La Maison Dansante et la Prague moderne : l’architecture des XXe et XXIe siècles

Lorsque, pendant mon cours de photojournalisme à l’Université Charles, on m’a confié la mission de photographier les contrastes des rues de Prague, je savais que l’architecture moderne de Prague cachait bien plus que de simples bureaux rutilants. C’est pourquoi mes premiers pas ne m’ont pas menée sur la place de la Vieille-Ville.

Mon lourd reflex autour du cou, je me tenais sur la place Jirásek, observant le soleil matinal se refléter dans les panneaux de verre, attendant que le tramway numéro 17 passe devant cet édifice qui, dans les années 1990, a divisé Prague en deux camps irréconciliables. La Maison Dansante représentait pour moi à l’époque le symbole parfait du fait qu’une ville n’est pas un musée figé rempli d’angelots baroques et de tours gothiques, mais un organisme vivant qui respire, grandit et parfois provoque.

Grâce à mes années passées au lycée de Malá Strana, je connaissais Prague à travers le prisme des manuels d’histoire. Nos professeurs nous traînaient de palais en églises, si bien que j’avais développé un lien avec les sgraffites Renaissance dès l’adolescence. Mais la véritable fascination pour la ville n’est venue qu’au moment où j’ai commencé à découvrir son visage contemporain. L’architecture moderne a en effet à Prague une tout autre énergie qu’à Berlin ou à Rotterdam. Ici, chaque nouveau bâtiment doit livrer un combat silencieux avec l’histoire millénaire qui l’entoure. La Maison Dansante déconstructiviste en est un exemple éclatant, tout comme la Nouvelle Scène brutaliste en verre ou les étonnamment paisibles villas cubistes au pied de Vyšehrad.

Avec mon mari Lukáš, nous revenons à Prague chaque année et nos itinéraires changent peu à peu. Alors qu’autrefois nous passions nos vendredis soirs dans les galeries à moitié vides de Holešovice à débattre d’art contemporain, aujourd’hui nous manœuvrons à travers la ville avec notre fils Jonáš, deux ans, dans sa poussette. J’ai ainsi découvert que les vastes espaces autour des grands magasins brutalistes ou les quais accessibles sont bien plus accueillants pour la logistique familiale que les étroites ruelles pavées de Malá Strana. Nous passons surtout beaucoup de temps sur le quai Rašín, où Jonáš observe les bateaux pendant que nous savourons un café dans les caves de la digue magnifiquement rénovées.

Alors venez avec moi — de la Maison Dansante aux grands magasins brutalistes jusqu’aux villas cubistes, où j’ai dû convaincre Jonáš qu’une rampe hexagonale était aussi une attraction. Nous découvrirons ensemble le brutalisme brut, les espaces publics réaménagés et l’art qui font de la capitale tchèque bien plus qu’un simple décor pour films historiques.

La Maison Dansante sur le quai Rašín, icône de l'architecture moderne de Prague
La Maison Dansante sur le quai Rašín

Résumé pour ceux qui n’ont pas le temps de tout lire

  • N’admirez pas la Maison Dansante (officiellement Ginger & Fred) seulement de l’extérieur : au lieu de payer une entrée onéreuse pour la terrasse panoramique, offrez-vous un verre au Glass Bar au dernier étage.
  • Le restaurant Ginger & Fred dans la Maison Dansante offre de superbes vues sur Hradčany, mais attendez-vous à des prix premium pour cet emplacement.
  • La tour de télévision de Žižkov, avec ses bébés de David Černý, est la plus haute construction de la ville et un exemple d’architecture high-tech longtemps détestée des habitants, aujourd’hui devenue une évidence.
  • Pour l’art et l’architecture contemporains, rendez-vous au DOX à Holešovice, où trône sur le toit un gigantesque dirigeable en bois nommé Gulliver.
  • La Nouvelle Scène du Théâtre national, signée Karel Prager, est un fascinant exemple de brutalisme de verre, sous lequel s’est écrite l’histoire moderne lors des manifestations sur l’avenue Národní.
  • Le CAMP (Centre d’architecture et d’urbanisme) dans le complexe d’Emmaüs est un lieu gratuit et formidable pour comprendre comment Prague évolue sur le plan urbain.
  • Si vous voulez voir une singularité architecturale tchèque, parcourez les bâtiments cubistes, de la Maison à la Vierge noire jusqu’à la villa Kovařovic au pied de Vyšehrad.
  • Le quai Rašín (la náplavka) a fait l’objet d’une superbe modernisation : les anciennes glacières de la digue ont été remplacées par des cafés design dotés d’uniques portes vitrées circulaires.
  • Le phénomène de la Cité du Sud (Jižní Město) montre la dure réalité des grands ensembles en panneaux préfabriqués de l’ère socialiste, un énorme projet urbanistique pour des centaines de milliers de personnes.
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Architecture moderne de Prague : quand partir

Trouver les bons angles pour photographier des surfaces de béton et de verre exige une lumière particulière. Les bâtiments modernes de Prague se dressent souvent le long d’axes de circulation animés ou sur de vastes esplanades, si bien que le timing de votre balade influence radicalement l’impression d’ensemble. J’ai moi-même constaté que chaque saison donne à ces édifices un tout autre contexte.

Printemps et automne : lumière dorée et festivals

Avril, mai, puis septembre et octobre sont selon moi le choix évident. Le soleil printanier vif se reflète à merveille sur les briques de verre de la Nouvelle Scène, et la douce lumière automnale sied au béton brut.

Si vous prévoyez votre visite à l’automne, notez absolument dans votre agenda le Signal Festival, qui se déroule du 15 au 18 octobre 2026. Pendant cet événement, les façades modernes et historiques se transforment en immenses toiles pour du mapping vidéo lumineux et les rues s’animent d’art numérique contemporain.

Hiver et petit matin : le visage brut de la ville

Janvier et février révèlent la couche la plus dure de la ville. Les touristes disparaissent et vous avez tout l’espace pour percevoir l’échelle des constructions sans éléments perturbateurs. Les bâtiments brutalistes dans la brume glaciale paraissent exactement aussi dystopiques que les architectes des années 1970 l’avaient peut-être imaginé.

Une promenade matinale le long des quais déserts, quand la brume s’élève de la Vltava et que vous avez tout le panorama avec la Maison Dansante rien que pour vous, compense largement le froid le plus mordant. Vous réchaufferez ensuite facilement vos doigts gelés dans l’une des nombreuses galeries.

Où loger

Lorsque, l’an dernier, nous cherchions avec Lukáš et le petit Jonáš une base qui nous offrirait confort, espace et correspondrait à notre goût pour le design moderne, nous avons choisi le The Julius Hotel sur la place Senovážné. L’hôtel occupe un bâtiment historique, mais l’intérieur a été conçu par le studio milanais Matteo Thun & Partners, si bien qu’on y trouve un design parfaitement épuré, moderne et fonctionnel aux teintes terreuses. Nous logions dans une One Bedroom Suite, que je recommande des deux mains pour voyager avec un enfant de deux ans. Nous avions une chambre séparée, une kitchenette entièrement équipée et une immense salle de bain. Le matin, je me préparais un café de spécialité directement dans la chambre pendant que Jonáš explorait les tapis moelleux. L’hôtel se trouve à quelques pas de la gare Masaryk, qui a récemment reçu une façade ultramoderne signée Zaha Hadid : votre visite architecturale commence donc dès que vous quittez le lobby. Consultez les prix et la disponibilité des chambres du Julius Hotel sur Booking.com ici.

Où manger à Prague

Quand on flâne dans la ville avec une poussette en admirant les courbes de béton, la faim finit tôt ou tard par se manifester. Heureusement, Prague regorge d’adresses où l’excellente cuisine rencontre un espace et un design somptueux, si bien que vous n’avez même pas à interrompre votre expérience architecturale à l’heure du déjeuner.

Lukáš est plutôt viande, moi, végétarienne, je cherche quelque chose de plus léger, mais dans les bistrots modernes autour des galeries, nous trouvons toujours un compromis. Je vous recommande volontiers quelques-unes de mes haltes préférées, où l’on mange bien et où l’on s’attarde dans un bel intérieur.

Mes bistrots et cafés préférés

Si vous vous baladez autour de la Nouvelle Scène du Théâtre national, allez absolument déjeuner dans les rues alentour. Je ne jure que par les bistrots légers en direction de l’avenue Národní, où l’on tombe souvent sur de fantastiques options végétariennes et un café de spécialité. On ressent ici l’énorme évolution de la gastronomie, où même le café le plus ordinaire ressemble à une page de magazine de design.

Mon deuxième tuyau secret est de combiner la visite d’Emmaüs et du CAMP avec un brunch tardif. Le café sur place est parfait pour un espresso rapide, mais juste au coin de la rue vous trouverez plein de établissements modernes aux vitrines vitrées et à la cuisine ouverte. Quand on y est assis et que Jonáš s’endort enfin ne serait-ce que cinq minutes dans sa poussette, c’est pour moi le vrai nirvana praguois.

La Maison Dansante : de la controverse à l’icône

Aucune autre construction contemporaine n’a suscité à Prague des débats aussi passionnés. Aujourd’hui, nous passons devant comme devant une évidence, mais je me souviens, d’après les récits d’amis plus âgés, du tollé immense provoqué par cette fantaisie déconstructiviste sur les quais.

Architecture et histoire de sa création

La Maison Dansante et les bâtiments environnants sur le quai Rašín, vue latérale des formes dynamiques de l'édifice
Photo : Eliška Jindříšková / CC BY-SA 4.0 / Wikimedia Commons

À l’angle de la place Jirásek et du quai Rašín se dressait à l’origine un immeuble de rapport, détruit en 1945 par une bombe américaine. La parcelle vacante est restée vide pendant des décennies, jusqu’à ce que Václav Havel, qui habitait la maison voisine, entre en jeu. Avec l’architecte croato-tchèque Vlado Milunić, ils rêvaient d’un bâtiment à portée culturelle. Le célèbre architecte canado-américain Frank Gehry a finalement rejoint le projet et, en 1996, la construction était achevée. Les deux tours, l’une statique en pierre et l’autre dynamique en verre, symbolisent le célèbre couple de danseurs Fred Astaire et Ginger Rogers. Le contraste entre l’histoire figée et l’avenir dynamique est ici palpable dans chaque détail. Le bâtiment mérite un examen attentif de l’extérieur. Remarquez les fenêtres asymétriques saillant de la façade, censées évoquer des tableaux dans leurs cadres.

En pratique, vous y accédez en tramway (arrêt Jiráskovo náměstí) ou à pied le long de la rivière depuis le Théâtre national. L’extérieur du bâtiment est accessible en permanence et les meilleures photos se prennent soit depuis l’angle opposé de la place, soit depuis les quais en contrebas.

💡 Astuce : La plus belle lumière pour photographier la tour de verre « Ginger » se trouve en fin d’après-midi, lorsque le soleil couchant au-dessus de Smíchov vient s’y appuyer.

La terrasse panoramique et le Glass Bar

Beaucoup de touristes paient une entrée élevée juste pour monter en ascenseur au dernier étage et faire une photo. Si vous voulez voir la ville à vol d’oiseau, la terrasse panoramique de la Maison Dansante offre une vue sur le Château de Prague, Petřín et la Vltava réellement saisissante. La terrasse sur le toit est accessible via le bar du dernier étage.

Mon approche personnelle de cette attraction est cependant un peu différente. L’accès au toit coûte environ 12 €, mais je préfère toujours investir cet argent dans une boisson au Glass Bar — et j’ai la même vue. Si vous achetez un verre, l’accès à la terrasse extérieure est gratuit. Le bar lui-même a une structure intérieure fascinante : vous êtes assis sous une coupole vitrée qui forme, vue de l’extérieur, la « tête » imaginaire de Fred. L’intérieur est un peu exigu, mais cela suffit pour un café rapide ou un cocktail du soir. Ouvert tous les jours de 10h00 à minuit.

💡 Astuce : Venez-y juste avant le coucher du soleil. Le bar se remplit certes vite, mais cette vue sur le ciel rougeoyant au-dessus de Hradčany, un verre à la main, vaut bien plus que de simplement cocher la case « terrasse panoramique » en plein midi.

Le restaurant Ginger & Fred et les galeries

Au septième étage du bâtiment se trouve le restaurant de la Maison Dansante, officiellement nommé Ginger & Fred. Il apparaît régulièrement dans les recommandations de divers guides, mais ne possède pas encore d’étoile Michelin (et je pense qu’il vit très bien sans elle). L’attrait réside dans une cuisine française et internationale alliée à une vue fantastique. En tant que végétarienne, j’appréhende toujours de savoir si un restaurant de luxe proposera plus qu’un risotto crémeux hors de prix, mais ici les plats sans viande sont étonnamment bien travaillés. On trouve généralement à la carte une préparation sophistiquée de légumes de saison ou des pâtes à la truffe.

Il faut le dire franchement : le prix des plats reflète nettement l’exclusivité de l’adresse. Les plats principaux frôlent couramment les 32 € et le menu dégustation vous coûtera plusieurs centaines d’euros. C’est un endroit pour célébrer un anniversaire, pas pour un déjeuner rapide entre deux balades.

Aux étages inférieurs du bâtiment fonctionne la Galerie Maison Dansante, qui organise des expositions temporaires axées sur le design, la pop-culture ou des rétrospectives d’artistes tchèques. L’entrée à la galerie tourne autour de 8 €.

💡 Astuce : Si vous voulez goûter au luxe du restaurant sans dépenser une fortune, réservez une table en semaine à l’heure du déjeuner, lorsqu’ils proposent un menu de midi plus abordable.

Art moderne et brutalisme dans les rues

Son visage moderne a aussi été façonné par de rudes constructions de béton et des installations artistiques provocatrices (qui perturbent le contexte historique avec une audace inouïe, et c’est précisément ce qui les rend fascinantes).

La tour de télévision de Žižkov et les bébés

Quand vous arrivez à Prague en train ou en voiture, vous l’apercevez déjà de loin. La tour de télévision de Žižkov, haute de 216 mètres, est la plus haute construction de la ville et a longtemps remporté haut la main les sondages du bâtiment le plus laid du monde. Construite à la fin des années 1980 dans l’esprit de l’architecture high-tech, sa construction a nécessité la destruction d’une partie de l’ancien cimetière juif. Aujourd’hui, les habitants la regardent avec indulgence. Le sculpteur David Černý a largement contribué à sa popularité en installant en 2000 sur ses tubes d’immenses bébés en résine aux visages déformés (les fameux « Babies »).

Vous montez en ascenseur rapide pour environ 14 € (ouvert tous les jours de 9h00 à minuit) et vous y trouverez un observatoire avec une vue à 360 degrés, un restaurant et même une chambre d’hôtel — cette dernière me fascine toujours un peu : qui peut bien vouloir dormir à l’intérieur d’une tour de télévision ?

💡 Astuce : Si vous voulez voir les bébés de près et gratuitement, trois copies en bronze des mêmes sculptures sont posées au sol dans le parc Kampa, juste à côté du musée Kampa, où Jonáš adore grimper dessus.

La tête rotative de Franz Kafka par David Černý
La tête rotative de Franz Kafka par David Černý

La Nouvelle Scène du Théâtre national

La Nouvelle Scène du Théâtre national de Prague avec sa façade de verre caractéristique
Photo : Roman Boed from The Netherlands / CC BY 2.0 / Wikimedia Commons

En plein cœur de la ville, juste à côté du bâtiment néo-Renaissance du Théâtre national, se dresse un bloc composé de 4 306 briques de verre. La Nouvelle Scène de l’architecte Karel Prager, inaugurée en 1983, est un exemple manuel de la manière dont le brutalisme parvient à s’introduire de façon agressive et pourtant fascinante dans un tissu historique.

Pendant mes années d’études, je passais devant chaque jour et j’ai toujours été fascinée par la manière dont elle absorbe le bruit de l’animée avenue Národní. C’est justement sur la piazzetta sous ce bâtiment, aujourd’hui la place Václav Havel, que se rassemblaient les étudiants pendant les manifestations, ce qui confère au lieu une énorme charge historique. À l’intérieur se trouve le café Nona avec vue directe sur la rue.

💡 Astuce : Le café au premier étage possède d’immenses fenêtres donnant directement sur l’avenue Národní, vous pouvez donc vous y asseoir avec un espresso et simplement observer l’agitation de la grande ville à vos pieds.

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Les grands magasins Kotva et Bílá labuť

Le grand magasin Kotva à Prague dans la Vieille-Ville, façade brutaliste hexagonale
Photo : Aktron / CC BY-SA 4.0 / Wikimedia Commons

Dans les débats sur l’architecture moderne, on oublie souvent les bâtiments qui servent les besoins du quotidien. Le grand magasin fonctionnaliste Bílá labuť (le Cygne blanc), rue Na Poříčí, était dans les années 1930 le plus moderne de son genre en Europe centrale et possédait même le premier escalier mécanique de Prague.

Un peu plus loin, sur la place de la République, se dresse Kotva, emblématique construction brutaliste des années 1970 signée par le couple Machonin. Son plan évoque des alvéoles d’abeilles. Aujourd’hui, elle lutte un peu avec son identité, ne sachant trop si elle est centre commercial ou musée, mais pour moi elle reste fascinante, peu importe ce qu’on vend à l’intérieur.

Avec la poussette et Jonáš, nous traversons parfois les larges terrasses de béton autour de Kotva, qui offrent un espace étonnamment paisible au milieu d’une place autrement bondée. 💡 Astuce : Essayez de repérer les détails d’origine dans l’intérieur de Kotva, comme les plafonds de béton apparents et le massif escalier qui ont survécu à toutes les rénovations modernes.

Le phénomène des grands ensembles et la Cité du Sud

Si vous voulez comprendre comment vit une grande partie des Praguois, vous devez quitter le centre. Les cités de panneaux préfabriqués représentent un phénomène urbanistique majeur de la seconde moitié du XXe siècle. La plus grande d’entre elles est Jižní Město (la Cité du Sud, surnommée « Jižák »), un énorme complexe de blocs de béton accessible depuis le centre historique par la ligne rouge de métro C (stations Háje ou Opatov).

Ce n’est pas une attraction touristique au sens propre, mais du point de vue de l’histoire de l’architecture et de l’urbanisme, c’est une plongée fascinante. La jungle de béton autrefois grise est devenue, grâce à l’isolation thermique, une ville colorée dans la ville, avec ses propres parcs et infrastructures.

💡 Astuce : Allez vous promener dans le Parc central de la Cité du Sud. Vous constaterez que, contrairement au centre exigu, les urbanistes communistes ont laissé entre les immeubles d’immenses espaces verts que les familles avec enfants exploitent aujourd’hui pleinement.

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Galeries et espace public réaménagé

Holešovice m’attirait autrefois par son atmosphère industrielle sombre et constitue aujourd’hui la preuve qu’une usine abandonnée peut devenir le cœur culturel de la ville (il suffit d’un peu d’audace et d’un bon architecte).

DOX, Centre d’art contemporain

Le bâtiment du DOX, Centre d'art contemporain, dans le quartier praguois de Holešovice
Photo : svajcr / CC BY-SA 3.0 / Wikimedia Commons

Cet endroit à Holešovice est une affaire de cœur pour moi. Une ancienne usine s’est transformée en une vaste galerie d’art contemporain au design épuré et industriel. En 2016, un gigantesque dirigeable en bois nommé Gulliver est venu s’ajouter sur le toit, servant d’espace pour les lectures littéraires et les débats.

Le DOX montre comment on peut sauver d’anciens quartiers industriels sans qu’ils perdent leur âme. Le billet coûte 11 € et le lieu est fermé le lundi et le mardi. Depuis le centre, vous y accédez en tramway jusqu’à l’arrêt Ortenovo náměstí.

💡 Astuce : Le café du DOX possède une superbe terrasse estivale dans la cour intérieure, où règne un calme absolu propice à la lecture d’un livre que vous venez d’acheter dans leur librairie design parfaitement achalandée.

CAMP (Centre d’architecture et d’urbanisme)

Entrée du CAMP, Centre d'architecture et d'urbanisme à Prague
Photo : Martin2035 / CC BY 4.0 / Wikimedia Commons

Si vous vous demandez comment Prague va continuer d’évoluer, rendez-vous au CAMP. Il est installé dans le complexe du monastère d’Emmaüs, dans des bâtiments des années 1960 signés Karel Prager. À l’intérieur se trouve une immense salle dotée d’un mur de projection de 25 mètres de long, où sont projetés les plans des futurs quartiers, ponts et parcs de Prague.

L’accès aux expositions est gratuit, ouvert du mardi au dimanche. L’espace est en soi une expérience architecturale, avec son béton apparent et son bois sombre.

💡 Astuce : On y trouve l’un des meilleurs cafés de spécialité du quartier de la place Charles, ainsi qu’une multitude de magazines internationaux d’architecture que vous pouvez feuilleter à votre table.

Le quai Rašín et la náplavka

Le quai Rašín avec la náplavka et le pont ferroviaire sur la Vltava à Prague
Photo : ŠJů / CC BY 4.0 / Wikimedia Commons

L’espace sous la Maison Dansante, tout au bord de la Vltava, a connu il y a quelques années une brillante transformation architecturale. Les anciennes caves de la digue, qui servaient autrefois d’entrepôts à glace, ont été rénovées par l’architecte Petr Janda. Il les a dotées d’immenses portes elliptiques en verre qui s’ouvrent en basculant.

Aujourd’hui, elles abritent des cafés, des bars, des galeries et même des toilettes publiques. L’architecture y est ici au service des gens de la manière la plus naturelle qui soit. La náplavka est idéale en journée pour une balade avec poussette et se transforme le soir en plus grand bar à ciel ouvert de Prague.

💡 Astuce : Le samedi matin, un marché fermier s’y tient. Achetez du pain frais et du fromage, asseyez-vous au bord du quai et laissez pendre vos jambes au-dessus de la Vltava. Il n’existe pas de meilleur début de week-end à Prague.

La Prague cubiste et la Maison à la Vierge noire

La Maison cubiste à la Vierge noire dans la Vieille-Ville de Prague
Photo : Perituss / CC0 / Wikimedia Commons

Le cubisme en architecture est une singularité mondiale absolue que vous ne trouverez nulle part ailleurs qu’en Tchéquie. Alors que Picasso peignait le cubisme, des architectes tchèques comme Josef Gočár ont décidé de le construire. La Maison à la Vierge noire, sur le marché aux Fruits (Ovocný trh), en est la preuve la plus célèbre.

La façade est brisée en formes cristallines et à l’intérieur se trouve le seul café cubiste au monde, le Grand Café Orient, où même les lustres et les portemanteaux ont des formes géométriques anguleuses. Un autre superbe exemple est la villa Kovařovic au pied de Vyšehrad, autour de laquelle nous allons souvent nous promener.

💡 Astuce : Dans la Maison à la Vierge noire, ne manquez pas la vue depuis le rez-de-chaussée vers le haut de la cage d’escalier, dont la rampe forme une parfaite silhouette d’ampoule. C’est une cible favorite de tous les photographes.

Contrastes à Troja : le château contre le pont de Troja

Le château baroque de Troja à Prague avec son jardin à la française
Photo : Ștefan Jurcă from Paris / CC BY 2.0 / Wikimedia Commons

Quand on parle du château de Troja, on imagine une magnifique construction baroque du XVIIe siècle avec son escalier monumental. Pourquoi le mentionner dans un article sur l’architecture moderne ? Parce que c’est justement à Troja que vous vivrez l’un des meilleurs contrastes urbanistiques de la ville.

À quelques centaines de mètres seulement des jardins baroques, le pont de Troja, inauguré en 2014, enjambe la rivière. Cette construction à arc en réseau, sans le moindre pilier dans l’eau, est un chef-d’œuvre de l’ingénierie moderne. Et si vous continuez vers le zoo voisin, vous tomberez sur des pavillons modernes de pointe construits ces dernières années.

💡 Astuce : La meilleure vue sur les lignes épurées du pont de Troja, avec le décor baroque en toile de fond, s’obtient depuis l’île Impériale, au moment où la nuit commence à tomber sur la rivière et que le pont s’illumine de lumières blanches.

Infos pratiques

S’orienter et se déplacer entre les curiosités architecturales demande un peu de planification. Voici les conseils pratiques de base pour 2026.

  • Transports et billets : La plupart des bâtiments intéressants se trouvent près d’arrêts de tramway ou de stations de métro. Il vaut la peine d’acheter un billet de 24 heures à environ 6 € ou de 72 heures à environ 13 €. Vous achetez facilement les billets via l’application PID Lítačka ou sans contact aux terminaux orange à l’intérieur de chaque tramway.
  • L’application MAPY.CZ : Oubliez Google Maps si vous cherchez des itinéraires touristiques précis ou des détails sur les bâtiments. L’application tchèque Mapy.cz couvre bien mieux les sentiers piétons, vous indique chaque passage et la position exacte des sculptures dans l’espace public.
  • Billets d’entrée : Pour la plupart des galeries publiques et municipales (y compris celles installées dans des bâtiments modernes), vous achetez les billets sur place, mais pour les entités privées comme le DOX ou la terrasse panoramique de la tour, je recommande l’achat en ligne pour éviter les files d’attente.
  • Café et restauration : Les bâtiments modernes abritent souvent d’excellents cafés (DOX, CAMP, Théâtre national). La plupart d’entre eux proposent aujourd’hui couramment du lait d’avoine et plusieurs sandwichs végétariens ou végans, vous n’aurez donc aucun souci côté restauration dans ces lieux.

Pour aller plus loin

Si d’autres conseils pour profiter de Prague hors des sentiers battus vous intéressent, jetez un œil à mes autres articles :

Questions fréquentes

Qui a conçu la Maison dansante ?

Le bâtiment a été conçu par l’architecte croato-tchèque Vlado Milunić en collaboration avec le célèbre architecte canado-américain Frank Gehry. Les intérieurs ont été partiellement conçus par l’architecte britannique d’origine tchèque Eva Jiřičná.

Combien coûte l’entrée au point de vue de la Maison dansante ?

L’entrée sur le toit avec point de vue coûte environ 10 €. Mais une bien meilleure option est de visiter le Glass Bar au dernier étage, où l’achat de n’importe quelle boisson vous donne accès gratuitement à la terrasse panoramique.

Y a-t-il un restaurant dans la Maison dansante ?

Oui, au 7e étage vous trouverez le restaurant de luxe Ginger & Fred. Il offre une vue magnifique sur Hradčany et une cuisine internationale avec des touches françaises. Mais comptez sur des prix nettement plus élevés.

Où puis-je trouver d’autres exemples d’architecture moderne à Prague ?

Parmi les bâtiments modernes essentiels figurent la Nová scéna du Théâtre national, la tour de télévision de Žižkov, le DOX à Holešovice, le bâtiment du CAMP à Emauzy ou le complexe ultramoderne récemment ouvert près de la gare Masarykovo nádraží conçu par Zaha Hadid.

Qu’est-ce que le CAMP et où le trouver ?

Le CAMP est le Centre d’architecture et d’urbanisme. Il se trouve dans l’enceinte du monastère d’Emauzy près de la place Karlovo náměstí. Il sert aux débats publics sur le développement de Prague et l’entrée à ses expositions interactives est gratuite.

Où puis-je trouver l’architecture cubiste à Prague ?

Le bâtiment cubiste le plus célèbre est la Maison à la Vierge noire sur Ovocný trh au centre-ville. Un autre excellent exemple est la villa Kovařovic sur le quai Rašínovo nábřeží sous Vyšehrad ou la triple villa cubiste sur le quai Rašínovo nábřeží.

Quel est le meilleur moment pour photographier l’architecture moderne ?

Pour les surfaces vitrées (comme la Maison dansante), la fin d’après-midi et le coucher du soleil sont idéaux. Les bâtiments en béton et brutalistes (comme Kotva ou Nová scéna) se démarquent au contraire tôt le matin ou pendant les journées d’hiver brumeuses, quand ils acquièrent une atmosphère brute.

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À propos de l’auteur

Lucie Konečná
Lucie Konečnáhttps://www.lkmedia.cz
Ahoj, jmenuji se Lucka a dá se toho o mě napsat hodně. 😁 Někdo mě nazývá blogerkou, jiný influencerkou nebo podnikatelkou, mám tak trochu renesanční osobnost a baví mě spousta věcí a taky jich hodně dělám. Vystudovala jsem původně žurnalistiku, ale už od vysoké školy se věnuji online marketingu.❤️ Žila jsem dlouhé roky jako digitální nomád a procestovala více jak 40 zemí. S manželem Lukášem pracuji pro české značky v rámci butikové agentury LK MEDIA a řídím provoz české firmy nanoSPACE.. Kromě cestování, nanotechnologií a online marketingu mě baví všechno kolem zdravého životního stylu, fitness a spánku.

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