Quand on descend du ferry et qu’on prend sa première grande inspiration, on le sent immédiatement. Dans l’air se mêlent le thym sauvage, le romarin, le myrte et la terre brûlée par le soleil. Les Corses appellent cette végétation si particulière le maquis. On raconte que Napoléon Bonaparte aurait un jour déclaré qu’il reconnaîtrait son île natale les yeux bandés, rien qu’à cette odeur unique. Un road trip en Corse, c’est avant tout une histoire de sensations.
La Corse mérite amplement son surnom d’Île de Beauté. Mais ne vous attendez pas à la Riviera française policée, avec ses promenades soignées et ses boutiques de luxe. Cette île est rude, fière et ne pardonne pas les erreurs de conduite. C’est en réalité une immense montagne que quelqu’un aurait prise pour la jeter, sans précaution, au milieu de la Méditerranée.
Si vous cherchez une destination pour une aventure en voiture en 2026, vous êtes au bon endroit. Le matin, vous pouvez grimper sur des rochers équipés de chaînes en acier, et l’après-midi rincer la sueur de votre visage dans un lagon turquoise. J’ai préparé pour vous un itinéraire détaillé sur huit jours, qui vous guidera à coup sûr à travers le meilleur de ce que la Corse a à offrir.

Résumé pour ceux qui n’ont pas le temps de tout lire
- Distance totale du parcours : Environ 600 à 700 kilomètres. L’île paraît petite, mais sur les routes de montagne sinueuses, les kilomètres défilent très lentement et la vitesse moyenne reste basse.
- Durée conseillée : Exactement 8 jours pleins pour le tour en lui-même, avec la possibilité d’allonger à 10 jours pour un rythme plus tranquille et davantage de repos sur les plages.
- Quand partir : Les meilleurs mois sont mai, juin et septembre. Évitez absolument le mois d’août à cause de la foule extrême et des prix démesurés.
- Transport : La voiture est une nécessité absolue. Sans elle, vous êtes pratiquement perdu sur l’île et vous n’atteindrez jamais les plus belles criques cachées.
- Ce qui vous attend : Des falaises de granit rouge plongeant dans la mer, des plages d’un blanc éclatant dignes des Caraïbes, de hauts sommets de montagne et des citadelles génoises historiques.
- Le conseil clé : Réservez votre ferry depuis le continent idéalement six mois à l’avance, car les places pour la haute saison disparaissent à une vitesse incroyable.
Quand partir pour ce voyage
Choisir la bonne période est absolument déterminant pour la réussite d’un road trip en Corse, et cela peut faire la différence entre tomber amoureux de l’île ou en repartir complètement épuisé. Les mois idéaux pour une visite sont mai, juin et septembre, quand le temps est déjà magnifiquement ensoleillé et que la mer, à l’automne, reste longtemps agréablement réchauffée par l’été. Sur les routes, on respire librement à cette période, les criques désertes sont presque rien que pour vous et les prix des hébergements restent raisonnables. Vous pouvez ainsi savourer tranquillement votre café du matin dans des ruelles historiques désertes, sans craindre de ne pas trouver de place de parking près de la plage.
À l’inverse, fuyez le mois d’août à grandes enjambées, car c’est le mois où Français et Italiens sont en vacances tous en même temps et prennent l’île d’assaut. Par rapport à juillet, il y a soudain deux à trois fois plus de touristes, ce qui représente une charge énorme pour les infrastructures de l’île. Les routes de montagne étroites se transforment régulièrement en parkings interminables au mois d’août, et les conducteurs perdent patience dans des bouchons qui se forment même dans les endroits les plus reculés en altitude.
Les plus belles plages d’un blanc éclatant du sud-est sont en été désespérément complètes, et les prix des ferries comme des hébergements s’envolent vers des sommets totalement absurdes. Même dans les campings, vous pouvez avoir un mal fou à trouver un emplacement libre pour une simple petite tente. Si vous n’avez pas d’autre choix que de partir pendant les grandes vacances, armez-vous d’une patience à toute épreuve et partez en excursion toujours tôt le matin, idéalement dès le lever du soleil, pour éviter les plus grandes foules.
Envisagez aussi un séjour tout début octobre, lorsque la Corse automnale dégage un charme merveilleusement paisible, que les couleurs de la nature commencent à changer et que l’affluence touristique s’apaise. Quelle que soit la période choisie, achetez vos billets de ferry très en avance, car les places aux horaires les plus prisés disparaissent à la vitesse de l’éclair et, sur place, vous risqueriez tout simplement de ne pas pouvoir monter à bord.
Infos pratiques : voiture, transport et budget
On peut certes rejoindre l’île en avion via l’un des quatre aéroports locaux, mais la plupart des voyageurs choisissent à juste titre le ferry. La traversée la plus rapide est la liaison Nice–Bastia, qui dure environ six à sept heures de navigation pure. Depuis Toulon, comptez huit à dix heures, et depuis Marseille c’est historiquement la plus longue traversée, où vous passerez douze à quatorze heures sur le bateau : il vaut vraiment la peine de payer un supplément pour une cabine de nuit.
Si vous souhaitez économiser sérieusement, envisagez un départ depuis l’Italie continentale, car les ports italiens sont systématiquement les moins chers et la traversée depuis Livourne ne dure qu’environ quatre heures. Un passager seul paiera son billet entre 40 et 100 euros, mais dès que vous ajoutez la voiture et que vous voyagez à deux, le billet aller-retour vous coûtera entre 250 et 1000 euros. Tout dépend surtout du moment où vous réservez et de la saison exacte du voyage.
Sur l’île même, la voiture est clairement une question de survie et sans elle, vous êtes totalement coincé en Corse. Les transports en commun existent en théorie, mais compter dessus revient à passer ses vacances à attendre à des arrêts où le bus arrivera peut-être… ou peut-être pas. La voiture vous offre une liberté absolue pour découvrir les criques désertes et explorer les cols de montagne reculés à votre propre rythme.
Les routes sont ici très souvent taillées directement dans la roche abrupte. Les routes corses sont étroites, incroyablement sinueuses et pleines d’animaux, alors préparez-vous à ce que la vitesse moyenne dépasse rarement les quarante kilomètres par heure. Le budget pour un road trip d’une semaine à deux personnes, avec voiture personnelle et hébergement en pension, s’élève à environ 1500 à 2000 euros selon la façon dont vous vous ferez plaisir dans les tavernes locales.
Itinéraire jour par jour
Ce plan détaillé est astucieusement conçu pour faire le tour de toute l’île dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Cela vous garantit de rouler sur le côté extérieur de la route, d’où vous profiterez en permanence des plus belles vues, les plus photogéniques, sur la mer.

Jour 1 : Bastia et le Cap Corse au nord
Votre road trip d’aventure commence par un débarquement dans le port animé de Bastia, au nord-est de l’île, qui sert de principale porte d’entrée pour les ferries. Cette ville est superbement authentique, un peu rude au premier abord, et les ruelles étroites de son vieux port embaument magnifiquement le poisson et les fromages affinés. Prenez vraiment le temps d’un café matinal sur le port et imprégnez-vous de la véritable atmosphère locale avant de monter pour la première fois en voiture et de filer vers le nord.
L’objectif principal de la journée est le Cap Corse, une péninsule longue de trente kilomètres qui pointe comme un doigt dressé vers Gênes, en Italie. C’est en fait toute la Corse en miniature, où une route côtière étroite vous mène le long de vieilles tours de guet génoises, de petits villages de pêcheurs et de falaises abruptes plongeant dangereusement dans les vagues. Les vues y sont absolument à couper le souffle, surtout sur le versant ouest de la péninsule, et elles vous forceront à vous arrêter tous les deux kilomètres.
L’après-midi, je vous recommande de descendre dans la jolie région de Patrimonio, réputée pour ses vignobles verdoyants et offrant les toutes meilleures dégustations de vin de l’île. Pour le dîner, arrêtez-vous dans une taverne locale et commandez une excellente pizza végétarienne à la farine de châtaigne, avec du brocciu, ce fromage de brebis frais local. Les habitants adorent certes leurs charcuteries copieuses, mais vous trouverez ici étonnamment beaucoup d’options légères et sans viande à base de légumes frais.
💡 Astuce : Pour la première nuit, logez dans le petit port de Saint-Florent, à deux pas de Patrimonio. Vous le trouverez facilement sur Booking et il vous offrira une base stratégiquement idéale pour la suite du voyage vers l’ouest.

Jour 2 : Calvi et la côte de Balagne
Juste après le petit-déjeuner, quittez Saint-Florent en direction de l’ouest, à travers le désert aride des Agriates, qui forme un contraste fascinant avec les vignobles verts. La route sinueuse vous mène à l’agréable petit port de L’Île-Rousse, qui doit son drôle de nom aux îlots de granit rouge intense éparpillés juste au large. Arrêtez-vous pour un café matinal, promenez-vous sur la promenade locale et imprégnez-vous de cette atmosphère merveilleusement détendue, en net contraste avec la nature sauvage des environs.
L’objectif principal de cette journée est la charmante ville de Calvi, au nord-ouest, dominée fièrement par une immense citadelle historique. Cette forteresse s’élève sur un promontoire rocheux juste au-dessus de la mer, et derrière ses remparts se cache un labyrinthe complexe de ruelles pavées avec des cafés pittoresques où l’on peut passer tout l’après-midi. Pour les amateurs de randonnée de montagne extrême, bon à savoir : ce n’est pas loin d’ici, au village de Calenzana, que débute le tronçon nord — et le plus brutal — du célèbre trek de montagne GR20.
La région autour de Calvi s’appelle la Balagne et offre de magnifiques plages de sable à la pente très douce, idéales pour une détente l’après-midi. Pour un déjeuner tardif, goûtez la soupe corse traditionnelle, mijotée avec une énorme quantité de légumes frais, de haricots locaux et d’herbes parfumées cueillies directement dans le maquis. Elle vous calera à coup sûr pour tout le reste de l’après-midi passé à se baigner et à explorer les ruelles oubliées de la vieille ville.
💡 Astuce : Calvi est l’endroit absolument idéal pour passer une nuit tranquille. Réservez via Booking une chambre à l’hôtel Le Magnifique ou dans l’une des petites pensions romantiques juste sous la vieille citadelle.

Jour 3 : Le golfe de Porto et la réserve naturelle de Scandola
Le troisième jour, un trajet fascinant vous attend le long de la côte ouest, en direction du sud, là où l’île révèle son visage le plus dramatique. Cette partie de la Corse est purement consacrée à la nature sauvage, où de hautes montagnes rencontrent la mer dans les formes volcaniques les plus étranges. Votre objectif principal sera le magnifique golfe de Porto et la crique protégée de Girolata, où vous oublierez un instant l’existence de toute civilisation environnante.
Un peu plus au nord de Porto se trouve la réserve naturelle strictement protégée de Scandola, classée à juste titre au patrimoine de l’UNESCO. C’est l’un des rares endroits en France où vous ne pourrez absolument pas accéder en voiture, et pour des raisons de protection de la nature, l’accès à pied y est lui aussi interdit. Le seul moyen possible de voir cet paysage volcanique unique, fait de grottes sombres, de falaises rouges et d’aigles pêcheurs nichant à flanc de roche, est de prendre un bateau d’excursion depuis le port de Porto ou de Calvi.
Les règles sont ici extrêmement strictes et, depuis le pont du bateau d’excursion, il est absolument interdit de débarquer afin de ne pas perturber la faune locale. L’écosystème fragile est tellement surchargé par le trafic maritime que la gestion du parc met en place des mesures très sévères : vers 2027, des quotas stricts pour les bateaux entrants devraient entrer pleinement en vigueur. Je recommande donc de planifier cette excursion très en avance et d’acheter les billets via GetYourGuide le plus tôt possible avant le départ.
💡 Astuce : Logez cette nuit-là directement dans le petit bourg de Porto. Le matin, vous n’aurez que quelques dizaines de pas jusqu’au port et, le soir, vous profiterez d’un coucher de soleil inoubliable sur le golfe.

Jour 4 : Les Calanche de Piana et la route vers Ajaccio
Partez tôt le matin sur la route panoramique D81, qui relie Porto au pittoresque village de montagne de Piana. Vous traverserez l’impressionnante zone des Calanches de Piana, où des formations de granit rongées par l’érosion plongent des centaines de mètres directement dans la mer déchaînée. Oubliez les falaises de calcaire blanc que vous connaissez peut-être du côté de Marseille, car ici la roche est littéralement rouge sang et offre un spectacle absolument magique, surtout dans la lumière du matin.
La route est, dans ces lieux dramatiques, taillée directement dans la roche, et y rouler demande vraiment des nerfs solides. Elle est si incroyablement étroite que lorsque deux bus se croisent dans un virage, les conducteurs doivent manœuvrer au millimètre près et vous retiendrez votre souffle. Arrêtez-vous sur l’une des petites aires de repos et faites une courte randonnée jusqu’à la côte : sous le soleil de fin d’après-midi, les roches s’embrasent d’un rouge intense et vos photos n’auront besoin d’aucun filtre.
L’après-midi, vous rejoindrez tranquillement la capitale de l’île, Ajaccio, où est né le célèbre chef de guerre Napoléon Bonaparte, dont les traces historiques se retrouvent à chaque coin de rue. Les rues sont pleines de cafés animés et de statues de l’empereur, un aéroport international ne manque pas et l’atmosphère générale est nettement plus urbaine et française que dans le reste de l’île.
💡 Astuce : À Ajaccio, trouvez pour le dîner un restaurant chaleureux dans le centre historique et goûtez des pâtes locales à la sauce au fromage généreuse, relevées d’herbes fraîches cueillies directement dans le maquis sauvage.

Jour 5 : Corte la montagnarde et les gorges de la Restonica
Le cinquième jour, vous quittez définitivement la côte pour partir explorer l’arrière-pays rude et silencieux, où réside la véritable âme de l’île. Le cœur de la Corse offre aux voyageurs un tout autre monde, où règnent un calme absolu, les profondes forêts de châtaigniers de la Castagniccia et des pics de granit acérés qui s’élèvent majestueusement vers le ciel. Votre objectif principal sera la ville historique de Corte, considérée à juste titre comme le centre spirituel de toute la Corse : c’est ici qu’au XVIIIe siècle, sous la direction de Pascal Paoli, siégeait le premier gouvernement corse indépendant.
Corte est entourée de toutes parts de hautes montagnes et abrite encore aujourd’hui la seule université de l’île, ce qui donne à cette ancienne cité une atmosphère étudiante très agréable et animée. Depuis la ville, vous rejoignez facilement par une petite route les célèbres gorges de la Restonica, qui figurent parmi les plus beaux joyaux naturels de l’arrière-pays. La route qui longe la rivière glaciaire est vraiment extrêmement étroite et se termine par un parking de délestage haut dans la montagne, où je vous conseille d’arriver le plus tôt possible le matin.
De là, vous pouvez partir pour une superbe randonnée, mais physiquement assez exigeante, jusqu’aux lacs de montagne cristallins du Melo et du Capitello. Préparez-vous toutefois à l’avance : l’eau y est glacialement rafraîchissante même en plein été et seuls les plus endurcis osent s’y baigner. Le soir, après ce trek éprouvant, vous méritez une vraie récompense : n’oubliez pas de commander pour le dîner l’excellente bière corse Pietra, brassée de façon originale à partir de châtaignes locales.
💡 Astuce : Loger en montagne a un charme bien particulier. Trouvez via Booking une petite pension en pierre directement à Corte et profitez de l’air de montagne plus frais.

Jour 6 : Les Aiguilles de Bavella et la descente vers le sud
Aujourd’hui vous attend un trajet long, mais visuellement saisissant, à travers le majestueux arrière-pays en direction du sud tant convoité de l’île. Vous passerez près des emblématiques Aiguilles de Bavella, qui vous couperont le souffle. Ce sont des tours de granit acérées et déchiquetées s’élevant haut au-dessus des forêts de pins verdoyantes, créant un panorama corse absolument inoubliable.
Cette région montagneuse est un paradis absolu pour les grimpeurs et les passionnés de canyoning, qui y viennent de toute l’Europe. C’est précisément ici que vous prendrez pleinement conscience que la Corse n’est en réalité qu’une immense montagne posée dans la mer. N’oubliez pas de glisser dans votre valise de bonnes chaussures de randonnée, car même de courtes promenades depuis la route exigent un pied sûr, et en tongs de plage vous n’iriez vraiment pas loin sur ces pierres acérées.
Depuis les montagnes fraîches, vous redescendrez ensuite par de longs lacets jusqu’à la côte, tout au sud de l’île, jusqu’à la ville de Bonifacio, où vous accueillera l’air méditerranéen brûlant. Le contraste entre les montagnes froides et la côte réchauffée par le soleil est absolument fascinant et illustre magnifiquement l’immense diversité de l’île. Pour le dîner à Bonifacio, commandez une excellente aubergine gratinée aux tomates et au fromage de brebis fondant, dans l’un des restaurants romantiques juste au bord du port animé.
💡 Astuce : Le trajet de Corte à Bonifacio en passant par Bavella vous prendra presque toute la journée. Partez donc vraiment tôt le matin pour avoir suffisamment de temps pour les photos et des arrêts sécurisés aux points de vue.

Jour 7 : Bonifacio, la ville perchée sur les falaises
Si vous ne deviez visiter qu’un seul endroit en Corse, ce serait à coup sûr Bonifacio, car elle vous laissera tout simplement bouche bée. Cette ancienne cité défie littéralement les lois de la gravité, puisque sa vieille ville et son imposante citadelle sont en équilibre tout au bord de falaises de calcaire d’un blanc éclatant. Ces falaises tombent à la verticale dans la mer déchaînée, loin en contrebas, et les maisons historiques semblent prêtes à glisser dans les vagues d’un instant à l’autre.
Allez absolument voir le célèbre Escalier du Roi d’Aragon, soit exactement 187 marches taillées directement dans la paroi rocheuse abrupte sous la citadelle. Selon une vieille légende, ce sont des soldats aragonais qui l’auraient taillé en une seule nuit sombre lors du siège de 1420, même si, en réalité, on doit plutôt cet ouvrage à des moines franciscains en quête d’une source d’eau potable. Quoi qu’il en soit, la descente jusqu’au niveau de la mer puis la remontée abrupte sous un soleil de plomb sont une épreuve sportive que vos jambes ne sont pas près d’oublier.
Depuis Bonifacio s’ouvre aussi la porte symbolique vers les îles Lavezzi, où je vous recommande vivement de faire une excursion en bateau l’après-midi. C’est une magnifique réserve naturelle faite d’énormes blocs de granit dispersés dans une eau cristalline, où vous ne trouverez pas le moindre coin d’ombre ni de buvette. Emportez d’énormes réserves d’eau potable, un masque de plongée et une crème solaire vraiment efficace, sinon vous attraperez un coup de soleil dès la première heure.
💡 Astuce : Les bateaux d’excursion vers les Lavezzi partent directement du port de Bonifacio à intervalles réguliers. Vous pouvez acheter les billets sur place aux guichets, mais en haute saison je conseille d’arriver tôt le matin.

Jour 8 : Les Caraïbes de la Méditerranée et les plages de Porto-Vecchio
Consacrez entièrement le dernier jour de votre road trip à la côte sud-est, au pied de la ville de Porto-Vecchio, à laquelle l’île doit son surnom de Polynésie européenne. Le sable y est blanc et fin comme de la farine et la mer joue toutes les nuances imaginables de bleu et d’azur, si bien que vous vous croirez par moments quelque part aux Caraïbes plutôt qu’en France. Préparez-vous toutefois à ne pas être les seuls, et de loin, à connaître cette merveille en pleine saison.
Arrêtez-vous absolument à la plus célèbre plage de toute l’île, Palombaggia, bordée par les cimes de majestueux pins parasols qui offrent une ombre salvatrice. De l’eau peu profonde émergent çà et là de superbes rochers de porphyre rouge, formant un kitsch parfaitement photogénique. Mais venez-y dès le petit matin, car l’étroite route d’accès se bouche à une vitesse incroyable et le stationnement, après neuf heures, se transforme en véritable champ de bataille.
Un autre excellent choix de baignade est la baie de Santa Giulia, qui forme un lagon naturel parfait en forme de fer à cheval. L’eau y est si calme et reste peu profonde sur une distance incroyable que vous avez l’impression de vous tenir dans une immense piscine chauffée, ce qui est idéal pour louer un paddle. L’après-midi, il ne vous reste plus qu’un trajet rapide par la route principale de l’est pour rejoindre Bastia et le ferry du soir, par lequel vous direz adieu à cette île magique.
💡 Astuce : Un peu plus au sud, à l’abri des foules de touristes, se cache la magnifique baie de Rondinara. Sa forme rappelle un coquillage et, parce qu’elle est resserrée entre deux péninsules boisées, elle est joliment protégée du vent. En 2019, elle a même été classée parmi le TOP 10 des plus belles plages du monde.
Où se loger le long du parcours
💡 Astuce hébergement et activités : Nous préférons chercher nos hébergements sur Booking.com, où l’on trouve les meilleures conditions d’annulation. Pour les billets, excursions et activités, le mieux est de comparer et de réserver via GetYourGuide.
Lors de la planification de votre hébergement en Corse, il est absolument crucial de ne pas passer toutes vos vacances au même endroit et de ne pas faire de longs allers-retours vers les coins les plus reculés de l’île. Je vous recommande de changer d’hébergement toutes les deux nuits, afin de réduire efficacement les trajets longs et très fatigants sur les routes de montagne sinueuses, où la vitesse moyenne tombe souvent sous les quarante kilomètres par heure. L’idéal est de combiner astucieusement les villes côtières et l’arrière-pays plus frais, ce qui vous fera découvrir les deux magnifiques visages de l’île dans toute leur splendeur.
Au nord de l’île, Bastia ou la proche Saint-Florent constituent une base stratégique idéale, d’où vous explorerez facilement le Cap Corse. À Saint-Florent, vous trouverez de jolis hôtels plus petits, comme par exemple le Hotel La Roya, qui offre un calme parfait et un excellent accès aux plages comme aux montagnes. Pour explorer la Balagne, choisissez clairement Calvi et logez à distance de marche de la citadelle, afin de profiter des balades du soir sans devoir chercher péniblement une place de parking.
Sur la côte ouest, je recommande de poser solidement ses valises directement dans le golfe de Porto, d’où vous pourrez facilement partir tôt le matin en bateau vers la réserve de Scandola. Par exemple, l’Hotel Capo d’Orto offre des vues fantastiques directement sur les roches de granit rouge et la vaste mer. En montagne, cherchez ensuite un hébergement à Corte, où l’on trouve plein de petites pensions familiales avec une authentique atmosphère corse et d’excellents petits-déjeuners locaux qui vous rechargeront à coup sûr pour les longues randonnées de montagne.
Le grand sud exige au moins deux nuits tranquilles à Bonifacio ou à Porto-Vecchio, pour avoir assez de temps tant pour les plages d’un blanc éclatant que pour les spectaculaires falaises calcaires. À Bonifacio, essayez le populaire Hotel des Etrangers, d’où vous rejoignez très facilement à pied le centre historique et l’Escalier du Roi d’Aragon. N’oubliez pas de réserver votre hébergement pour 2026 très en avance, idéalement dès l’hiver, car les meilleures adresses disparaissent irrémédiablement dès le début du printemps et les prix de dernière minute sont franchement désagréables.
Pour aller plus loin
Si voyager à travers les régions françaises vous a pris au cœur, ne manquez surtout pas d’autres beaux endroits. Lisez notre article complet Road trip dans le sud de la France, où vous trouverez une foule d’inspirations pour la partie continentale de ce magnifique pays.
Pour des informations plus détaillées sur l’île elle-même, jetez absolument un œil à l’article complet Corse. Et si les falaises blanches vous fascinent sur les photos, ne manquez pas non plus notre article spécialement consacré à la ville de Bonifacio.
Et pour les plus grands montagnards et aventuriers, nous avons un guide dédié à la légendaire traversée de montagne. Découvrez tout l’essentiel dans l’article GR20, qui vous préparera parfaitement au trek le plus difficile de toute l’Europe.
Questions fréquentes
Ai-je absolument besoin d’une voiture de location en Corse ?
Oui, la voiture est une nécessité absolue et indiscutable pour découvrir l’île. Les transports en commun sont très limités, peu fiables et ne vous mèneront ni aux plus belles plages ni aux villages de montagne. Sans voiture, vous ne verrez qu’une infime partie de ce que l’île a à offrir et vous passerez beaucoup de temps à attendre inutilement aux arrêts sous la chaleur.
Combien coûte le ferry pour la Corse pour deux personnes avec une voiture ?
Les prix pour 2026 varient énormément selon la saison et l’anticipation de la réservation. Un billet aller-retour depuis la France ou l’Italie pour deux adultes avec une voiture vous coûtera environ 250 à 1000 euros. Historiquement, les traversées depuis le port italien de Livorno sont les moins chères, tandis que depuis Marseille vous paierez beaucoup plus pour une traversée de 14 heures.
Quelle est la meilleure période absolue pour visiter l’île ?
Les meilleurs mois pour un road trip tranquille sont mai, juin et septembre. Le temps est très agréable, les routes sont plus dégagées et la mer reste merveilleusement chaude en automne grâce à l’été. Je recommande vivement d’éviter août en raison des foules énormes de touristes français et italiens, où le nombre de personnes sur l’île triple, et des prix extrêmes.
Conduire en Corse est-il vraiment dangereux ?
La conduite demande une grande prudence et des nerfs très solides. Les routes de montagne sont extrêmement étroites, sinueuses et souvent taillées directement dans les falaises au-dessus du vide sans garde-fous corrects. Mais si vous roulez lentement, klaxonnez préventivement avant les virages sans visibilité et ne vous laissez pas déstabiliser par les conducteurs locaux, vous vous en sortirez sans problème.
Quels plats locaux les végétariens devraient-ils essayer ?
La Corse est un véritable paradis des fromages et des châtaignes comestibles. Essayez absolument le brocciu, fromage de brebis local, la soupe de légumes traditionnelle consistante, les pâtes et pizza sans viande à base de farine de châtaigne. En montagne, ne manquez surtout pas l’excellente bière à la châtaigne Pietra ou l’aubergine gratinée, qui après une journée complète de randonnée a un goût absolument parfait.
Le camping sauvage est-il autorisé sur l’île ?
Non, planter sa tente n’importe où dans la nature est strictement et catégoriquement interdit sur toute l’île et c’est très surveillé. Cela vaut également pour le célèbre trek de montagne GR20, où vous devez dormir exclusivement à proximité immédiate des refuges de montagne officiels, et ce avec une réservation préalable obligatoire, qui est aujourd’hui indispensable.
Combien de temps faut-il pour faire le tour de l’île en voiture ?
Bien que l’île ne mesure que près de deux cents kilomètres de long, il vous faut au minimum sept à dix jours pour un circuit complet. En raison du terrain très difficile et des routes sinueuses, les kilomètres défilent très lentement, la vitesse moyenne est faible et en plus vous voudrez constamment vous arrêter sur les étroites aires de repos pour admirer les vues à couper le souffle.
Où trouver les plus belles plages ?
Les plus belles plages de sable blanc rappelant les Caraïbes se trouvent au sud-est autour de la ville de Porto-Vecchio. Parmi les plus célèbres et les plus photographiées figurent la plage de Palombaggia bordée de pins parasols, le lagon peu profond de Santa Giulia rempli de paddleboarders et la baie parfaitement abritée de Rondinara, qui a la forme d’un coquillage parfait.
