produite parce que les gens ont ignoré les règles de sécurité, sont partis seuls, se sont déplacés silencieusement ou ont campé négligemment avec de la nourriture odorante dans leur tente.

Qu’est-ce que les wildlife jams (embouteillages d’ours) ?

Il s’agit d’embouteillages dangereux causés par des touristes qui arrêtent soudainement leur voiture au milieu de la route pour photographier un ours ou un cerf au bord de la chaussée. Au Canada, il est strictement interdit de sortir de la voiture dans ces situations sous peine d’une amende assez importante. La procédure correcte consiste à ralentir momentanément à 15 km/h, prendre une photo par la fenêtre entrouverte et continuer à rouler normalement, afin de ne pas stresser l’animal et ne pas bloquer la circulation.

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Lucie Konečná
Lucie Konečnáhttps://www.lkmedia.cz
Ahoj, jmenuji se Lucka a dá se toho o mě napsat hodně. 😁 Někdo mě nazývá blogerkou, jiný influencerkou nebo podnikatelkou, mám tak trochu renesanční osobnost a baví mě spousta věcí a taky jich hodně dělám. Vystudovala jsem původně žurnalistiku, ale už od vysoké školy se věnuji online marketingu.❤️ Žila jsem dlouhé roky jako digitální nomád a procestovala více jak 40 zemí. S manželem Lukášem pracuji pro české značky v rámci butikové agentury LK MEDIA a řídím provoz české firmy nanoSPACE.. Kromě cestování, nanotechnologií a online marketingu mě baví všechno kolem zdravého životního stylu, fitness a spánku.

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