Un gravier blanc et fin qui ressemble à du sable, une eau peu profonde et incroyablement transparente, et trois petits îlots boisés à quelques mètres du rivage que l’on peut rejoindre tranquillement à la nage. Vous connaissez sûrement les photos de Ksamil, en Albanie – on le surnomme « les Maldives de l’Europe », et son cadre naturel est vraiment unique à l’échelle européenne.
Mais c’est souvent là que l’idylle s’arrête. Ksamil est devenu un exemple type de surtourisme : en haute saison, les plages sont désespérément bondées, presque chaque centimètre de sable est couvert de transats payants, et une partie du village ressemble à un grand chantier. Cela ne veut pas dire qu’il ne vaut pas le détour – simplement, il faut savoir quand venir, où s’installer et où aller chercher le calme.
Dans ce guide, tu trouveras 12 conseils pour Ksamil et ses environs – des îlots et des plus belles plages aux excursions vers l’antique Butrint et l’Œil Bleu, jusqu’à un avis honnête sur quand éviter Ksamil et où aller à la place. On te donne aussi les prix des transats et nos astuces pour ne pas se faire avoir avec un mauvais taux de change.

Résumé pour ceux qui n’ont pas le temps de tout lire
- Quand venir : en mai, première quinzaine de juin, ou fin septembre et octobre. ⚠️ Évite le mois d’août (chaleur, foule, chaos routier).
- Où loger : idéalement à Saranda (moins cher, base animée) et n’aller à Ksamil que pour une demi-journée, de préférence tôt le matin.
- Transats ⚠️ : un duo de transats avec parasol coûte 20 à 40 €/jour, et jusqu’à 70–100 € pour les lits de luxe. Paie en leks, pas en euros.
- Les îlots : tu rejoins les trois îlots à la nage ou en pédalo ; le matin, tu les as presque pour toi seul.
- Meilleures excursions : Butrint (site antique UNESCO) et l’Œil Bleu – les deux à deux pas de Ksamil.
- Astuce anti-foule : sois sur la plage avant 9h, quand l’eau est calme et les îlots vides.
- Où aller à la place : les plus calmes et moins chers Borsh, Himara ou Dhërmi, plus au nord le long de la riviera.
Quand partir à Ksamil
La règle d’or de la riviera albanaise est simple : évite le mois d’août. Ici, août rime avec foule extrême, prix au plus haut, embouteillages et personnel épuisé ; les températures frôlent les 35 °C et Ksamil devient davantage une épreuve de nerfs qu’un paradis. L’idéal, ce sont juin et septembre, quand la mer Ionienne affiche un agréable 24–26 °C, que les plages sont à moitié vides et que les prix des hébergements chutent de plusieurs dizaines de pour cent. Mai et octobre sont limites pour la baignade, mais ils t’offrent un Ksamil presque sans personne et dans toute sa splendeur.
Si tu viens en pleine saison, il existe une astuce infaillible : lève-toi tôt. Sois sur la plage avant 9h, quand l’eau est lisse comme un miroir, que les îlots sont encore à toi et que les rabatteurs n’ont pas fini d’installer les transats. Vers midi, Ksamil se transforme en fourmilière.
💡 Astuce : Ksamil se combine facilement en une boucle avec l’antique Butrint et l’Œil Bleu. Prévois au moins deux à trois jours pour toute la pointe sud de l’Albanie, histoire de ne pas être pressé.
Comment se rendre à Ksamil
Ksamil se situe à la pointe sud de l’Albanie et plusieurs chemins y mènent. Le raccourci le plus rapide passe par Corfou en Grèce : un ferry rapide relie l’île à Saranda en environ une demi-heure, et de là il ne reste que 12 kilomètres jusqu’à Ksamil (taxi, bus local ou voiture de location). Si tu prends l’avion, l’aéroport international le plus proche est celui de Tirana ; depuis la France, des compagnies comme Wizz Air ou Transavia desservent Tirana au départ de Paris, Lyon ou autres grandes villes. De Tirana, tu rejoins Saranda en voiture ou en bus longue distance en 4 à 5 heures environ par la nouvelle route côtière.
Une autre option appréciée est le road trip à travers les Balkans (typiquement Croatie – Monténégro – Albanie). Avoir sa propre voiture reste de loin le plus pratique pour explorer la riviera et les sites alentour, car les transports en commun dans le sud sont lents et irréguliers. Entre Saranda et Ksamil, tu peux aussi prendre les furgons bon marché (minibus partagés), mais pour les excursions vers Butrint et l’Œil Bleu, la voiture ou une visite organisée est le plus pratique.
Où se loger : dors à Saranda, va à Ksamil en excursion
💡 Astuce hébergement et activités : pour le logement, on cherche surtout sur Booking.com, qui propose souvent les meilleures conditions d’annulation. Pour les billets, excursions et activités, mieux vaut comparer et réserver via GetYourGuide.
C’est peut-être le conseil le plus important de tout l’article. Loge plutôt à Saranda qu’à Ksamil même. Saranda (à environ 12 kilomètres au nord) est la principale ville du sud, elle fait office de base économique et bien équipée, et le soir elle s’anime le long de sa promenade côtière. Ksamil, à l’inverse, est cher en saison, bruyant et en travaux – mieux vaut donc en faire une excursion d’une demi-journée plutôt qu’un point de chute.
Si tu tiens malgré tout à dormir près des plages de Ksamil, choisis un hébergement avec plage privée ou piscine et surveille bien les avis concernant le bruit des chantiers. Dans tous les cas, réserve à l’avance – les capacités sont limitées en saison et les prix grimpent.
Quelques suggestions concrètes d’hébergement (souvent à Saranda comme base), sélectionnées d’après de vrais avis (sur Booking, vise une note de 8,5+ et beaucoup d’avis) :
- Pas cher et central à Saranda : Hotel Brilant (Saranda) – hôtel abordable en plein centre de Saranda, à quelques pas de la promenade et de la mer.
- Piscine et confort : SG Premium Resort (Saranda) – resort moderne avec piscine et vue sur la mer, apprécié pour son excellent rapport qualité-prix.
- Resort en bord de plage : Santa Quaranta Premium Resort (Saranda) – resort établi avec sa propre plage, à deux pas du centre de Saranda.
- Vue et calme pour les couples : Bougainville Bay Hotel & Spa (Saranda) – hôtel élégant avec spa et vue panoramique sur la baie.
- En bord de mer à Ksamil même : Hotel Joni (Ksamil) – hôtel en bord de plage directement à Ksamil, pour dormir près de l’eau turquoise.
💡 Astuce : à la réservation, vise sur Booking une note de 8,5+ et beaucoup d’avis, et pour les hébergements de Ksamil, lis bien les commentaires sur le bruit et les chantiers alentour. Le petit-déjeuner est souvent inclus, et la version albanaise (fromage, olives, œufs, miel) en vaut vraiment la peine.
12 choses à faire à Ksamil et dans les environs
Ksamil est petit, mais la pointe sud de l’Albanie offre des plages, de l’Antiquité et des merveilles naturelles. Voici douze lieux qui valent vraiment le détour.

1. Les îlots de Ksamil
La grande star, ce sont les trois (quatre selon les comptages) petits îlots boisés situés à quelques dizaines de mètres du rivage. L’eau est si peu profonde et si calme que tu rejoins le plus proche à la nage, ou alors en pédalo ou en kayak. Sur le plus grand, il y a même un petit bar. Le matin, avant l’arrivée de la foule, c’est ce que Ksamil peut offrir de plus proche des véritables « Maldives ».

2. Les plages de Ksamil et la réalité des transats
Les principales plages de Ksamil offrent un gravier blanc et fin et une eau d’un turquoise éblouissant, mais elles sont presque entièrement couvertes de transats payants. La loi albanaise affirme certes que les plages sont publiques, mais la réalité est tout autre : pour un duo de transats avec parasol, compte 20 à 40 € par jour, et même 70–100 € dans les beach bars de luxe. Si tu arrives juste avec ta serviette, le personnel te demandera sans doute de dégager. Insiste pour payer en leks et cherche un coin de sable libre sur les bords des criques.

3. Pulebardha (la plage des Mouettes)
Un peu au sud du centre se trouve Pulebardha (Pigeon / plage des Mouettes), une crique un peu plus petite et plus calme, nichée au pied des falaises. L’eau y est aussi transparente qu’au centre, mais l’ambiance est d’un cran plus détendue. Là aussi, les transats sont payants : viens donc tôt et installe-toi avant l’arrivée des groupes d’excursion en provenance de Saranda.

4. Manastir et les criques en miroir
Pour les amateurs de calme, il y a un peu plus loin de petites criques comme Manastir Beach, que l’on atteint par une piste poussiéreuse ou en bateau. Elles sont plus petites et moins accessibles, et c’est précisément pour ça qu’on y trouve beaucoup plus d’espace et moins de musique sortant des enceintes. Emporte ta propre eau et de quoi grignoter, car les équipements y sont minimes.

5. Butrint : 2 500 ans d’histoire au cœur d’une forêt
À quelques kilomètres seulement au sud de Ksamil, sur une péninsule entourée d’une lagune, s’étend Butrint – le premier site albanais inscrit au patrimoine de l’UNESCO et sans doute le plus beau parc archéologique des Balkans. Les couches d’histoire grecque, romaine, byzantine et vénitienne s’y superposent, le tout enveloppé par un parc national luxuriant : théâtre antique, baptistère chrétien aux mosaïques, monumentale Porte du Lion et tour vénitienne. L’ombre des grands arbres rend la visite agréable même par forte chaleur.
- Entrée : 1 000 ALL (environ 8–10 €), billet achetable en ligne (valable un mois, non remboursable).
- Horaires : en saison (avril–octobre) de 8h30 à 20h, dernière entrée à 18h. Prévois 2–3 heures pour une visite tranquille.

6. L’Œil Bleu (Syri i Kaltër)
À environ 40 minutes de route vers l’intérieur des terres jaillit un phénomène naturel, l’Œil Bleu – une puissante source karstique au cœur d’une forêt dense. L’eau surgit d’une profondeur inexplorée (les plongeurs ont dépassé 50 mètres sans atteindre le fond) et crée un effet hypnotique : une « pupille » bleu foncé entourée de bords d’un turquoise éclatant.
- Entrée : symbolique 50 ALL (en espèces uniquement), parking 100–200 ALL.
- Depuis le parking, il reste un peu moins de 2 km jusqu’à la source (à pied, en petit train touristique ou en trottinette).
- ⚠️ L’eau affiche un glacial 10 °C toute l’année et la baignade dans la source est officiellement interdite pour protéger l’écosystème.

7. Le château de Lëkurësi au-dessus de Saranda
Avant le coucher du soleil, monte au château de Lëkurësi, une forteresse ottomane du XVIe siècle perchée sur une colline au-dessus de Saranda. L’entrée du site est gratuite, et la vue sur Saranda, Ksamil et l’île grecque de Corfou baignés d’orange compte parmi les plus belles de toute la côte. À pied, comptez environ 45 minutes d’une montée assez raide, ou quelques minutes en voiture.

8. Saranda et le xhiro du soir
Saranda n’est pas en soi un joyau architectural – dans les années 90, un mur d’immeubles d’appartements en béton y a poussé – mais elle fonctionne parfaitement comme base et s’anime agréablement le soir. La promenade côtière d’un kilomètre se remplit de gens venus faire la traditionnelle xhiro, la promenade sociale du soir, grosso modo de 18h à 22h. Installe-toi face à la mer, prends une glace ou un café et imprègne-toi du rythme du sud de l’Albanie.

9. Excursion en bateau et pédalo le long des criques
La plus belle vue sur la côte de Ksamil, c’est depuis l’eau. Des plages comme de Saranda partent des excursions en bateau le long des criques et vers les îlots, et tu peux aussi louer un pédalo, un kayak ou un paddle. C’est seulement depuis la surface que tu mesures à quel point l’eau turquoise autour de Ksamil est transparente, et tu trouveras facilement une crique plus tranquille, à l’écart de la foule.

10. Himara et Porto Palermo
En prenant la voiture vers le nord par la route côtière, tu tombes sur Himara – un agréable compromis entre animation et tranquillité, avec une vieille ville authentique perchée sur la colline et de jolies plages (Livadhi, Llamani). Un peu plus loin se trouve la baie de Porto Palermo avec sa photogénique forteresse d’Ali Pacha sur un îlot relié à la terre ferme par un étroit isthme (entrée 300 ALL, en leks uniquement). C’est une excellente excursion d’une journée depuis Ksamil ou Saranda.

11. Borsh : la plage la plus longue et la moins chère
Si tu détestes te battre pour un coin de serviette, mets le cap sur Borsh. Avec ses sept kilomètres environ, c’est la plus longue plage de la riviera albanaise, bordée de vieilles oliveraies, moins commerciale et nettement moins chère que le reste de la côte. Ici, tu trouveras toujours de la place et tu ressentiras encore cette vieille Albanie, paisible.

12. Dhërmi et le canyon de Gjipe
Les plages les plus tendance de la riviera centrale se trouvent près du village de Dhërmi et de la voisine Drymades – eau transparente, ambiance de beach clubs modernes et clientèle plus jeune (en août, atmosphère carrément festive). Pour l’aventure, dirige-toi vers le canyon de Gjipe : la plage se trouve au bout d’une gorge rocheuse, inaccessible en voiture, et il te faudra environ 40 minutes de descente à pied. La récompense ? Une crique sauvage et isolée, sans alignement de transats.
Que goûter à Ksamil et Saranda
Le sud de l’Albanie est fortement influencé par la cuisine grecque : tu y croiseras donc plein de légumes frais, d’huile d’olive, de fromages et d’herbes aromatiques. Bonne nouvelle pour les végétariens – on s’y régale même sans viande ni poisson.
- Byrek – une pâte feuilletée croustillante fourrée au fromage ou aux épinards, le roi du street food albanais, bon marché et nourrissant.
- Fërgesë – un mélange crémeux gratiné de poivrons, tomates et fromage frais (gjizë), dans lequel on trempe du pain. Un grand classique végétarien.
- Salades à la grecque – avec feta, olives et tomates ; omniprésentes et rafraîchissantes par forte chaleur.
- Légumes grillés et alternatives au gyros – beaucoup de tavernes proposent aussi des versions sans viande de légumes gratinés et du tzatziki.
- Fruits de mer – Saranda est réputée pour ses poissons et fruits de mer frais ; pour les non-végétariens, c’est une spécialité locale très appréciée, que les végétariens laisseront aux autres.
Pour finir, prends une glace sur la promenade ou un café albanais bien serré – ça fait partie du xhiro du soir au même titre que la vue sur la mer.
Conseils pratiques pour survivre à Ksamil et en profiter
- Paie en leks (ALL). Les euros sont volontiers acceptés partout, mais à un taux désavantageux. ⚠️ Pour les paiements par carte, choisis toujours la monnaie locale (ALL), jamais l’euro – sinon ta banque te prendra 5 à 10 % de frais cachés (l’arnaque du DCC).
- Aie du liquide. L’entrée à Butrint, à l’Œil Bleu et à la forteresse de Porto Palermo se règle souvent en espèces uniquement, et les petits commerces n’acceptent pas la carte.
- Ne conduis pas la nuit. La route côtière SH8 est de bonne qualité, mais pleine de virages serrés et sans éclairage ; à la nuit tombée, on y croise des chiens errants et du bétail.
- Ne bois pas l’eau du robinet. Sur toute la riviera, utilise de l’eau en bouteille (60–150 ALL pour 1,5 l), de préférence même pour te brosser les dents.
- ⚠️ Voyageuses en solo : tandis que le reste de l’Albanie est très sûr, les témoignages de harcèlement par des hommes locaux se multiplient à Saranda et Ksamil. Garde ton bon sens, ignore les sifflements et ne dis pas à n’importe qui où tu loges.
Où aller ensuite dans le sud de l’Albanie
Ksamil n’est que la pointe de ce que le sud de l’Albanie a à offrir. Pour un aperçu complet de la côte, consulte le guide où partir à la mer en Albanie, et pour des idées sur tout le pays, l’article que voir en Albanie. Et avant de filer vers le nord, jette un œil à Tirana, la capitale vibrante et la porte d’entrée vers toute l’Albanie.
Questions fréquentes
💡 Astuce excursions : les sorties en bateau à la journée vers les îlots et le long de la riviera, les billets pour Butrint et les transferts depuis Corfou peuvent se comparer et se réserver à l’avance en ligne sur GetYourGuide – en saison, les meilleures dates partent vite.
Quelle est la meilleure période pour aller à Ksamil ?
Le mieux en juin ou en septembre, lorsque la mer affiche une agréable température de 24–26 °C, les plages sont à moitié vides et les prix d’hébergement nettement plus bas. Mai et octobre vous offriront Ksamil pratiquement sans touristes, mais l’eau est plus fraîche. Évitez août – cela signifie foules extrêmes, chaleur dépassant 35 °C, paralysie du trafic et prix les plus élevés.
Combien coûtent les transats sur la plage de Ksamil ?
Un set de deux transats avec parasol coûte environ 20–40 € par jour, les lits de plage de luxe dans les beach bars premium peuvent aller jusqu’à 70–100 €. Bien que la loi albanaise garantisse le libre accès à l’eau, en pratique les transats couvrent presque toute la plage. Insistez pour payer en leks albanais, pas en euros, pour ne pas perdre au change.
Ksamil est-il vraiment les « Maldives de l’Europe » ?
Les atouts naturels – du fin gravier blanc, une eau turquoise peu profonde et des îlots à quelques mètres du rivage – correspondent bien à ce surnom. Mais en haute saison, Ksamil souffre du surtourisme : plages bondées, transats payants, musique bruyante et village en plein chantier. Si vous venez en dehors du mois d’août et tôt le matin, vous vous rapprocherez des « Maldives » ; sinon, c’est plutôt une fourmilière qui vous attend.
Vaut-il mieux loger à Ksamil ou à Saranda ?
Pour la plupart des voyageurs, il vaut mieux loger à Saranda et ne se rendre à Ksamil que pour une excursion d’une demi-journée. Saranda est moins chère, plus animée et mieux équipée, et le soir, elle offre une promenade et des restaurants. Ksamil est cher en saison, bruyant et souvent en travaux, ce qui en fait une base moins adaptée pour des vacances entières.
Que faire dans les environs de Ksamil ?
Juste à côté se trouve l’antique Butrint (UNESCO) et un peu à l’intérieur des terres, la source naturelle de l’Œil Bleu. Au coucher du soleil, direction le château de Lëkurësi qui surplombe Saranda, et pour des plages plus tranquilles, cap au nord vers Himara, Borsh ou Dhërmi. Les excursions en bateau vers les petites îles et le long de la côte sont également très prisées.
