Pont Charles à Prague : Guide d’une locale (histoire, statues, meilleur moment)

Quand je me dépêchais le matin pour arriver à l’heure au lycée de Malá Strana, il m’arrivait de faire exprès un détour pour rallonger mon trajet en traversant le Pont Charles — le monument le plus emblématique de Prague en Tchéquie (en fait, je prenais simplement le mauvais tram). À sept heures et demie, surtout dans la grisaille humide de novembre, un silence étrange régnait ici, seulement troublé par les cris des mouettes et le claquement de mes propres pas sur les pavés mouillés.

La brume montant de la Vltava s’enroulait autour de la trentaine de statues baroques, et j’avais l’impression que ce passage gothique entre la Vieille Ville et Malá Strana m’appartenait tout entier, juste pour un instant. Quelques années plus tard, je venais m’asseoir sur le pont à 3 heures du matin. Pour réfléchir. La police me délogeait souvent, alors ne suivez pas mon exemple.

Avec Lukáš, après notre premier rendez-vous au Château de Prague, nous avons descendu les escaliers du Château pour atterrir ici même, au pied des tours de Malá Strana. Aujourd’hui, nous y revenons en tant que parents et je constate avec horreur à quel point ces maudits pavés et bordures secouent quand on essaie de manœuvrer une poussette avec notre petit Jonáš de deux ans. Le lieu n’a pas changé depuis mes années d’étudiante, mais ma perception, si. Je ne cherche plus à me frayer un chemin dans la foule en plein midi — je préfère me lever tôt ou venir tard le soir, quand la ville respire enfin.

Des voyageurs me demandent souvent si cela vaut vraiment la peine de visiter ce monument le plus célèbre de Prague, alors qu’il est constamment envahi. Ma réponse est catégorique : oui, mais il faut savoir comment s’y prendre. Il ne s’agit pas simplement de traverser d’une rive à l’autre. Il s’agit de remarquer les détails, de connaître un peu le contexte et de choisir le bon moment, celui où une attraction bondée redevient un lieu mystique chargé d’histoire.

Venez le matin, venez la nuit, venez sous la pluie — mais lisez d’abord ce que j’ai à vous raconter, pour que tout prenne sens.

Le Pont Charles est à une minute à pied
Prague

Résumé

  • Le meilleur moment pour visiter est à l’aube ou tard le soir (après 23 h) — vous éviterez ainsi les foules massives de groupes organisés.
  • La première pierre a été posée en 1357, précisément le 9 juillet à 5 h 31 du matin, en raison de la séquence numérique magique 1-3-5-7-9-7-5-3-1.
  • La plupart des 30 statues du pont sont aujourd’hui des copies en grès. Les originaux sont protégés au Lapidarium du Musée national et à Vyšehrad.
  • La statue de saint Jean Népomucène est celle où vous trouverez les reliefs en bronze polis par des millions de mains. Les toucher est censé porter chance et garantir votre retour à Prague.
  • Les tours de la Vieille Ville et de Malá Strana offrent parmi les plus belles vues sur le centre historique — l’entrée de base coûte environ 8 €.
  • Bradáč est un discret relief en pierre d’une tête d’homme près de la tour de la Vieille Ville, qui servait depuis des siècles d’indicateur de niveau d’eau pour prévenir des crues.
  • Pour les familles avec poussette, la traversée d’une rive à l’autre est sans barrières, mais pour descendre directement sur l’île de Kampa, il faut affronter un escalier raide.
  • Le pont est une zone entièrement piétonne. Les arrêts de transport les plus proches sont Staroměstská sur la rive droite et Malostranské náměstí sur la rive gauche.

Quand aller sur le Pont Charles

Le choix du bon moment est absolument crucial pour cette visite. Si vous débarquez à trois heures de l’après-midi en plein mois d’août, vous ne rapporterez probablement que de la frustration, des chevilles meurtries et des photos remplies de dos inconnus. Les jeux de lumière et la densité de la foule en font, au fil des vingt-quatre heures, plusieurs endroits complètement différents. J’ai vécu dix ans à Prague, et je peux vous dire en toute conscience que le timing fait la moitié de l’expérience.

La magie du petit matin et de l’aube

Qui se lève tôt reçoit Prague sur un plateau d’argent. Quand j’apprenais la photographie à la fac avec la lumière du matin, j’ai découvert que le créneau entre cinq et sept heures est sacré ici. Vous ne croiserez que quelques joggeurs, des photographes solitaires et des agents d’entretien. Le soleil se hisse paresseusement derrière les tours de la Vieille Ville, et une brume d’inversion monte souvent de la Vltava, conférant aux statues une dimension dramatique, presque fantomatique. La lumière est douce, les pavés luisent, et vous avez tout l’espace pour vous arrêter devant chaque groupe sculpté sans que personne ne vous bouscule. C’est le moment où la ville révèle son visage brut et serein, celui qu’on ne trouve pas dans les guides.

Se lever tôt signifie arriver idéalement 30 minutes avant le lever officiel du soleil (en été, vers quatre heures trente ; en hiver, il suffit d’arriver après sept heures). Le plus simple est de prendre les trams de nuit ou les premières rames de métro, quand les wagons sont quasi déserts.

💡 Conseil de locale : Si vous comptez photographier, emportez un trépied. Tôt le matin, contrairement à la journée, vous pouvez l’utiliser sans qu’une foule agacée trébuche dessus.

Le Pont Charles à l'aube dans la brume
Prague

L’agitation de l’après-midi et le calme du soir

Entre dix heures du matin et neuf heures du soir, le pont se transforme en un véritable corso pulsant. Caricaturistes, musiciens de rue et dizaines de groupes organisés suivant des guides aux parapluies levés se croisent sans cesse. Se promener avec une poussette à ce moment-là demande des coudes affûtés et des nerfs d’acier — avec Jonáš, on évite soigneusement. La fin d’après-midi offre cependant une lumière dorée et chaude qui se pose sur les façades de Hradčany et transforme la vue sur la rivière en un véritable tableau. Le vrai calme ne revient qu’après vingt-deux heures, quand les foules se dispersent dans les bars et que la lueur jaune des réverbères à gaz projette des ombres fantomatiques sur les visages de grès des saints baroques.

Les réverbères à gaz s’allument automatiquement en même temps que l’éclairage public, mais pendant la période de l’Avent (fin novembre et décembre), il arrive de croiser un véritable allumeur de réverbères en costume d’époque, qui les enflamme un à un avec sa longue perche.

💡 Conseil de locale : Allez-y de nuit sous la pluie. Les reflets des lanternes sur les pavés mouillés sont magnifiques, et comme l’eau chasse la plupart des gens dans les bars, vous serez très probablement seul·e.

Le Pont Charles à Prague

Où se loger

Dormir en plein centre sonne romantique, jusqu’à ce qu’un groupe de fêtards vous réveille à deux heures du matin en chantant sous vos fenêtres. J’ai appris à choisir un point de chute à quelques pas du centre, mais où l’on peut enfin dormir le soir. Avec Lukáš, notre dernière découverte parfaite a été The Julius Hotel dans la Nouvelle Ville, à deux pas de la tour Jindřišská. Nous avions une One Bedroom Suite, un vrai soulagement pour une famille avec un bambin de deux ans : un espace séparé, une kitchenette entièrement équipée et un design qui ne fait pas clinique, mais donne l’impression de séjourner dans l’appartement luxueux de quelqu’un au goût exceptionnel. Depuis l’hôtel, vous rejoignez le quai par une agréable promenade à travers la Vieille Ville en environ vingt minutes — pas besoin de se soucier du tram le matin.

Vous pouvez vérifier les tarifs et disponibilités pour 2026 et réserver via Booking.com.

Pour d’autres adresses testées et approuvées où poser vos valises en famille, jetez un œil à mon article sur les meilleurs hôtels familiaux à Prague.

Vue sur le Pont Charles

Histoire et architecture du Pont Charles

Ce lien de pierre entre les deux rives n’a pas toujours fait office de promenade romantique. C’était une artère vitale de transport, sur laquelle charrettes, chevaux et même — au début du XXᵉ siècle — des tramways ont défilé pendant des siècles. Avant lui se trouvait le pont Judith, emporté par une crue, ce qui obligea l’empereur Charles IV à concevoir un ouvrage plus résistant.

La date magique de fondation et Peter Parler

L’histoire de la construction est intimement liée à la mystique médiévale et à l’astronomie. Charles IV, fervent adepte de l’astrologie, fit poser la première pierre précisément le 9 juillet 1357 à 5 heures et 31 minutes du matin. En alignant ces chiffres, on obtient le palindrome 1-3-5-7-9-7-5-3-1, censé garantir l’éternité de l’ouvrage et le protéger des éléments destructeurs. L’architecte principal fut Peter Parler, alors âgé de seulement vingt-sept ans, qui supervisait également la construction de la cathédrale Saint-Guy. À l’origine, on l’appelait simplement le Pont de pierre ou le Pont de Prague — il ne porte officiellement le nom de son fondateur que depuis 1870.

Le pont mesure 515 mètres de long et près de 10 mètres de large. Il repose sur 16 piliers massifs en grès, dont les fondations furent enfoncées profondément dans le lit du fleuve à l’aide de structures spéciales en bois de chêne.

💡 Conseil de locale : Si vous êtes curieux de découvrir comment on construisait des fondations sous l’eau au Moyen Âge, rendez-vous au Musée du Pont Charles sur la place Křižovnické. On y trouve d’excellentes maquettes détaillées des grues médiévales utilisées à l’époque.

Architecture du Pont Charles à Prague

Le mythe des œufs et la dure réalité des crues

Pratiquement chaque écolier tchèque a entendu la légende selon laquelle on ajoutait des œufs au mortier pour renforcer la maçonnerie — et comment les habitants de Velvary avaient envoyé des œufs durs par erreur, pour qu’ils ne se cassent pas en route. Les analyses chimiques du début du XXIᵉ siècle avaient d’abord confirmé des traces de protéines d’œuf, mais une étude plus récente de 2010 les a infirmées. Il s’est avéré que les maçons médiévaux utilisaient plutôt du lait et des lies de vin. Quoi qu’il en soit, l’ouvrage a dû affronter de nombreuses épreuves au fil de son existence. Les moments les plus critiques furent les crues dévastatrices, notamment celle de 1890, lorsque la Vltava en furie emporta trois de ses arches.

Aujourd’hui, le monument est protégé par un système de barrières modernes en amont du fleuve, et des ingénieurs surveillent régulièrement la stabilité des piliers à l’aide de capteurs laser.

💡 Conseil de locale : En vous promenant le long de la Vltava sur l’île de Kampa, repérez les discrètes marques métalliques sur certaines maisons historiques. Elles indiquent le niveau atteint par les eaux lors des crues catastrophiques de 2002. La hauteur donne le vertige.

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Bradáč : le système d’alerte de Prague

Quand vous vous trouvez devant la tour de la Vieille Ville et que vous regardez vers le bas, au niveau de la maçonnerie du quai, vous apercevrez un relief en pierre représentant une tête d’homme. Il s’appelle Bradáč (littéralement « le Barbu ») et il a servi pendant des siècles d’indicateur de niveau d’eau aussi simple qu’infaillible. Les Praguois savaient que dès que les eaux de la Vltava montaient au point de toucher la barbe de Bradáč, c’était mauvais signe et la Vieille Ville commençait à être inondée. Ce relief faisait à l’origine partie de l’ancien pont Judith, et lorsque celui-ci fut emporté par les eaux, les bâtisseurs le sauvèrent pieusement pour l’intégrer au nouveau pont.

Vous verrez le mieux Bradáč depuis la place Křižovnické, en vous penchant par-dessus la balustrade en pierre près de la statue de Charles IV et en regardant droit vers la surface de l’eau.

💡 Conseil de locale : Selon une vieille légende pragoise, le visage de Bradáč représenterait le maître d’œuvre italien du premier pont de pierre de Prague, qui continue ainsi de veiller sur la ville et la rivière jusqu’à aujourd’hui.

Détail architectural du Pont Charles

Les statues du Pont Charles : un musée à ciel ouvert

À l’origine, la traversée du fleuve était restée longtemps quasiment nue, ornée d’un simple crucifix en bois. C’est l’époque baroque des XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles qui en a fait la galerie de sculptures à ciel ouvert que nous connaissons aujourd’hui. Actuellement, trente statues et groupes sculptés se dressent sur le pont. Mais une grande partie d’entre eux sont désormais de méticuleuses copies en grès. La ville a mis les originaux à l’abri des intempéries et de la pollution au Lapidarium du Musée national au parc des expositions et dans la salle obscure de Gorlice, dans les fortifications de Vyšehrad.

Saint Jean Népomucène et le rituel porte-bonheur

C’est le grand classique absolu et probablement la statue la plus photographiée de tout le parcours. Créée en 1683 par Jan Brokoff, elle se trouve à peu près à mi-chemin, sur le côté droit quand on marche vers Hradčany. Selon la légende, Jean Népomucène fut jeté dans la Vltava depuis cet endroit même parce qu’il refusait de révéler au roi Venceslas IV le secret de confession de la reine. Sous la statue, deux reliefs en bronze sont polis jusqu’à briller d’un éclat doré par les mains de millions de visiteurs. Les toucher est censé porter chance et garantir un futur retour à Prague.

Vous repérerez facilement la statue de loin : elle porte autour de la tête une auréole caractéristique à cinq étoiles, et un petit attroupement s’y forme généralement, chacun attendant son tour pour caresser le relief.

💡 Conseil de locale : Ne touchez pas le chien sur le relief de gauche ! Même s’il est lui aussi poli par les touristes, la légende originale ne parle que du contact avec la figure de Jean Népomucène tombant dans le fleuve, que vous trouverez sur le côté droit du socle.

Le Songe de sainte Lutgarde

Si je devais choisir un seul groupe sculpté qui surpasse tous les autres sur le plan artistique, ce serait Le Songe de sainte Lutgarde de Matyáš Bernard Braun. Ce chef-d’œuvre du baroque tchèque se trouve plus près de la rive de Malá Strana. Braun le sculpta en 1710, à seulement 26 ans. La composition de la religieuse cistercienne aveugle, vers laquelle le Christ se penche depuis la croix pour qu’elle boive le sang de sa plaie, est d’une dynamique et d’une émotion incroyables. Même de loin, on voit comment le sculpteur a su dompter le grès dur pour lui donner l’illusion de légers drapés agités par le vent.

C’est la douzième statue sur le côté gauche en venant de la Vieille Ville. L’original de 1710 est aujourd’hui conservé en sécurité au Lapidarium, et c’est une copie qui trône sur le pont.

💡 Conseil de locale : Essayez d’observer la statue en contre-plongée depuis le pilier sous le pont (on y accède par un escalier depuis l’île de Kampa). Vous obtiendrez une perspective totalement différente sur le fascinant travail de Braun avec l’espace et la profondeur.

Statues baroques sur le Pont Charles

Le groupe de saint Vincent Ferrier et saint Procope

Ce groupe monumental et assez terrifiant, sculpté par Ferdinand Maxmilián Brokoff, fait partie de mes préférés quand je veux montrer à quelqu’un à quel point le baroque pouvait être sombre et sauvage. Il représente saint Vincent ressuscitant un mort et chassant un démon, tandis que saint Procope repousse les forces du mal avec sa croix. À leurs pieds gisent des diables et des pécheurs vaincus, dont les corps tordus de spasmes et les visages emplis de souffrance forment un contraste saisissant avec les visages sereins des saints. Quand j’étais étudiante, je venais ici avec mon appareil photo étudier les détails anatomiques de ces démons terrassés — vus de près, ils sont d’un réalisme presque effrayant.

Le groupe se situe près de l’extrémité côté Malá Strana : c’est la sixième statue à gauche en venant de la Vieille Ville.

💡 Conseil de locale : Remarquez la figure du Turc renfrogné avec un fouet et un chien de garde près du groupe de saint Jean de Matha, Félix de Valois et Ivan, qui se trouve juste en face. C’est le fameux « Turc de Prague », que les enfants du quartier prenaient souvent pour un personnage de conte et regardent encore aujourd’hui avec respect.

Les tours du Pont Charles : vues d’en haut

Les deux tours sont ouvertes au public et offrent des panoramas si différents que je vous recommande de monter sur les deux. Personnellement, j’ai un faible pour le côté de Malá Strana — mais j’y reviendrai dans un instant.

La tour de la Vieille Ville

Cette massive porte gothique fut conçue par le fameux Peter Parler, et les architectes la considèrent souvent comme l’une des plus belles tours gothiques de toute l’Europe. Sa façade orientale, tournée vers la Vieille Ville, est richement ornée de statues de Charles IV, Venceslas IV et des saints patrons de la Bohême. Durant la guerre de Trente Ans, cependant, sa face ouest fut gravement endommagée par les tirs d’artillerie suédois, lorsque les troupes tentaient de prendre la rive droite. À l’intérieur, 138 marches et une exposition mystérieuse vous attendent avant de déboucher sur un balcon-belvédère offrant une vue en enfilade droit vers Hradčany. Surtout en automne, quand les arbres de Kampa virent au jaune, cette perspective est tout simplement impayable.

Ouvert tous les jours. En été de 9 h à 21 h, en hiver la fermeture est plus précoce, généralement à 18 h. L’entrée adulte de base coûte environ 8 € (tarifs 2026).

💡 Conseil de locale : Achetez directement à la caisse un billet combiné pour les deux tours. Cela revient moins cher au total, et vous disposez de plusieurs jours pour utiliser le second accès — pas besoin de grimper deux escaliers d’affilée.

Les tours de Malá Strana

Sur l’autre rive, ce n’est pas une mais deux tours reliées par un passage voûté crénelé qui vous accueillent. La plus basse, dite tour de Judith, est d’origine romane et se souvient encore du prédécesseur de l’actuel Pont Charles. La plus haute, gothique, date du XVᵉ siècle et fut érigée comme un pendant symétrique de la tour de la Vieille Ville, même si sa décoration extérieure est nettement plus sobre et austère. L’exposition à l’intérieur retrace l’histoire des ponts de Prague, et la vue depuis le balcon supérieur sur les toits de Malá Strana et la raide rue Nerudova montant vers le Château de Prague dégage une atmosphère bien plus intimiste et chaleureuse que celle de la rive opposée.

L’entrée est la même — environ 8 € — et après avoir acheté votre billet au rez-de-chaussée, 146 marches en bois vous attendent.

💡 Conseil de locale : L’exposition dans la tour de Malá Strana est nettement moins fréquentée et plus calme. Si vous n’aimez pas les espaces confinés bondés de touristes, choisissez plutôt cette montée sur la rive gauche.

Informations pratiques

Maintenant, la partie un peu rébarbative mais salvatrice : quelques détails qui m’ont personnellement prise au dépourvu jadis et que je préfère vous révéler en amont.

Transports et comment rejoindre le pont

Toute la zone est une stricte zone piétonne, donc impossible d’y arriver en voiture. Quant aux taxis non réservés qui vous proposeront de vous déposer au plus près du quai, préparez-vous à un tarif sans aucun rapport avec la distance parcourue. Le mieux est d’utiliser les transports en commun pragois, fiables et bon marché. Sur la rive droite, descendez à la station de métro ligne A ou aux arrêts de tram 17 et 18 à Staroměstská. De là, comptez environ cinq minutes à pied en traversant la place Křižovnické. Côté Malá Strana, le légendaire tram 22 (ou les lignes 12, 15, 20) vous dépose à l’arrêt Malostranské náměstí, d’où il suffit de descendre la douce pente de la rue Mostecká jusqu’aux tours.

Depuis Paris, Prague est très accessible : des vols directs avec Air France, Transavia ou easyJet relient Paris-CDG ou Orly à l’aéroport Václav Havel en environ 1 h 45. Un ticket de transport en commun de 30 minutes coûte environ 1,20 € et suffit largement pour les trajets depuis la plupart des quartiers centraux comme la place Venceslas ou la gare principale.

💡 Conseil de locale : Pour les familles avec poussette : la rampe d’accès des deux côtés est certes pavée de gros pavés, mais entièrement dépourvue de marches. En revanche, si vous voulez descendre à mi-parcours directement sur l’île de Kampa vers le canal Čertovka, il faut affronter un escalier en pierre assez raide. Avec une poussette, il faudra soit contourner par Malostranské náměstí, soit porter la poussette dans les marches.

Vue depuis le Domus Balthasar
Vue depuis le Domus Balthasar

Visites guidées et croisières sur la Vltava

Un guide vaut le coup — et c’est moi qui le dis, moi qui suis toujours persuadée de pouvoir tout gérer seule avec Google et mon sens de l’orientation. Avec Lukáš, nous optons parfois pour une croisière en bateau, parce que contempler les massifs piliers de grès depuis la surface de l’eau offre une expérience radicalement différente, bien plus monumentale. Si les récits historiques ou une balade fluviale sous les arches vous tentent, d’excellentes options sont disponibles en ligne — vous réservez à l’avance et évitez les rabatteurs sur le quai qui vendent des billets hors de prix.

Vous trouverez toutes sortes de promenades historiques, balades nocturnes et croisières à réserver sur GetYourGuide. En été, je recommande de choisir plutôt les créneaux en fin d’après-midi, quand une fraîcheur agréable monte de la rivière.

💡 Conseil de locale : Plutôt que les grands bateaux vitrés où la musique est trop forte, cherchez les petites embarcations traditionnelles en bois (appelées « vodouch »). Grâce à leur faible tirant d’eau, elles se faufilent dans l’étroit bras de la Čertovka, passant juste sous les balcons des vieilles maisons.

Où manger et où prendre un café (sans tomber dans le piège)

Le long des axes principaux, c’est un festival de pièges à touristes. Des trdelníky décongelés à des prix exorbitants et des restaurants qui vous facturent jusqu’à l’air que vous respirez — sans parler du supplément pour les couverts. En tant que végétarienne et amatrice de bon café, j’évite généralement les rues principales adjacentes comme la peste. Quand nous passons côté Malá Strana, on aime bien bifurquer avec la famille dans les ruelles plus discrètes vers le mur Lennon (même si celui-ci, hélas, se transforme de plus en plus en simple décor Instagram sans son message originel), ou nous nous réfugions dans le charmant Roesel – beer & cake, niché discrètement juste à côté des tours. Leurs bières artisanales, soupes généreuses et gâteaux fantastiques sont exactement ce qu’il faut après la balade. La scène des cafés évolue sans cesse à Prague et on trouve toujours une cour intérieure tranquille où l’on vous prépare un excellent espresso de spécialité sans que vous ayez à vendre un rein.

Évitez les établissements installés directement sur la place Křižovnické et dans la rue Mostecká. Les prix y sont calibrés pour les touristes de passage, et la qualité de la cuisine, malheureusement, ne suit pas toujours.

💡 Conseil de locale : Prenez un café à emporter dans l’une des ruelles cachées de Malá Strana et allez vous asseoir avec votre gobelet sur un banc dans les jardins Vojanovy. C’est une oasis silencieuse, cernée de murs, où des paons se promènent en liberté et où vous ne croiserez presque aucun touriste. Vous retrouverez d’autres adresses testées et approuvées dans mon guide les cafés de Prague.

Questions fréquentes

L’accès au Pont Charles est-il payant ?

Non, la traversée est entièrement gratuite et ouverte 24 h/24, 365 jours par an. Vous ne payez que si vous souhaitez monter sur les belvédères des tours.

Quand y a-t-il le moins de monde ?

Le moment idéal pour une promenade tranquille sans cohue est tôt le matin à l’aube (entre 5 h et 7 h) ou tard le soir (après 23 h). En journée, vous ne pourrez éviter la foule quelle que soit la saison.

Peut-on le traverser à vélo ou en trottinette ?

La circulation à vélo et en trottinette électrique y est strictement interdite pour des raisons de sécurité. Si vous avez un vélo, vous devez mettre pied à terre et le pousser à la main sur toute la longueur.

Les statues sont-elles des originaux ?

La plupart des statues en grès que vous voyez aujourd’hui sont des copies minutieuses du XXᵉ siècle. Les originaux ont été transférés au Lapidarium du Musée national au parc des expositions et dans la salle Gorlice à Vyšehrad, pour les protéger des pluies acides et de la pollution.

Combien de temps faut-il pour traverser d’une rive à l’autre ?

Le pont fait un peu plus de 500 mètres de long. D’un pas rapide et sans foule, comptez 5 à 7 minutes. Mais si vous voulez admirer les statues tranquillement, prendre des photos et que vous devez vous frayer un chemin dans la cohue diurne, prévoyez plutôt 20 à 30 minutes.

Le parcours est-il accessible aux personnes à mobilité réduite ?

Oui, le trajet principal est entièrement sans barrières ni marches sur toute sa longueur. Vous pouvez le traverser avec une poussette ou un fauteuil roulant sans problème. Attention toutefois à l’escalier situé à mi-parcours, qui descend à pic vers l’île de Kampa : celui-ci n’est pas accessible.

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À propos de l’auteur

Lucie Konečná
Lucie Konečnáhttps://www.lkmedia.cz
Ahoj, jmenuji se Lucka a dá se toho o mě napsat hodně. 😁 Někdo mě nazývá blogerkou, jiný influencerkou nebo podnikatelkou, mám tak trochu renesanční osobnost a baví mě spousta věcí a taky jich hodně dělám. Vystudovala jsem původně žurnalistiku, ale už od vysoké školy se věnuji online marketingu.❤️ Žila jsem dlouhé roky jako digitální nomád a procestovala více jak 40 zemí. S manželem Lukášem pracuji pro české značky v rámci butikové agentury LK MEDIA a řídím provoz české firmy nanoSPACE.. Kromě cestování, nanotechnologií a online marketingu mě baví všechno kolem zdravého životního stylu, fitness a spánku.

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