La Slovénie m’a littéralement mise à genoux. Au sens propre — quand nous nous sommes arrêtés pour la première fois avec Lukáš au bord de la rivière Soča et que j’ai regardé en bas depuis le pont, mes jambes ont tellement tremblé que j’ai dû m’accrocher à la rambarde. Cette couleur d’eau, ça ne devrait pas exister. Un turquoise pareil, même Photoshop ne pourrait pas l’inventer, et pourtant elle coule tranquillement entre les vallées alpines, comme si c’était la chose la plus normale du monde. 😅
La Slovénie, c’est le genre de pays où en une seule journée défilent devant vos yeux des paysages alpins aux sommets enneigés, une rivière émeraude où filent les kayakistes, un bourg médiéval avec un château perché sur un rocher, et le soir vous dégustez des fruits de mer frais au bord de l’Adriatique. Tout ça dans un pays plus petit que la Picardie. Sérieusement.
J’ai préparé pour vous un itinéraire complet pour un road trip en Slovénie de 7 jours — de Ljubljana en passant par les légendaires Bled et Bohinj, la sauvage Soča et le col de Vršič jusqu’aux grottes de Postojna et la côte de Piran. Vous trouverez ici des conseils concrets : où aller, où manger, où dormir et combien ça coûte. C’est parti ! ☺️
Résumé
- Itinéraire : Ljubljana → Bled → Bohinj → Vallée de la Soča (Bovec, Kobarid) → Col de Vršič → Postojna → Piran
- Période idéale : mai–juin ou septembre — moins de touristes, températures agréables, tout est ouvert
- La voiture est indispensable — impossible de faire cet itinéraire en transports en commun en une semaine. La location de voiture revient à partir d’environ 30 €/jour.
- Budget pour 7 jours à deux : environ 950–1 550 € (hors billets d’avion) selon le standing de l’hébergement
- Plus belle journée du parcours : Jour 4 — la vallée de la Soča, le col de Vršič et des arrêts où vous voudrez vous arrêter tous les 500 mètres
- Plus grande surprise : Kobarid et ses environs — moins de touristes que Bled, mais des paysages tout aussi beaux
- À surveiller : La vignette autoroutière slovène (e-vignette) — sans elle, vous risquez une amende de 300 à 800 €
- À ne pas manquer : Gorges de Vintgar, lac de Bohinj, cascade Kozjak, château de Predjama, coucher de soleil à Piran
Quand partir en road trip en Slovénie et comment y aller
La Slovénie est belle toute l’année, mais pour un road trip, certains mois sont nettement meilleurs que d’autres. La haute saison (juillet–août) signifie des foules à Bled, des parkings pleins à Bohinj et des prix d’hébergement qui font tiquer. En revanche, hors saison, de nombreuses routes de montagne peuvent être fermées — notamment le col de Vršič, élément clé de cet itinéraire.
Meilleure période pour visiter
De mai à mi-juin, c’est selon moi la période idéale. La nature est fraîche, verdoyante et fleurie, les températures oscillent autour de 20–25 °C, le col de Vršič est déjà ouvert (généralement à partir de mi-mai, mais vérifiez l’état actuel) et les touristes ne représentent qu’une fraction de la fréquentation estivale.
Septembre est l’autre excellent choix — il fait encore assez chaud pour se baigner dans la mer à Piran, les couleurs commencent à prendre des teintes automnales et les foules sont reparties vers les écoles.
Juillet et août fonctionnent aussi, mais préparez-vous aux foules à Bled, aux prix plus élevés et à la nécessité de réserver votre hébergement très en avance. Si vous voyagez en été, rendez-vous aux endroits populaires tôt le matin.
Comment se rendre en Slovénie
En avion : L’aéroport le plus proche est celui de Ljubljana (Jože Pučnik Airport). Depuis Paris, vous trouverez des vols directs ou avec escale via des compagnies comme easyJet, Air France ou Transavia. Comparez les prix sur des comparateurs de vols en ligne. Vous pouvez aussi atterrir à Trieste (Italie), Zagreb ou Graz et poursuivre en voiture.
En voiture depuis la France : Ljubljana se trouve à environ 10–11 heures de route depuis Paris en passant par la Suisse ou l’Allemagne et l’Autriche. N’oubliez pas les péages et vignettes : Suisse (vignette ~40 CHF/an), Autriche (vignette digitale ~10 € pour 10 jours) + Slovénie (e-vignette). Si vous prenez votre propre voiture, vous économisez la location et avez plus de flexibilité pour les bagages.
Location de voiture et transport
La voiture est absolument essentielle pour ce road trip. Les transports en commun existent en Slovénie, mais la fréquence des bus en dehors des axes principaux est faible et certains lieux de l’itinéraire sont inaccessibles sans voiture.
Avec Lukáš, nous avons une très bonne expérience de longue date avec RentalCars, que nous utilisons partout dans le monde. Les prix pour une voiture compacte en Slovénie tournent autour de 30–50 €/jour selon la saison. Nos recommandations :
- Une petite voiture — les routes de montagne étroites au Vršič et dans la vallée de la Soča vous convaincront qu’un SUV n’est pas nécessaire
- Assurance tous risques — mieux vaut payer un supplément, les petites routes de montagne peuvent être traîtresses
- La boîte manuelle est moins chère, mais si vous n’avez pas l’habitude de passer les vitesses dans les lacets, envisagez la boîte automatique
⚠️ Important : La e-vignette slovène ! Depuis 2022, la vignette autoroutière est électronique. La version hebdomadaire coûte 15 € et s’achète en ligne sur evinjeta.dars.si. Sans elle, vous risquez une amende de 300–800 €. Il suffit d’enregistrer votre plaque d’immatriculation. Ça prend deux minutes.
L’essence coûte en Slovénie environ 1,45–1,60 €/l. Pour l’ensemble du road trip de 7 jours, comptez environ 120–160 € de carburant.
Où se loger et combien coûte un road trip en Slovénie
L’hébergement en Slovénie se situe quelque part entre la Croatie et l’Autriche — nettement moins cher que les Alpes, mais en haute saison à Bled, les prix peuvent surprendre. En règle générale : plus on s’éloigne de Bled, meilleur est le rapport qualité/prix.
Pour cet itinéraire, je recommande 3–4 points de chute plutôt que de déménager chaque jour :
1. Ljubljana (1–2 nuits) — pour commencer 2. Bled ou Bohinj (2 nuits) — comme base pour les lacs et les environs 3. Bovec ou Kobarid (2 nuits) — vallée de la Soča 4. Piran ou environs (1–2 nuits) — pour finir en beauté au bord de la mer
Budget pour 7 jours à deux
| Poste | Version budget | Version moyenne | Version confort |
| Hébergement (7 nuits) | 400 € | 680 € | 1 120 € |
| Voiture + essence + vignette | 280 € | 360 € | 480 € |
| Nourriture et boissons | 200 € | 320 € | 520 € |
| Entrées et activités | 80 € | 160 € | 280 € |
| Total pour deux | 960 € | 1 520 € | 2 400 € |
Prix dans les restaurants : un plat principal dans un restaurant classique coûte 8–15 €, un café 1,50–2,50 €, une bière 3–4 €. La Slovénie n’est pas chère côté nourriture — c’est seulement à Bled et Piran qu’on paie un supplément pour l’emplacement.
💡 ASTUCE pour économiser : Les « gostilne » slovènes (auberges traditionnelles) proposent des menus du midi à 8–12 € avec soupe incluse — et les portions sont énormes. Cherchez les panneaux « dnevno kosilo » ou « malica ».
Voici le résumé de l’itinéraire jour par jour. Vous avez plus de temps et envie de voir aussi l’est de la Slovénie ? Consultez notre version 14 jours du road trip.
| Jour | Trajet et déplacement | Où dormir |
|---|---|---|
| 1. | Arrivée, Ljubljana à pied | Ljubljana |
| 2. | Ljubljana → Bled (~50 min) | Bled |
| 3. | Bled → Bohinj (~25 min) | Bohinj |
| 4. | Bohinj → Kranjska Gora → Col de Vršič → Bovec (~3–4 h avec arrêts) | Bovec |
| 5. | Vallée de la Soča — rafting, Kobarid, cascade Kozjak | Bovec / Kobarid |
| 6. | Vallée de la Soča → Postojna → Predjama → Piran (~3 h) | Piran |
| 7. | Piran et la côte slovène | Piran / retour |
Jour 1. Ljubljana — petite capitale à la grande âme

Consacrez votre premier jour à Ljubljana, car cette ville mérite bien plus qu’une simple étape de transit. Elle est tellement compacte et piétonne qu’on en fait le tour en une journée — tout en ayant le temps de s’attabler dans un café au bord de la rivière, de monter au château et de dénicher quelques recoins dont les guides ne parlent pas.
Que voir et faire à Ljubljana
Commencez la journée sur la place Prešeren — c’est le cœur de la ville et de là, tout est accessible à pied. Traversez l’emblématique Triple Pont (Tromostovje), conçu par l’architecte slovène Jože Plečnik, et promenez-vous le long des quais de la Ljubljanica. Le matin, le calme règne, les cafés s’éveillent à peine et la ville a cette fraîcheur matinale qui rend tout photogénique.
De là, montez au Château de Ljubljana (Ljubljanski grad). On y accède à pied en environ 15 minutes par un sentier escarpé, ou par le funiculaire pour 6 € aller-retour. La vue depuis la tour vaut le détour — toute la ville à vos pieds, avec les Alpes qui se dessinent à l’horizon. L’entrée château + tour + funiculaire revient à 16 € par personne.
En redescendant du château, perdez-vous dans les ruelles de la vieille ville et ne manquez pas le Marché central (ouvert du lundi au samedi jusqu’à 14h). Fruits frais, fromages, jambon, huile d’olive — l’endroit idéal pour faire le plein de provisions pour les jours suivants. Le vendredi soir s’y tient l’Open Kitchen (Odprta kuhna) — un festival de street food directement sur les quais, où l’on goûte de la cuisine slovène, italienne et asiatique. Les plats coûtent 5–10 €.
L’après-midi, faites un tour par Metelkova — un quartier culturel alternatif installé dans d’anciennes casernes militaires. Graffitis, galeries, bars — une sorte de version slovène de la Demeure du Chaos, en plus petit et plus tranquille. Le soir, retournez sur les quais pour vous installer dans l’un des restaurants avec vue sur la rivière.
Où manger à Ljubljana
- Gostilna na Gradu — restaurant directement dans le château, avec une cuisine étonnamment bonne à des prix raisonnables. Goûtez le tartare de bœuf ou les štruklji (roulés slovènes).
- Druga Violina — un charmant restaurant dans la vieille ville où travaillent des personnes en situation de handicap. Excellente cuisine traditionnelle slovène, portions généreuses, prix doux (plat principal 8–12 €).
- Čokl — la meilleure adresse en ville pour les amateurs de café de spécialité. Leur flat white est un délice.
- Fany & Mary — si vous avez envie d’un brunch, c’est l’endroit qu’il vous faut.
Où se loger à Ljubljana
Ljubljana est compacte, alors logez-vous dans le centre ou à proximité immédiate — tout se fait à pied. Le stationnement en centre-ville est compliqué (et cher), donc cherchez un hébergement avec parking privé.
Nos recommandations : City Hotel Ljubljana (hôtel moderne à quelques pas de la place Prešeren) ou Center Ljubljana (appartements dans un bâtiment historique en plein centre).
Jour 2. Bled — oui, c’est aussi beau qu’en photo

De Ljubljana à Bled, il faut compter à peine une heure en voiture. Et quand vous prenez le premier virage et apercevez ce lac avec son îlot et sa petite église au milieu… eh bien, c’est exactement comme sur Instagram. Sauf que c’est encore plus beau, parce qu’il y a les Alpes autour et que vous êtes là, bouche bée, à ne pas en croire vos yeux. 😁
Que voir et faire à Bled
Partez tôt le matin. C’est probablement le conseil le plus important pour Bled — à 8h, c’est calme et paisible ; à 10h, les bus de touristes commencent à débarquer. Faites le tour du lac à pied ou à vélo (le circuit fait environ 6 km, comptez une heure et demie à un rythme tranquille avec photos).
La pletna vers l’île — une barque traditionnelle en bois qui vous emmène sur l’îlot au milieu du lac. Ça coûte 18 € aller-retour et c’est une vraie expérience. Sur l’île se trouve l’église de l’Assomption où vous pouvez sonner la cloche du bonheur (et faire le vœu de trouver une place de parking en été 😅). L’entrée dans l’église coûte 12 € supplémentaires par personne.
Le château de Bled (Blejski grad) trône sur un rocher au-dessus du lac et offre le meilleur panorama de tout Bled. Entrée 15 €. À l’intérieur, un petit musée, une imprimerie et un caveau à vin — mais surtout, cette vue.
L’après-midi, filez aux Gorges de Vintgar (Soteska Vintgar) — un canyon étroit avec des passerelles en bois au-dessus d’une rivière turquoise, à 4 km de Bled. Entrée 10 €. Les gorges font 1,6 km de long et se terminent par une cascade. C’est un site très populaire, donc allez-y le matin ou en fin d’après-midi. En été, à midi, c’est impossible d’y accéder — littéralement : le parking est plein et l’accès se fait par vagues.
💡 ASTUCE : Si vous voulez voir Bled sans les foules, montez au point de vue d’Ojstrica — une montée courte mais raide (20 minutes) récompensée par la plus belle vue sur le lac et l’île. C’est gratuit et il y a une fraction des touristes par rapport au château.
Le légendaire gâteau à la crème de Bled
Impossible de quitter Bled sans avoir goûté la kremšnita — le millefeuille à la crème de Bled. La version la plus célèbre se déguste au café Park, juste au bord du lac. Une part coûte environ 4,50 € et c’est… eh bien, un sacré morceau de crème entre deux couches de pâte feuilletée. Honnêtement ? C’est bon, mais un peu surfait. Essayez plutôt la version chez Šmon Confectionery — plus petit, meilleur rapport qualité/prix, moins de touristes. 😉
Où manger à Bled
- Gostilna Pri Planincu — cuisine slovène traditionnelle à deux pas du lac, prisée des locaux. Goûtez la ričet (saucisse) ou les štruklji.
- Finefood Bled — bistro moderne avec des produits locaux, un peu plus cher mais excellent.
- Oštarija Peglez’n — restaurant romantique avec terrasse, idéal pour le dîner.
Où se loger à Bled
L’hébergement directement à Bled est plus cher, mais pratique. Une alternative est de se loger au lac de Bohinj (20 minutes en voiture) — nettement moins cher et plus calme. Si vous restez à Bled, cherchez un hébergement avec parking — en saison, c’est la bataille dans le centre.
Nos recommandations : Penzion Berc (pension familiale à quelques minutes du lac) ou Vila Prešeren (pension boutique directement au bord du lac).
Jour 3. Bohinj — la sœur plus calme et sauvage de Bled

Le jour 3 est consacré au lac de Bohinj, qui est selon moi plus beau que Bled. Oui, je l’ai dit. 😅 Bohinj n’a pas d’île avec une petite église ni de panorama instagrammable, mais il possède quelque chose que Bled a perdu — le calme, la nature sauvage et le sentiment d’être en pleine vraie nature.
Depuis Bled, c’est à 25 minutes en voiture. Le lac est entouré par les montagnes des Alpes Juliennes, l’eau est assez propre pour s’y baigner (environ 22 °C en été) et l’ambiance est totalement différente — au lieu de foules avec des perches à selfie, on croise des familles locales en pique-nique et des couples sur des paddle boards.
Que voir et faire à Bohinj
Commencez la journée devant l’église Saint-Jean-Baptiste sur la rive est du lac — une petite église en pierre du XIIIe siècle au bord de l’eau, photogénique à en pleurer. Entrée 5 €.
De là, rendez-vous à la cascade de Savica (Slap Savica) — l’une des cascades les plus célèbres de Slovénie. Depuis le parking, comptez environ 20 minutes de montée par des escaliers (plus de 500 marches, n’oubliez pas de bonnes chaussures de randonnée). Entrée 3 €, parking 5 €. La cascade tombe de 78 mètres de haut et elle est magnifique, surtout au printemps quand il y a beaucoup d’eau.
Le téléphérique du Vogel — si vous voulez des vues sur tout le lac et les Alpes Juliennes d’en haut, c’est incontournable. Le téléphérique vous emmène à 1 535 m d’altitude pour 21 € aller-retour. En haut, des points de vue, un restaurant et des sentiers de randonnée faciles. Par temps clair, on aperçoit le Triglav — le plus haut sommet de Slovénie (2 864 m). Nous avons passé presque deux heures là-haut, incapables de cesser de prendre des photos. 😁
L’après-midi, vous pouvez louer un paddle board ou un kayak directement sur le lac (environ 15–20 €/h) ou simplement vous baigner. À l’extrémité ouest du lac, il y a une plage de galets où il y a moins de monde.
Où manger à Bohinj
- Strud’l — comme le nom l’indique, la spécialité ce sont les strudels, mais on y trouve aussi d’excellentes soupes et des plats locaux. Directement au bord du lac.
- Gostilna Rupa — auberge traditionnelle à Srednja Vas, fantastique soupe de truite de Bohinj et žlikrofi maison (ravioles fourrées).
- Gostilna Mihovc — appréciée des locaux, cuisine honnête, prix raisonnables.
Où se loger à Bohinj
Si vous avez passé la nuit à Bled, c’est aujourd’hui que vous changez de base. Bohinj est aussi un excellent point de départ pour le lendemain (route vers la Soča). Logez-vous aux alentours de Ribčev Laz ou Stara Fužina.
Nos recommandations : Hotel Jezero (hôtel directement au bord du lac à Ribčev Laz) ou Hotel Bohinj (hôtel design au centre de Ribčev Laz).
Jour 4. Col de Vršič et descente dans la vallée de la Soča

C’est la journée pour laquelle tout le road trip en vaut la peine. La route du col de Vršič (1 611 m d’altitude) est l’une des plus belles routes alpines d’Europe — 50 virages (24 d’un côté, 26 de l’autre, tous numérotés), chacun offrant une vue qui donne envie de s’arrêter. Comptez 3 à 4 heures pour parcourir 50 km, parce que vous ne résisterez tout simplement pas aux arrêts.
Itinéraire de Bohinj à Bovec par le Vršič
Depuis Bohinj, passez par Kranjska Gora — c’est de là que commence l’ascension vers le Vršič. La route est étroite, mais goudronnée et bien entretenue. ⚠️ Dans les virages, faites attention aux véhicules venant en face — certains tronçons ne font qu’une voie. En haute saison, des bus y circulent aussi, alors patience.
Les arrêts à ne pas manquer :
La chapelle russe (Ruska kapelica) — une petite chapelle en bois construite par des prisonniers de guerre russes pendant la Première Guerre mondiale, en mémoire de ceux qui périrent lors de la construction de la route et dans des avalanches. C’est un lieu émouvant et beau, à quelques minutes de marche du parking.
Le point de vue au sommet du Vršič — au sommet du col, il y a un parking et un belvédère. On y trouve le refuge de montagne Tičarjev dom, où vous pouvez prendre une soupe ou une saucisse avec vue sur les Alpes Juliennes. C’est le moment où vous vous dites : « OK, Slovénie, je te dois une fière chandelle. » ☺️
Izvir Soče (Source de la Soča) — après une courte descente depuis le col en direction de Bovec, vous verrez un panneau indiquant la source de la rivière Soča. Le parking coûte 5 €, et de là, il faut 20 minutes de marche jusqu’à la source. Et c’est ici que tout commence — cette eau turquoise incroyable qui vous accompagnera les deux jours suivants. Préparez-vous à rester bouche bée devant la source.
Depuis la source, continuez en lacets jusqu’à la vallée de Trenta puis jusqu’à Bovec. En chemin, vous passez devant un point de vue photogénique après l’autre — la vallée s’ouvre, la rivière serpente en contrebas et vous vous demandez pourquoi vous n’êtes pas venu plus tôt.
Vous arriverez à Bovec dans l’après-midi. S’il vous reste de l’énergie, faites un crochet par le Slap Boka — la plus haute cascade de Slovénie (106 m), visible directement depuis la route. Un court sentier mène à un meilleur point de vue (30 minutes aller-retour).
Où manger en route / à Bovec
- Tičarjev dom au Vršič — refuge de montagne au sommet du col, cuisine simple mais honnête. Soupe et saucisse pour quelques euros.
- Gostilna Sovdat à Bovec — restaurant apprécié avec terrasse, excellentes grillades et desserts maison.
- Letni vrt à Bovec — pizzeria avec des pizzas étonnamment bonnes et des prix doux. Idéal après une journée de route.
Où se loger à Bovec
Bovec est la base principale pour explorer la vallée de la Soča. On y trouve de nombreux hébergements, des campings aux appartements et pensions. Réservez à l’avance — en été, tout se remplit vite.
Nos recommandations : Hotel Soča (hôtel avec spa au centre de Bovec) ou Hotel Sanje ob Soči (hôtel design au bord de la rivière).
Jour 5. Vallée de la Soča — rafting, cascades et Kobarid

Aujourd’hui, c’est la journée pour ceux qui aiment la nature et un brin d’adrénaline. La vallée de la Soča (Soška dolina) offre certains des plus beaux paysages naturels de toute l’Europe — et je ne dis pas ça à la légère.
Matinée : activités sur la rivière Soča
Si vous avez ne serait-ce qu’un brin d’aventurier en vous, le rafting ou le kayak sur la Soča est un incontournable absolu de ce road trip. La rivière est classée II–III (classe IV sur certains tronçons), donc c’est palpitant mais accessible aux débutants accompagnés d’un guide.
Le rafting coûte 35–50 € par personne pour une sortie de 2 à 3 heures. Je recommande Bovec Rafting Team ou Soča Rafting — les deux agences ont d’excellents avis et des guides professionnels. Réservez à l’avance, surtout en été.
Si le rafting n’est pas votre tasse de thé, les alternatives ne manquent pas : tyrolienne au-dessus de la vallée de la Soča (la plus longue d’Europe, 60 €), canyoning ou tout simplement une balade tranquille le long de la rivière.
Après-midi : Kobarid et la cascade Kozjak
Après le déjeuner, partez de Bovec vers Kobarid (20 minutes en voiture). Cette petite ville réserve de belles surprises :
Slap Kozjak — une cascade qui se jette dans un amphithéâtre naturel entouré de rochers couverts de mousse. On se croirait dans un conte de fées. Le sentier depuis le parking est facile, environ 30 minutes à travers la forêt. Entrée 6 €. Allez jusqu’au bout, devant la cascade — les photos ne rendent pas justice à ce lieu, mais tentez le coup. C’est l’une des plus belles cascades que j’aie jamais vues de ma vie.
Le musée de Kobarid — un musée étonnamment bien fait sur la bataille de Caporetto (Kobarid) pendant la Première Guerre mondiale (décrite aussi dans le roman d’Hemingway L’Adieu aux armes). Entrée 7 €. Même si l’histoire militaire n’est pas votre passion, le musée est conçu de manière à vous captiver.
Le pont Napoléon — un beau pont en pierre qui enjambe la Soča et d’où l’on voit cette couleur d’eau hallucinante. Arrêtez-vous pour une photo.
Si vous avez le temps, parcourez le sentier historique de Kobarid — une boucle autour de la ville (environ 5 km, 2–3 heures) qui passe par des tranchées italiennes, une cascade et des points de vue.
Où manger à Kobarid
- Hiša Franko — attention, il s’agit d’un restaurant étoilé au guide Michelin de la cheffe Ana Roš. Le menu dégustation revient à environ 200 € par personne. Si vous voulez vous offrir un repas d’exception sur tout le road trip, c’est celui-là. Réservez des semaines à l’avance.
- Topli Val — gamme de prix plus abordable, excellentes truites de la Soča et pâtes maison. Plats principaux 10–18 €.
- Kotlar — auberge traditionnelle, portions généreuses, service sympathique.
Où se loger à Kobarid
Si vous ne voulez pas retourner à Bovec, installez-vous pour la nuit à Kobarid. L’atmosphère est plus tranquille et vous serez plus proche de l’étape du lendemain.
Nos recommandations : Rooms Pri Lovrižu (chambres cosy à deux pas de Kobarid) ou Hotel Hvala (hôtel familial avec le célèbre restaurant Topli Val).
Jour 6. Postojna et Predjama — monde souterrain et château féerique

Aujourd’hui, c’est le transfert des montagnes vers le littoral, avec deux arrêts en chemin qui comptent parmi les sites les plus uniques — pas seulement de Slovénie, mais de toute l’Europe. De Kobarid à Postojna, comptez environ 2 heures de route via Nova Gorica et l’autoroute.
Grotte de Postojna (Postojnska jama)
La plus grande grotte touristique d’Europe et l’un des sites les plus visités de Slovénie. Et je dois l’admettre — à juste titre. Même si d’habitude je ne suis pas du genre à m’extasier devant des grottes, celle-ci m’a bluffée. 😅
La visite dure 1h30 et une partie du parcours se fait en petit train qui vous promène à travers la grotte à une vitesse où l’air frais vous siffle aux oreilles (il fait 10 °C en permanence dans la grotte, prenez une veste !). Ensuite, on continue à pied entre stalactites et stalagmites qui semblent venus d’un autre monde.
Billets : Grotte seule 27,90 €, combiné grotte + Predjama 35,90 €. Prenez le combiné — vous économisez et les deux sites valent le coup. Réservez vos billets en ligne à l’avance, il y a des créneaux horaires et en saison, ça se remplit vite.
💡 ASTUCE : Les visites sont proposées en plusieurs langues. La visite en français est parfois disponible, sinon l’anglais fonctionne très bien. Un audioguide en français est aussi disponible moyennant un supplément.
Château de Predjama (Predjamski grad)
À seulement 10 minutes de la grotte se dresse un château qui semble avoir été encastré dans la gueule d’une grotte géante. C’est exactement ce qui s’est passé — ce château du XIIIe siècle est littéralement intégré dans la paroi rocheuse, à 123 mètres au-dessus du sol. C’est l’un des bâtiments les plus photographiés de Slovénie et quand vous le verrez en vrai, vous comprendrez pourquoi.
La visite du château prend environ 45 minutes. À l’intérieur, un musée raconte l’histoire du chevalier brigand Erasme de Predjama, qui s’y serait réfugié et aurait résisté à un siège grâce à un passage secret dans la grotte derrière le château. L’histoire a des allures de conte de fées, mais elle est bien réelle. 😁
Entrée : Incluse dans le billet combiné avec la grotte 35,90 € (voir ci-dessus).
Transfert vers Piran
De Postojna à Piran, comptez environ une heure de route. Vous arriverez en fin d’après-midi/début de soirée, juste à temps pour l’un des plus beaux couchers de soleil de Slovénie.
Où manger en route
- À Postojna : Gostilna Požar — restaurant traditionnel juste à côté de la grotte, prix raisonnables, bonne cuisine (plats principaux 10–15 €)
- Ou déjeunez à Kobarid / en chemin et profitez pleinement du dîner à Piran au bord de la mer
Où se loger à Piran
Se garer à Piran est un cauchemar — la ville est quasiment sans voitures. Il existe un grand parking Fornače en bordure de la ville (environ 15 min à pied du centre), où la nuit coûte autour de 20 €. Les hébergements avec parking privé sont rares et chers ici.
Alternative : logez-vous à Portorož ou Izola (10–15 min en voiture), où le stationnement est plus simple, et rendez-vous à Piran pour les visites.
Nos recommandations : Hotel Piran (hôtel 4* au bord de la mer à deux pas de la place Tartini) ou Old Town Rooms Piran (chambres au cœur de la vieille ville).
Jour 7. Piran — joyau méditerranéen pour finir en beauté

Le dernier jour est dédié au littoral slovène. Et quel contraste ! Toute la semaine, vous étiez dans les montagnes, au bord des lacs et des rivières, et soudain vous voilà sur une place entourée de maisons vénitiennes, avec des effluves de mer, de sel et de poisson grillé. Piran, c’est comme un morceau d’Italie qui se serait égaré en Slovénie — et ils l’ont gardé. ☺️
Que voir et faire à Piran
La place Tartini — la place principale, nommée d’après le célèbre violoniste Giuseppe Tartini qui y est né. Une élégante place ovale bordée de maisons aux teintes pastel. C’est ici que vous commencerez la journée avec un café et un croissant dans l’un des cafés sur le pourtour.
Les remparts de la ville — des remparts médiévaux bien conservés sur lesquels on peut monter (gratuit). Vue sur les toits rouges de Piran, la mer et par temps clair, jusqu’aux côtes italienne et croate. C’est probablement le meilleur point de vue gratuit de toute la Slovénie.
L’église Saint-Georges et son clocher — le monument emblématique de la ville, sur la colline au-dessus de la place. On peut grimper au clocher pour 2 € et la vue est fabuleuse. Ça me rappelle un peu Dubrovnik, mais sans 500 autres touristes au mètre carré.
Promenade sur le littoral — depuis Piran, longez la côte en direction de Fiesa ou dans l’autre sens vers Strunjan, où vous trouverez des plages plus tranquilles et une réserve naturelle avec des salines.
L’après-midi, laissez-vous simplement perdre dans les ruelles de la vieille ville. Des cordes à linge tendues entre les maisons, des chats sur les rebords de fenêtres, des grands-mères qui discutent depuis leurs fenêtres — ce sont ces moments-là qui donnent tout son sens au voyage. 😊
Baignade
Le littoral slovène ne ressemble pas à celui de la Croatie — ici, ce sont surtout des plateformes en béton et des plages de galets. À Piran, la « plage » principale est une terrasse en béton avec des échelles pour descendre dans l’eau. Pour une vraie plage, rendez-vous à Strunjan (10 min en voiture), où se trouve l’une des rares plages de sable du littoral slovène.
La mer est d’une belle limpidité et en été, elle atteint 24–26 °C.
Où manger à Piran
Piran est le paradis des amateurs de fruits de mer. Les prix sont un peu plus élevés que dans l’arrière-pays, mais restent nettement inférieurs à ceux de l’Italie juste de l’autre côté de la frontière.
- Fritolin pri Cantini — bistro/stand décontracté avec du poisson frais frit et des fruits de mer. On commande au comptoir et on s’assoit sur un banc. Poisson-frites pour 8–12 €. Un classique local.
- Pirat — restaurant en bord de mer avec d’excellentes pâtes aux fruits de mer. Plats principaux 14–22 €.
- Riva Piran — un peu plus élégant, belle terrasse avec vue sur le port. Le bar (loup de mer) grillé y est fantastique.
- Pri Mari — un trésor caché dans les ruelles, ambiance familiale, excellent risotto noir à l’encre de seiche.
💡 ASTUCE : Commandez le vin local — la Slovénie possède un vignoble étonnamment bon et à Piran, vous trouverez une excellente Malvoisie (vin blanc du littoral) à 3–4 € le verre. L’accord parfait avec les fruits de mer.
Coucher de soleil à Piran
Passez la dernière soirée du road trip sur les remparts de la ville ou sur le quai près du phare à la pointe de la presqu’île. Le coucher de soleil sur la mer avec les Alpes italiennes en toile de fond est la conclusion parfaite d’une semaine dans ce pays incroyable.
Où se loger à Piran (si vous restez une deuxième nuit)
Voir les recommandations du Jour 6. Si vous rentrez depuis Piran, partez le matin — comptez environ 10–11 heures de route jusqu’à Paris via l’Autriche, ou retournez à l’aéroport de Ljubljana (1h30 de route).
Conseils pratiques pour conclure
Que mettre dans sa valise pour un road trip en Slovénie
- De bonnes chaussures de randonnée — vous marcherez dans des gorges, près de cascades et sur des sentiers de montagne. Consultez notre guide des chaussures de randonnée.
- Une veste légère / un pull — même en été, il fait frais en montagne et dans les grottes (Postojna = 10 °C !)
- Un maillot de bain — lac de Bohinj, rivière Soča, mer à Piran
- Lunettes de soleil et crème solaire — le soleil slovène en montagne brûle plus qu’on ne le pense
- Si vous voulez voyager avec un bagage cabine uniquement, jetez un œil à notre guide comment tout faire tenir dans un bagage cabine
Internet et eSIM
La Slovénie fait partie de l’UE, vous pouvez donc utiliser votre forfait français sans surcoût (roaming inclus). Mais si vos données sont limitées ou que vous comptez passer aussi en Croatie ou en Italie, pensez à une eSIM Holafly — ça fonctionne parfaitement et ça évite d’acheter une carte SIM locale.
Assurance voyage
Même au sein de l’UE, il peut arriver n’importe quoi — blessure sur un sentier de montagne, accident de voiture dans les lacets, vol annulé. Jetez un œil à notre avis sur SafetyWing, que nous utilisons pour tous nos voyages.
Où trouver des billets d’avion
Pour des vols pas chers vers Ljubljana (ou des aéroports alternatifs comme Trieste, Graz ou Zagreb), utilisez des comparateurs de vols en ligne. Depuis Paris, easyJet, Transavia ou Air France proposent des liaisons régulières ou saisonnières. Pensez aussi à vérifier les vols vers Venise ou Trieste, qui sont parfois moins chers et à seulement 1h30–2h de route de Ljubljana.
Pour aller plus loin : autres articles sur la Slovénie
Envie de découvrir la Slovénie plus en profondeur ou de prolonger le voyage ? Voici d’autres pistes :
- Road trip en Slovénie sur 14 jours — un itinéraire plus long qui ajoute Piran, Ptuj, Maribor et la vallée de Logar
- Que faire à Bled et au lac de Bohinj — 15 idées pour les deux plus beaux lacs slovènes
- À travers les Alpes Juliennes jusqu’à Zadar — un itinéraire entre Slovénie et Croatie jusqu’à la mer
Questions fréquentes sur le road trip en Slovénie
Avant de partir, voici les réponses aux questions que nos lecteurs nous posent le plus souvent à propos du road trip de 7 jours en Slovénie.
La Slovénie est un pays qui vous surprend à chaque tournant. Petit mais incroyablement varié — en une seule semaine, vous vivrez les sommets alpins, les rivières émeraude, les grottes souterraines et une bourgade méditerranéenne. Et quand vous serez assis le dernier soir sur le quai de Piran, à regarder le soleil se coucher en sirotant un verre de Malvoisie, vous ne penserez qu’à une seule chose : quand est-ce que je reviens ? ☺️
